Cigarette au bout des lèvres, peau basanée, Yaşar ressemblait à un cubain au visage vieilli par le soleil. Il entremêlait les tiges végétales avec une grande dextérité, entre deux nuages de fumée de tabac.



En quelques minutes, il pouvait réaliser la base d'un panier, et il lui fallait moins d'une heure pour finir son ouvrage qu'il vendait ensuite sur le bord de la route pour quelques TL. Il n'était pas le seul sur l'île de Gokçeada à réaliser ces paniers en osier qui servent ensuite à accueillir les récoltes de raisins et d'olives.



Tout un art qui se passe de génération en génération, de Rize à Izmir. J'ai toujours adoré les parasols en osier que vous voyez sur les plages de Turquie. Ils sont d'ailleurs tressés à la main et savent résister aux aléas de la météo. Ils ne dénaturent pas les plages, bien au contraire, ils les habillent avec poésie.



Mais Yaşar n'a sûrement pas le temps d'admirer le travail qu'il réalise, lui qui vit dans un logement précaire, au bord d'une des routes de Gökçeada...

Merci à tous ceux qui se sont inquiétés concernant les intempéries d'Istanbul. Le quartier de Beyoğlu n'a pas subi de dégats, mais il a encore plu toute la nuit. Contrairement à ce que l'on a pu entendre aux informations françaises, les quartiers touchés ne sont pas situés au centre d'Istanbul mais en périphérie, du côté de l'aéroport surtout. Quelques photos sont disponibles sur le site du journal d'Hürriyet. Mes pensées vont à tous ceux qui ont été inondés ou qui ont perdu des vies...