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Du miel aux épices d'Istanbul...

jeudi 23 février 2006

Le détroit de tous les dangers



Reliant la mer noire à la mer de Marmara, le Bosphore (boğazici en turc) est un détroit stratégique qui sépare la rive européenne de la rive asiatique sur plus de 30 km. C’est une voie navigable internationale qui est régie par la convention de Montreux (1936) et qui autorise le passage des navires marchands.

Sa largeur varie de 550 à 3 000 mètres, et malgré les violents courants et son étroitesse en certains endroits qui rend la navigation très dangereuse, son trafic est un des plus importants au monde.
Les navires ne sont cependant pas obligés de prendre un bateau escorteur, ni de guide-pilote et sont donc parfois livrés à eux-mêmes au milieu des bateaux autobus (qui sont utilisés tous les jours par plus d'un million de personnes), des ferry boat, des paquebots et des barques de pêche.

Ces soixante dernières années, le trafic maritime a été multiplié par 8 et plus de 50 000 navires traversent chaque année actuellement le détroit du Bosphore. Soit environ 137 par jour, en moyenne un toutes les dix minutes. Plus de 8 000 navires par an transportent une cargaison dangereuse, le plus souvent du gaz liquéfié ou pétrole.


Les habitations sont parfois situées trop près des flots

On entend parler des histoires de navires qui se sont écrasés contre certaines maisons de la rive asiatique, mais de plus graves accidents se sont malheureusement produits, notamment trois graves collisions entre deux pétroliers suivies d'incendie, comme en mars 1994 où 25 marins ont trouvé la mort.
En mars 2005, le détroit fut fermé au trafic maritime après le naufrage d’un navire cargo transportant sept camions-citernes de gaz de pétrole liquéfié. Une dizaine d’heures d’efforts ont été nécessaires aux secours pour mettre en sécurité les sept citernes contenant au total 138 tonnes de GPL.


Certains tankers sont de véritables bombes flottantes

La Turquie a cependant pris des mesures de sécurité restrictives afin de limiter le passage des pétroliers. Elle interdit le transit aux navires sans double coque et oblige aux tankers de franchir les détroits de jour.
Ces mesures entraînent d’importants bouchons à l’embouchure sud du Bosphore. Les navires doivent attendre parfois plusieurs jours le feu vert des autorités de surveillance du trafic maritime.
Leurs destinations principales : Les ports bulgares, roumains, ukrainiens et les ports russes de la mer Noire.

Depuis plus d’un an, le passage bénéficie d’une observation radar vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Huit tours de contrôle ont été installées sur le Bosphore. Le système a coûté 40 millions de dollars.
Le transit de 140 millions de tonnes de pétrole par an en plein cœur de la ville représente un réel danger, les autorités souhaitent ainsi favoriser la solution d’un pipe-line. Un projet entre Samsun (port turc de la mer Noire) et Ceyhan (port turc de la Méditerranée) a été évalué à 700 millions de dollars. Financièrement avantageux pour les compagnies pétrolières, et plus écologique, ce pipe-line ne pourrait cependant transporter qu’un tiers du pétrole acheminé annuellement par voie maritime via le Bosphore et les Dardanelles.



Malgré cette admiration qu’ont tous les touristes de la ville devant ces gigantesques navires qui traversent le Bosphore, une grande catastrophe écologique et maritime guette à chaque minute la ville, et pourrait se montrer aussi meurtrière qu’un tremblement de terre.

mercredi 22 février 2006

Manger au supermarché



On dit qu’il est préférable de faire ses courses le ventre plein. Comme ça on n’est moins tenté d’acheter des cochonneries sucrées-salées qui nous mettent en appétit en se promenant dans les allées du supermarché.
Il semblerait que les turcs aient appliqués ce conseil à la lettre puisque dans chaque grande surface, vous trouverez au moins un food court. Il s’agit bien souvent d’un étage entiérement réservé à combler nos estomacs affamés.

Toutes les enseignes de snacks, cafés, restaurants et fast-food se succédent et nous font perdre la tête.
C'est d'ailleurs le programme du week-end hivernal des familles turques : les courses, le repas dans le supermarché et un tour dans l'aire de jeux réservée aux enfants.

Que manger ? Ce n’est pas le choix qui manque !
Votre copain veut une pizza ? Vous du poisson grillé ? Pas de problème, chacun fera la queue au comptoir du restau qui l’intéresse et vous vous retrouverez pour manger à une table.

Le plus dur ne sera donc pas pas de choisir ce qui composera votre assiette, mais de trouver une place assise...

mardi 21 février 2006

C'est en copiant qu'on invente *

* La citation est de Paul Valéry

Losque je suis tombée pour la première fois sur une des créations de l’agence de pub d’istanbul TBWA, je n’ai pu ressentir qu’une profonde admiration pour les petits génies de cette société qui conçoivent sans arrêt de nouveaux supports publicitaires plein de créativité.



