Spécialité locale de cette ville située à 406 km d'Istanbul : Le safran. Cette épice rare et chère, puisqu'elle ne peut être récoltée qu’une fois tous les deux ans, est utilisée dans la préparation des desserts et des mets salés depuis l’époque ottomane. Le safran a permis à cette ville de la Mer Noire de rayonner malgré sa situation géographique.



Depuis 1994, la ville de Safranbolu est inscrite au patrimoine de l’Unesco, et ce ne sont pas les filaments oranges qui sont à l’origine de cette reconnaissance historique. Il vous suffit d’arpenter ses petites rues pavées et ornées de maisons en colombage pour comprendre que Safranbolu est une des rares localités de Turquie, avec Istanbul, à avoir su preserver toutes les traces de son passé.



Deuxième spécialité de la ville : La ferronnerie. On y trouve un bon nombre d’artisans qui travaillent ce métal et le transforment en serrures, en poignées de porte ou en objets de décoration.



De passage parmi nous, Jacques, l’ami de Fred, venu tout droit de la région de Toulouse avec son accent chantant, est tout comme nous trois (yakamoz compris) tombé sous le charme de cette ville hors norme qui fût un poste caravanier important lors des échanges commerciaux entre l'Orient et l'Occident.



Il est vrai que Safranbolu est assez touristique, et de nos jours, une maison sur trois est transformée en hôtel ou en pension. Il est donc préférable de se glisser dans sa ville annexe (Yörük) pour découvrir des maisons plus typiques et des ruelles deux fois moins fréquentées par les hordes de touristes.



Nous y avons d'ailleurs trouvé une pension fort sympathique pour y passer une nuit. Dans ce village, nous avons pu visiter une vieille maison transformée en musée où l’on a pu comprendre les us et les coutumes de l’époque : L’eau de la cuisine chauffée grâce au feu de cheminée, le pigeonnier pour les hommes et leur narghilé, etc.



Filiz, la maîtresse des lieux, nous a expliqué qu’il suffisait à son grand-père de se réfugier au dernier étage de la maison et de taper un grand coup sur le plancher pour qu’on lui monte son café.



Le plus impressionnant reste le travail realisé sur le bois, on se dit alors que les artisans turcs étaient (et sont toujours) vraiment doués, pour avoir realisé et su conserver de si belles demeures sans asticots. A l'époque, plus le plancher était épais, plus la famille était riche.



Après avoir lu que le safran possédait de nombreuses vertus (tel qu’augmenter la mémoire, améliorer l'épiderme ou encore l’appétit sexuel), nous avons dû nous résigner à goûter cette boisson chaude, couleur or, au safran et au miel. Un délice !



De même, impossible de repartir sans avoir pris dans nos bagages une spécialité culinaire de la ville : des boîtes de loukoums parfumés au safran; à déguster sans modération dans toutes les boutiques de la ville...