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Du miel aux épices d'Istanbul...

mercredi 20 août 2008

Camiboğazı



Sachant que les véhicules à quatre roues sont plutôt rares à Olucak, nous avons tout naturellement proposé d'emmener Meçit et son épouse où ils le souhaitaient le lendemain de notre arrivée dans le village. Voulaient-ils aller faire des courses ? Ou bien passer voir un médecin ? Non, nos deux hôtes avaient un programme bien plus intéressant à nous proposer : Se rendre sur les hauts plateaux.



Après le petit-déjeuner, nous voilà donc partis tous les 4 sur les routes cabossées de cette région de la Mer Noire, à quelques kilomètres de Gümüşhane. Frédéric conduisait prudemment et les pauses étaient nombreuses afin de prendre quelques photos, ou encore afin de se rafraîchir en buvant à une des nombreuses sources naturelles qui ornent cette route de montagne.



Après trente-cinq minutes de montée, nous arrivons enfin parmis les habitants de Camiboğazı. Ici, les habitations sont récentes et, comme dans tous les yayla de Turquie, elles ne sont occupées que 3 à 4 mois dans l'année.



Le reste du temps, les conditions climatiques sont trop mauvaises et forcent les ruraux à se déplacer pour vivre dans des villages situés plus bas, à quelques mètres d'altitude. En hiver, on ne laisse aucune affaire dans les maisons, la moindre assiette est emportée dans les bagages.



Meçit invite Frédéric à s'asseoir parmis les hommes pour siroter un çay de bienvenue. Moi, je rejoins Ayşe qui prépare avec son mari notre déjeuner. Le barbecue est installé en quelques secondes et permet de se réchauffer un peu car il fait plutôt frais par ici.



Bien que peu étendu et éloigné de tout, Camiboğazı est assez fréquenté, on vient ici pour prier dans la mosquée, faire quelques achats alimentaires mais aussi déguster de la viande d'agneau grillée.



Avant que notre agape ne soit prête, Fred et moi en profitons pour faire un tour des lieux et acheter quelques denrées pour les offrir à Meçit. Nous visitons le café qui sert aussi d'épicerie et lorgnons sur un tableau rempli de photos de différentes tailles.



Un ami du bakkal nous informe que ce sont les hommes qui vivent ou qui ont vécu dans ce yayla. Nous demandons pourquoi il n'y a pas de femmes représentées, notre question le surprend, il balbutie et nous invite à prendre un çay que nous acceptons avec joie.



Quelques bavardages plus tard, le déjeuner étant enfin prêt, nous retrouvons nos amis pour goûter cette viande succulente et constatons que nos hôtes ont meilleur appétit que nous. L'air de la montagne, ça creuse certes, mais Fred et moi sommes déjà rassasiés par cette vue magnifique où l'on aperçoit quelques kartal (aigles) prêts à se jeter sur leurs proies.



Vers 16h, nous reprenons la route dans le sens inverse après un dernier çay en altitude parmis les vaches, qui vivent ici en toute en liberté au milieu du yayla. Cet endroit, si paisible, est un remède parfait aux citadins comme nous qui respirons la pollution toute l'année.
Comme le soulignait Henri MONNIER, on devrait construire les villes à la campagne. L'air y est tellement plus pur...

mardi 19 août 2008

Et au milieu coule une rivière...

Les promesses sont faites pour être tenues, et en ce qui concerne la région de la Mer Noire, Fred et moi en avions fait une sacrée : Retourner dans le village d'Olucak rendre visite à quelques habitants qui nous avaient accueillis l'année dernière pour une nuit.



En arrivant dans le village, nous retrouvons Tenzile et sa famille et les embrassades sont plus que chaleureuses. Nous apprenons ensuite que Meçit est aux champs, aussi nous partons à pied à sa recherche, à 79 ans il tient vraiment une forme olympique.



Nous le retrouvons d'ailleurs monté sur un cheval ressemblant à Nasreddin Hoca. Son visage s'illumine à notre vue et il nous dit, en guise de retrouvaille, "Je vous ai vu dans un rêve cette nuit". De quoi se demander si notre visite n'était pas déjà programmée par quelqu'un d'autre...



Nous rejoignons le village et prenons le thé avec Yılmaz et l'épouse de Meçit. Certains habitants que nous croisons nous reconnaissent et nous demandent de nos nouvelles. Il faut dire que les yabancı (étrangers) sont plutôt rares dans ce coin perdu de la campagne.



