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Du miel aux épices d'Istanbul...

mercredi 30 avril 2008

Iskele



La brise est agréable,
Comme une légère caresse matinale,
Les premiers arrivés semblent absorbés,
Par de belles et profondes pensées.

Dans le ciel adouci, on distingue quelques mouettes,
Qui viennent attiser les derniers poètes,
Elles piaillent, virevoltent, battent des ailes,
Et effleurent ces quelques barques bleues et frêles.

Soudain, quand la sirène vibre et retentit,
Le temps se brusque à brûle-pourpoint, sur le quai
Les passagers descendent en toute hâte du ferry,
Alors qu’il vient tout juste d’amarrer.

Les pontons craquettent, les gens se bousculent ,
En quelques minutes, le bâteau se vide et se gonfle à nouveau.
Il est enfin prêt pour le départ, l’Iskele recule,
L’embarcation s’élance alors mollement sur les flots.

Le trajet sur le Bosphore n'est pas très long,
Et berce tendrement les âmes, sur son ruban oblong.
Les voyageurs voguent avec mélancolie,
En distinguant l’Iskele opposé, qui prend timidement vie.

Iskele : Se prononce "Iskélé" et signifie quai, embarcadère .

mardi 29 avril 2008

Que font les turcs (d'Istanbul) le dimanche ?



Alors que certains s’appliquent à étaler du beurre sur leurs tartines de pain grillé pour les tremper ensuite dans grand bol de café au lait, d’autres à 3000 kilométres s’efforcent de découper concombres et tomates de façon homogène. Et oui, nous avons beau habiter tous sur la même orange bleue, dès qu’il s’agit du jour de congé tant attendu, chacun conçoit son programme selon sa culture mais aussi selon ses goûts. Aussi, vous êtes vous déjà demandés ce que faisaient les turcs (Istanbuliotes) le dimanche ? A en croire leurs yeux cernés dès le lundi matin, on peut conjecturer que les turcs sont plutôt actifs et qu'ils ont de quoi occuper leurs heures creuses...

Le petit déjeuner c’est sacré : Tous les nutritionnistes sont d’accord sur ce point, et surtout les turcs. Ici, on prépare un vrai festin dès que la famille est levée. Thé, fromages, olives, concombres, tomates, quelques simit ou tranches de pain grillées, des börek. C’est le brunch attitude, d’ailleurs, on prend souvent son petit déjeuner tard, c’est pourquoi il est bon de sortir en ville dès le dimanche matin en Turquie : Personne sur les routes avant 13h, un vrai bonheur !

Le Bosphore, c’est un échantillon de vacances. Dès le début de l’après-midi, c’est la ruée vers l’or bleu. On prend d’assaut tous les cafés qui ont une vue sur le Bosphore ou une terrasse. On savoure son Kahvaltı (petit déjeuner, sur les menus turcs, cela signifie aussi assiette composée) souvent en famille et entre copains et on sirote çay sur çay. Pour que le tout soit réussi, ne pas oublier les acolytes : Les journaux !



La grande sortie préférée des familles turques, ce sont les centres commerciaux (oui c’est ouvert le dimanche de 10h à 22h). Shopping, déjeuner, courses, dedikodu, c’est la cavalcade. Les cartes de crédit chauffent, l’oxygène (tout comme la lumière naturelle) manque, mais peu importe : Plus c’est bruyant, mieux c’est...

Les turcs sont un peuple de nomades, ils aiment être en clan mais ils aiment avant tout avoir leurs postérieurs posés sur la terre de leurs ancêtres. Pique-nique en famille, mangal (barbecue) improvisé sous une forêt de pins artificiels ou tout près de la route. L’important, c’est d’être dans une pseudo nature. Oui la forêt est dénudée, oui ils sont à moitié dans le fossé, oui ils s’arrangent pour être à côté de leur véhicule et de leurs voisins. Pour vivre heureux, vivons groupés...

Le travail c'est la santé, et qui ne rêve pas de la préserver ? Inutile de répéter qu'un grand nombre de boutiques, bars, restaurants sont ouverts le dimanche à Istanbul. Aussi, il faut bien des courageux pour s'activer derrière les comptoirs. Les ouvriers pavent les rues, les menuisiers s'activent dans les maisons, les vendeurs recoivent les clients avec le sourire. Dimanche serait-il finalement un jour comme les autres ?



