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Du miel aux épices d'Istanbul...

mardi 8 avril 2008

Kazandibi

Je dois vous avouer un secret, mais ne le dites à personne car cela risquerait de nuire à ma réputation. Je n’aimerais pas qu’on puisse informer la nation de mes faiblesses, n'importe qui pourrait m’amadouer par la suite…

Tel un fumeur accro à la nicotine, je suis capable de marcher des kilomètres et des kilomètres pour déguster le meilleur kazandibi de la ville. Ce dessert ottoman gluant et substantiel me rassérène. D'ailleurs, quand je vivais à Çeşme j’en savourais plusieurs fois par semaine, tout comme les desserts au lait (sütlü tatlıları), même après avoir appris que certains étaient préparés avec du blanc de poulet (tavuk Göğsü).



Kazandibi signifie en français le fond (dibi) de la marmite (kazan). On sert ce dessert turc en raclant le fond du plat caramélisé avec une spatule, le kazandibi se compose ainsi de deux couleurs bien distinctes. La recette que je vous livre est facile à réaliser et vous trouverez commodément tous les ingrédients qui la composent dans vos supérettes préférées :

Kazandibi
Pudding au lait caramélisé

Ingrédients
  • 50 g de maïzena
  • ½ litre de lait
  • 50 g de farine de riz
  • 80 g de sucre en poudre
  • 1 paquet de sucre vanillé
  • 15 g de beurre
  • 4 cuillèrées à soupe de sucre glace
Préchauffer votre four à 170 degrés.
Mélanger la farine de riz et la maïzena dans un peu de lait, quand le tout est liquide (sans grumeau), ajouter alors le reste de lait. Faire cuire le tout à feu moyen dans une casserole en remuant pendant 10 minutes. Ajouter ensuite le sucre en poudre et laisser cuire quelques minutes de plus afin que le sucre soit bien dissous. (Attention aux grumeaux, il est important de mélanger le liquide constamment).
Retirer du feu et ajouter le sucre vanillé, réserver. Pendant ce temps, beurrer un moule rond ou rectangulaire et saupoudrer d'une couche épaisse de sucre glace. Verser la préparation dessus. Faire cuire le tout au four pendant 15 minutes. Dès la sortie du four plonger le moule dans un plat plus grand rempli d'eau froide, et laisser reposer une quinzaine de minutes, puis mettre au frais quelques heures.

Servir froid tel quel ou accompagné d’une boule de glace.

PS : Si vous savez où déguster les meilleurs kazandibi d'Istanbul, n'hésitez pas à nous faire part de vos bonnes adresses ;)

lundi 7 avril 2008

Kahve-ofis

Un après-midi de libre en semaine ? Un temps couvert dehors ? Envie d’aller voir quelques amis ? Sauf que zut, tout le monde est au boulot...
Que faire alors pour ne pas pléricliter sous le poids de la solitude ? Une seule solution : Rendre visite à ceux qui travaillent ! Dans les bureaux turcs, vous serez toujours bien reçus, le thé coulera à flot et les minutes que l’on pourra vous consacrer ne seront jamais comptées.


Café du quartier de Cihangir

En Turquie, quand un bureau est petit, on parle de butik-ofis, quand il est calme de meditasyon-ofis, aussi j’ai tout naturellement inventé le concept de kahve-ofis. Ne rigolez pas, vous n’imaginez même pas le nombre d’amis de mon patron ou de ses associés qui passent juste pour boire un verre. Sans rendez-vous et sans gêne, ils s’imposent. Parfois, ils passent même à l’heure de l’apéro ou du goûter les mains chargées de börek ou de baklava. Beaucoup de turcs finissent leurs journées de travail tard pour une seule et unique raison : les amis. Ces derniers sont comme des mantes religieuses, ils dévorent les minutes que vous pourrez passer à travailler, sans complexe. Et quand les discussions commencent, il n’y a plus de limites, les invités surprises peuvent rester des heures, parfois sans rien faire, justement parce qu’ils sont au chaud et qu’ils n’ont rien d’autre au programme. Les mettre dehors ? Non, impossible, honte à vous d’y avoir pensé ! L’invité tout comme le client est roi, même si ce dernier s'incruste…



Il n’y pas si longtemps de cela, un de ces faux clients-imposteurs m’a demandé un cappuccino, j’ai eu envie de lui rétorquer qu’ils en servaient de très bons au café d’en bas… et lui ai quand même servi un jus de chaussette (nescafé) dans nos plus belles tasses.

Il est vrai que si votre bureau se situe dans un coin perdu, vous serez les plus chanceux. Si par contre votre office est dans un quartier agréable, assurez vous d’embaucher quelqu’un qui tiendra la buvette, sinon vous passerez plus de temps dans la cuisine que dans votre bureau !

vendredi 4 avril 2008

Indigo


Pont Fatih Sultan Mehmet (1988)
Pointe de Rumeli Hisarı

free music

jeudi 3 avril 2008

Tête de turc

Je me demande, aujourd’hui encore, comment se fait-il que mes parents ne m’aient pas ramenée de force en France après toutes les horreurs qu’ils ont pu entendre à propos de la Turquie. J’avoue, j’avais pourtant fait fort à un moment en vivant dans une ville où je ne connaissais pratiquement personne, où je parlais à peine la langue du pays et en ayant un petit ami turc musulman...



