Lors de notre séjour en Cappadoce, Fred et moi avons évité tous les sites touristiques (Göreme, Zelve). D’une part, nous les avions déjà visités, et d’autre part nous n’avions pas envie de croiser des groupes de touristes. Fred connaissant mieux la région que moi, il savait que pour voir des choses extraordinaires, il vaut mieux sortir des sentiers battus et faire du trekking dans les vallées.



Au départ de Çavuşin, il existe une multitude de chemins et de circuits. Nous sommes partis de ce village et nous avons fait 4 bonnes heures de marche dans la vallée rose, deux jours de suite. Nous n’avons croisé que quelques randonneurs et surtout des paysans qui s’occupent de leurs vignes et de leurs vergers. Ce qui est fabuleux, c’est qu’en quelques minutes, nous pouvons passer d’un paysage à un autre, complétement différent.



La flore est trés variée, et contrairement à mes souvenirs, c’est très boisé, très vert. Nous avons joué les pseudo-aventuriers en empruntant des chemins glissants, en escaladant des rochers, et nous avons découverts quelques merveilles, des panoramas somptueux, des églises creusées dans la roche qui n’étaient pas indiquées par des panneaux car difficiles d’accès.



Au siècle dernier, les paysans de la Cappadoce avaient pour habitude de creuser des niches dans la roche afin de récolter les fientes des pigeons pour rendre leurs terres plus fertiles. On leur racontait aussi que des pierres précieuses étaient cachées dans les yeux des personnages de la Bible, représentés sur les peintures murales dans les églises troglodytes. Aussi, les peintures des icônes que nous pouvons voir de nos jours sont toutes grattées au niveau des yeux.



Il faut savoir que la Cappadoce est un véritable musée à ciel ouvert, peu d’endroits sont payants ou protégés. On se demande comment la vallée peut être si propre et les peintures murales presques intactes dans ces conditions. Comme quoi, les hommes savent parfois se montrer respectueux envers ce que la nature leur a gracieusement légué...