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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 29 août 2008

Pazarlar



Marché du samedi
Quartier de Beşiktaş

jeudi 28 août 2008

Dörtkilise



Lorsque nous sommes arrivés en fin d’après-midi à proximité du monastère de Dörtkilise, nous l’avons malencontreusement raté. Nous avons fait plusieurs kilomètres pour rien sur une route difficilement praticable pour finalement faire demi-tour. Ce n’est qu’en redescendant de ce chemin boueux que nous l’avons aperçu, perché sur une petite colline au milieu des arbres.



La nuit commençait à tomber, ce qui accentuait le côté patibulaire et mystérieux de ce lieu. Nous avons fait une visite rapide avant de regagner notre charmante pension située dans le village de Tekkale, un peu plus bas.



Le matin, après un bon petit déjeuner au bord de la rivière qui traversait le village, nous sommes retournés sur les lieux et ce monastère nous a paru encore plus impressionnant. La végétation etait dense autour de la façade (qui est en bon état), l’intérieur etait vide puisqu'il a été pillé par des chercheurs de trésors.



Il semblerait que cette église-monastère, qui s'élève à 1.220m d'altitude date du 10e s. D’autres églises et bâtiments, aujourd’hui en ruines, ont été construits près de cet édifice religieux d'où le nom de "dörtkilise" (= 4 églises).


Afin de mesurer l'ampleur de cet édifice, essayer de me retrouver sur la photo de gauche...

Nous avons croisé deux couples d’Italiens venus séparément dans cet endroit reculé de la Mer Noire. C’etait plutôt bizarre de croiser des étrangers comme nous dans un lieu aussi mal indiqué et difficile d’accès.



De retour dans le village, nous sommes repassés par la pension où nous avions séjourné et nous avons rencontré le gérant des lieux, qui venait d’arriver des hauts-plateaux. Cemil est guide depuis des années, joue de la musique, est moniteur de rafting et parle plusieurs langues. Il nous a proposé de partir en randonnée deux jours dans les yayla mais nous avions déjà d’autres plans. Dommage ! Ce sera pour une prochaine fois...



Si vous passez à quelques kilomètres de Yusufeli, je vous conseille cette pension sans prétention où l’accueil est plus que chaleureux et les repas dignes d’un hôtel trois étoiles.

Cemil Pansiyon - Village de Tekkale
0466 811 29 08
Cemil_pansion@hotmail.com
N’hésitez pas à réserver une ou deux journées de randonnées avec Cemil

mercredi 27 août 2008

Sur la route toute la sainte journée...



Après deux nuits passées dans le village d’Olucak, nous avons decidé de reprendre la route afin d’explorer des villages de la Mer Noire dotés d’églises Géorgiennes, en nous rapprochant de la frontière Nord-Est de la Turquie alors que les combats éclataient en Géorgie.



Plusieurs heures de route nous séparaient du village de Dörtkilise où nous voulions passer la prochaine nuit. Les paysages se succédaient sans jamais nous lasser. Au loin se dessinait les montagnes du Kaçkar, les routes étaient sinueuses et parfois complétement cabossées. Nous avons dû traverser de grandes plaines désertes ou au contraire franchir de petits villages en bois encore habités.


Village de Laleli

Sur la route quelques surprises nous attendaient : Laleli, Ortaköy ou Nişantaşı ne sont pas que des quartiers d'Istanbul, ce sont aussi des noms de villages de la Mer Noire.
Les ponts suspendus en bois étaient nombreux, il semblerait que pour certains villages il n'y ait pas d'autres moyens d'accès, même pour les véhicules à quatre roues.



Les camaïeux de vert (rizières, forêts) ainsi que les roches couleur ocre ou rouge brique nous plongeaient dans les paysages de Paul Cézanne au fur et à mesure que nous avancions vers Bayburt.



Dans cette ville connue pour sa forteresse que nous avions visitée l’année dernière, la plupart des femmes que nous avons croisées étaient vêtues de cette étoffe en soie ou laine couleur toile de lin (ihram), recouverte parfois de motifs discrets ou de lignes foncées qui leur couvrait la tête aussi bien que le corps.



