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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 29 juin 2007

Détroit



J’ai les yeux braqués vers l’horizon
Où s’étend la mer de tout son long
Et les profonds sillons des bâteaux
Semblent vouloir échancrer une eau grise
Dans laquelle l’amertume s’enlise
De légers reflets blancs sur sa peau

Deux énormes morceaux de terre s’étendent
L’un vers l’autre comme s’ils voulaient s’atteindre
Et ils trouvent le moyen de s’en plaindre
En des sirènes qui au loin s’entendent
L’impression que me donne le détroit
Pareille à celle qui m’allonge vers toi

Qui sait combien pareils à nous deux
Voudraient tarir la mer de leur feu
La sécher par des miracles d’antan
Réunir les deux bras en l’étreinte
D’un présent attendu depuis si longtemps
Abolir à jamais les complaintes

Nino ANAVI
Tiré du recueil de poésies “A toi..." - Istanbul, 1995

jeudi 28 juin 2007

Sıcak, çok sıcak !*


Vendeurs d'eau - Taksim

Les vendeurs d’eau se frottent les mains en ce moment devant leur commerce florissant. Il faut dire qu’Istanbul et même la Turquie toute entière n’avaient jamais connu de telles températures. 44 degrés dans le sud de la Turquie le week-end dernier, 38 sur Istanbul. Le gouvernement turc a d’ailleurs donné trois jours de congés aux femmes enceintes et aux plus vulnérables. Tous les français immatriculés en Turquie ont reçu un email du Consulat ayant pour titre Alerte à la canicule avec quelques conseils à la clé :
- Boire 3 à 4 litres d’eau par jour (je fais une étude comparative des eaux minérales turques en ce moment),
- Fermer les volets (ça va être dur, la plupart des habitations d’Istanbul ne sont pas équipées de volets),
- S'informer des lieux climatisés proches si on ne dispose pas de climatiseur à domicile (pour mon cas, c’est les boutiques, j’habite près d’une grande avenue commerçante, ça tombe bien c’est les soldes),
- Eviter de sortir dehors pendant les heures les plus chaudes.



Il parait que cette vague de chaleur va s’atténuer dès demain, il vaudrait mieux car sinon je vais finir par sauter toute habillée dans les eaux bleues du Bosphore, que j'admire d'ailleurs avec envie tout en écrivant ce billet...

* Chaud, très chaud !

mercredi 27 juin 2007

Atlas Pasajı



Quand on descend Istiklal Caddesi, de Taksim à Beyoğlu, on est subjugué en premier par la foule et par le brouhaha. Quelque soit l’heure de la journée, c’est toujours vivant, coloré. C’est le coeur palpitant de la ville.



Ensuite, on ne peut s’empêcher de rentrer dans les boutiques, les cafés, les restaurants... Impossible de descendre cette grande avenue sans prévoir un ou deux arrêts minimum. Enfin, poussé par la curiosité, on ose s’aventurer dans les nombreux passages où s’entreposent cinémas, boutiques et büfe.



Un des passages les plus connus de la rue mais aussi un des plus fréquentés s’appelle Atlas Pasajı. Le bâtiment qui abrite ce passage a été construit fin 19éme siècle par un riche banquier arménien Mr. Agop Köçeyan.



Connu surtout pour son cinéma qui pouvait accueillir plus de 1800 personnes dans les années 50 et pour son théâtre, Atlas Pasajı héberge aussi de nombreuses boutiques.



Accessoires à la mode, vêtements banchés, objets de décoration.. De quoi faire quelques emplettes sympathiques ! Idéal pour se protéger en cas de pluie, de neige ou de canicule, si vous mettez les pieds dans ce passage n’oubliez pas de faire un tour dans les étages !

mardi 26 juin 2007

insectarium

Ça commence en musique, comme pour mieux nous charmer. Une musique souvent forte et rythmée. Le coeur joyeux, on se précipite aux fenêtres pour voir ce qui s’y passe, et soudain... Ô rage, ô désespoir, on ne dispose que de quelques secondes pour fermer toutes les fenêtres de la maison. Se barricader devient alors un geste vital. Si l’on habite au rez-de-chaussée, c’est déjà trop tard. L’odeur est atroce, la fumée nous fait tousser.



