Sucuk et sang chaud
Par Marie-France, vendredi 23 novembre 2007 à 11:17 :: Mes moments épicés :: #542 :: rss
Ce matin, alors que j’étais plongée dans la lecture de “Relax : Le pouvoir de l’humour pour vaincre le stress”, une grosse voix a brisé ma concentration et j'ai sursauté alors que j'étais assise au fond du bus. Un homme planté à quelques mètres de moi, debout dans l’autobus, a commencé à sermonner le chauffeur. Bien sûr, le bus était plein, alors cet homme a crié de plus belle afin de se faire entendre dans ce brouhaha.
Page 110 : “Apprenez à vous détendre, Laisser tomber certaines choses”.
- "Chauffeur, qu’est-ce que tu attends là ?! Mais démarre !! ”.
L’homme semblait déjà sorti de ses gongs, parce que le chauffeur attendait que tous les gens soient montés dans le bus pour redémarrer. Il n’allait quand même pas fermer ses portes brusquement en tranchant les gens comme des rondelles de sucuk (sorte de chorizo turc). Avec son pardessus en cuir et son mètre quatre vingt, il a fait don à tout le bus de sa voix colérique. Quel bonheur de bon matin de se faire crier dans les oreilles. J’adore ça, pas vous ?

Boutique de sucuk, miel et pastirma
Page 114 : “Si vous agissez comme un martyr, vous devez être honnête avec vous-même. Un martyr déprime tout un bureau, un groupe social ou une famille.”
Plus le bus attendait (que quelques minutes en fait), plus l’homme s’époumonait. Il s’est ensuite produit l’irrévocable, le chauffeur a répondu à cette boule de nerf ambulante. Erreur fatale, début des hostilités.
N’oublions pas qu’en Turquie plus qu’ailleurs, les hommes ont leur honneur et le sang chaud. Très chaud. Une voiture qui démarre trop tard au feu vert, un petit coup de frein malheureux, une attente un peu trop longue et c’est tout de suite la catastrophe. En un quart de tour, les hommes s’excitent, ils veulent prouver leur virilité et sauver leur fierté. Et hop, on s’arrête dans la rue, on sort de la voiture, les gros mots proliférent, les coups de poing volent dans les airs. La castagne trouve chaque jour de nouveaux adeptes en Turquie… Et pas seulement dans le clan des hommes, certaines femmes sont en effet pires que ces messieurs pour se crêper le chignon.
Page 54 : “La vie devient insupportablement stressante quand vous portez des jugements erronés sur le monde qui vous entoure.”
Mais revenons à notre martyr du matin. Il a continué son monologue, en traitant le chauffeur d’Aptal (nigaud) et d’autres petits noms d’oiseaux tout aussi charmants. Le chauffeur a répondu bien sûr de l’autre côté du bus, alors que le grand type musclé criait “Bakma, Bakma” (ne me regarde pas) ! Et ne pouvant plus retenir son acrimonie, il s’est avancé en direction du chauffeur, il voulait lui refaire le portrait sans aucun doute, mais heureusement que la foule l’a stoppé net dans son élan dévastateur. Puisqu’il ne s’arrêtait pas de réciter des injures, certaines personnes lui ont fait signe de la mettre en veilleuse et le monstre s’en est alors pris aux personnes qui l’entouraient. J’étais sur le point de crier “sus ya yeter” ("sousse" : tais toi, "yétér" : ça suffit) et de lui envoyer mon livre sur le stress en pleine figure mais je n'en fis rien.
Page 116 : Quand le pression est trop grande, respirer doucement, fermez les yeux et imaginez un ciel bleu.
Heureusement, pas de blessés dans l’autobus, l’homme est finalement descendu à son arrêt.
Des scènes comme ça, j’en ai vu plein depuis que je vis en Turquie. Les gens font sans arrêt des commentaires à voix haute. Un jour, c’est au sujet de l’augmentation des tickets de bus, un autre c’est parce que la voiture de devant a freiné brusquement. La colère monte vite, les turcs démarrent au quart de tour. Heureusement que dès qu’un incident arrive, les gens interviennent rapidement et séparent les énergumènes qui se matraquent aux yeux de tout le monde dans la rue.
Bref, gérer son stress n’est pas à la portée de tout le monde ici. Heureusement qu’en Turquie il n’y a pratiquement pas de grève, sinon je crois les hôpitaux connaîtraient un pic énorme de fréquentation !
Page 110 : “Apprenez à vous détendre, Laisser tomber certaines choses”.
- "Chauffeur, qu’est-ce que tu attends là ?! Mais démarre !! ”.
L’homme semblait déjà sorti de ses gongs, parce que le chauffeur attendait que tous les gens soient montés dans le bus pour redémarrer. Il n’allait quand même pas fermer ses portes brusquement en tranchant les gens comme des rondelles de sucuk (sorte de chorizo turc). Avec son pardessus en cuir et son mètre quatre vingt, il a fait don à tout le bus de sa voix colérique. Quel bonheur de bon matin de se faire crier dans les oreilles. J’adore ça, pas vous ?