Nous nous sommes arrêtés quelques instants à Bayburt pour prendre un thé et déguster une spécialité culinaire de cette ville, salée et plutôt nourrissante : Le Kete.



Vers 18h30, nous sommes arrivés à destination et, peu avant que la nuit tombe, nous sommes allés visiter le monastère de Dörtkilise, un édifice vraiment déconcertant qui s'élève au milieu de nulle part et qui a la taille... d'une cathédrale.

mardi 26 août 2008

Korom : La vallée de l'altruisme


Vallée de Korom

Armés de notre guide touristique, nous avions découvert l’année dernière la vallée de Korom et ses nombreuses églises abandonnées. Parmis celles que nous avions visitées, une d’entre elles transformée en étable nous avait particulièrement marqués. Cette année, nous avons souhaité retourner sur les lieux pour savoir si les animaux étaient toujours logés à la même enseigne…



Une fois sur place, nous constatons malheureusement que seule une vache malade habite désormais dans cette vieille église. Mais au moins, cette dernière ne tombe pas en ruine. Une silhouette se rapproche et nous reconnaissons la jeune Ebru avec qui nous avions discuté l’année dernière. Après avoir échangé quelques phrases avec elle, son père Yılmaz au regard pétillant se joint à nous, intrigué par notre visite dans ce lieu peu fréquenté par les touristes.



Lui et sa famille habitent dans une maison à quelques pas de l’édifice religieux, il nous invite à prendre un thé chez lui, nous acceptons l’invitation… Dans la cuisine de sa maison il y a foule, mais Yılmaz est le seul homme et nous explique qu'il est retraité. Les maris des dames qui nous entourent travaillent en effet dans des villes avoisinantes telle que Gümüşhane, les femmes et les enfants ne résident dans cette maison qu'en été. Le reste de l'année, ils doivent vivre près des écoles et loin des collines ensevelies par la neige.



Alors qu'on nous installe une petite table en bois pour y prendre le thé, le vent souffle fort dehors. Devant nous sont disposés des olives, du pain, de l'helva et du fromage. Seul Yılmaz, Fred et moi buvons le çay et alors que les femmes discutent avec nous, les enfants nous regardent avec curiosité sans rien manger ni boire.



Nos conversations oscillent entre la description de la vie à la campagne, la politique, la cuisine, la vie scolaire... Si bien que le temps passe à une allure folle. En repartant, nous offrons un pot de confiture que nous avions dans la voiture à Gülbahar, la grand-mère au si joli prénom (rose de printemps). Toute la famille est dehors pour nous dire au revoir et pour soigner ensuite cette pauvre vache alitée dans l'église.

Dans cette belle vallée verdoyante, il semblerait que Yılmaz et sa famille ne fassent aucune distinction entre les hommes et les animaux quand il s'agit d'être aux petits soins avec quelqu'un...

lundi 25 août 2008

Köy Ekmeği



Boulangerie de Bayburt,
Photo prise par Frédéric

En Mer noire, le pain (de Trabzon ou Köy Ekmeği) rond comme une pleine lune est moelleux et goûteux à la fois. Dans les villages, il est cuit dans les poêles (soba) et est parfois fourré de pommes de terre, herbes et fromage.

vendredi 22 août 2008

Barbe blanche



Village de Dörtkilise
Mer Noire

Photo prise avec l'appareil photo numérique Fujifilm - FinePix F30

jeudi 21 août 2008

Yeşillik



Olucak
Région de la Mer Noire

mercredi 20 août 2008

Camiboğazı



Sachant que les véhicules à quatre roues sont plutôt rares à Olucak, nous avons tout naturellement proposé d'emmener Meçit et son épouse où ils le souhaitaient le lendemain de notre arrivée dans le village. Voulaient-ils aller faire des courses ? Ou bien passer voir un médecin ? Non, nos deux hôtes avaient un programme bien plus intéressant à nous proposer : Se rendre sur les hauts plateaux.



Après le petit-déjeuner, nous voilà donc partis tous les 4 sur les routes cabossées de cette région de la Mer Noire, à quelques kilomètres de Gümüşhane. Frédéric conduisait prudemment et les pauses étaient nombreuses afin de prendre quelques photos, ou encore afin de se rafraîchir en buvant à une des nombreuses sources naturelles qui ornent cette route de montagne.