Dans la rue, les gens courent s’abriter. Heureusement pour eux... Car comme pour mieux nous achever, la musique diablesque se fait entendre de nouveau. Le camion rouge repasse, il en remet une deuxième couche. Adieu aux moustiques récalcitrants ! La scène a lieu plusieurs fois par semaine et le camion sévit toujours à la tombée de la nuit. Dois-je dire merci à la municipalité d’employer des procédés aussi décimants pour faire taire le murmure strident des moustiques ? Ou dois-je au contraire la remercier de polluer l’atmosphère en répendant dans l’air des insecticides ?

Me voilà face à un vrai dilemme ! D'ailleurs, à chaque fois que je respire par mégarde cette épaisse fumée chimique, je me sens comme un humain enfermé dans un insectarium...

lundi 25 juin 2007

Trait d'union

Europe-Asie, Asie-Europe, Istanbul est la seule ville au monde à s'étendre sur deux continents.



Passer d'une rive à l'autre est un spectacle grandiose : On est transporté par la beauté du Bosphore, par son immensité et par ce roulis qui en découle. Les ponts font office de trait d'union. Du bleu à portée de main malgré l'odeur du bitume, la preuve en images...




Photos prises du Pont du Bosphore et du Pont de Fatih Sultan Mehmet.

jeudi 21 juin 2007

Ça use les souliers....

Demain (vendredi) je ne pourrai pas répondre à vos commentaires, je vais aller trainer mes pieds dans la capitale... Française ! Retour lundi avec une semaine très chargée puisque samedi prochain nous allons avoir 1.500 personnes dans notre chantier naval et nous allons mettre à l'eau un navire de 139m de long qui pèse 40.000 tonnes (je suis allée me promener dessous aujourd'hui, impressionnant !).
De la couleur des tissus jusqu'aux boissons qui seront servies au dîner officiel, pas un détail ne m'échappe ! Vivement les prochaines vacances...



Cette photo a été prise à Izmit, dans un chantier naval. Comme dirait Frédéric : "En Turquie tout fonctionne, rien ne marche !"
A méditer...

DRUM



La musique peut-elle rassembler les peuples ?
La réponse est oui, et si vous n’en êtes pas convaincus, venez entendre les musiciens de Drum (dialogue, Respect, entente à travers la musique). Soutenu par l’Unesco, Drum regroupe des jeunes de tout horizon et tente de rendre les gens plus tolérants autour d’un projet original.



Chaque samedi, à Tünel (en bas d’Istiklal Caddesi) de 16h30 à 18h30 et à Kadiköy (rive asiatique) de 15h à 17h, des concerts de rue sont organisés par les membres de DRUM. Darbuka, violons, guitares, tambourins se mélangent et vous endiablent... Vous pouvez même vous joindre aux musiciens (instruments fournis sur place) si le coeur vous en dit. Si comme moi vous n’êtes pas très doués pour jouer de la musique, rien ne vous empêche de vous déhancher dans la rue comme les danseuses du ventre.



Si vous aimez les musiques rythmées, ne manquez pas ce rendez-vous sur Istanbul ! Ici, la fête de la musique ce n'est pas seulement le 21 juin, c'est tous les week-ends :)

mercredi 20 juin 2007

Drames, luxure et trahisons

Saviez-vous que Mourad III a eu 103 enfants ? Que Mehmet III a fait excécuter ses 16 frères ? Que plus de mille femmes vivaient au Harem après le régne de Soliman ? Que l’impératrice Théodora était une courtisane avant d’épouser Justinien ?



Trois énormes empires (Byzantin, Romain et Ottoman) et trois noms (Byzance, Constantinople, Istanbul) pour une seule ville. Ce roman nous fait traverser des siècles et nous entraine aux temps des combats des janissaires, des croisades, de la magnificence, des fraticides, des fêtes grandioses organisées par les Sultans.
Ce livre est vraiment captivant dès la première page, et ne donne pas du tout l’impression de lire une encyclopédie d’histoire... Pourtant, les événements et les dates importantes y sont inscrits, et une fois le livre refermé, on se souvient alors que la Turquie et l’Europe ont toujours été étroitement liées, aussi bien géographiquement que culturellement parlant. La turquie doit elle faire partie de l'Europe ? Vous trouverez tous les éléments de réponse dans ce roman !!