Une sensation étrange nous parcourt, c'est comme si nous avions passé toutes nos vacances d'enfance ici, on se sent comme chez soi dans ce village où l'eau s'écoule à la frontière des habitations afin d'irriguer les différents jardins qui les agrémentent.



Le soir, nous retrouvons Tenzile qui nous a préparé des poğaca dans son poêle. La télé est allumée et tous les yeux sont rivés sur le journal télévisé qui met en scène la guerre en Géorgie, où musique dramatique flirte avec bains de sang. Nous commençons alors une discussion concernant le traitement de l'information en France et en Turquie : Les différences sont notoires.



Nous sommes logés cette fois chez Meçit et la nuit est très calme, seules les cigales viennent chanter sur nos songes. Au petit matin, Meçit et sa femme s'agitent déjà dans la cuisine et nous préparent un bon petit déjeuner avec une spécialité locale (muhlama).



Ceci nous calera pour plusieurs heures en attendant le repas de midi, que nous passerons avec ce couple de retraités dans un endroit charmant, plus haut perché sur la montagne...

lundi 18 août 2008

Karadeniz


La petite Semra, Yayla d'Aydınköy

Lorsque l'on traverse l'Est de la Turquie (région de la Mer Noire), il faut ouvrir grand ses yeux et avoir l'esprit aventureux. Le ravin vous aspire, les chemins caillouteux grimpent au dessus des nuages, d'énormes rochers sont prêts à se décrocher à tout moment pour venir s'écraser sur l'asphalte.
Les indications signalétiques sont rares, il ne faut pas avoir peur de se perdre alors que l'on recherche les ruines d'une église géorgienne. Le hasard vous mènera d'ailleurs souvent dans un beau coin de verdure où quelques habitants curieux vous inviteront à prendre le thé et à rompre le pain.
1.200 km parcourus en 6 jours et des rencontres que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Notre dernière nuit passé dans un Yayla (haut-plateau) nous laissera un souvenir impérissable...
Récits et photos de nos aventures à suivre dans les prochains jours ;)

mercredi 6 août 2008

Mon blog en vacances



Dans quelques heures, nous prendrons notre envol pour la côte égéenne afin d'assister à un mariage. Puis, semaine prochaine, direction le Nord-Est de la Turquie pour retrouver un peu de fraîcheur et le doux accent des habitants de la Mer Noire. Ma plume prend ainsi un peu de repos jusqu'au 18 août.

Vous êtes plus de 1.500 lecteurs à vous connecter quotidiennement, en attendant de vous retrouver, je vous remercie pour votre fidélité et je vous laisse en compagnie d'un patchwork de photos prises à Istanbul.

Afin d'éviter tout problème technique, je ferme l'accès aux commentaires pendant une dizaine de jours.
A très vite...

Trio gagnant

Pour une grande maison d'édition française, j'ai passé 3 longs mois à tester des restaurants, des selfs et des cafés d'Istanbul, dans le but de réactualiser un guide touristique. A présent, les épreuves sont à Paris et ne seront publiées qu'au mois d'octobre.
Il y a plein d'adresses que j'aurais aimé voir figurer dans ce guide, mais il a fallu faire un choix et privilégier bien entendu la cuisine turque, celle que l'on doit découvrir absolument en même temps que les monuments de la ville ! Ainsi, à défaut d'écrire toutes les adresses que j'aime sur papier, je les publierai sur le net...



Comme tout le monde, j'ai mes petites habitudes dans mon quartier, et quand l'envie nous prend à Fred et moi de manger autre chose que de la cuisine locale, nous avons une adresse dont on ne se lasse pas : la Pizzeria TRIO. C'est un petit coin d'Italie, tout près du Lycée français Sainte Pulchérie, qui me rappelle mes six mois passés dans les alpes italiennes, juste avant d'atterrir en Turquie.
Le gérant de ce restaurant, parfaitement francophone, à un parcours plutôt original et atypique. Agé de moins de trente ans, Tan INCE travaille pour l'Union Européenne et a décidé, il y a un an, de se lancer dans la restauration.



A deux minutes à pied de Taksim, située dans une rue pentue qui permet d’accéder au quartier de Çukucurma, cette pizzeria ne prépare pas que des pizzas fines et croustillantes cuites au feu de bois. On y déguste aussi, dans un cadre intime, des antipasti aux accents méditerranéens, des pâtes al dente et de délicieux desserts italiens. D'ailleurs, quoi de mieux que de finir un bon repas sur un succulent tiramisù, qui signifie dans la langue des gondoliers "Tire-moi vers le haut" ? De quoi vous redonner des forces après une journée de travail !