Après trente-cinq minutes de montée, nous arrivons enfin parmis les habitants de Camiboğazı. Ici, les habitations sont récentes et, comme dans tous les yayla de Turquie, elles ne sont occupées que 3 à 4 mois dans l'année.



Le reste du temps, les conditions climatiques sont trop mauvaises et forcent les ruraux à se déplacer pour vivre dans des villages situés plus bas, à quelques mètres d'altitude. En hiver, on ne laisse aucune affaire dans les maisons, la moindre assiette est emportée dans les bagages.



Meçit invite Frédéric à s'asseoir parmis les hommes pour siroter un çay de bienvenue. Moi, je rejoins Ayşe qui prépare avec son mari notre déjeuner. Le barbecue est installé en quelques secondes et permet de se réchauffer un peu car il fait plutôt frais par ici.



Bien que peu étendu et éloigné de tout, Camiboğazı est assez fréquenté, on vient ici pour prier dans la mosquée, faire quelques achats alimentaires mais aussi déguster de la viande d'agneau grillée.



Avant que notre agape ne soit prête, Fred et moi en profitons pour faire un tour des lieux et acheter quelques denrées pour les offrir à Meçit. Nous visitons le café qui sert aussi d'épicerie et lorgnons sur un tableau rempli de photos de différentes tailles.



Un ami du bakkal nous informe que ce sont les hommes qui vivent ou qui ont vécu dans ce yayla. Nous demandons pourquoi il n'y a pas de femmes représentées, notre question le surprend, il balbutie et nous invite à prendre un çay que nous acceptons avec joie.



Quelques bavardages plus tard, le déjeuner étant enfin prêt, nous retrouvons nos amis pour goûter cette viande succulente et constatons que nos hôtes ont meilleur appétit que nous. L'air de la montagne, ça creuse certes, mais Fred et moi sommes déjà rassasiés par cette vue magnifique où l'on aperçoit quelques kartal (aigles) prêts à se jeter sur leurs proies.



Vers 16h, nous reprenons la route dans le sens inverse après un dernier çay en altitude parmis les vaches, qui vivent ici en toute en liberté au milieu du yayla. Cet endroit, si paisible, est un remède parfait aux citadins comme nous qui respirons la pollution toute l'année.
Comme le soulignait Henri MONNIER, on devrait construire les villes à la campagne. L'air y est tellement plus pur...

mardi 19 août 2008

Et au milieu coule une rivière...

Les promesses sont faites pour être tenues, et en ce qui concerne la région de la Mer Noire, Fred et moi en avions fait une sacrée : Retourner dans le village d'Olucak rendre visite à quelques habitants qui nous avaient accueillis l'année dernière pour une nuit.



En arrivant dans le village, nous retrouvons Tenzile et sa famille et les embrassades sont plus que chaleureuses. Nous apprenons ensuite que Meçit est aux champs, aussi nous partons à pied à sa recherche, à 79 ans il tient vraiment une forme olympique.



Nous le retrouvons d'ailleurs monté sur un cheval ressemblant à Nasreddin Hoca. Son visage s'illumine à notre vue et il nous dit, en guise de retrouvaille, "Je vous ai vu dans un rêve cette nuit". De quoi se demander si notre visite n'était pas déjà programmée par quelqu'un d'autre...



Nous rejoignons le village et prenons le thé avec Yılmaz et l'épouse de Meçit. Certains habitants que nous croisons nous reconnaissent et nous demandent de nos nouvelles. Il faut dire que les yabancı (étrangers) sont plutôt rares dans ce coin perdu de la campagne.



Une sensation étrange nous parcourt, c'est comme si nous avions passé toutes nos vacances d'enfance ici, on se sent comme chez soi dans ce village où l'eau s'écoule à la frontière des habitations afin d'irriguer les différents jardins qui les agrémentent.



Le soir, nous retrouvons Tenzile qui nous a préparé des poğaca dans son poêle. La télé est allumée et tous les yeux sont rivés sur le journal télévisé qui met en scène la guerre en Géorgie, où musique dramatique flirte avec bains de sang. Nous commençons alors une discussion concernant le traitement de l'information en France et en Turquie : Les différences sont notoires.



