Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 28 novembre 2008

S'installer en Turquie : Conseils pour réussir son expatriation

Qu'elle soit choisie ou imposée, une expatriation n'est jamais une chose aisée à accomplir. Il faut s'armer de courage et de patience pour récolter toutes les informations dont on a besoin, faire les démarches administratives, rechercher des écoles pour ses enfants, reprendre ses repères et refaire tout son carnet d'adresses (médecins, commerces, etc).



Quand on arrive en Turquie pour la première fois, il y a de quoi se sentir perdu face aux barrières de la langue et face à l'administration. Dernièrement, une amie tchèque nouvellement installée me faisait remarquer qu'ici, il faut se battre pour tout, la vie est chaque jour un combat. J'avais oublié à quel point cela est vrai. Faire installer le téléphone ou bien l'ADSL peut s'avérer être un vrai casse tête... Mais heureusement, les turcs sont hospitaliers et vos nouveaux collègues de bureau ou voisins viendront toujours vous porter main forte, sans parler de votre futur kapıcı (concierge).

Vous trouverez ci-dessous quelques adresses et sites importants pour s'installer sans trop de stress, et vivre au mieux votre expatriation... Hoş geldiniz (soyez les bienvenus !)

Premier contact à prendre

Se rendre au Consulat Français (ou dans une des Agences Consulaires) pour s'inscrire au registre des français établis hors de France, même si vous n'avez ni travail, ni permis de séjour : www.consulfrance-istanbul.org
Ils vous remettront un dossier avec toutes les adresses utiles, telles que les associations à contacter, la vie politique, etc. D'ailleurs, leur site est rempli d'informations en tout genre (coordonnées de médecins francophones, cabinets d'avocat, écoles, etc).

Les écoles et lycées français et francophones Pour tout ce qui est formation inter-culturelle, recherche de bureaux à Istanbul, relocation :

Turnkey Ltd, contactez-les aussi si vous avez des idées de business à developper, étant eux-même entrepreneurs français, ils vous donneront de précieux conseils.

Se loger en Turquie

Les grandes sociétés travaillent souvent avec des agences immobilières. Vous pouvez aussi consulter les sites spécialisés tels que :
sahibinden, hurriyet emlak



Network : Etoffer son réseau en Turquie

Pour ne pas souffrir du mal du pays, de l'isolement, pour partager quelques bons plans, ou pour trouver plus facilement un travail en Turquie, un seul mot clé : Réseau !
  • www.iwi-tr.org : International Women of Istanbul (IWI). Les anglo-saxones sont fortes pour le network. Elles organisent des activités culturelles, des sorties, des rencontres autour d'un çay, des dîners d'affaires, des séminaires, bref une mine d'or pour toutes celles qui parlent anglais.
  • www.istanbulaccueil.org : Une association qui regroupe plus de 200 familles françaises ou francophones qui vivent à Istanbul. Elle organise là aussi sorties touristiques, activités culturelles, etc. L'association édite plusieurs fois par an un petit magazine bourré d'infos utiles (l'écho du Bosphore).
Si vous cherchez du travail ou si vous souhaitez apprendre le turc, je vous invite à vous replonger dans certains de mes billets :

Trouvez un travail en Turquie : mode d'emploi
Apprendre le turc

J'ai essayé de résumer les points principaux, sachant qu'il y a encore beaucoup à dire... Si vous avez envie de partager votre expérience d'expatriés en Turquie et tous vos bons plans, les commentaires sont ouverts ! Merci d'avance...

jeudi 27 novembre 2008

Balayer devant sa porte...



Mosquée de Kılıç Ali Paşa - Tophane
(1580-1587)

mercredi 26 novembre 2008

Cendrillon des temps modernes

Heureusement pour elle, Cendrillon n'est pas née à notre époque. Sinon, elle n'aurait sûrement jamais perdu sa chaussure, donc jamais rencontré son Prince charmant, donc je vous laisse imaginer la suite de l'histoire transformée en tragédie...



De nos jours si l'on fréquente la boutique d'Ipek YILMAZ à Nişantaşı, il est en effet impossible de perdre son soulier. Logée au numéro 39 depuis plus de deux ans, cette styliste turque réalise des modèles uniques, d'une qualité sûre, vendus seulement dans cette boutique pour la gent féminine.



