Déconnectée
Par Marie-France, jeudi 3 janvier 2008 à 09:06 :: Mes moments épicés :: #561 :: rss
Il est tout juste 10 heures du matin quand je rentre dans le premier magasin que je trouve ouvert. Je pousse la porte et une vendeuse m’accueille avec le sourire, je lui formule un “merhaba” énergique. Elle écarquille les yeux et fait mine de ne pas comprendre. Je rougis, baisse la tête et poursuis mon chemin.
Un peu plus loin, je reconnais un son familier. Derrière moi, deux jeunes femmes discutent. Je me retourne, par automatisme, puis je les dévisage, non pas parce qu’elle parlent bruyamment mais parce que je me dis que je les connais peut-être. La langue qu’elles parlent m’est familière : C’est ma langue maternelle. Mais quoi de plus naturel me direz-vous que d’entendre parler français quand on foule le sol parisien...

Pour ma première matinée passée en France, je multiplie les gaffes et les réflexes d’expatriée. Je me crois encore à Istanbul et m’étonne de tout ce qui m’était pourtant tellement familier. Je m’extasie devant de belles endives blanches, ça fait tellement longtemps que je n’en ai pas vues sur les étalages des produits frais. Je parle turc quand il faut parler français. Je passe trois heures aux caisses en retournant chaque pièce d’euro pour savoir quelle est sa valeur. Tout m’est coutumier et pourtant, tout me semble étranger. Je traverse la rue en dehors des passages cloutés ou encore quand le feu est rouge. Je trouve la ville de Paris bien trop organisée : Les boulevards et les trottoirs sont si grands, les immeubles semblent être en si bon état. Rien à voir avec la capitale culturelle de la Turquie.
Comme ordinairement pendant la période de noël, lors de mon séjour en France, j’attrape les premiers microbes qui trainent. Fatigue, changement d’alimentation, je me sens complétement à plat alors que d’habitude je regorge d’énergie. Revenir en France me procure une impression bizarre. De la joie (de retrouver ma famille, mes amis et mon pays) mêlée à une incommodité. L’impression qu’un de mes cables est déconnecté.

Quelques jours plus tard, dans le vol retour, je suis triste de m’éloigner des gens que j’aime mais heureuse de retrouver Istanbul que j’aperçois déjà par le hublot. C’est si bon de retrouver son petit nid douillé, ses affaires, mais c’est moins agréable de défaire les valises, de faire tourner les machines, de découvrir les factures à régler.
Entre fatigue, trouble et euphorie, j’oublie cependant un détail d’envergure : Celui qui consiste à changer l’heure. Le décalage horaire entre le France et la Turquie n’est pas très important mais il peut tout de même vous faire rater l’avion qui devait vous permettre de réveillonner dans le Sud-Est de la Turquie en se levant une heure trop tard.
Remettre ses pendules à l’heure, en voilà un bel euphémisme finalement pour décrire ce que vit chaque expatrié quand il rentre au pays. D’ailleurs, quand je parle de “rentrer au pays” je m‘interroge. S’agit-il pour moi de rentrer en France, ou bien en Turquie ?
Les photos qui illustrent ce billet proviennent de deux expositions que j'ai visitées à Paris : "Christian LACROIX, Histoires de mode" au musée des arts décoratifs et "Zoé-Zoé, femmes du monde" de Titouan LAMAZOU.
Pour ma première matinée passée en France, je multiplie les gaffes et les réflexes d’expatriée. Je me crois encore à Istanbul et m’étonne de tout ce qui m’était pourtant tellement familier. Je m’extasie devant de belles endives blanches, ça fait tellement longtemps que je n’en ai pas vues sur les étalages des produits frais. Je parle turc quand il faut parler français. Je passe trois heures aux caisses en retournant chaque pièce d’euro pour savoir quelle est sa valeur. Tout m’est coutumier et pourtant, tout me semble étranger. Je traverse la rue en dehors des passages cloutés ou encore quand le feu est rouge. Je trouve la ville de Paris bien trop organisée : Les boulevards et les trottoirs sont si grands, les immeubles semblent être en si bon état. Rien à voir avec la capitale culturelle de la Turquie.
Comme ordinairement pendant la période de noël, lors de mon séjour en France, j’attrape les premiers microbes qui trainent. Fatigue, changement d’alimentation, je me sens complétement à plat alors que d’habitude je regorge d’énergie. Revenir en France me procure une impression bizarre. De la joie (de retrouver ma famille, mes amis et mon pays) mêlée à une incommodité. L’impression qu’un de mes cables est déconnecté.
Quelques jours plus tard, dans le vol retour, je suis triste de m’éloigner des gens que j’aime mais heureuse de retrouver Istanbul que j’aperçois déjà par le hublot. C’est si bon de retrouver son petit nid douillé, ses affaires, mais c’est moins agréable de défaire les valises, de faire tourner les machines, de découvrir les factures à régler.
Entre fatigue, trouble et euphorie, j’oublie cependant un détail d’envergure : Celui qui consiste à changer l’heure. Le décalage horaire entre le France et la Turquie n’est pas très important mais il peut tout de même vous faire rater l’avion qui devait vous permettre de réveillonner dans le Sud-Est de la Turquie en se levant une heure trop tard.
Remettre ses pendules à l’heure, en voilà un bel euphémisme finalement pour décrire ce que vit chaque expatrié quand il rentre au pays. D’ailleurs, quand je parle de “rentrer au pays” je m‘interroge. S’agit-il pour moi de rentrer en France, ou bien en Turquie ?
Les photos qui illustrent ce billet proviennent de deux expositions que j'ai visitées à Paris : "Christian LACROIX, Histoires de mode" au musée des arts décoratifs et "Zoé-Zoé, femmes du monde" de Titouan LAMAZOU.
Commentaires
1. Le jeudi 3 janvier 2008 à 09:59, par Ozlem
2. Le jeudi 3 janvier 2008 à 10:13, par Sylvie
3. Le jeudi 3 janvier 2008 à 11:40, par Cat
4. Le jeudi 3 janvier 2008 à 11:40, par Nat
5. Le jeudi 3 janvier 2008 à 13:09, par zeynep
6. Le jeudi 3 janvier 2008 à 14:12, par zeg
7. Le jeudi 3 janvier 2008 à 14:28, par Marie-France
8. Le jeudi 3 janvier 2008 à 14:46, par zeg
9. Le jeudi 3 janvier 2008 à 16:02, par Mélissa
10. Le jeudi 3 janvier 2008 à 19:35, par bonjour de france
11. Le vendredi 4 janvier 2008 à 10:22, par Marie-France
12. Le samedi 5 janvier 2008 à 19:47, par le petit cabinet de curiosités
13. Le mardi 8 janvier 2008 à 13:53, par Marie-France
14. Le jeudi 10 janvier 2008 à 12:17, par le petit cabinet de curiosités
15. Le mardi 5 février 2008 à 22:02, par Melek(Muğla)
16. Le mercredi 6 février 2008 à 15:14, par Marie-France
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