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Du miel aux épices d'Istanbul...

lundi 28 juillet 2008

Turistler

Vous ne trouverez pas plus motivés qu’eux pour battre le pavé malgré cette chaleur étouffante et humide qui s’est emparée d’Istanbul. Leur courage résulte de la mission qui les a fait se déplacer et qu’ils ne veulent avorter sous aucun pretexte : Ils doivent visiter la ville de fond en comble. Short, lunettes de soleil, appareil photo et guide touristique greffés à la main sont les signes distinctifs de ces explorateurs des temps modernes, appelés communément des touristes.



Depuis début juin, ils se sont infiltrés partout et ont imbibé les murs d'Istanbul avec leurs accents et la moiteur de leur peau. Être touriste de nos jours est un rôle qu’il faut prendre au sérieux, c’est presque devenu un vrai métier et la concurrence est rude : Il est question de ramener les plus belles photos, d'avoir goûté à tout et d'avoir découvert des coins qui ne figurent même pas dans les pages des guides.

Entre locaux et vacanciers, il est parfois difficile de repérer qui est qui. Certains vendeurs se laissent prendre au piège sur Istiklal Caddesi et murmurent quelques mots turcs à un de leur client qu’ils pensaient être du même clan. Mais non, raté, le touriste ne comprend pas un mot et offre au vendeur, en guise de réponse, des yeux de merlans frits.

Au milieu des anglaises en short sexy et des italiens piailleurs, se mêlent celles qui sont supposées rester dans l'ombre, alors qu'on ne remarque qu'elles. Pas un bout de chair ne dépasse de leur long tchador noir, ce sont les épouses des moyens orientaux, venues tout droit des pays chauds qui pullulent le pétrole.



En Turquie, les moyens orientaux ne sont pas trop dépaysés, 98 % des gens pratiquent la même religion qu’eux, 60 % des femmes sont voilées et puis les vols sont quotidiens et directs. Istanbul-Dubai en quelques heures et sans visa, palaces, shopping, bijoux : Pour ces touristes là, Istanbul c'est le paradis, ou presque.

Ces hommes et ses femmes se fondent dans la masse si bien que les vacanciers européens confondent les autochtones et moyens-orientaux. Les businessmen qui ne fréquentent que les hôtels quatre étoiles feront la même amalgame, et diront qu'Istanbul est une ville peuplée de femmes portant le tchador, ce qui est pourtant loin d'être vrai...



Et au milieu de toute cette masse humaine, il y a nous, qui appartenons à cette catégorie un peu à part. Ni touristes, ni locaux, nous avons franchi la frontière sans billet retour en poche et vivons ici depuis des années. Nous regardons les touristes avec amusement mais aussi avec nostalgie. Eux découvrent pour la première fois la Turquie, et s'émoustillent de tout. Que ne donnerait-on pas pour revivre encore une fois ces sensations de nouveau-né ? Car même si des découvertes en tout genre nous attendent chaque semaine, tout cela se conjugue finalement sur un air de déjà-vu...

Une pensée pour toutes les victimes du double attentat qui s'est malheureusement déroulé hier à Istanbul. Merci pour vos messages. C'est une semaine tendue au niveau politique. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'actualité turque, je vous invite à lire la presse et les blogs qui traitent de ce sujet.

mardi 15 juillet 2008

14 juillet : Le bonheur est dans le pré



Ô, qu’il est agréable une fois dans l’année de piétiner avec allégresse la pelouse du Palais de France d’Istanbul. Fête nationale oblige, Madame la Consule Générale recevait hier soir, dans les jardins de ce bâtiment datant de 1839, un très grand nombre de français et de sympathisants de la France.

Malheureusement, cette année, certains français ont dû regarder le spectacle derrière les grilles, puisqu'il fallait s’inscrire sur les listes avant la soirée. Auparavant, il suffisait de se présenter le 14 juillet à l’entrée du palais avec une pièce d’identé prouvant sa nationalité française. Mais étant donné que les français sont de plus en plus nombreux à vivre à Istanbul, il fallait prendre les mesures qu’y s’imposent. Le Consulat attendait tout de même plus de 2.ooo personnes.



Après une poignée de main échangée avec Mme la Consule et son époux, les invités étaient conviés à traverser une partie du Palais afin d’admirer quelques tapisseries murales d’époque, puis à rejoindre les jardins verdoyants. Parmis la foule, le jeu consistait ensuite à retrouver des tas d’amis dispersés et à ne pas perdre ceux qui nous accompagnaient...

En début de soirée, un mot de bienvenu de Mme la Consule en français et en turc, puis un long discours sur la conjucture mondiale et les événements marquants de ces derniers jours. Après les hymnes nationaux et un silence de plomb, la fête pouvait enfin commencer.