A talons, plate, en daim coloré, en cuir, vernie : Impossible de ne pas trouver une paire qui correspond à vos goûts et dans laquelle vous vous sentirez comme dans des pantoufles.



Désolée pour tous les messieurs qui me lisent aujourd'hui, cette adresse est entièrement girlie, mais permettez-moi tout de même de vous rappeler que Noël arrive à grands pas...



Alors Mesdames, votre choix est fait ? Les prix des paires varient bien sûr selon les modèles, il faut compter de 50 à 60 € pour des chaussures chics à talons. Le tout est servi dans une belle boîte rose en carton, Prince Charmant non compris, mais avec de tels escarpins impossible de ne pas avoir de succès, même sans citrouille...

NR. 39
Suleyman Nazif Sokak, N : 39
Nişantaşı - Istanbul
Tel : 212 241 40 59

mardi 25 novembre 2008

En quittant l'Iskele...



Photo prise hier soir d'un ferryboat en quittant les quais de Kadıköy,
Istanbul, rive asiatique

lundi 24 novembre 2008

Pilav turc ou l'art de bonifier le riz

Je pensais que le riz était un des aliments les plus faciles à cuire jusqu'au jour où j'ai découvert le pilav turc. A l'oignon (soğanlı pilav), aux aubergines (patlıcanlı pilav), aux pois chiches (nohutlu pilav): Il existe une multitude de recettes, dont certaines datent de l'époque Ottomane.



Le pilav en Turquie est un plat aussi important que les pâtes en Italie, il accompagne les plats de viandes grillées, s'achète dans la rue pour un ou deux YTL et s'invite à table lors des bayram turcs (jours fériés, fêtes religieuses). Il m'aura fallu plusieurs années pour maîtriser l'art de le cuire sans qu'il ne soit trop gras ou ne colle.
Si vous recevez quelques amis à la maison autour d'un dîner sur le thème de la Turquie, voilà une recette qui changera du riz nature cuit à l'eau...

Şehriyeli pilav
Recette de riz pilav aux vermicelles

Ingrédients (Base pour deux personnes)
  • 1 verre de riz
  • 1 grosse poignée de vermicelles
  • 1 cuillère à café de beurre
  • 1 cuillère à soupe d'huile d'olive
  • 1 poignée de raisins secs (facultatif)
  • Quelques brins d'aneth (facultatif)
  • 1 verre 1/2 d'eau bouillante
  • Sel, poivre
Faire chauffer les raisins secs dans de l'eau quelques minutes puis les égoutter. Réserver.
Faire chauffer l'eau. Pendant ce temps, bien rincer le riz (s'y reprendre à deux ou trois fois) jusqu'à ce que l'eau de rinçage soit translucide. Dans une poêle (à bord haut) faire fondre le beurre et l'huile. Ajoutez ensuite les vermicelles, quand ces derniers commencent à dorer, ajouter le riz et faire revenir le tout quelques minutes dans la poêle.
Rajouter ensuite le verre et demi d'eau bouillante, les raisins secs, remuer le tout et couvrir, baisser ensuite le feu (moyen). Inutile de remuer le pilav pendant la cuisson. Le riz est cuit quand l'eau est absorbée (10-12 minutes généralement). Couper le feu, saler, remuer, puis disposer un morceau de sopalin entre la poêle et son couvercle et refermer ce dernier, laisser reposer hors du feu pendant quelques minutes. Au moment de servir, ajouter les brins d'aneth finement hachés.

Il ne vous reste plus qu'à le déguster avec un plat de viande ou de légumes, ou bien encore tel quel, accompagné d'un peu de yaourt nature.

vendredi 21 novembre 2008

Comme d'habitude...



Le week-end arrive et comme d'habitude, des petits groupes de manifestants vont se donner rendez-vous à Taksim pour nous faire part de leurs revendications (ou protestations). Ici, on défile dans les rues en dehors de ses heures de travail. Comme d'habitude, les policiers seront cinq fois plus nombreux que les manifestants et comme d'habitude il ne se passera rien dans la célèbre rue commerçante, sauf pour les touristes qui assisteront à la scène d'un oeil inquiet.



Ces photos ont été prises il y a deux semaines à Istanbul (Taksim).

jeudi 20 novembre 2008

Une nuit dans un yayla, ou comment se délecter de plaisirs simples...