TRIO Pizzeria
Sıraselviler Cad. Billurcu Sk. N : 5
Taksim
Tel : (0212) 252 44 44

A noter que cette pizzeria livre aussi à domicile

mardi 5 août 2008

On ne fait pas d'omelette....



Vendeur d'oeufs - Diyarbakır

Les turcs consomment en moyenne 150 oeufs par habitant et par an* alors que les français en consomment 266. Au début de l'année 2008, une campagne a été lancée par YUM-BIR (association des producteurs d'oeufs turcs) afin de sensibiliser la population aux bienfaits nutritionnels de l'oeuf.

* Informations publiées le 3/08/08 dans un article du Sunday's Zaman.

lundi 4 août 2008

Apprendre le turc : Petit cours pour s'y retrouver.

Si j'en avais eu l'occasion, est-ce que j'aurais choisi le turc en seconde langue au collège au lieu de l'italien ? Très honnêtement non. Je pensais d'ailleurs, à la fin de mes études, ne jamais plus avoir à apprendre une nouvelle langue étrangère...
Et puis un jour, le destin a bouleversé tous mes plans, et me voilà habitant dans un pays où la communication est difficile, même avec les gestes ! Comme des milliers d'expatriés dans le monde, il a fallu alors prendre mon courage à deux mains et me remettre à étudier, apprendre des mots par coeur, me sentir comme un enfant de deux ans dont le vocabulaire se réduit à quelques phrases de survie.
Pour apprendre une langue étrangère, il n'y a pas de secret : Il faut être motivé, curieux, persévérant et faire preuve de discipline.


Mais qu'y-a-t-il à 15 km ?!

Quelques étrangers vivent depuis des années en Turquie, mais ne savent pourtant pas aligner deux mots en turc, ils s'en sortent toujours pour communiquer en parlant en anglais, français ou allemand. Certains diront que c'est un manque de respect vis à vis du pays qui les accueille, d'autres vous affirmeront qu'il est difficile, après une journée de travail et son lot de responsabilités, d'enchaîner ensuite sur 2 heures de cours de langue. Après tout, chacun fait ce qu'il veut et surtout ce qu'il peut, mais je me demande comment s'intégrer dans un pays et comprendre sa culture sans pouvoir vraiment communiquer ? Mystère...


Enfants de Diyarbakır

Quoiqu'il en soit, en ce qui me concerne, j'ai eu un déclic radical pour être motivée comme personne pour apprendre le turc. Je me suis retrouvée à un enterrement dans le sud de la Turquie. Seule dans une pièce avec une veuve en pleurs, je n'ai pas pu lui communiquer mes condoléances ni même la consoler avec des mots. Ainsi, dès ma première année passée à Istanbul, j'ai pris des cours de turc afin de pouvoir me débrouiller vite dans la vie de tous les jours. J'ai eu de la chance, mon professeur (que j'ai trouvé en regardant les petite annonces affichées sous le porche du Consulat de France) avait le même âge que moi et préparait nos cours avec grand soin.

Il existe plusieurs méthodes pour apprendre le turc, cours collectifs, cours particuliers, livres : A chacun de composer selon ses envies, son temps libre et son budget. Vous trouverez ci-dessous quelques pistes pour apprendre le turc en étant basé en Turquie ou partout dans le monde.

Sur place : Les écoles de langue

De nombreuses écoles proposent des cours de turc dans les grandes villes de Turquie. Voici celles qui ont été testées par des amis à moi et qui ont fait leurs preuves : Méthodes Livres et CD

  • Assimil : Je ne connais pas les dernières versions. Celle que j'ai pu feuilleter en 2002 me semblait obsolète. Les dialogues et le vocabulaire s'y rapportant n'était pas très intéressant pour la vie professionnelle. De même, la méthode était truffée de fautes. Mais peut-être que cette méthode a évolué depuis ?


  • Worbook (Turkish for foreigners). Cette méthode est publiée par l'Université de Boğazici mais attention, elle est réservée aux anglophones. Plusieurs livres ont été édités (avec CD, exercices, grammaire). Personnellement, c'est la méthode sur laquelle j'ai appris le turc et je continue d'étudier sur les différents tomes. Je trouve la collection très claire, ordonnée, et le vocabulaire est adapté aussi bien à la vie professionnelle qu'à la vie pratique. En vente dans toutes les bonnes librairies turques.