Pourquoi manifester la semaine alors qu’on travaille ? Les turcs sont tellement consciencieux dans leur boulot qu’ils manifestent le dimanche sur Istiklal Caddesi lorsqu'ils ne sont pas de corvée. Ainsi, les enfants font parti du cortège et on ne perdra pas une journée de salaire. Le dimanche on proteste, on est pour ou contre quelque chose, et le lundi on reprend le cours de la vie. Pendant que les salariés frottent leurs semelles sur les pavés, les patrons eux, se frottent les mains... Amis français, suivez l’exemple !

Et puis parfois, il est tout de même bon de rester à la maison. Mais dans ces cas là, même si le poste de TV est allumé, impossible de suivre un soupçon d’émission. Les amis ou la famille ne vont pas tarder à passer. Vite, le thé doit être prêt en grande quantité. Il faut aussi s’activer dans la cuisine afin qu’il y ait toujours quelque chose à offrir pour grignoter.

Travail, manifestation, cuisine, shopping... Mais qui a dit que les dimanches devaient être des jours chômés ?

lundi 28 avril 2008

Horizon



Photo prise de Büyükada
Les îles aux princes

free music

vendredi 25 avril 2008

Bien plus que des touristes...


Sabine et Bruno - Fred, Matisse et Yakamoz

Chaque année, je clame haut et fort à mes amis et à ma famille : "Venez nous voir à Istanbul", mais je rajoute aussitôt : “Surtout évitez la saison hivernale !”. Si vous ne savez pas de quoi je parle, il vous suffit de vous replonger dans certains de mes billets… Visiter Istanbul oui, mais sous la neige non ! C’est peut-être beau, mais vraiment pas pratique.
L’été approche à grands pas (nous avons frôlé les 30 degrés dimanche) et les premiers visiteurs pointent le bout de leur nez. Le week-end dernier, Fred et moi avons accueilli avec grand plaisir Sabine (une amie de Montpellier rencontrée quand nous étions étudiantes, nous avons travaillé toutes les deux au Mac Do), accompagnée de Bruno son conjoint et de leur fils Matisse.


Sabine et moi

Samedi et dimanche, nous avons cavalé afin de ne pas manquer les classiques incontournables : La Mosquée Bleue, Sainte Sophie, La basilique Citerne, le Grand Bazar, le Marché Egyptien, la balade sur le Bosphore, Ortaköy, la tour de Galata. Et j’ai pu constater une chose : Il y a énormément de touristes à Istanbul, quand on vit loin du centre historique, on a tendance à oublier cela !
C’est toujours agréable de guider des gens qu’on aime et qui découvrent pour la première fois une ville, un pays. De même, c’est toujours bon d’analyser l’actualité française, puisque de l’étranger, notre regard est souvent déformé. On oublie aussi le prix des choses, certaines expressions de la langue française. Bref, on est un peu déconnecté.


Matisse et Yakamoz

Quoi qu’on en dise, vivre à l’étranger vous coupe des gens qui vous sont proches, et ce n'est pas tous les jours facile... Aussi, quand le bonheur vient à vous, il ne faut pas en perdre une miette ! Jouer aux touristes, dans une ville où l'on ne l'est plus depuis longtemps, a parfois du bon...

J'en profite pour faire passer un message à tous ceux qui me lisent d'Istanbul. Un jeune couple de nomades français (Armelle et Vidian) viennent dans la capitale culturelle quelques jours. Arrivée ce dimanche 27, départ le 2 mai. Ils sont à la recherche d'une âme charitable pour les héberger. Mercredi et jeudi ils seront chez nous, mais le reste du temps, ayant des invités, nous ne pouvons malheureusement pas les recevoir. Vous pouvez d'ores et déjà lire leurs aventures ici : instinctnomade.canalblog.com et les contacter par mail (armelle_roger@hotmail.com) en envoyant vos coordonnées si vous souhaitez les accueillir... Merci d'avance !

Et puis vous pouvez lire mon interview publiée sur le site www.bosphorenews.com. Bon week-end à tous !

jeudi 24 avril 2008

J'écoute Istanbul...