Quand ma maman disait que sa fille vivait en Turquie, certaines personnes s’ébahissaient et la questionnaient naïvement : “Mais elle n’a pas peur ?” “Elle vit avec un turc ? Moi j’ai une amie qui était mariée avec un turc et ce dernier la battait….” Quant à mon père, on lui parlait des trafiquants de drogue, du port du voile forcé, et je ne sais plus trop quoi encore.

Des préjugés, des images de Midnight Express encrées dans la tête de tous les étrangers, des femmes turques voilées au journal TV, des convictions non fondées, des imbroglios depuis le 11 septembre : Tout ceci véhicule malheureusement une mauvaise image de la Turquie. Pourtant, ceux qui se sont déjà rendus ici savent très bien que la Turquie ne se résume pas qu’à cela. C’est aussi un peuple hospitalier, des églises qui côtoient des mosquées, des jeunes filles courtement vêtues qui se balladent dans la rue librement, des paradoxes à chaque coin de rue, ATATÜRK, l’attachement d’un people pour son pays et ses valeurs, des gens qui travaillent humblement sans pour autant se plaindre, des familles (trop) protectrices, des amitiés soudées...



J’ai conscience qu’Istanbul est une grande ville qui ne reflète pas forcément les mentalités extramuros, et que tout n’est pas idyllique non plus, comme partout ailleurs. Je n’ai jamais fait de tour dans les prisons aussi je ne pourrais vous dire ce qu’il s’y passe, je ne connais pas le nombre de femmes battues ou violées car tout comme les chiffres du SIDA, ce sont des chiffres noirs, qu’on cache. Je connais aussi l’article 301 qui menace la liberté d’expression et qui m’oblige parfois à faire de l’auto-censure sur ce blog. Rien n’est parfait, il y a beaucoup de choses à améliorer, mais n’est-ce pas le cas de la France ? Des Etats-Unis ? De l’Europe toute entière ?

Je reçois certains jours des emails où l’on me demande s’il est prudent d’emmener ses enfants à Istanbul, si c’est une ville d’insécurité. Et vous savez-quoi ? J'ai plutôt envie d'en pleurer que d'en rire.

Quand j’ai mis pour la première fois mes pieds en Turquie, je ne connaissais rien du pays. Je n’avais personne dans mon entourage qui y était allé. Je suis donc arrivée en "terrain neutre", et ce que je pense aujourd'hui de la Turquie ne m’a pas été inculqué par quiconque mais au contraire enseigné par ma propre expérience. J'ai posé mes valises en Turquie, parce qu’ici, je me sens bien, les gens sont polis, les jeunes se lèvent pour céder leur place dans le bus, on ne laisse jamais un touriste perdu regarder sa carte bien longtemps, on vous ramène les téléphones portables quand on les oublie dans un bus ou dans un taxi, la police est respectée, on ne voit pas beaucoup de gens qui dorment sous les ponts, on vous proposera toujours l’hospitalité, en cas de soucis vous pourrez compter sur des gens que vous connaissez à peine.



Je m'arrête là, la liste risquerait d'être longue...
Ce qui m'attriste le plus, c'est de savoir que les destructeurs de la Turquie n'ont, pour la plupart, jamais mis les pieds ici. Ils pensent que leur science infuse les autorise à fustiger un peuple qui ne demande qu'à être compris, qu'à être accepté.
Apprendre à aimer l'autre avec ses qualités, ses défauts et ses démons, ne devrait-il pas, pourtant, être le but d'une vie ?

mercredi 2 avril 2008

Suspendu



Saviez-vous qu'un troisième pont sur le Bosphore sera construit au niveau de Sarıyer ? Voilà de quoi ravir les automobilistes qui se retrouvent bloqués, suspendus en l'air, dans les embouteillages quotidiens. De loin, de près, dessous, dessus : Pour moi les ponts suspendus (qui permettent de relier la rive asiatique à la rive européenne) m'émerveillent en continuité.

free music

mardi 1 avril 2008

Körfez

Ce qui est merveilleux quand on habite dans une ville tentaculaire, c’est que même au bout de plusieurs années, il y a toujours des endroits à découvrir, des lieux qu’on ne soupçonnait même plus…



Samedi soir, après un lancement en mer d’un de nos pétroliers, nous sommes allés dîner avec nos clients dans un restaurant très chic qui se situe à Kanlıca, sur la rive asiatique. On peut accéder au restaurant par voie maritime (le propriétaire du lieu organise des navettes gratuites à partir de Rumeli Hisarı, rive européenne) ou par la route en traversant le deuxième pont suspendu au dessus du Bosphore. Ce soir là, certains habitués sont même arrivés à bord de leurs yachts privés.

Nous avons dégustés des mezze de poissons, du calamar grillé, une soupe aux allures de bouillabaisse. Le tout habilement présenté dans des assiettes rectangulaires et servi en petite quantité. Le clou du spectacle fût le bar cuit dans une croûte de sel et flambé au cognac. Il est présenté comme tel devant votre table puis le serveur le découpe adroitement tout en jouant des percussions sur le plat avec ses outils, un show culinaire subtil…



L’assiette composée d’un assortiment de desserts turcs (ayva tatlısı, kayısı tatlısı) fût vite engloutie et la soirée fût tout simplement exquise. A noter que le restaurant ne comporte pas beaucoup de tables, ce qui rend le cadre très intime et paisible. Un lieu assurément romantique où il est recommandé de réserver à l’avance. L’été, les tables sont dressées au bord du Bosphore, sur le ponton.
Compter environ 80 € par personne vins compris.

Körfez
Körfez Cad. No : 78
Kanlıca - Istanbul
Tel + 90 216 413 43 14
www.korfez.com

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