Internet : Cours de turc en ligne
Dictionnaire franco-turc en ligne

Il en existe beaucoup, voici mes préférés :

Dois-je rajouter que, pour progresser rapidement en turc, tous les moyens sont bons... ou presque !? Regarder les chaînes turques, écouter de la musique, lire la presse locale, faire une année Erasmus à Istanbul ou à Ankara, discuter avec les commerçants, avoir un petit copain turc / une petite copine turque, etc ;)
Et vous, comment avez-vous fait pour apprendre le turc ?

vendredi 1 août 2008

Vie de chien

J’aurais pu finir comme Mr. Bones ou comme Croc Blanc mais le destin en a decidé autrement. Abandonné dans une forêt de Tarabya avec mes 8 frères et soeurs, j’ai été recueilli par un jeune homme avec toute ma smala dans un petit appartement où il y avait déjà un animal à quatre pattes.



On avait dit à mon nouveau maître français, venu me chercher quelques semaines plus tard, qu’avoir un chien était le meilleur moyen pour appâter les femmes, mais pur mensonge ! En Turquie, c’est le meilleur moyen de les éloigner. Ceux ou celles qui osent me caresser sont souvent des touristes, c’est malheureux à dire mais je fais peur à la plupart des habitants de la ville, pourtant je n’ai jamais mordu personne et j’adore les câlins. Quand les gens me voient, ils adoptent une gestuelle caricaturale.



Chacune de mes sorties fait rire mon maître, car c’est souvent les plus costauds qui changent de trottoir ou font des bonds de deux mètres quand je les frôle. Ces demoiselles sont encore plus comiques, elles poussent des cris perçants en me voyant comme si j'étais un monstre ou beuglent des “Of ya” à tout va. Du haut de mes 60 cm, tirant mon maître avec ma laisse, je suis devenu la terreur de Beyoğlu, moi Yakamoz, âgé de 6 mois.



Ce que j’aime par dessus tout lors de ma promenade matinale, c’est le vendeur de tickets de loterie et son acolyte le vendeur ambulant de sandwiches. Afin que je m’éloigne d’eux, ils me lancent chacun à leur tour, et ce chaque matin, une tranche de mortadelle et m’ordonnent ensuite de partir. Mon maître a beau leur dire de ne rien me donner, ils ne peuvent pas s’en empêcher, c’est devenu leurs frissons du matin.



Ce qui me désole le plus, c’est ce manque d’espace vert, je dois chaque jour marcher de longues minutes afin de trouver un parc dans lequel je puisse courir sans pour autant faire déguerpir les gens qui sont installés dans l'herbe. Les turcs ont souvent peur des chiens, même des tout petits tout mignons car on leur a parlé depuis leur tendre enfance de la rage des chiens errants. De même, à la campagne, les chiens qui gardent les maisons et les troupeaux sont vraiment impressionnants, on les appelle les Kangal. Mais heureusement, la Turquie compte de plus en plus d’animaux domestiques.



Moi, avec ma petite queue en tourbillon, je suis de la famille des Karabaş, et mon maître m’a donné le nom de Yakamoz (= reflet de la lune dans l'eau) car j’ai une grosse tache blanche sur la tête.
Quand je traverse Istiklal Caddesi, c’est pour moi un vrai calvaire. D’un côté, je vois tous ces gens qui ont peur de moi et qui maudissent mon maître alors que je n’ai même pas aboyé. D’un autre, mille et une odeurs me parviennent à la truffe : Sucuk ou agneau grillé excitent mes papilles.



Hier, le vétérinaire m’a dit que je prendrai encore 10 kilos : Je sens que je vais provoquer des sueurs froides dans les rues de Beyoğlu, moi qui dors étalé par terre, tel un gros loukoum toute la sainte journée, comme la plupart des chiens errants turcs. Je me demande si à cause des réactions emphatiques des gens, je ne vais pas devoir un jour quitter Istanbul, alors que les chats sont adulés partout...
Quelle vie de chien.

jeudi 31 juillet 2008

Embarquement immédiat

Partir en croisière en fait rêver plus d’un, même après avoir visionné le film “Titanic”. Seulement voilà, parcourir les mers en ne voyant au loin qu’un horizon de bleu n’est pas un rêve accessible à tout le monde. Ces voyages sur les flots où luxe, confort et découvertes flirtent ensemble ont un prix plutôt élevé.



