Syndrome d'Istanbul
Par Marie-France, mardi 14 octobre 2008 à 08:27 :: General :: #752 :: rss
Avez-vous déjà entendu parler du syndrome de Paris ?
Les psychiatres de la capitale française connaissent bien les pathologies de cette maladie contemporaine puisque chaque année, une quinzaine de japonais se retrouvent dans les hôpitaux parisiens en pleine crise de nerfs aiguë. En effet, le fossé est parfois grand entre nos deux cultures et des détails anodins (tels que ne pas s'occuper des valises dans le hall d'un hôtel, attendre longtemps dans un bistrot avant de pouvoir commander un café) peuvent générer trop de stress et engendrer un terrible marasme psychologique.

Photo prise d'un avion juste avant l'atterrissage sur Istanbul
Aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de me demander s'il existe un syndrome d'Istanbul...
Les embouteillages permanents, une langue difficile à décripter, le murmure rauque des mosquées cinq fois par jour, les paradoxes incessants, le fourmillement, le brouhaha insomniaque : Tous ces événements qui s'encastrent les uns dans les autres telles les pièces d'un puzzle rendent-ils certains voyageurs aliénés ? Istanbul provoque-t-elle certains syndromes ?
A ce jour, et malgré toutes les personnes que j'ai rencontrées (français ou étrangers expatriés, touristes, hommes et femmes d'affaires, enfants). Je n'ai jamais entendu quelqu'un me dire qu'il détestait cette ville tentaculaire. j'aurais aimé avoir quelques anecdotes dans mon sac pour faire pencher la balance de l'autre côté mais je dois me rendre à l'évidence, toutes les personnes que je connaisse se sont bien acclimatées à Istanbul.

En effet, tous me disent qu'ils sont tombés sous le charme, qu'ils se sentent comme chez eux dès les premiers pas posés sur le bitume turc. Il est vrai qu'un touriste est souvent chouchouté, le sens du service et de l'hospitalité étant des points forts ici.
Istanbul nous rendrait-elle plus humain, plus vibrant... Plus vivant ?
Habitant ici depuis six années, je présume que j'ai été atteinte du syndrome d'Istanbul sans m'en rendre compte. Un syndrome qui ferait plus de mal que de bien, une pillule miracle contre la morosité, qui agirait un peu comme une maladie d'amour. Je crois qu'un passage dans cette ville, même très temporaire, nous change définitivement.
Orhan PAMUK affirme pourtant que les Istanbuliotes sont plus dépressifs que la plupart des turcs, mais en croisant chaque jour le sourire du cireur de chaussures ou du vendeur de fruits et légumes, je n'en suis pas persuadée. En ces temps de crise, les derniers sondages montrent que les habitants de la capitale culturelle de la Turquie sont plutôt heureux et joyeux. Bizarre... Istanbul serait-elle l'illustration même de la résilience ?
Tout comme Oğuz DEMIRALP l'affirmait au sujet de Paris, her insanın bir Istanbul'u olmalı : Tout le monde devrait avoir un Istanbul...
* Extrait du livre "Gönderilmemiş kartpostal Yazıları" (P39) Her insanın bir Paris'i olmalı, tout le monde devrait avoir un Paris.
Les psychiatres de la capitale française connaissent bien les pathologies de cette maladie contemporaine puisque chaque année, une quinzaine de japonais se retrouvent dans les hôpitaux parisiens en pleine crise de nerfs aiguë. En effet, le fossé est parfois grand entre nos deux cultures et des détails anodins (tels que ne pas s'occuper des valises dans le hall d'un hôtel, attendre longtemps dans un bistrot avant de pouvoir commander un café) peuvent générer trop de stress et engendrer un terrible marasme psychologique.

Photo prise d'un avion juste avant l'atterrissage sur Istanbul
Aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de me demander s'il existe un syndrome d'Istanbul...
Les embouteillages permanents, une langue difficile à décripter, le murmure rauque des mosquées cinq fois par jour, les paradoxes incessants, le fourmillement, le brouhaha insomniaque : Tous ces événements qui s'encastrent les uns dans les autres telles les pièces d'un puzzle rendent-ils certains voyageurs aliénés ? Istanbul provoque-t-elle certains syndromes ?
A ce jour, et malgré toutes les personnes que j'ai rencontrées (français ou étrangers expatriés, touristes, hommes et femmes d'affaires, enfants). Je n'ai jamais entendu quelqu'un me dire qu'il détestait cette ville tentaculaire. j'aurais aimé avoir quelques anecdotes dans mon sac pour faire pencher la balance de l'autre côté mais je dois me rendre à l'évidence, toutes les personnes que je connaisse se sont bien acclimatées à Istanbul.

En effet, tous me disent qu'ils sont tombés sous le charme, qu'ils se sentent comme chez eux dès les premiers pas posés sur le bitume turc. Il est vrai qu'un touriste est souvent chouchouté, le sens du service et de l'hospitalité étant des points forts ici.
Istanbul nous rendrait-elle plus humain, plus vibrant... Plus vivant ?
Habitant ici depuis six années, je présume que j'ai été atteinte du syndrome d'Istanbul sans m'en rendre compte. Un syndrome qui ferait plus de mal que de bien, une pillule miracle contre la morosité, qui agirait un peu comme une maladie d'amour. Je crois qu'un passage dans cette ville, même très temporaire, nous change définitivement.
Orhan PAMUK affirme pourtant que les Istanbuliotes sont plus dépressifs que la plupart des turcs, mais en croisant chaque jour le sourire du cireur de chaussures ou du vendeur de fruits et légumes, je n'en suis pas persuadée. En ces temps de crise, les derniers sondages montrent que les habitants de la capitale culturelle de la Turquie sont plutôt heureux et joyeux. Bizarre... Istanbul serait-elle l'illustration même de la résilience ?
Tout comme Oğuz DEMIRALP l'affirmait au sujet de Paris, her insanın bir Istanbul'u olmalı : Tout le monde devrait avoir un Istanbul...
* Extrait du livre "Gönderilmemiş kartpostal Yazıları" (P39) Her insanın bir Paris'i olmalı, tout le monde devrait avoir un Paris.
Commentaires
1. Le mardi 14 octobre 2008 à 15:25, par Mustafa le compiegnois
2. Le mardi 14 octobre 2008 à 15:36, par Nat
3. Le mardi 14 octobre 2008 à 18:43, par Najet
4. Le mardi 14 octobre 2008 à 23:24, par bondjuk - delphine
5. Le mercredi 15 octobre 2008 à 00:19, par Kiz
6. Le mercredi 15 octobre 2008 à 02:08, par ysa
7. Le mercredi 15 octobre 2008 à 11:54, par Stella
8. Le mercredi 15 octobre 2008 à 13:45, par Ismail
9. Le mercredi 15 octobre 2008 à 22:10, par laluciole
10. Le jeudi 16 octobre 2008 à 02:23, par Ata-Yak (ata adoptif)
11. Le dimanche 19 octobre 2008 à 16:01, par JM
12. Le jeudi 23 octobre 2008 à 23:23, par Legleg
13. Le dimanche 26 octobre 2008 à 23:35, par jasta
14. Le mardi 4 novembre 2008 à 20:50, par Eylem
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