Tant que les gens voyageront encore dans de lointains villages retirés où ils trouveront une petite chambre pour passer la nuit, tant qu'ils auront plaisir à se contenter des transports en commun et des vendeurs des quatre saisons, ils trouveront du réconfort dans les petites choses"...
Alexandra David-Néel, Lampe de sagesse



Il est bon parfois de se détacher de notre culture occidentale et notre tendance à vouloir tout planifier et tout contrôler. Quand on visite la Turquie, il faut apprendre à se laisser porter par la vague, à faire confiance à la providence.


Village d'Aydınköy

Il est vrai que certains endroits du monde ne laissent pas vraiment la place à l'improvisation, mais ce n'est pas le cas, heureusement, de la région de la Mer Noire.


Semra assise sur mes genoux et Zalım

Je ne vous ai jamais raconté un de nos plus beaux souvenirs de cet été, à croire qu'il faut du temps pour digérer les moments forts de sa vie. Il s'agissait de notre dernière nuit en Mer Noire avant le retour vers Istanbul, et vers 16h de l'après-midi, alors que nous ne savions toujours pas où nous allions dormir le soir même, le destin nous a mené dans un petit village archaïque construit tout en bois : Le village d'Aydınköy.



Comme d'habitude, les touristes étrangers qui parlent le turc ne sont pas nombreux à venir s'enliser dans ces coins perdus et nous nous faisons vite repérer. Nous entamons aisément la discussion avec les habitants du village. Parmis eux, un jeune couple à qui nous demandons ce que nous pouvons visiter de typique dans les alentours.



Ils nous parlent d'un joli yayla (haut-plateau) situé à seulement quelques kilomètres, nous essayons de savoir s'il y a une pension là-haut pour passer la nuit mais rien de ce genre malheureusement. Ils nous proposent alors de nous héberger si nous pouvons les monter en voiture : Nous acceptons l'offre avec joie.


A Gauche, Nurhan et Fatih

La maman de Fatih vit trois mois là-haut, ils ont quelques affaires à lui monter. Quelques minutes plus tard, nous voilà six dans la voiture, la route est cailloutée et sur le chemin nous prenons encore deux personnes que nous croisons et qui sont en train de monter à pied. Notre bas de caisse tape sur des cailloux, l'ascension est héroïque...


Yayla d'Aydınköy

Arrivés en haut, le paysage est magnifique, pas de cable électrique, ni de réseau téléphonique, le village n'a ni l'eau courante ni l'électricté. Les maisons n'ont pas de salle de bain, seulement des toilettes à l'ancienne. Ici, on s'occupe principalement du bétail et les journées sont rythmées autour des bêtes : On se lève vers quatre heures du matin pour traire les vaches avant qu'elles ne soient conduites dans les pâturages environnants et l'on se couche vers 21 heures.



Les maisons sont construites en bois, en dessous dorment les animaux, à l'étage la famille. Ainsi la chaleur des bêtes monte et réchauffe la pièce principale où nous prenons le dîner du soir composé de soupe aux pâtes, melon d'eau, tomates, pain maison et fromage. Dès la tombée de la nuit, nous enfilons de gros pulls et nous glissons sous la couette, nous sommes six à dormir dans la même pièce et le bébé du jeune couple se balance au dessus de nous, dans un lit aménagé entre deux cordes tendues, avec des couvertures.



Entre le bébé qui pleure et le vent qui souffle fort nous ne fermons pratiquement pas l'oeil de la nuit. Quand on voit comment tient le toit (planche, plastique et gros cailloux), on se demande comment tout tient en place. Malgré le manque de sommeil, nous découvrons la lumière du jour avec bonne humeur. L'air est frais, non pollué, les kangal (gros chiens turcs) veillent sur le bétail, le thé chauffe sur le poêle. Quelques heures passées avec cette famille nous auront permis d'aborder des sujets aussi divers que variés : le mariage, le service militaire, l'éducation des enfants, la vie hivernale, etc.



