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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 7 mars 2008

Istanbul map

L'industrie touristique et de loisirs est aujourd’hui, mondialement parlant, le premier secteur d'activités. Certes, cette industrie fait vivre des millions de familles, attire des investisseurs mais elle n’est pas pour autant sans effets pervers : Destruction du patrimoine, travail des enfants, pollution, prostitution...

Istanbul, désignée comme la capitale européenne de la culture en 2010, accueille chaque année plus de trois millions de visiteurs. Construction d’hôtels et de centres commerciaux, rénovation de certains quartiers : La municipalité d’Istanbul investit énormément afin de séduire encore plus de touristes dans les prochaines années à venir. Mais peut-on dire pour autant qu’elle pratique un tourisme responsable, c’est à dire un tourisme respectueux de son patrimoine et de ses habitants ?



Il semblerait que non si l’on en croit la carte dressée par Istanbul map. Anna SALA est à l'origine de ce projet qui regroupe artistes, écrivains, penseurs, architectes.
Distribuée gratuitement, cette carte, qui se veut alternative, dénonce les abus commis dans les différents quartiers de la ville à l’aide de textes et de petits logos. Evacuation forcée de certains habitants pauvres ou immigrés, spéculation, destruction du patrimoine culturel, perte d’espaces publics : La liste est malheureusement longue.

Ainsi, cette formation pluraliste s’efforce d’avertir les amoureux d’Istanbul et leur rappelle que si certains quartiers urbains sont rénovés, ce n'est pas sans abus. La mise en garde est traitée de manière artistique et innovante, il ne reste plus qu'à espérer que les principaux acteurs du développement urbain se sentiront concernés...

Je viens de diffuser une offre d'emploi à pourvoir sur Gebze (poste de secrétaire-comptable franco-turque) sur facebook (update). Si l'offre vous intéresse et si vous n'êtes pas inscrits sur le réseau "Du miel aux épices", merci de me faire parvenir votre cv par mail (mariefgilles@yahoo.fr) et je le ferai suivre. Bon week-end à tous.

jeudi 6 mars 2008

Pazarlar



Bien avant de savoir cuisiner, j'ai toujours adoré me rendre sur les marchés. Quand j’étais enfant, nous habitions dans une petite ville de la drôme sur la place du marché. Aussi, le dimanche matin, c’était un peu un rituel familial d’aller acheter les légumes, les fromages et le pain en faisant le tour des commerçants ambulants avec mes parents.

Lors de ma première saison passée en Turquie, je m’arrangeais toujours pour être en congé le jour du marché d’Alaçatı. Les antiquités jouxtaient les étalages des fruits juteux et des vendeurs de gözleme aux orties : Un vrai bonheur pour les papilles et les pupilles !

Quelque soit le lieu ou l’époque, les marchés dégagent toujours une ambiance festive. Des sons multiples parviennent à nos oreilles, on se balade sous de grandes tentes colorées, on fouine, on trie, on négocie, on pèse, on discute, on rigole, on se bouscule. En Turquie, Pazar signifie marché, mais peut aussi se traduire par “dimanche”.



Ici, la traditon des pazar remonte à la période Ottomane. De nos jours, les produits frais viennent pour la plupart de Turquie : Antalya ou Izmir, parfois de plus loin. Les salades et les bouquets d’aneth sont arrosés avec soin, les légumes verts sont joliment présentés, les haricots sont alignés, les pommes sont disposées en pyramides. Les étalages sont tellement esthétiques qu’on n'ose à peine se servir pour remplir son panier. Certains vendent des cheveux postiches pour ces demoiselles, d’autres des vêtements pour enfants ou des sacs bon marché, le kilo de patates à 1 ytl, les deux tee-shirts pour 5 ytl, et goûtez donc ce fromage fumé...
A Istanbul, les marchés sont équipollents à des fourmilières. Tout s’agite, sons, odeurs, marchands et acheteurs se mêlent. Si vous prévoyez de venir prochainement à Istanbul, ne ratez sous aucun prétexte ce rendez-vous de négoce !



Voici la liste des célèbres pazar d’Istanbul dans lesquels vous trouverez produits frais, vêtements, chaussures, accessoires, porcelaine, fleurs, etc.