Nous sommes logés cette fois chez Meçit et la nuit est très calme, seules les cigales viennent chanter sur nos songes. Au petit matin, Meçit et sa femme s'agitent déjà dans la cuisine et nous préparent un bon petit déjeuner avec une spécialité locale (muhlama).



Ceci nous calera pour plusieurs heures en attendant le repas de midi, que nous passerons avec ce couple de retraités dans un endroit charmant, plus haut perché sur la montagne...

lundi 18 août 2008

Karadeniz


La petite Semra, Yayla d'Aydınköy

Lorsque l'on traverse l'Est de la Turquie (région de la Mer Noire), il faut ouvrir grand ses yeux et avoir l'esprit aventureux. Le ravin vous aspire, les chemins caillouteux grimpent au dessus des nuages, d'énormes rochers sont prêts à se décrocher à tout moment pour venir s'écraser sur l'asphalte.
Les indications signalétiques sont rares, il ne faut pas avoir peur de se perdre alors que l'on recherche les ruines d'une église géorgienne. Le hasard vous mènera d'ailleurs souvent dans un beau coin de verdure où quelques habitants curieux vous inviteront à prendre le thé et à rompre le pain.
1.200 km parcourus en 6 jours et des rencontres que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Notre dernière nuit passé dans un Yayla (haut-plateau) nous laissera un souvenir impérissable...
Récits et photos de nos aventures à suivre dans les prochains jours ;)

mercredi 6 août 2008

Mon blog en vacances



Dans quelques heures, nous prendrons notre envol pour la côte égéenne afin d'assister à un mariage. Puis, semaine prochaine, direction le Nord-Est de la Turquie pour retrouver un peu de fraîcheur et le doux accent des habitants de la Mer Noire. Ma plume prend ainsi un peu de repos jusqu'au 18 août.

Vous êtes plus de 1.500 lecteurs à vous connecter quotidiennement, en attendant de vous retrouver, je vous remercie pour votre fidélité et je vous laisse en compagnie d'un patchwork de photos prises à Istanbul.

Afin d'éviter tout problème technique, je ferme l'accès aux commentaires pendant une dizaine de jours.
A très vite...

Trio gagnant

Pour une grande maison d'édition française, j'ai passé 3 longs mois à tester des restaurants, des selfs et des cafés d'Istanbul, dans le but de réactualiser un guide touristique. A présent, les épreuves sont à Paris et ne seront publiées qu'au mois d'octobre.
Il y a plein d'adresses que j'aurais aimé voir figurer dans ce guide, mais il a fallu faire un choix et privilégier bien entendu la cuisine turque, celle que l'on doit découvrir absolument en même temps que les monuments de la ville ! Ainsi, à défaut d'écrire toutes les adresses que j'aime sur papier, je les publierai sur le net...



Comme tout le monde, j'ai mes petites habitudes dans mon quartier, et quand l'envie nous prend à Fred et moi de manger autre chose que de la cuisine locale, nous avons une adresse dont on ne se lasse pas : la Pizzeria TRIO. C'est un petit coin d'Italie, tout près du Lycée français Sainte Pulchérie, qui me rappelle mes six mois passés dans les alpes italiennes, juste avant d'atterrir en Turquie.
Le gérant de ce restaurant, parfaitement francophone, à un parcours plutôt original et atypique. Agé de moins de trente ans, Tan INCE travaille pour l'Union Européenne et a décidé, il y a un an, de se lancer dans la restauration.



A deux minutes à pied de Taksim, située dans une rue pentue qui permet d’accéder au quartier de Çukucurma, cette pizzeria ne prépare pas que des pizzas fines et croustillantes cuites au feu de bois. On y déguste aussi, dans un cadre intime, des antipasti aux accents méditerranéens, des pâtes al dente et de délicieux desserts italiens. D'ailleurs, quoi de mieux que de finir un bon repas sur un succulent tiramisù, qui signifie dans la langue des gondoliers "Tire-moi vers le haut" ? De quoi vous redonner des forces après une journée de travail !