Avouez que ces sacs sont vraiment très originaux, ils ont été faits pour la chaine de grands magasins YKM en 2005.



Cette agence de pub a reçu, grâce aux sacs présentés ci-dessus, le prix Epica en 2005 (packaging design) et a obtenu le Golden Drum de bronze.

Oui mais voilà, ce matin dans le journal, un article attire mon attention.
Non ! c’est une blague !
Il semblerait que non...!

L’agence de pub va devoir rendre sa couronne à César.
L’heure de gloire s’arrête là.
Un site français qui répertorie les publicités jumelles les a en effet piégés.

Et oui, cette idée géniale n’était qu’un plagiat dont voici les originaux :



Les turcs sont décidement très forts pour les copies... Et le plus marrant, c’est que l’agence de pub TBWA s’inflige en première page de son site web, ce qu’elle mérite pour avoir fait ça** !

Comme disait ma maîtresse en primaire : "C'est pas beau de copier !"

** n’oubliez pas de cliquer sur les liens (les mots soulignés dans le texte) !!

vendredi 17 février 2006

Du nouveau du côté de chez moi...

Hier, peu de temps après avoir écrit mon billet sur le camembert, je suis sortie faire un aller-retour à la poste de mon quartier.



Et quelle ne fût pas ma surprise de tomber devant une nouvelle enseigne : Paul.

Cette chaîne de boulangeries-patisseries-salons de thé est bien implantée sur Istanbul, (et pour la petite histoire, c’est d’ailleurs là que nous avons eu, Burak et moi, notre premier rendez-vous :)

On peut acheter différentes sortes de pains, viennoiseries, patisseries, etc.
Et vous remarquerez que tout est écrit en français sur la façade de la boulangerie, ça fait tout de suite plus chic..

Il n’y a pas autant de choix qu’en France (surtout au niveau des produits salés) mais peu importe !
Parfois c’est tellement bon de croquer dans un pain aux raisins, surtout après mes mésaventures avec le faux camembert...

jeudi 16 février 2006

Quand la France me manque...

Burak pensait avoir trouvé une solution miracle pour me remonter le moral en toute occasion et surtout quand j'ai le mal du pays !
Son remède s'appelle : le camembert.

Et oui, la seule faiblesse qui nous perdra (à nous les français) est bien le fromage, car même si on en trouve ici, et du très bon, ça ne vaudra jamais un bon plateau d'A.O.C.
Huuumm, les bons petits fromages de chèvre, le St Félicien... Soupir...



Voilà la boîte à camembert, de la marque Gérard (quel nom !) offerte par mon chéri hier soir. Je sniffe l'emballage, bizarre pas d'odeur, il a pourtant été fabriqué en septembre 2005...
Ah ! Je comprends mieux maintenant, le camembert est enfermé dans une boîte de conserve !



Je l'ouvre, pâte molle, toujours pas d'odeur, ça me semble anormal...
Prenons un peu de pain pour croquer avec mon petit bout de France...
Ça ressemble à du brie, mais ça a pas trop de goût. C'est bizarre la consistance...

- Chéri, t'as payé ça combien ?
- 10 YTL
- Quoi, 6 euros ?! De l'arnaque en boîte ! A ce prix là, je peux trouver du très bon fromage turc ! Et ils osent appeler ça du camembert !



Je retourne l'emballage en carton et je lis la traduction en anglais : fat soft cheese. Ça veut tout dire !
Bon ben, il ne me reste plus qu'à attendre patiemment mon prochain voyage en France pour déguster un vrai camembert (qui pue).

Burak m'interroge :
- Mais pourquoi tu ramènes jamais du camembert dans tes valises ? Tu achètes toujours du gruyère ou du comté..
- Parce que le camembert après un séjour prolongé dans ma valise va couler, parfumer tous mes vêtements et inquiéter sérieusement la douane...
- Mais comment ça peut couler et sentir si c'est enfermé dans une boîte en métal ?
- Chéri, en France le fromage ne se présente pas comme ça, et en plus ça pue le camembert, sentir ta paire de baskets à côté, c'est du gâteau !
- Alors c'est pas du vrai camembert que j'ai acheté ?
- Ben tu sais bien qu'en Turquie, on ne trouve que du faux...
- Mais pourtant regarde sur l'emballage, ce fromage là a bien été fabriqué en France...
- Personne n'est parfait. Au fait, t'as pensé à acheter le dessert ?


Un de ces jours, faudra que je pense à intenter un procès à cette marque de camembert (publicité mensongère), je prendrai soutien auprès des associations de consommateurs... et je deviendrai RICHE !!

mercredi 8 février 2006

Les petits dolmuş



S’il n’y avait qu’une seule chose que l’on puisse importer de la Turquie, alors je voterais pour celle-ci : les dolmuş (à prononcer dolmouche).