J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
D'abord une brise légère doucement,
Tout doucement se balancent
Les feuilles sur les arbres dans le lointain,
Tout au loin,
Les cloches obstinées des porteurs d'eau
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
Tandis que passent les oiseaux
Tout là-haut, par longues bandes criardes,
Dans les pêcheries, on tire les filets
Les pieds d'une femme baignent dans l'eau,
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
Les voûtes du bazar sont fraîches, si fraîches,
Mahmut Pacha est tout grouillant de monde,
Les cours sont pleines de pigeons.
Des bruits de marteaux montent des docks,
Dans le vent doux du printemps flottent des odeurs de sueur,
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
Un yalı aux sombres embarcadères,
Dans sa tête, l'ivresse des plaisirs d'autrefois,
Dans les ronflements des vents du sud apaisés
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
Une beauté marche sur le trottoir,
Quolibets, chansons, ballades, moqueries
Quelque chose tombe de sa main,
Ce doit être une rose
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
J'écoute Istanbul, les yeux fermés,
Un oiseau bat des ailes autour de ta robe
Je sais si ton front est tiède ou frais
Si tes lèvres sont humides ou sèches, je sais
Une lune blanche se lève derrière les pins,
Je perçois tout du battement de ton cœur,
J'écoute Istanbul.

Orhan VELI (1914-1950)
(La version en turc est ici)

mardi 22 avril 2008

23 Nisan


La petite Asya, rencontrée un matin dans le bus

Demain, les enfants seront à l'honneur en Turquie. Le 23 avril est un jour férié pendant lequel on célèbre la Fête Nationale de la Souveraineté et des enfants à travers tout le pays.


Enfants du quartier d'Üsküdar

Au programme, défilés et spectacles réalisés par les écoles. Comme nous sommes tous des grands enfants, je serai moi aussi en vacances donc pas de billet demain sur mon blog. Je vous laisse avec quelques clichés d'enfants et je vous dis : A jeudi ;)


Yakamoz et Matisse, ce week-end à Ortaköy

Et pour les anglophones, un article me concernant est paru hier sur Pukkaliving. Le site d'Ilgin YORULMAZ vous montrera la facette branchée et moderne d'Istanbul.

lundi 21 avril 2008

Bit Pazarı



S'engouffrer dans ce lieu Insolite, c’est un peu comme revêtir la peau de Dan Brown. Il y a tant d’objets anciens à découvrir et remplis de secrets qu’on en écrirait presque un roman palpitant. Pourtant, l’immeuble qui accueille ces quatre étages de boutiques d’antiquités, où se mélangent bric et broc et meubles anciens, ressemble à un vulgaire bâtiment sans âme.



A Üsküdar, Bit Pazarı n’est pas connu de tous, il est pourtant facile à trouver, situé à quelques pas de l’embarcadère derrière la mairie (Belediye). Les amoureux des antiquités se rendent plutôt sur Turnacıbaşı Sokak, il est donc rare de croiser des touristes par ici.



Il faut négocier chaque pièce ancienne avec tact, et s’aventurer dans les petites échoppes pour y déceler des trésors : Vieilles portes en bois sculptées, serrures datant du siècle dernier, machine à coudre obsolète, fontaines en marbre.



Bit Pazarı
Antikacılar Çarşısı
Büyük Hamam Sok. 19
Üsküdar

vendredi 18 avril 2008

Serrurerie



Mais qui pourra dévérouiller le mystère du jour... Où a donc été prise cette photo ? La réponse sera diffusée dès lundi sur mon blog.
Bonne chance à vous tous et bon week-end !

free music

jeudi 17 avril 2008

Konak Cafe



Je ne pourrais vous dire le nombre de fois où j’ai franchi la porte de Konak café. Pour un çay au coin de la cheminée, pour un brunch en terrasse, pour un dîner avec les clients de Fred… Toutes les occasions sont bonnes pour se rendre à deux pas de la Tour de Galata.



