Il y a certains édifices qui, des siècles après leur construction, continuent d’agrémenter la légende. Tel est le cas du Monastère de Suméla, construit dans le parc national d’Altındere, à 1200 mètres d’altitude, le long d’une falaise abrupte.


Le monastère semble aimanté à la paroi rocheuse.

On raconte que le moine Barnabas et son neveu Sophronius aient décidé d’édifier ce monastère en 385 après avoir découvert une icône de la vierge Marie sur ces lieux (dans une caverne). Cet édifice religieux de l’époque byzantine fût au cours des siècles attaqué, brûlé, détruit et reconstruit à plusieurs reprises.



Il est longtemps resté un lieu de culte privilégié et accueillait les moines qui venaient chercher dans ce cadre calme et verdoyant une nourriture spirituelle. Il a été abandonné par les congréganistes après le Traité de Lausanne, en 1923. On y accède par un chemin étroit qui longe la forêt, en marchant au dessus d'immenses racines. Puis un long escalier nous permet d'entrer dans cet édifice religieux.



Une fois pénétré à l'intérieur de ce vaste ensemble en pierres, seule la Chapelle se visite. Vous pourrez y admirer de très belles fresques datant du XVIIIe siècle qui racontent des scènes bibliques mais qui ont été malheureusement en grande partie endommagées. Le reste du monastère est fermé au public, pour cause de restauration.



Même si ce lieu est très fréquenté des touristes, il mérite le déplacement. Vous serez subjugués par la beauté des paysages (tout en grignotant quelques noisettes grillées achetées un peu plus bas). J'ose à peine imaginer le temps qu'il aura fallu et les moyens employés pour construire ce monastère retiré de tout.
Encore une fois, les hommes nous prouvent que la foi en un Dieu, en une cause, peut déplacer plus d'une pierre sur des montagnes.