Autrefois capitale de l’île, Kaleköy constitue aujourd’hui un des rares ports que l’on peut trouver sur Gökçeada. En fait, cette localité s’étend du bord de mer (kaleköy limanı) jusque sur les hauteurs d’une colline (yukarı kaleköy). La marina moderne en béton a malheureusement remplacé le port antique mais il reste cependant quelques vestiges anciens.



On peut en effet visiter les ruines d’une forteresse vénéto-byzantine construite sur une ancienne acropole athénienne. A quelques pas de là, un café à narghilé s’est installé et sert quelques snacks et boissons rafraichissantes en offrant une belle vue panoramique.



Le soir, le petit port de Kaleköy (Castro) est peuplé de touristes qui viennent s’attabler aux quelques terrasses de restaurants de poissons. Un des plus célèbres d’entre eux (yakamoz) domine le port et fait aussi office de pension. Le coucher de soleil sur la Mer Egée est un moment à ne pas manquer...



Sur le port, on peut admirer l’église de St Nicolas (Aghios Nikolaos) qui a été dernièrement restaurée avec des fonds publics turcs. A Kaleköy, nous avons dégusté, dans un charmant café ombragé (Mustafa’nın Kayvesı), une des spécialités de l’île : le dibek kahvesi.



Il s’agit d’un café turc, dont les grains ne sont pas broyés en machine mais à la main avec un mortier en bois. Nous avons pu aussi y acheter quelques confitures maisons (tomates, pastèque). C’était un petit coin de paradis, où nous avons croisé deux femmes agées qui triaient du thym séché (kekik) afin de le mettre en sachet. Tous les noms des rues étaient écrits à la main, sur des petits panneaux en bois.



A quelques pas de là, une vieille église orthodoxe bien conservée. Pour accéder à sa cour, il suffisait de traverser la terrasse du café. On se serait cru dans un village de provence, au milieu des maisons en pierres, des chants des cigales, sous le murmure des feuilles d’olivier bercées par le vent...