Konak est a l’origine une pâtisserie minuscule, mais réputée, dans le quartier de Nişantaşı. Depuis plus d’un an et demi, les Istanbuliotes ont désormais une autre adresse gourmande. Installé dans un vieil immeuble, Konak Café sera bientôt transformé en café-restaurant-butik-hôtel. Pour le moment, seul le rez-de-chaussée (pâtisserie) et le dernier étage (agrémenté de sa terrasse) sont ouverts au public. Le décor est sobre mais chic et vous plongera dans l’ambiance de l’Orient-Express.



La cuisine est internationale, on trouve cependant à la carte quelques mets turcs. Les salades composées sont copieuses tout comme le reste. Les pâtisseries sont très appétissantes. Pas d’alcool dans cet établissement, mais de l’ayran ou un choix varié de thés et de cafés. De la terrasse, la vue y est panoramique, on peut ainsi admirer la corne d’or, la rive asiatique, la tour de Léandre et une grande partie du Bosphore. Les prix restent très corrects, autant de bonnes raisons pour ne pas se priver.



Konak Cafe
Bereket Zade Mah. Hacı Ali Sok. N : 2
Kuledibi - Beyoğlu
Tel : (0212) 252 53 46
www.konakpastanesi.com

mercredi 16 avril 2008

Embaumer



Quartier de Nişantaşı

free music

mardi 15 avril 2008

Akaretler

Quand on déambule dans les rues d’Akaretler, on comprend mieux pourquoi les guides touristiques sont remis à jour en moyenne tous les 18 mois. Il y a quelques années de cela encore, ce quartier était plutôt discret, enserré entre la popularité de Beşiktaş et l’élégance de Nişantaşı. Il aura fallu attendre que le Directeur de la chaîne d’Hôtels W tombe sous le charme d’Istanbul et décide d'y ouvrir un hôtel pour que ce quartier retrouve ses lettres de noblesse.


A gauche l'entrée de l'hôtel W

Ces maisons de style néoclassiques accolées les unes aux autres ont été édifiées dans la deuxième moitié du 19e siècle par le Sultan Abdulaziz, et hébergeaient les personnes venues pour travailler à l’époque sur un chantier architectural de taille : La construction du Palais de Dolmabahçe.
Après plusieurs années de rénovation, le quartier arbore à présent, et fièrement, son nouveau visage lifté. Dommage que les photos soient interdites dans l’enceinte de l’hôtel W, la pièce centrale du quartier. J’aurais aimé vous montrer cette décoration raffinée qui change toutes les saisons, j’aurais voulu qu’on s’attable dans le Spice Market de Jean-Georges, ou que l’on visite ensemble l'une des chambres aux allures contemporaines qui se louent à partir de 400 € la nuit.



Il faudra se contenter de Chloé, de Jimmy Choo et d’autres marques de luxe qui viennent de s’éclorent à deux pas de là. Akaretler n’a pas encore ouvert officiellement qu’il fait déjà de l’ombre à Istinye Park, et mésestime Nişantaşı. Les grands restaurants de la ville se disputent d'ailleurs les espaces libres qui n'ont pas été encore loués par de grands cabinets d'architectes ou d'avocats.

Il semblerait qu'Istanbul s'approprie peu à peu la devise Whatever Whenever* des hôtels W. Luxuriance, originalité, Arrogance : Istanbul est en pleine évolution urbaine et il faudra suivre cette rapide transformation de près. Les fantômes de l'ancienne capitale Ottomane rêvent sûrement, sournoisement, de renouer avec la magnificence d'antan...

*N'importe quoi, n'importe quand

lundi 14 avril 2008

Psychanalyse des chauffeurs de taxi

Ils sont environ 18.000 à rouler jours et nuits sur le bitume d’Istanbul. Dans leurs voitures jaunes, les taksici (chauffeurs de taxi turcs) passent de longues heures, s’arrêtent dès qu’un piéton les héle et s’engorgent dans les bouchons infernaux. Jeunes ou bien retraités, moustachus ou mal rasés, habillés en costard-cravate ou en tee-shirt, mais qui se cachent derrière ces conducteurs? Freud aurait pu leur dédier un bouquin, dommage, il faut croire qu'il avait mieux à faire...