Le roman de Constantinople
Gilles MARTIN-CHAUFFIER
189 pages
Editions du Rocher
Prix Renaudot Essais 2005

PS : On parle de moi . Pour la traduction en Français de l'article en question, vous pouvez regarder dans les commentaires. Encore un grand merci à Métissée et à Özlem !

mardi 19 juin 2007

L'art est intéractif

Samedi après-midi, en revenant du chantier naval, je me suis arrêtée dans le quartier de Karaköy afin de visiter l’exposition dont on parle tant : Celle de Yoko ONO “Open city”.



Cette japonaise vous dit sûrement quelque chose... Mariée à John LENNON avec lequel elle a eu un fils, Yoko fût une des premières femmes étudiantes en philosophie dans son pays. Artiste pluridisciplinaire, elle oeuvre depuis sa jeunesse pour l’amour et la paix dans le monde.



Dans cette exposition, Yoko ONO invite chaque visiteur à devenir artiste à son tour autour de quelques créations éphémères : Ex it, Onochord, Mend peace, Add colour, Sky TV.



Vous pourrez ainsi tamponner des cartes militaires avec des mots tels que “Imagine Peace” ou encore “I love you”. Vous pourrez aussi recoller des morceaux de tasses, de vases, de bols cassés. Ces ateliers ont pour but de vous amener à réfléchir sur les guerres, les attentats, la paix, les ruptures, les réparations, l’avenir.



L’exposition se tient dans un ancien coffre-fort et ne s'étend que sur deux petites salles. Avant de partir, je n’ai pas pu m’empêcher de laisser un voeu sur l’arbre à souhaits (que l’on trouve en Turquie sous le nom de dilek Ağaci).



Art ou duperie, chacun son opinion ! En attendant, l’exposition est gratuite, et réfléchir sur un monde de paix et d’amour ne peut faire de mal à personne...

YOKO ONO
Open City – Açik Şehir
Du 3 mai au 30 Juin,
Ouvert tous les jours (sauf dimanche) de 10h à 17h30
Kasa Galeri – Karaköy / Istanbul
http://kasagaleri.sabanciuniv.edu

lundi 18 juin 2007

Carte postale d'Istanbul





Week-end chargé, le blog aura de quoi être alimenté cette semaine... ;-)

vendredi 15 juin 2007

Ayşegül*



Photo prise en Cappadoce, dans le village de Mustafapaşa.
Cette petite fille me fait penser à Martine. Ce personnage, créé en 1954, s'appelle d'ailleurs Ayşegül en Turquie.

jeudi 14 juin 2007

Escort Boat



A New-York, il y a les escort-girls, à Istanbul, il y a les escort-boats.

Chaque jour, plus de 140 navires passent le détroit du Bophore. Ce dernier est étroit à certains endroits et dangereux à cause des courants. On a d'ailleurs évité la catastrophe à plusieurs reprises... Pourtant, malgré les risques, les bâteaux-escorteurs appelés aussi Tugboat ou encore Romorkor ne sont pas obligatoires.

Petite devinette du jour : A votre avis, combien coûte un bâteau-escorteur (par passage, pour un pétrolier, quelle que soit sa taille) ? J'attends vos pronostics, en $ !! Celui qui se rapprochera le plus du prix gagnera... Son poids en loukoums ;-)

mardi 12 juin 2007

Une princesse nommée Enka

Aujourd'hui, rien sur la Turquie... Vous me pardonnerez j'espère ?!
Parce que mon frère Florent et son épouse Marie viennent d'avoir une petite fille qui se prénomme Enka, et que j'ai le coeur bien trop rempli d'émotions pour vous parler d'autre chose...



Elle est belle einh ? C'est de famille ;-)
En tant que tata, je félicite encore les parents et je sais qu'Oracio saura prendre soin de sa petite soeur.