TRIO Pizzeria
Sıraselviler Cad. Billurcu Sk. N : 5
Taksim
Tel : (0212) 252 44 44

A noter que cette pizzeria livre aussi à domicile

mardi 5 août 2008

On ne fait pas d'omelette....



Vendeur d'oeufs - Diyarbakır

Les turcs consomment en moyenne 150 oeufs par habitant et par an* alors que les français en consomment 266. Au début de l'année 2008, une campagne a été lancée par YUM-BIR (association des producteurs d'oeufs turcs) afin de sensibiliser la population aux bienfaits nutritionnels de l'oeuf.

* Informations publiées le 3/08/08 dans un article du Sunday's Zaman.

lundi 4 août 2008

Apprendre le turc : Petit cours pour s'y retrouver.

Si j'en avais eu l'occasion, est-ce que j'aurais choisi le turc en seconde langue au collège au lieu de l'italien ? Très honnêtement non. Je pensais d'ailleurs, à la fin de mes études, ne jamais plus avoir à apprendre une nouvelle langue étrangère...
Et puis un jour, le destin a bouleversé tous mes plans, et me voilà habitant dans un pays où la communication est difficile, même avec les gestes ! Comme des milliers d'expatriés dans le monde, il a fallu alors prendre mon courage à deux mains et me remettre à étudier, apprendre des mots par coeur, me sentir comme un enfant de deux ans dont le vocabulaire se réduit à quelques phrases de survie.
Pour apprendre une langue étrangère, il n'y a pas de secret : Il faut être motivé, curieux, persévérant et faire preuve de discipline.


Mais qu'y-a-t-il à 15 km ?!

Quelques étrangers vivent depuis des années en Turquie, mais ne savent pourtant pas aligner deux mots en turc, ils s'en sortent toujours pour communiquer en parlant en anglais, français ou allemand. Certains diront que c'est un manque de respect vis à vis du pays qui les accueille, d'autres vous affirmeront qu'il est difficile, après une journée de travail et son lot de responsabilités, d'enchaîner ensuite sur 2 heures de cours de langue. Après tout, chacun fait ce qu'il veut et surtout ce qu'il peut, mais je me demande comment s'intégrer dans un pays et comprendre sa culture sans pouvoir vraiment communiquer ? Mystère...


Enfants de Diyarbakır

Quoiqu'il en soit, en ce qui me concerne, j'ai eu un déclic radical pour être motivée comme personne pour apprendre le turc. Je me suis retrouvée à un enterrement dans le sud de la Turquie. Seule dans une pièce avec une veuve en pleurs, je n'ai pas pu lui communiquer mes condoléances ni même la consoler avec des mots. Ainsi, dès ma première année passée à Istanbul, j'ai pris des cours de turc afin de pouvoir me débrouiller vite dans la vie de tous les jours. J'ai eu de la chance, mon professeur (que j'ai trouvé en regardant les petite annonces affichées sous le porche du Consulat de France) avait le même âge que moi et préparait nos cours avec grand soin.

Il existe plusieurs méthodes pour apprendre le turc, cours collectifs, cours particuliers, livres : A chacun de composer selon ses envies, son temps libre et son budget. Vous trouverez ci-dessous quelques pistes pour apprendre le turc en étant basé en Turquie ou partout dans le monde.

Sur place : Les écoles de langue

De nombreuses écoles proposent des cours de turc dans les grandes villes de Turquie. Voici celles qui ont été testées par des amis à moi et qui ont fait leurs preuves : Méthodes Livres et CD

  • Assimil : Je ne connais pas les dernières versions. Celle que j'ai pu feuilleter en 2002 me semblait obsolète. Les dialogues et le vocabulaire s'y rapportant n'était pas très intéressant pour la vie professionnelle. De même, la méthode était truffée de fautes. Mais peut-être que cette méthode a évolué depuis ?


  • Worbook (Turkish for foreigners). Cette méthode est publiée par l'Université de Boğazici mais attention, elle est réservée aux anglophones. Plusieurs livres ont été édités (avec CD, exercices, grammaire). Personnellement, c'est la méthode sur laquelle j'ai appris le turc et je continue d'étudier sur les différents tomes. Je trouve la collection très claire, ordonnée, et le vocabulaire est adapté aussi bien à la vie professionnelle qu'à la vie pratique. En vente dans toutes les bonnes librairies turques.