Heureusement, le Bosphore existe et ses flots sont accessibles à tous et à tout moment de la journée pour quelques YTL. D’ailleurs, traverser le Bosphore de long en large ou d’une rive à l’autre est fortement recommandé si l'on veut mesurer toute la magnificence d’Istanbul.



Il existe plusieurs façons de s’offrir une petite croisière à Istanbul. Certains bateaux partent pour la journée entière et vous emmèneront jusqu’à l’embouchure de la Mer Noire. D’autres vous conduiront au contraire vers les Iles aux Princes.



Et pour les plus pressés, il suffit de prendre des embarcations privées qui proposent quelques heures de croisière, ou plus simple encore, de copier ces nombreux turcs qui habitent sur la rive asiatique et travaillent sur la rive européenne (ou vice versa) et qui utilisent les ferryboats quotidiennement pour éviter d’être engorgés dans les embouteillages sur un des ponts du Bosphore.



Prêt pour l’embarquement ? Je vous emmène aujourd'hui sur le bateau qui fait la liaison entre Kabataş et Kadıköy. A son bord, les usagers côtoient les touristes. La traversée ne dure qu’une quinzaine de minutes mais il y a tout à bord pour votre confort. Des sièges rembourés à l’intérieur comme à l’extérieur, un bakkal (épicier) pour pallier aux petits creux, quelques verres de çay ou de jus d’oranges pressées. Le serveur arpente tout le navire, son plateau posé sur l’épaule, en sillonnant entre les passagers.



Gilets de sauvetage, bouées : Que les plus peureux se rassurent, les accidents sont rares, malgré le trafic maritime dense où pétroliers et chimiquiers font de l’ombre aux navires de plaisance et aux bateaux municipaux.



Je n’ai pas encore eu le temps de décrire tout ce qu’il y à bord du bateau que l’on aperçoit déjà l’Iskele, le quai de Kadıköy où la foule attend pour faire le chemin inverse. Tout est tellement bien organisé qu’il ne faut que quelques minutes aux passagers pour descendre et monter sans se croiser sur les passerelles.


Iskele de Kadıköy

La croisière s'achève ainsi, on regretterait presque de mettre déjà un pied à terre. Pour se consoler, il ne nous reste plus qu’à naviguer sur le site web d’IDO, afin de connaître les prochains départs des ferryboats. Ce ne sont pas les Iskele qui manquent !
Et si vous avez envie d'un peu d'intimité à bord, sachez que des petits bateaux-taxi sont à votre disposition depuis peu. Cela vous coûtera bien plus cher que d'emprunter un ferryboat, mais ce sera certes le moyen le plus rapide, et le plus romantique, pour atteindre l'autre rive...


Taxi des mers mis en place par IDO

mercredi 30 juillet 2008

Maman, les petits bateaux...



Photo prise sur le Bosphore, à bord d'un des ferryboats d'IDO (İstanbul Deniz Otobüsleri A.Ş), entre Kabataş et Kadıköy. Chaque année, IDO transporte plus de 90 millions de passagers à bord de ses 85 ferrys.


Discover Orhan Olmez!

mardi 29 juillet 2008

Un troyen à Paris

Qui aurait pu penser qu’un jeune instituteur Anatolien se retrouve un jour derrière un kiosque parisien ?
Hasan KUDAR a eu un parcours peu commun, puisqu’il est né dans les années 20 dans un village Alévi proche de Troie. A travers ses mémoires, il plante le décor de ces années de persécution où l’on chassait les communistes de Turquie. De sa jeunesse jusqu’à l’âge de sa retraite, il nous fait part des difficultés de la vie, mais aussi des moments heureux passés entre amis ou en famille.



Installé en France dans les années 60, commence alors pour lui une nouvelle vie tant sur le plan professionnel que personnel. De professeur à vendeur de journaux en passant par cuisinier, Hasan aura goûté à la vie parisenne parfumée de liberté.
La première partie du roman, qui retrace son enfance et son adolescence, est particulièrement intéressante puisqu’elle nous plonge dans les us et les coutumes d'un petit village de Turquie, situé sur les flancs du mont Ida.
La deuxième partie est plus décousue, à l’instar de la vie parisienne riche en rencontres et découvertes de l'auteur ? Lire ses anecdotes avec ses nombreuses maîtresses alors que son épouse l’attend en Turquie ne sera pas au goût de tout le monde… A noter que cette partie est agrémentée de quelques photos.