PS : Bon anniversaire à toi mon coeur, à ce soir pour des moments remplis de miel.. et d'épices ;-)

lundi 11 juin 2007

Clair-obscur



Quartier d'Ortaköy

vendredi 8 juin 2007

Immersion dans la jet set turque



Les familles aisées turques sont extrêment riches. Chauffeur, gouvernante, école privée, Jeep Mercedes, Shopping chez Gucci font partie du quotidien de milliers de turcs. Certains seront fascinés par ce milieu, voir envieux, moi pas. Quand on fréquente ces gens là, on s’aperçoit que tout tourne autour d’eux : Les sorties, leurs apparences, leurs physiques. En dehors de ça, c’est plutôt creux. La première fois de ma vie que j’ai rencontré des jeunes qui n’avaient pas besoin de travailler à 25 ans, car leurs comptes en banque étaient suffisamment fournis, c’est à Istanbul. Ça doit bien exister en France aussi, mais sûrement pas en si grand nombre. Les filles sont de vraies clones : Trop maquillées, trop blondes, trop fashion-victimes, trop bronzées... Pas de place pour le naturel !



Je dois vous l’avouer, Fred et moi nous nous sommes légèrement incrustés dans une soirée VIP mercredi soir. J’avais bien une invitation (qui n’a pas été contrôlée une seule fois à l’entrée) mais au départ, celle-ci était destinée au Directeur de la société qui occupait nos bureaux il y a xx années. Cet homme reçoit toujours du courrier à son ancienne adresse. N’ayant pas ses coordonnées, et n’aimant pas le gaspillage, je me suis dit qu’il ne fallait pas laisser passer une opportunité pareille... Boire et manger gratuitement, ce n’était pas le but recherché bien sûr. A présent, tout ce que se rapporte au shopping de près ou de loin me concerne par rapport au projet que je suis en train de développer.


Kuruçeşme

La soirée était organisée par GOLDAS. Fondée en 1993 à Istanbul par le groupe Yalinkaya (qui regroupe 18 entreprises), cette société produit des bijoux en argent et en or (8 a 22 carats) et exporte sur cinq continents, soit dans plus de 45 pays. Chaque année, 5.000 nouveaux produits sont lancés sur le marché, en tout 12.000.000 d’unités sont produites par an. 60 boutiques en Turquie, 21 en Russie, 7 en chine, c'est bien connu, les bijoux sont les meilleurs amis des femmes !


Sur l'île artificielle de Suada

Pour le lancement de sa nouvelle ligne intitulée Derindenizler (au fond des mers), GOLDAS avait réservé l’île artificielle de Galatasaray (appelée aussi Suada) située sur le Bosphore, entre les deux ponts. Pour y aller, il faut emprunter une petite navette privée. L’endroit est magnifique, au milieu des flots, les pétroliers nous frôlent presque. Au programme, cocktail (alcool et mises en bouche) suivi d'un défilé de mode (bijoux) et d'une after-party.



Les mannequins étaient habillées de blanc, aussi les bijoux en or (que je ne pourrais sûrement jamais me payer) n’étaient pas forcément mis en exergue, les miss ne décrochaient pas un sourire, seule Azra Akın (miss monde 2002) se distinguait par sa grâce naturelle. C'est la jeune femme qui a les cheveux détachés sur la photo ci-dessous :



Je n’ai rien trouvé de très beau parmis les créations présentées... Mais la musique qui accompagnait le show était superbe. A la fin du spectacle, un groupe d'electro-pop-jazz, composé de plusieurs musiciens et de trois chanteuses a pris le relais. J’ignore qui était en face de nous mais ces filles là avaient la pêche et vous me croirez ou non, Fred et moi étions les seuls à danser... La jet set ne sait décidemment pas s’amuser.



En repartant, nous avons avons admiré quelques parures de diamants, exposées dans des cages en verre fermées à double tours. Et là oh, surprise.. Les clés étaient restées sur un des présentoirs. Nous avons dû le signaler à un des organisateurs... Facile de s’incruster, aucun contrôle des sacs, bijoux faciles à voler.. Les gangsters des temps modernes ont loupé une belle occasion ce soir là !


Les clés sont sur le présentoir... Servez-vous, c'est gratuit !

Avant de quitter l’île, Goldas nous a gentiment remis un paquet dans lequel se trouvaient catalogues, brochures ainsi qu’un petit tour du cou en argent. Nous l’avons offert à notre concierge qui avait réceptionné notre nouvelle machine à laver pendant la journée. Elle semblait si heureuse ! Cette soirée s’est donc terminée sur ce sourire, en me prouvant encore une fois que le bonheur n’a rien avoir avec l’argent et les diamants, et qu'il vaut mieux immerger ses pieds que plonger sa tête entière dans un monde aussi superficiel...

Une des musiques du défilé...

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