Les promesses sont faites pour être tenues, et en ce qui concerne la région de la Mer Noire, Fred et moi en avions fait une sacrée : Retourner dans le village d'Olucak rendre visite à quelques habitants qui nous avaient accueillis l'année dernière pour une nuit.



En arrivant dans le village, nous retrouvons Tenzile et sa famille et les embrassades sont plus que chaleureuses. Nous apprenons ensuite que Meçit est aux champs, aussi nous partons à pied à sa recherche, à 79 ans il tient vraiment une forme olympique.



Nous le retrouvons d'ailleurs monté sur un cheval ressemblant à Nasreddin Hoca. Son visage s'illumine à notre vue et il nous dit, en guise de retrouvaille, "Je vous ai vu dans un rêve cette nuit". De quoi se demander si notre visite n'était pas déjà programmée par quelqu'un d'autre...



Nous rejoignons le village et prenons le thé avec Yılmaz et l'épouse de Meçit. Certains habitants que nous croisons nous reconnaissent et nous demandent de nos nouvelles. Il faut dire que les yabancı (étrangers) sont plutôt rares dans ce coin perdu de la campagne.



Une sensation étrange nous parcourt, c'est comme si nous avions passé toutes nos vacances d'enfance ici, on se sent comme chez soi dans ce village où l'eau s'écoule à la frontière des habitations afin d'irriguer les différents jardins qui les agrémentent.



Le soir, nous retrouvons Tenzile qui nous a préparé des poğaca dans son poêle. La télé est allumée et tous les yeux sont rivés sur le journal télévisé qui met en scène la guerre en Géorgie, où musique dramatique flirte avec bains de sang. Nous commençons alors une discussion concernant le traitement de l'information en France et en Turquie : Les différences sont notoires.



Nous sommes logés cette fois chez Meçit et la nuit est très calme, seules les cigales viennent chanter sur nos songes. Au petit matin, Meçit et sa femme s'agitent déjà dans la cuisine et nous préparent un bon petit déjeuner avec une spécialité locale (muhlama).



Ceci nous calera pour plusieurs heures en attendant le repas de midi, que nous passerons avec ce couple de retraités dans un endroit charmant, plus haut perché sur la montagne...