Alberto, Onur et Fred

Impossible d’atteindre les buffets, la queue etait longue, il fallait patienter encore un peu pour récolter quelques bouts de pain et de fromages. Mais pas de soucis, les quantités ne manquaient pas.
Bonjour, bonsoir, comment ça va depuis tout le temps, rigolades entre copains : Autour des quelques tables disposées dans les jardins, les discussions allaient bon train. Petit à petit, les invités ont délaissé le Palais, puis, comme par enchantement, un DJ a commencé à faire monter l’ambiance. Les plus jeunes se défoulaient sur la scène, les autres s’exécutaient dans l’herbe, certains dansaient le rock près du bassin. En fin de soirée, il ne restait plus qu’un petit groupe qui comptait bien profiter de cette belle soirée estivale.



Vers minuit, Fred et moi avons décidé de quitter nos amis afin de rejoindre notre appartement. En sortant, à l’accueil, nous avons reçu en cadeau une très belle brochure illustrée (Traces, reflects, échos de l’eau). Madame la Consule etait sur le palier afin de nous formuler un au revoir en guise de bonne nuit.

Cette soirée du 14 juillet à Istanbul fût une belle fête, je regrette cependant une chose, de ne pas avoir pu admirer de beaux feux d’artifices comme c’est la cas en France. Mais sachant qu’on en a toute l’année, au dessus du Bosphore, on ne va pas se plaindre non plus...


La soirée fût exquise avec Martina, Hélène et Pavel

mercredi 18 juin 2008

ÖSS

Alors que pour certains le petit-déjeuner dominical prenait l’allure d’un brunch en célébrant la fête des pères, pour d’autres il s’agissait d’un événement crucial à ne pas rater. Dimanche matin, le 15 juin dernier, ils étaient plus d’un million cinq cent mille lycéens en Turquie à se présenter aux épreuves de l’ÖSS, Öğrenci Seçme Sınavı, pour 195 minutes de QCM.


Entrée de l'université de Droit de Beyazit - Istanbul

En France, on apprend aux lycéens à réfléchir longuement et à disserter des heures sur des sujets du BAC, mais en Turquie on demande aux étudiants d’être rapides et d’avoir une mémoire très développée. Mathématiques, histoire, géographie, biologie, langues étrangères, autant de matières traitées pour determiner quelle sera l’université qui leur permettra de poursuivre des études supérieures.

Cet examen ne repose pas sur de simples questions auxquelles il faut répondre par oui ou par non, ce sont surtout des solutions d’équations à retrouver, des villes à placer sur des cartes vierges, des schémas d’expériences qui permettent d'en sortir une formule. Il y avait cette année parmi les questions les plus simples :
(4,9 / 0,49) + (0,1 / 0,01) = ?
A)11 B)20 C)50 D)59 E)110
Vous avez trouvé en moins d'une minute sans utiliser la calculatrice ? Bravo ! Pour ma part euh... Laissez moi reprendre un ou deux cafés ;)

Tous les lycéens turcs de dernière année preparent l’ÖSS depuis le mois de septembre 2007, et les dershane (classes de cours privés) ne désemplissent pas, et épongent même les économies des familles turques. Autant vous dire que, chaque année, la pression est grande pour ces millions de lycéens remplis d'espoir. Les résultats de cette épreuve d'entrée aux universités turques seront connus d’ici un mois, en attendant les lycéens de dernière année peuvent décompresser et partir en vacances.

Si certains parmi vous ont déjà passé l'ÖSS, dites-nous dans les commentaires vos impressions à ce sujet...

vendredi 16 mai 2008

Nouvelle destination



Quand on a besoin d'air pur et d'évasion, il faut enjamber le premier pont qui se présente et partir vers une nouvelle destination... Vous l'aurez compris, Fred et moi prenons quatre jours de vacances et partons aujourd'hui vers le Sud-Est de la Turquie, afin de rejoindre notre couple d'amis, Bariş et Başak. Pas de post lundi 19 mai puisque c'est un jour férié en Turquie (Fête de la Jeunesse et des Sports). Nous reviendrons à Istanbul dès mardi matin pour humer l'air frais, car à partir de lundi, il sera interdit de fumer dans les endroits publics en Turquie.
La loi sera-t-elle appliquée ?
Quelles découvertes et quelles saveurs nous attendent ?
La suite très bientôt...

Et pour les parisiens qui me lisent, une info à ne pas manquer :



YASEMI, d'une rive à l'autre, musique de Grèce et de Turquie, en concert le 20 mai 2008 à 21h, dans le cadre du 7e Festival Femmes du Monde du Satellit'Café

Présentation :
Elles viennent de pays différents, de religions différentes et pourtant , les sons se mêlent, les accords se répondent. Ainsi, les chants d'Istanbul côtoient ceux de la mer Egée, toutes rives confondues. Et traversant la Thrace, ils nous emmènent à la mer Noire ou Pont Euxin, (« la mer hospitalière », en grec), lieu qui a vu s'installer d'abord les grecs puis les turcs et où une cohabitation de centaines d'années a forgé, par delà les différences propres à chacune de ces deux cultures, une identité musicale reconnaissable entre toutes.