Tous les mardis
Marché de Kadiköy, plus de 2.000 marchands s’étalent sur 39.000 m².
Tous les mercredis
Marché de Fatih, il s’étend sur 7 avenues et 17 rues avec plus de 2.500 marchands.
Marché de Yeşilköy qui s’étend sur 12.000 m².
Tous les samedis
Marché de Beşiktaş et ses 400 marchands.
Tous les dimanches
Marché d’Ulus, avec ses 800 marchands

* Les photos qui illustrent ce billet ont été prises sur le marché de Şişli qui a lieu chaque dimanche.

mercredi 5 mars 2008

Le börek qui remplit les appartements

Comme vous commencez à le comprendre, nous vivons depuis quelques jours au milieu des cartons, le déménagement est imminent. A vrai dire, je l’aimais beaucoup notre appartement d’Harbiye : Spacieux, lumineux, pas trop bruyant, pas cher, bien situé et bien décoré. Les seuls bémols étant la salle de bain orange criard ainsi que la cuisine de 2m².

Actuellement, c’est plutôt le chaos autour de nous : Cartons, sacs de voyages et sacs poubelles plein à craquer. Bref, pas très attrayant comme spectacle pour ceux qui envisageraient ensuite de s’y installer.
Pourtant, impossible d’empêcher les futurs locataires de visiter l’appartement. Aussi, comment rendre cet appartement attractif malgré le chantier ? La réponse est simple : Faire cuire un gâteau au four. De ce fait, l’appartement sent bon et rappelle aux visiteurs des souvenirs d’enfance. Une manière détournée de faire aimer un lieu, nostalgie quand tu nous tiens... Malheureusement, en ce moment j’ai plutôt tendance à vider les placards de la cuisine qu’à les remplir, par conséquent, faute de trouver du sucre dans les placards, j’ai entrepris de cuisiner un börek avant de recevoir les premières visites...



Réalisé en un temps record de 45 minutes (15 minutes de préparation + 30 minutes de cuisson), c’est le plat turc par excellence qui se décline à l’infini (fourré à la viande, aux légumes...) et qui se déguste tout au long de la journée.

Sodali Börek
Börek à l'eau gazeuse

Voici les ingrédients
  • 4 petits oeufs
  • 4 feuilles de yufka*
  • 100 g de beurre ou de margarine
  • 200 grammes de Beyaz peynir (feta)
  • 1 bouquet de persil finement haché
  • 1 pincée de sel / poivre
  • 1 petite bouteille (33 cl) d’eau minérale gazeuse (maden suyu)
Préchauffer votre four à 180 degrés. Faire fondre le beurre. Dans un saladier mélanger les oeufs, le beurre fondu, une pincée de sel, poivre et ajouter l’eau gazeuse. Réserver.
Dans un plat carré ou rectangulaire beurré, disposer la première feuille de yufka au fond du plat sans rabattre les bords, couper ensuite en petits morceaux irréguliers des autres feuilles de yufka, les disposer les en couches. Quand le plat est rempli à moitié, disposer une couche de fromage et persil puis rajouter des feuilles de yufka. Pour finir, rabattre les bords de la première feuille (comme sur la photo ci-dessus).
Découper des parts au couteau et verser la préparation liquide sur le tout. Enfourner 30 minutes.



Dès la sortie du four, entourez le plat de papier journal (afin que le börek soit plus croustillant) et laisser reposer une dizaine de minutes. Servir tiède avec un bon verre de thé.

* Les yufka ressemblent à de grandes crêpes fines réalisées à base de farine et d'eau, un peu comme les pâtes filo. J’en ai trouvé sous vide au Carrefour de Montpellier, aussi je présume qu’on peut en acheter un peu partout en France (à côté des pâtes à tarte toutes prêtes).

mardi 4 mars 2008

Turnacıbaşı Sokak


L'antiquaire Eski Fener

Dès la première année de mon installation à Istanbul, j’ai découvert cette rue par le plus grand des hasards et depuis, je ne cesse d’aller m’y balader. C’est d’ailleurs en me rendant dans les nombreux antiquaires de Turnacıbaşi sokak que j’ai pris goût à chiner des vieux meubles et des objets de décoration.



