Situé à 16km de la ville principale de Gökçeada, Dereköy était jusque dans les années 1950 le village le plus peuplé de l'île, il était habité essentiellement par des familles grecques.



On y comptait pas moins de 22 cafés, 2 cinémas. De même, des épiciers, des couturiers, et d'autres commerces de proximité ainsi que 3 producteurs d'huile d'olive y étaient installés. On peut toujours visiter l'ancien lavoir, qui était le plus grand de l'île.





Actuellement, pas plus d'une quarantaine de personnes y vivent, un seul café fonctionne et une maison sur deux tombe en ruines. Bref, on dirait presque un village fantôme (appelé autrefois Schinoudi).



Le village possède cependant des églises orthodoxes grecques magnifiquement entretenues (Aya Marina et Koismesis Tis Theotokos) où des messes y sont toujours données. Malgré tout, il est bien triste de visiter un village comme celui-là, qui semble avoir perdu son âme alors qu'il devait être un des endroits les plus animés de l'île de Gökçeada il y a plus d'un demi-siècle.



Après cette période, toutes les écoles de la communauté grecque ont été fermées sous ordre du gouvernement turc, on a pu observer une grande expropriation. Certains grecs ont subi de fortes pressions pour quitter l'île, d'autres sont partis de leur plein gré afin de chercher du travail.



On croise toutefois quelques enfants qui s'amusent dans les rues en criant, ils apportent un peu de gaieté intra-muros, même si la plupart d'entre-eux quitteront l'île fin septembre, une fois les grandes vacances terminées...