Je quitte la Gare de Lyon, direction l’aéroport. Quelques heures plus tard, je me dis que l’avion va s’arrêter au bout de la piste avant de décoller, comme dans certains films. Ou bien encore que les aiguilleurs du ciel seront en grève illimitée. Comme ça, je pourrais poursuivre mes vacances rue de la paix avec ma famille.



Mais finalement, je me retrouve trois heures plus tard loin de la case chance devant un douanier qui me dévisage et je tente de sourire malgré tout afin de ne pas avoir l’air trop suspicieux et de finir en prison.
En prenant ma valise, je ne sais plus trop où je suis ni d’où je viens. J'entends parler plusieurs langues autour de moi, je croise des gens du monde entier. Je reconnais quelques hollandais aux jambes blanches ou encore deux ou trois blondinettes russes habillées comme des filles de la place Pigalle.

Et quelques minutes plus tard, le juron des chauffeurs de taxi et les innombrables embouteillages me ramènent à la réalité. Ce ne sont pas les Champs Elysées. C’est Taksim, c'est Beşiktaş, c’est Istanbul et ses nombreux quartiers. Finis les vacances et les moments d’allégresse.

Je me sens devenir pion,
sur un immense jeu de Monopoly, j’avance,
et je reviens malheureusement sur la case départ...