Bref, ce n’est pas de la grande littérature, c’est une biographie qui se lit en quelques heures et qui permet de revêtir la peau d’un immigré, de partager ses doutes, sa double culture ainsi que des bribes de sa vie. La connexité n’est pas toujours au rendez-vous, Hasan KUDAR a consigné une sorte de journal intime dont il aura finalement arraché quelques pages...

Un Troyen à Paris
Hasan KUDAR
Librairie Özgül Kitabevi
178 pages

lundi 28 juillet 2008

Turistler

Vous ne trouverez pas plus motivés qu’eux pour battre le pavé malgré cette chaleur étouffante et humide qui s’est emparée d’Istanbul. Leur courage résulte de la mission qui les a fait se déplacer et qu’ils ne veulent avorter sous aucun pretexte : Ils doivent visiter la ville de fond en comble. Short, lunettes de soleil, appareil photo et guide touristique greffés à la main sont les signes distinctifs de ces explorateurs des temps modernes, appelés communément des touristes.



Depuis début juin, ils se sont infiltrés partout et ont imbibé les murs d'Istanbul avec leurs accents et la moiteur de leur peau. Être touriste de nos jours est un rôle qu’il faut prendre au sérieux, c’est presque devenu un vrai métier et la concurrence est rude : Il est question de ramener les plus belles photos, d'avoir goûté à tout et d'avoir découvert des coins qui ne figurent même pas dans les pages des guides.

Entre locaux et vacanciers, il est parfois difficile de repérer qui est qui. Certains vendeurs se laissent prendre au piège sur Istiklal Caddesi et murmurent quelques mots turcs à un de leur client qu’ils pensaient être du même clan. Mais non, raté, le touriste ne comprend pas un mot et offre au vendeur, en guise de réponse, des yeux de merlans frits.

Au milieu des anglaises en short sexy et des italiens piailleurs, se mêlent celles qui sont supposées rester dans l'ombre, alors qu'on ne remarque qu'elles. Pas un bout de chair ne dépasse de leur long tchador noir, ce sont les épouses des moyens orientaux, venues tout droit des pays chauds qui pullulent le pétrole.



En Turquie, les moyens orientaux ne sont pas trop dépaysés, 98 % des gens pratiquent la même religion qu’eux, 60 % des femmes sont voilées et puis les vols sont quotidiens et directs. Istanbul-Dubai en quelques heures et sans visa, palaces, shopping, bijoux : Pour ces touristes là, Istanbul c'est le paradis, ou presque.

Ces hommes et ses femmes se fondent dans la masse si bien que les vacanciers européens confondent les autochtones et moyens-orientaux. Les businessmen qui ne fréquentent que les hôtels quatre étoiles feront la même amalgame, et diront qu'Istanbul est une ville peuplée de femmes portant le tchador, ce qui est pourtant loin d'être vrai...



Et au milieu de toute cette masse humaine, il y a nous, qui appartenons à cette catégorie un peu à part. Ni touristes, ni locaux, nous avons franchi la frontière sans billet retour en poche et vivons ici depuis des années. Nous regardons les touristes avec amusement mais aussi avec nostalgie. Eux découvrent pour la première fois la Turquie, et s'émoustillent de tout. Que ne donnerait-on pas pour revivre encore une fois ces sensations de nouveau-né ? Car même si des découvertes en tout genre nous attendent chaque semaine, tout cela se conjugue finalement sur un air de déjà-vu...

Une pensée pour toutes les victimes du double attentat qui s'est malheureusement déroulé hier à Istanbul. Merci pour vos messages. C'est une semaine tendue au niveau politique. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'actualité turque, je vous invite à lire la presse et les blogs qui traitent de ce sujet.

jeudi 24 juillet 2008

Crossing the bridge



Pont du Bosphore
Au loin, les tours de la rive européenne


Discover Hepsi!

mardi 22 juillet 2008

Le dernier tramway



Tramway d'Istiklal Caddesi
Beyoğlu


Discover Gece Yolcular?!

lundi 21 juillet 2008

Graffiti






Art libre ou vulgaires dessins muraux ?
De nos jours, les graffiti exaspèrent certains citadins, ou sont au contraire admirés par des piétons en manque de couleurs. Quoiqu'il en soit, aucune ville n'y échappe aujourd'hui, Istanbul y compris.
Les artistes qui opèrent dans l'ombre tentent de nous faire faire passer des messages. Les murs, leurs supports affranchis, ont l'ouïe développée. Mais ils ont aussi la faculté de représenter (tout haut) ce que certains pensent (tout bas)...

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