Internet : Cours de turc en ligne
Dictionnaire franco-turc en ligne

Il en existe beaucoup, voici mes préférés :

Dois-je rajouter que, pour progresser rapidement en turc, tous les moyens sont bons... ou presque !? Regarder les chaînes turques, écouter de la musique, lire la presse locale, faire une année Erasmus à Istanbul ou à Ankara, discuter avec les commerçants, avoir un petit copain turc / une petite copine turque, etc ;)
Et vous, comment avez-vous fait pour apprendre le turc ?

vendredi 1 août 2008

Vie de chien

J’aurais pu finir comme Mr. Bones ou comme Croc Blanc mais le destin en a decidé autrement. Abandonné dans une forêt de Tarabya avec mes 8 frères et soeurs, j’ai été recueilli par un jeune homme avec toute ma smala dans un petit appartement où il y avait déjà un animal à quatre pattes.



On avait dit à mon nouveau maître français, venu me chercher quelques semaines plus tard, qu’avoir un chien était le meilleur moyen pour appâter les femmes, mais pur mensonge ! En Turquie, c’est le meilleur moyen de les éloigner. Ceux ou celles qui osent me caresser sont souvent des touristes, c’est malheureux à dire mais je fais peur à la plupart des habitants de la ville, pourtant je n’ai jamais mordu personne et j’adore les câlins. Quand les gens me voient, ils adoptent une gestuelle caricaturale.



Chacune de mes sorties fait rire mon maître, car c’est souvent les plus costauds qui changent de trottoir ou font des bonds de deux mètres quand je les frôle. Ces demoiselles sont encore plus comiques, elles poussent des cris perçants en me voyant comme si j'étais un monstre ou beuglent des “Of ya” à tout va. Du haut de mes 60 cm, tirant mon maître avec ma laisse, je suis devenu la terreur de Beyoğlu, moi Yakamoz, âgé de 6 mois.



Ce que j’aime par dessus tout lors de ma promenade matinale, c’est le vendeur de tickets de loterie et son acolyte le vendeur ambulant de sandwiches. Afin que je m’éloigne d’eux, ils me lancent chacun à leur tour, et ce chaque matin, une tranche de mortadelle et m’ordonnent ensuite de partir. Mon maître a beau leur dire de ne rien me donner, ils ne peuvent pas s’en empêcher, c’est devenu leurs frissons du matin.



Ce qui me désole le plus, c’est ce manque d’espace vert, je dois chaque jour marcher de longues minutes afin de trouver un parc dans lequel je puisse courir sans pour autant faire déguerpir les gens qui sont installés dans l'herbe. Les turcs ont souvent peur des chiens, même des tout petits tout mignons car on leur a parlé depuis leur tendre enfance de la rage des chiens errants. De même, à la campagne, les chiens qui gardent les maisons et les troupeaux sont vraiment impressionnants, on les appelle les Kangal. Mais heureusement, la Turquie compte de plus en plus d’animaux domestiques.



Moi, avec ma petite queue en tourbillon, je suis de la famille des Karabaş, et mon maître m’a donné le nom de Yakamoz (= reflet de la lune dans l'eau) car j’ai une grosse tache blanche sur la tête.
Quand je traverse Istiklal Caddesi, c’est pour moi un vrai calvaire. D’un côté, je vois tous ces gens qui ont peur de moi et qui maudissent mon maître alors que je n’ai même pas aboyé. D’un autre, mille et une odeurs me parviennent à la truffe : Sucuk ou agneau grillé excitent mes papilles.



Hier, le vétérinaire m’a dit que je prendrai encore 10 kilos : Je sens que je vais provoquer des sueurs froides dans les rues de Beyoğlu, moi qui dors étalé par terre, tel un gros loukoum toute la sainte journée, comme la plupart des chiens errants turcs. Je me demande si à cause des réactions emphatiques des gens, je ne vais pas devoir un jour quitter Istanbul, alors que les chats sont adulés partout...
Quelle vie de chien.