C'est en visitant une exposition de calligraphie organisée par le célèbre homme d’affaires turc Sakip Sabanci, que Yasmine Ghata découvre par hasard une oeuvre de sa grand-mère paternelle, qui fût la première femme calligraphe en Turquie.
Yasmine Ghata décide alors de s'improviser écrivain. Elle nous dépeint la vie de cette femme Rikkat Kunt à travers ce roman qui nous plonge, tel un calame dans un encrier, dans le monde des ouvriers de l’écriture, censés interpréter les paroles de dieu.



Rikkat ne connait que des malheurs dans sa vie, mariage forcé, séparation de plusieurs années avec son fils ainé, abandon de l’alphabet arabe (sous Atatürk) au profit de l’alphabet latin. Son seul échapatoire : l’écriture mystique dans laquelle elle excelle et qui lui permet de communiquer avec les calligraphes virtuoses appartenant au monde de l’au-delà. Elle se sent parfois comme dépossédée de ses mains, et réalise alors des oeuvres d’une grande beauté et modernité.

Un roman touchant, écrit avec sensibilité et sagacité. On se sent artiste malgré nous, en lisant les descriptions circonstanciées de l’art de la calligraphie. L’auteur a déjà reçu de nombreux prix littéraires pour ce roman, ce qui ne m’étonne nullement...

* La nuit des calligraphes
Yasmine GHATA
Editions Fayard (181 pages) ou éditions Poche (153 pages)