Le charmeur

Il est jeune et plutôt mignon, yeux de braise, regard malicieux. Il vous accueille avec bienveillance et vous observe tout le temps de la course dans son rétroviseur. Vous échangez quelques sourires complices, vous vous laissez charmer et oubliez le monde autour de vous. Il met un peu de musique pop comme pour mieux vous bercer. Puis, au bout de 10 minutes, quand vous reprenez vos esprits et que vous jetez un coup d’oeil au compteur, puis au paysage vous vous rendez compte qu’il y a quelque chose qui cloche. Et dire que sentiez que le coup de foudre n’était pas loin... C’est finalement le tonnerre qui vous guette ! Le chauffeur a fait un gros détour et la course va coûter trois fois plus que d’habitude. Vous rouspétez mais il s’excuse gentillement et vous explique, en prenant un air désolé, qu’il débute dans le métier. Il est tellement charmant que vous le pardonnez… Tout en vous faisant plumer.

Le fan de Michael schumarer

On raconte qu’il y a quelques années, le permis de conduire pouvait s’acheter en Turquie. Ce chauffeur devait sûrement faire parti du groupe. Depuis que la F1 est arrivée à Tuzla, ce chauffeur s'imagine en Michael Schumarer. Il démarre en trombe, accélère, décélère, slalome entre les voitures. A quoi servent les panneaux de signalisation ? Il vous répondra qu’ils ont seulement un but décoratif. Un passant traverse la rue, il fonce droit sur lui. Le feu passe au rouge ? Aucune différence. Pas de bol, il n’y pas de ceinture à l’arrière. Vous êtes propulsés de gauche à droite, puis de droite à gauche. Vous êtes crispés, vous serrez la machoire et les fesses tout en récitant vos dernières prières en faisant appel à tous les dieux qui vous passent par la tête. Finalement, vous arrivez à votre rendez-vous beaucoup plus tôt que prévu. Mais de quoi vous plaignez-vous puisque vous êtes en avance et, plus important, toujours en vie...

Le professeur

Justement vous pensiez perdre votre temps quand vous êtes montés dans ce taxi. Et le temps de nos jours : C’est précieux. Le taksici le sait d’ailleurs très bien, c’est pourquoi il a décidé de vous donner une leçon de turc. Soyez attentifs et retenez bien l’instruction qui va suivre. L’homme n’arrête pas de déglutir des nouveaux mots. Tiens, c’est bizarre, ce mot là, vous ne l’avez jamais entendu dans vos leçons de turc. Et celui-ci non plus. Vous regardez le chauffeur dans le rétroviseur et face à la couleur rouge-bleutée de son visage et aux gestes qu’il fait, vous en déduisez qu’il est plutôt nerveux. Cinq minutes à écouter ses proliférations, sa haine envers son prochain et vous voilà parfaitement bilingues en argot turc. Mais que se passe-t-il soudain ? Il donne un grand coup de frein et sort de son véhicule en trombe pour cogner sur un autre conducteur. Il ne manquait plus que ça, un cours d’art martial ! Il vaut mieux quitter la salle de classe avant qu'il ne soit trop tard... La prochaine fois, envisagez plutôt de prendre le bus.

Le bon père de famille

Moustachu, un peu enveloppé, cet homme là est une crème. Il sourit, vous montre les photos de ses deux enfants qui sont accrochées à portée de main. Il vous dit que l’un est en FAC, l’autre encore au lycée. Il vous parle de son épouse, de la maison qu’il a achetée à la campagne pour ses vieux jours. Il a de l’or dans les yeux quand il parle de sa famille. Son taxi est un veritable cocon où l’on se sent comme dans une bulle ouatée. Quand il s’arrête enfin pour vous faire descendre, vous regrettez d’être déjà arrivés à destination, mais il vous tend alors sa carte de visite. Cet homme ne le sait pas encore mais il a trouvé du boulot pour les vingt années à venir...

Le bavard

A peine assis sur la banquette arrière qu’il vous inonde d’un flot de paroles. Pourtant, il a bien vu que vous ne comprenez pas du tout ce qu’il vous dit, que vous êtes étrangers. Il arrête son véhicule et vous demande de monter devant. Pour parler c’est plus pratique. Il continue et veut vous faire prendre part à la conversation en laissant quelques blancs de temps en temps afin que vous en placiez une ou deux. Votre vocabulaire se réduit à “Hum” “oh” “hum hum” “tamam” avec quelques signes des yeux et de la tête. Si ça se trouve, il vous dit que les français sont tous stupides et prétentieux. Vous acquiescez encore. Il vous aura tellement saoulé que vous écourtez la course. Entre un moulin à paroles et quinze minutes de marche supplémentaire, le choix est vite fait...