Mais peu avant l'heure du déjeuner, nous devons reprendre la route, au revoir le yayla et ses habitants qui ont le sourire greffé au visage. Loin du luxe et de la technologie, ces turcs sont heureux, même s'ils vivent avec trois fois rien et ignorent de quoi sera fait demain. Une belle leçon d'humanité que nous tâcherons de ne pas oublier. Nous repartons la tête remplie de beaux souvenirs, le coeur débordant de bonheur simple, les yeux soulignés de cernes et les chaussures pleines de boue...

mercredi 19 novembre 2008

Istanbul, la muse


Photo prise du parc de Fenerbahçe, Rive asiatique, Istanbul

Toi je t'aime comme je mange le pain avec du sel
comme me réveillant dans la nuit brûlant de fièvre
pour boire de l'eau j'appuie ma bouche au robinet
comme j'ouvre agité, joyeux, inquiet
le lourd colis postal on ne sait quoi
toi je t'aime comme si pour la première fois je traversais la mer en avion
comme certaines choses qui frémissent en moi
quand doucement la nuit tombe sur Istanbul
toi je t'aime comme on dit "Grâce au ciel, nous vivons..."

27 Août 1960 , Nâzim Hikmet

mardi 18 novembre 2008

Romantika, un havre de paix dans le parc de Fenerbahçe



En attendant de voir tomber les premiers flocons sur Istanbul, quelle aubaine de pouvoir profiter d'un temps doux et ensoleillé pendant un week-end de novembre ! Dimanche, mes amies turques ont concocté une sortie parfaite pour décompresser : Un petit-déjeuner en plein air sur la rive Asiatique, dans un endroit fort agréable : Le parc de Fenerbahçe.



Avec leurs acolytes les journaux, les gens se prélassent sur les bancs du parc, seuls ou en famille. Certains amènent leurs pique-niques et les bicyclettes des enfants et y passent une bonne partie de la journée, entourés d'embruns et de verdure.



De nombreux kiosques parsèment le parc du phare et ne désemplissent pas : Çay, toast et pâtisseries figurent au menu et se dégustent sous l'ombre des arbres aux feuilles colorées de rouge et de brun.



Les habitués du parc fréquentent la terrasse du célèbre café-restaurant Romantika, située autour d'une serre d''inspiration art-nouveau. Le dimanche, on y déguste un kahvaltı (petit-déjeuner) digne de ce nom disposé sur un long buffet. Börek, fromages, olives, confitures, miel, pain, poğaca, rien ne manque pour éveiller les pupilles et les papilles.



On pourrait se détendre des heures en plein soleil, à regarder les voiliers qui reviennent au port, en passant au large des îles aux princes et en se faisant chatouiller par les chats et les mouettes qui viennent toujours vous réclamer quelques miettes...



Romantika
Fenerbahçesi Parkı, Kadıköy, Istanbul
Tel : 0216 336 97 45

www.turing.org.tr
fenerbahce@turing.org.tr

lundi 17 novembre 2008

Les chaussettes de l'archi-duchesse...



Vendeur de chaussettes
Marché de Beşiktaş

vendredi 14 novembre 2008

Le rivage intérieur

A la mort de son grand-père, une jeune femme décide de partir sur les traces de sa famille, ce qui lui permet de mettre entre parenthèses sa vie sentimentale qui s'effrite petit à petit. Elle quitte alors le centre de la France pour la Turquie, et voyage entre Izmir et Chios, une île grecque.



Son but : Redonner vie à ses souvenirs d'enfances, aux récits de ses grands-parents. De recherches en rencontres, elle finira par retrouver les traces de ses ancêtres sur de vieux registres ou à travers le récit de personnes âgées. Ces découvertes l'améneront aussi, contre toute attente, sur des terres qu'elles n'imaginaient pas : son rivage intérieur...

Ce roman se lit en quelques heures et l'écriture est très agréable et fluide. Cependant, malgré certaines réflexions sur l'exil et la recherche de sa propre identité qui m'ont semblé rationnelles et intelligentes, j'ai trouvé dans ce roman un air de déjà vu...

Le rivage intérieur
Eliane SERDAN
Editions du Rocher
148 pages

jeudi 13 novembre 2008

Porof. Zihni Sinir : Le savant fou est parmi nous !

Le matin, alors que vous ouvrez péniblement les yeux, vous rêvez que quelqu'un vous prépare votre petit-déjeuner, votre tenue pour la journée et vous réveille avec un bon massage ?



Soyez patients, je connais quelques cerveaux qui finiront bien par créer un robot pour effectuer toutes ces tâches en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. En attendant, réjouissez-vous, puisqu'il existe tout de même des machines pour presser votre sachet de thé, des robots qui suivent un faisceau de lumière, ou encore un prototype qui permet de serrer les mains à votre place.



