La première chose qui surprend quand on amarre sur les quais de Kuzulimanı, c'est le paysage qui s'offre à nous. Pas de port, pas d'habitation sur les côtes comme dans la plupart des îles de la Mer Egée. Sur Gökçeada, il faut parcourir plusieurs kilomètres avant de se retrouver au milieu d'un peu d'agitation. La ville principale porte le nom de l'île (qui signifie azur, ciel bleu), c'est ici que se situent supermarchés, office de tourisme, commerces, pâtisserie, caserne militaire et hôpital, loin de la mer.



A vrai dire, les villages de l'île n'échappent pas à cette règle, les hommes se sont installés à l'intérieur des terres, et non sur les côtes. Un des habitants de Gökçeada me donne une explication à cela : L'île s'appelait autrefois Imbros (ou Imvros), ce qui désigne un vent fort en grec. L'hiver, entre pluie et vents, les côtes sont inhabitables me dit-il...



Pas étonnant que les bulgares et les roumains viennent en nombre pratiquer le kitesurf. Le spot d'Aydıncık, où nous avons résidé quelques jours, est parfait pour la pratique de ce sport à voile : du vent, une longue plage, pas d'obstacle en vue (fils électriques, rochers) et des températures très agréables.



La végétation de l'île est particulière, tantôt on retrouve un sol semi-aride avec une végétation basse, tantôt on parcourt des hectares de pinacées ou d'oliviers.
Concernant les habitants, on parle le turc ou le grec, et on décore sa maison en fonction de ses origines. Les mosquées font face aux églises orthodoxes. On comprend aisément que l'île a vécu quelques déchirements et déplacements de populations.


Village de (eski) Bademli

Et puis partout, on peut apercevoir des chèvres qui sont en liberté sur l'île et qui broutent sans se soucier des quelques véhicules qu'elles croisent. Certains coins de Gökçeada sont parfois si calmes qu'on se croirait seul au monde, surtout lorsqu'on pénètre dans des villages fantomatiques...