C’est le moyen de transport en commun le plus pratique et le plus économique qui existe ici.

Ce sont en fait des minibus qui serpentent toutes les villes de Turquie, ainsi que les nombreuses avenues et rues d’Istanbul.
Pas d’arrêt officiel comme les bus, si la destination (écrite à l’avant ou sur le côté du véhicule) est bien la votre, alors vous pouvez monter dans les dolmuş n’importe où et l’arrêter aussi où vous le voulez.

C'est une sorte de taxi en commun, le prix dépend de votre trajet mais ne coûte que quelques centimes d’euros.
C’est assez convivial.


Au fond des dolmuş, on est toujours bien serré et au chaud !

Si vous vous asseyez au fond du minibus, vous pouvez taper sur l’épaule de la personne qui est assise devant vous et faire passer votre monnaie de main en main afin de payer directement le prix du trajet au chauffeur.
S’il doit vous rendre de la monnaie, alors celle-ci fera le chemin en sens inverse toujours de main en main.

Je me souviens, sur la côté égéenne, il y avait des dolmuş qui nous amenaient sur des belles plages isolées.

Ce moyen de transport en commun sert aussi pour les ramassages scolaires (là encore, la Turquie est au top dans ce domaine), le matin il n'est pas rare de croiser des dolmuş remplis d'écoliers en uniforme.

Ah... Si les dolmuş avaient existé en France, ça aurait simplifié nos vies ! (et celles de nos parents...)

lundi 6 février 2006

Mersi Mösyö

Mais non, mais non, je n’ai pas oublié mon français !
J’ai juste décidé de vous parler un peu turc aujourd’hui... :)



Vous l’ignorez peut-être mais la langue turque comprend un très grand nombre de mots français...
3 000 seraient d’usage courant.
Cependant attention ! Ça se prononce pareil mais ça ne s’écrit pas de la même façon !!



En 1928, ATATURK remplace l’alphabet arabe par l’alphabet turc (adapté de l’alphabet latin), ce fût une grande révolution linguistique (dil devrimi).

Ainsi, on assiste à l’époque à une véritable épuration des expressions et éléments arabo-persans.
Imaginez le chamboulement...



Afin de moderniser la langue turque et de palier aux besoins techniques, de nombreux mots provenant des langues occidentales (allemand, anglais, italien..) ont été empruntés, et adoptés de façon définitive par la suite.



Professions, objets manufacturés, jeux, vêtements.. Si vous visitez la Turquie, ça vaut le coup de jeter un coup d’oeil aux enseignes.
Mais il ne faudra pas s’étonner si, après votre séjour, un de vos enfants fait encore plus de fautes d'orthographe à l’école...

jeudi 2 février 2006

Féminines jusqu'au bout... des gants !

Deux fois par semaine, je mène la vie dure à celles que je surnomme mes filles.

Je suis très fière aujourd’hui de vous les présenter puisque ce sont les premières féminines de boxe française en Turquie.


De gauche à droite et de bas en haut :
Zeynep, Luana, Ivana, Nil, Ceyda, et moi !


Je les entraine le lundi et mercredi soir de 19h à 20h30.
Au programme : échauffement, techniques, travail au sac, abdos, pompes, stretching...
Quatre d’entre elles sont étudiantes, deux dans un collége français, deux dans un lycée turc, et j’ai même une mannequin yougoslave.
Lundi prochain je vais avoir encore deux nouvelles élèves :)

C’est un bon début puisque j’ai ouvert la section de boxe française en septembre 2005 grâce a Burak et Bujin.

La boxe féminine commence à se développer en Turquie, mais il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine...
Comptez sur moi pour faire avancer tout ça ;-)

mercredi 1 février 2006

Déja 130 ans !



Vous l’aurez deviné, il ne s’agit pas de mon âge mais de celui du plus vieux funiculaire d’Istanbul : Tünel.

Son entrée (ou sa sortie... tout dépend dans quel sens vous le prenez) est située dans le quartier de Beyoğlu et ce métro permet d’atteindre le pont de Galata pour quelques centimes d’euro.



Ce funiculaire est un des plus vieux métros au monde après celui de Londres (1863) et New-York (1868). On raconte que c’est la Ficelle de Lyon qui aurait servi de modèle à ce vieux moyen de transport en commun.

Istanbul va bientôt célèbrer l’ouverture de son deuxiéme funiculaire, qui relira Taksim à Kabatas (rive du Bosphore).

Ça va faciliter la vie de tous ceux qui travaillent en Europe mais qui habitent du côté asiatique.
Et bien sûr, cela soulagera tous les gens qui ont subi les longs travaux dans les quartiers annexes (coupures d’eau et de courant, etc.).
On n'arrête pas le progrès !