De tout temps, le monde a connu de grands inventeurs, et c'est ainsi que les choses ont évolué, pas toujours dans le bon sens malheureusement...
Quoiqu'il en soit, quelques petits génies qui ont décidé de faire de leurs méninges la clé de leur business model, et ils ne se contentent pas que de créer : Il recyclent, ils dessinent, ils enseignent leur science infuse dans des ateliers ouverts à tous.
Le Léonard de VINCI, qui est à la tête de ce projet, s'appelle Irfan SAYAR et a dû tomber dans la marmite de l'inspecteur gadget car inventer est son dada depuis son plus jeune âge.



Depuis peu, la boutique originale de Porof Zihni Sinir est installée à Beyoğlu. Au fond de celle-ci, on peut distinguer leur atelier et essayer, voir acheter, toutes leurs créations ainsi que se fournir en livres pédagogiques.
Voilà de quoi occuper quelques heures mes petits neveux... Ou tous les grands adultes qui ont gardé une âme d'enfant.



Porof. Zihni Sinir
Kuloğlu mah. Ağahamamı sok. Hacı Bekir Ap. No: 13
Beyoğlu / İSTANBUL

www.zihnisinir.com/tr/

mercredi 12 novembre 2008

Vendeur de kakis



Potirons, clémentines, kakis : Les légumes et fruits automnaux ont pris place sur les étalages des maraîchers.
Photo prise à Küçükpazar, Istanbul.

mardi 11 novembre 2008

Des femmes, des hommes...



Quartier d'Eminönü
Istanbul

lundi 10 novembre 2008

SAVARONA : Ainsi voguait ATATÜRK...



C'est avec exaltation que mes pas m'ont menée jusqu'à ce monstre des mers. Une fois plantée devant sa carcasse blanche de 136 mètres de long, j'ai réalisé que j'étais en train de concrétiser un de mes rêves : Approcher le yacht d'ATATÜRK.



Si sa coque pouvait converser, elle nous relaterait comment ce navire de plaisance a pris vie... Elle nous parlerait d'Emily Roebling Cadwallader, qui a commandé ce yacht (délivré en 1931) dans un chantier naval d'Hamburg. Elle nous dépeindrait les mers du monde sur lesquelles elle a navigué, les gens riches et célèbres qu'elle a accueillis sur son pont. Puis, son récit nous emménerait en 1938, date à laquelle le SAVARONA a été racheté par le gouvernement turc.



Ensuite, sa voix se muerait en évoquant cet homme qui a passé six semaines à son bord. Cette figure historique connue sous le nom de Mustafa Kemal ATATÜRK a quitté le SAVARONA sur un brancard terriblement affaibli, puis fut transporté à Dolmabahçe pour y mourir quelques jours plus tard, le 10 novembre 1938, il y a tout juste 70 ans.



Et dire que ce navire aurait pu finir en tas de férailles si l'armateur Kahraman SADIKOĞLU ne s'était pas immiscé dans cette affaire. Utilisé par l'armée turque, l'ancien yacht d'ATATÜRK fut laissé 10 ans à l'abandon et fut partiellement ravagé par un incendie. Mr. SADIKOĞLU s'est opposé à sa démolition et a entrepris, en 1989, sa rénovation, employant plus de 400 hommes pendant trois ans dans un de ses chantiers navals de Tuzla.



A présent, cet ancien yacht présidentiel est un des plus grands et un des plus luxueux des yachts privés. A son bord, 17 suites, une piscine, des bains turcs construits avec 260 tonnes de marbre, salles de cinéma, théâtre... Le tout se loue pour 55.000 euros la journée, équipage (40 personnes) compris. Un décor régalien alors que vu de l'extérieur, il a pourtant une forme élégante et fluide, un bordé de coque et une proue sobres. Pour peu, on le confondrait presque avec certains ferry-boats...



Ce matin, à 9h05 précises, quand les sirènes de la ville retentiront dans toute la Turquie, des milliers de turcs se figeront sur place, rendant ainsi hommage au fondateur de la République Turque.
Près des quais de Kuruçeşme, dans le silence urbain d'Istanbul, on entendra alors onduler, sur les flots, le SAVARONA, la poupe en direction du Palais de Dolmabahçe, comme pour nous rappeler que l'âme d'ATATÜRK vogue encore,
encore et toujours...

1 2 >