Située entre les quartiers de Cihangir et de Galatasaray, à Beyoğlu, Turnacıbaşı Sokak est aujourd’hui bien plus qu’une des mes rues préférées d’Istanbul ; C’est devenu l’endroit où se situe notre nouvel appartement, notre premier achat immobilier en Turquie. Pas de grand dépaysement donc en changeant de quartier d'ici la fin de la semaine. Tous les commerçants de cette rue nous connaissent déjà, et il s’y dégage une atmosphère tellement particulière qu’il n’est pas rare de croiser des équipes de tournages de films et de publicités.



Même si les vieux meubles sont exposés aux yeux de tous dans la rue, il ne faut pas hésiter à pousser la porte des boutiques d'antiquités. Objets datant de l'époque Ottomane, vieux téléphones, tableaux, caftans, bijoux : Vous y découvrirez un choix d'articles variés.



Les prix diffèrent bien sûr selon l'objet de convoitise, c'est d'ailleurs le moment de montrer vos talents de négociateur... Amis collectionneurs, vous ne serez pas déçus du voyage.



Mais rassurez vous, il n'y a pas que des antiquaires dans ma rue, il y a aussi de quoi manger, boire et faire ses courses. Un büfe qui propose des toasts et des jus d'oranges frais, un manav qui vend des légumes et des fruits gorgés du soleil d'Antalya.



Il y a aussi l'épicier (bakkal) qui écoule des oeufs blancs frais et la boulangerie d'où s'exhalent des effluves de mahlep et de sésames grillées.



Zümrüt Cam est spécialisé dans l'encadrement, il vend de très jolis miroirs. Quant à Arkadaş Art Galeri tenu par une francophone, à peine ouvert et c'est déjà l'affluence. Logique : On y trouve de jolis tableaux et des affiches d'Istanbul à des prix plus que raisonnables.



L'originalité est aussi au rendez-vous. Perpendiculaire puis paralléle à Istiklal Caddesi, Turnacıbaşı Sokak attire les candides et les avant-gardistes. Vêtements multicolores, tee-shirts sérigraphiés, de quoi vider votre porte-monnaie !



Bien que le passage Anabala ne renferme pas beaucoup de boutiques, j'y passe de temps en temps et y dégote toujours des fringues sympas que j'achète pour une bouchée de pain.



Pour les amateurs des vieux 33 ou 45 tours, rendez-vous à Deform Müzik installé depuis peu dans la rue. Fred est d'ailleurs reparti de ce disquaire avec un vieil album de The Smiths. Un peu plus loin, le pressing Güven qui a pignon-sur-rue depuis de nombreuses années.



Comme dans tous les quartiers d'Istanbul, n'y cherchez pas d'homogénéité architecturale, cependant les premiers immeubles de la rue (quand on vient d'Istiklal Caddesi) sont en pleine restauration et la municipalité vient de nettoyer et vider un squat ce week-end : C'est ce qui s'appelle prendre du galon.



La semaine, il n'est pas rare de croiser des lycéens qui se rendent au lycée Italien (à gauche sur la photo ci-dessus) ou au lycée Roumain situés à quelques métres l'un de l'autre.



Notre rue est connue des Istanbuliotes car elle abrite la Consulat Grec aux murs bleus, mais pas seulement. Vous y trouverez aussi les bains turcs de Galatasaray, ouvert aux hommes et aux femmes. Pour 63 YTL (36 €), vous aurez le droit, en plus de l'entrée, à un gommage du corps ainsi qu'à un massage. A noter que les hommes et les femmes ne sont pas mélangés à l'intérieur du bâtiment, comme dans la majorité des hammams turcs.



Mais la visite se termine bientôt et il me semble que je ne vous ai pas communiqué l'adresse du designer de bijoux (Mor) qui expose quelques merveilles, ou bien la boutique outlet de la marque Bambi où l'on peut acheter des chaussures soldées tout au long de l'année. Et n'oublions pas le coiffeur pour hommes qui est fort sympathique et qui réalise une coupe de cheveux pour ces messieurs pour la modique somme de 7 YTL (4 €).



Souvent absente des guides touristiques, Turnacıbaşı Sokak est comme un serpentin de vie et d'odeurs. Colorée, pratique, vivante, surprenante, notre rue est loin d'être décadente. Elle est dotée d'une âme et de commerçants avenants, comme il me tarde d'emménager dans notre nouvel appartement...

lundi 3 mars 2008

Comme des fusées...



Vieilles maisons en bois du quartier de Sultanahmet

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