Le collectionneur

Son véhicule ressemble à un musée, il y a des objets partout. On n’échappe pas au chien kitch en plastique qui remue tout seul la tête, aux néons bleus, à la boite en peau de léopard qui renferme un paquet de Kleenex, au ballon de foot miniature accroché au rétroviseur. Vous avez en quelques minutes un échantillon de ce à quoi ressemble son intérieur. Il y a tant à regarder qu’on ne s’ennuie pas le temps de la course. Son véhicule est en lui même un objet de collection. Il ne reste plus qu'à espérer que vous n'allez pas payer l'entrée de son musée ambulant en supplément du reste...

vendredi 11 avril 2008

Sepetçi



Vannier
Quartier de Tahtakale - Eminönü


free music

jeudi 10 avril 2008

Milyarderlik



Selon le journal The Times, Istanbul est devenue la quatrième ville du monde où vivent le plus grand nombre de gens riches. Dans la capitale culturelle de la Turquie, on compte en effet 34 milliardaires. La ville attire de nombreux investisseurs étrangers, les prix de l'immobilier ont triplé en l'espace de cinq ans.

* En photo quelques yalı (vieilles maisons en bois ou résidences qui coûtent plusieurs millions d'euros) que l'on peut admirer le long du Bosphore.

mercredi 9 avril 2008

Evimize hoş geldiniz !

Aujourd'hui, je vous invite chez nous...
Nous avons déménagé il y a un mois et il nous reste encore quelques finitions à apporter mais dans l'ensemble nous sommes heureux d'en avoir fini avec les gros travaux et les cartons. Pour faire court, le cahier des charges et les délais ont été respectés et nous avons dépensé quatre fois moins que si nous habitions en France. Je me suis amusée à faire un petit montage photo en mettant en parallèle l'ancienne et la nouvelle décoration.



Notre belle porte ottomane qui donne acccès sur notre salon, réalisée par notre peintre Emin, un ouvrier en or.



Notre chambre avec un immense placard blanc fait sur mesure pour y ranger tous nos vêtements.



La cuisine rouge réalisée sur mesure d'après un modèle d'IKEA. Les marengoz (menuisiers) turcs font de vraies merveilles à des prix très raisonnables, ça vaut vraiment le coup de réaliser des meubles sur mesure ici.



Un échantillon de la cuisine, le meuble vient d'IKEA, les bouteilles ont été chinées dans notre rue et la plaque d'acier (30 kg) a été réalisée dans le chantier naval pour lequel je travaille (oui je sais il manque un "s" à "happiness", la touche turque !)



Le salon, une vraie pièce à vivre qui s'étend sur 53 m2. Nous avons changé le sol, la porte d'entrée, la couleur des murs. Les chaises vertes ont été chinées dans notre rue, la table provient de Mudo outlet et la bibliothèque d'IKEA.





Toujours notre salon : Le canapé a été conçu par une marque turque (MUUT), les coussins proviennent du quartier d'Osmanbey, la lampe de Galata. Les stickers de mur ont été ramenés de France, le meuble TV en bois chiné chez un antiquaire dans notre rue, la table basse rouge est en fait un plateau en bois sur pieds qu'utilisent les poissonniers turcs. Les gros coussins turcs et le miroir ont été achetés chez des antiquaires. Il ne nous reste plus qu'à agrémenter le coin séjour avec un beau tapis ou un kilim, quelques plantes vertes et des tableaux.



Notre petit chiot Yakamoz (2 mois) qui a été abandonné en pleine forêt avec ses 8 frères et soeurs. A droite, une vieille malle en cuir dénichée par Fred dans notre quartier.
J'espère que la visite vous a plu, si vous recherchez des ouvriers à Istanbul ou tout simplement des bons plans déco, n'hésitez pas à me joindre par mail !

* Evimize hoş geldiniz : Bienvenu(e)s dans notre maison

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