Camiboğazı
Par Marie-France, mercredi 20 août 2008 à 08:15 :: Mer Noire :: #712 :: rss
Sachant que les véhicules à quatre roues sont plutôt rares à Olucak, nous avons tout naturellement proposé d'emmener Meçit et son épouse où ils le souhaitaient le lendemain de notre arrivée dans le village. Voulaient-ils aller faire des courses ? Ou bien passer voir un médecin ? Non, nos deux hôtes avaient un programme bien plus intéressant à nous proposer : Se rendre sur les hauts plateaux.
Après le petit-déjeuner, nous voilà donc partis tous les 4 sur les routes cabossées de cette région de la Mer Noire, à quelques kilomètres de Gümüşhane. Frédéric conduisait prudemment et les pauses étaient nombreuses afin de prendre quelques photos, ou encore afin de se rafraîchir en buvant à une des nombreuses sources naturelles qui ornent cette route de montagne.
Après trente-cinq minutes de montée, nous arrivons enfin parmis les habitants de Camiboğazı. Ici, les habitations sont récentes et, comme dans tous les yayla de Turquie, elles ne sont occupées que 3 à 4 mois dans l'année.
Le reste du temps, les conditions climatiques sont trop mauvaises et forcent les ruraux à se déplacer pour vivre dans des villages situés plus bas, à quelques mètres d'altitude. En hiver, on ne laisse aucune affaire dans les maisons, la moindre assiette est emportée dans les bagages.
Meçit invite Frédéric à s'asseoir parmis les hommes pour siroter un çay de bienvenue. Moi, je rejoins Ayşe qui prépare avec son mari notre déjeuner. Le barbecue est installé en quelques secondes et permet de se réchauffer un peu car il fait plutôt frais par ici.
Bien que peu étendu et éloigné de tout, Camiboğazı est assez fréquenté, on vient ici pour prier dans la mosquée, faire quelques achats alimentaires mais aussi déguster de la viande d'agneau grillée.
Avant que notre agape ne soit prête, Fred et moi en profitons pour faire un tour des lieux et acheter quelques denrées pour les offrir à Meçit. Nous visitons le café qui sert aussi d'épicerie et lorgnons sur un tableau rempli de photos de différentes tailles.
Un ami du bakkal nous informe que ce sont les hommes qui vivent ou qui ont vécu dans ce yayla. Nous demandons pourquoi il n'y a pas de femmes représentées, notre question le surprend, il balbutie et nous invite à prendre un çay que nous acceptons avec joie.
Quelques bavardages plus tard, le déjeuner étant enfin prêt, nous retrouvons nos amis pour goûter cette viande succulente et constatons que nos hôtes ont meilleur appétit que nous. L'air de la montagne, ça creuse certes, mais Fred et moi sommes déjà rassasiés par cette vue magnifique où l'on aperçoit quelques kartal (aigles) prêts à se jeter sur leurs proies.
Vers 16h, nous reprenons la route dans le sens inverse après un dernier çay en altitude parmis les vaches, qui vivent ici en toute en liberté au milieu du yayla. Cet endroit, si paisible, est un remède parfait aux citadins comme nous qui respirons la pollution toute l'année.
Comme le soulignait Henri MONNIER, on devrait construire les villes à la campagne. L'air y est tellement plus pur...
Commentaires
1. Le mercredi 20 août 2008 à 15:15, par Nat
2. Le dimanche 24 août 2008 à 21:24, par s2
Ajouter un commentaire