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Page 114 : “Si vous agissez comme un martyr, vous devez être honnête avec vous-même. Un martyr déprime tout un bureau, un groupe social ou une famille.”
Plus le bus attendait (que quelques minutes en fait), plus l’homme s’époumonait. Il s’est ensuite produit l’irrévocable, le chauffeur a répondu à cette boule de nerf ambulante. Erreur fatale, début des hostilités.
N’oublions pas qu’en Turquie plus qu’ailleurs, les hommes ont leur honneur et le sang chaud. Très chaud. Une voiture qui démarre trop tard au feu vert, un petit coup de frein malheureux, une attente un peu trop longue et c’est tout de suite la catastrophe. En un quart de tour, les hommes s’excitent, ils veulent prouver leur virilité et sauver leur fierté. Et hop, on s’arrête dans la rue, on sort de la voiture, les gros mots proliférent, les coups de poing volent dans les airs. La castagne trouve chaque jour de nouveaux adeptes en Turquie… Et pas seulement dans le clan des hommes, certaines femmes sont en effet pires que ces messieurs pour se crêper le chignon.
Page 54 : “La vie devient insupportablement stressante quand vous portez des jugements erronés sur le monde qui vous entoure.”
Mais revenons à notre martyr du matin. Il a continué son monologue, en traitant le chauffeur d’Aptal (nigaud) et d’autres petits noms d’oiseaux tout aussi charmants. Le chauffeur a répondu bien sûr de l’autre côté du bus, alors que le grand type musclé criait “Bakma, Bakma” (ne me regarde pas) ! Et ne pouvant plus retenir son acrimonie, il s’est avancé en direction du chauffeur, il voulait lui refaire le portrait sans aucun doute, mais heureusement que la foule l’a stoppé net dans son élan dévastateur. Puisqu’il ne s’arrêtait pas de réciter des injures, certaines personnes lui ont fait signe de la mettre en veilleuse et le monstre s’en est alors pris aux personnes qui l’entouraient. J’étais sur le point de crier “sus ya yeter” ("sousse" : tais toi, "yétér" : ça suffit) et de lui envoyer mon livre sur le stress en pleine figure mais je n'en fis rien.
Page 116 : Quand le pression est trop grande, respirer doucement, fermez les yeux et imaginez un ciel bleu.
Heureusement, pas de blessés dans l’autobus, l’homme est finalement descendu à son arrêt.
Des scènes comme ça, j’en ai vu plein depuis que je vis en Turquie. Les gens font sans arrêt des commentaires à voix haute. Un jour, c’est au sujet de l’augmentation des tickets de bus, un autre c’est parce que la voiture de devant a freiné brusquement. La colère monte vite, les turcs démarrent au quart de tour. Heureusement que dès qu’un incident arrive, les gens interviennent rapidement et séparent les énergumènes qui se matraquent aux yeux de tout le monde dans la rue.
Bref, gérer son stress n’est pas à la portée de tout le monde ici. Heureusement qu’en Turquie il n’y a pratiquement pas de grève, sinon je crois les hôpitaux connaîtraient un pic énorme de fréquentation !
Commentaires
1. Le vendredi 23 novembre 2007 à 12:18, par Mustafaaa
2. Le vendredi 23 novembre 2007 à 13:32, par Sylvie
3. Le vendredi 23 novembre 2007 à 18:09, par métissée
4. Le vendredi 23 novembre 2007 à 18:57, par Vincent
5. Le vendredi 23 novembre 2007 à 19:17, par bonjour de france
6. Le vendredi 23 novembre 2007 à 20:33, par Caroski
7. Le vendredi 23 novembre 2007 à 22:15, par nouveau
8. Le samedi 24 novembre 2007 à 01:17, par franck
9. Le samedi 24 novembre 2007 à 09:32, par Mélanie
10. Le samedi 24 novembre 2007 à 13:31, par YILDIZ
11. Le samedi 24 novembre 2007 à 17:38, par zeg
12. Le samedi 24 novembre 2007 à 19:03, par elisabeth
13. Le dimanche 25 novembre 2007 à 10:48, par Nat
14. Le lundi 26 novembre 2007 à 10:19, par Ismail
15. Le lundi 26 novembre 2007 à 13:57, par Marie-France
16. Le lundi 26 novembre 2007 à 15:28, par zeg
17. Le mardi 27 novembre 2007 à 11:03, par YILDIZ
18. Le mardi 27 novembre 2007 à 13:32, par zeg
19. Le mercredi 28 novembre 2007 à 12:07, par YILDIZ
20. Le mardi 5 février 2008 à 23:12, par Melek(Muğla)
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