Avec :
Gül Hacer Toruk : chant
Xanthoula Dakovanou : chant
Spyros Halaris : kanun
Yannis Vlachos : luth
Gilles Andrieux : saz, lyra grecque
Antoine Morineau : percussions

au SATELLIT' Café à 21 h
Entrée 8/10 euros
44 rue de la Folie Méricourt - Paris 11ème
Tel : 01 47 00 48 87
www.satellit-cafe.com

vendredi 2 mai 2008

1 mayıs



Surprenant, déconcertant même.
Taksim clôturé, encadré de barrières métalliques, et de voitures de police : Telle fut la vision que j’ai eue mercredi soir en sortant de la bouche de métro. Ça a de quoi vous mettre mal à l’aise, on ne pouvait déjà plus traverser en dehors des allées grillagées. Pour le 1er mai, en guise de réveil, j’aurais préféré un joli brin de muguet plutôt que d’entendre les hélices des hélicoptères.

Hier, nous avons été plus ou moins cloîtrés à la maison... Car en Turquie le premier mai n’est pas férié, mais on célèbre tout de même la fête du travail. Et sur Taksim, tout rassemblement a été interdit hier, aussi les mesures de sécurité ont été prises très au sérieux. Istiklal Caddesi remplie d’une marée noire humaine : Des policiers en surnombre tout au long de la journée.



Depuis mai 1977 où il y a eu de nombreux morts, le 1er mai est un jour particulièrement mouvementé à Istanbul et à Ankara. Ceux qui voulaient se rassembler sur la place populaire ont été stoppés dans leurs élans. Aussi, ils ont tenté tant bien que mal de se rapprocher de leur but en se hissant via les collines de Beyoğlu depuis Tophane et Cihangir, mais sans réel succès : La police bloquait tous les accès. Jusque dans notre quartier pourtant si calme d’habitude, nous avons vu les gens courir, les véhicules blindés rouler en agitant leurs lances à eau, les policiers avec leurs matraques et leurs révolvers venir à leur rencontre, les bombes lacrymogènes exploser. Le spectacle d’agitation n’était pas beau a voir et faisait craindre au pire.

Une partie de la ligne de métro a été fermée, même chose pour le tramway, la circulation sur Taksim fut interdite aux bus et aux autres véhicules. Autant vous dire que ceux qui habitent Beyoğlu ont eu quelques difficultés pour rejoindre leur lieu de travail, puis pour rentrer chez eux le soir venu. L’année dernière, la place centrale d’Istanbul a été fermée jusqu’à 23h.

Bombes à poivre, poursuites musclées, slogans divers et variés criés à qui veut bien l’entendre, arrestations en masse, le premier mai est loin d’être la fête du travail en Turquie. C’est plutôt la fête des forces armées...

mardi 22 avril 2008

23 Nisan


La petite Asya, rencontrée un matin dans le bus

Demain, les enfants seront à l'honneur en Turquie. Le 23 avril est un jour férié pendant lequel on célèbre la Fête Nationale de la Souveraineté et des enfants à travers tout le pays.


Enfants du quartier d'Üsküdar

Au programme, défilés et spectacles réalisés par les écoles. Comme nous sommes tous des grands enfants, je serai moi aussi en vacances donc pas de billet demain sur mon blog. Je vous laisse avec quelques clichés d'enfants et je vous dis : A jeudi ;)


Yakamoz et Matisse, ce week-end à Ortaköy

Et pour les anglophones, un article me concernant est paru hier sur Pukkaliving. Le site d'Ilgin YORULMAZ vous montrera la facette branchée et moderne d'Istanbul.

jeudi 10 avril 2008

Milyarderlik



Selon le journal The Times, Istanbul est devenue la quatrième ville du monde où vivent le plus grand nombre de gens riches. Dans la capitale culturelle de la Turquie, on compte en effet 34 milliardaires. La ville attire de nombreux investisseurs étrangers, les prix de l'immobilier ont triplé en l'espace de cinq ans.

* En photo quelques yalı (vieilles maisons en bois ou résidences qui coûtent plusieurs millions d'euros) que l'on peut admirer le long du Bosphore.

jeudi 13 mars 2008

Visite guidée



Surplongeant un immense jardin de pins, le musée de Sakıp SABANCI, situé à Emirgan au bord du Bosphore, accueille depuis son ouverture des oeuvres prestigieuses. Aussi, sa récente coopération (pour les 5 prochaines années) avec le musée du Louvre ne fût une surprise pour personne.
Jusqu’au 1er Juin, le célèbre musée parisien a prêté quelques unes de ses 200 oeuvres anciennes du département des arts de l’Islam à ce musée d’Istanbul.



Mon amie Müge travaille au musée, aussi, dimanche dernier, nous avons parcouru les différents étages en se délectant de ses commentaires avertis. L’exposition en question permet de découvrir ces trois empires de l'Islam, l’empire Ottoman, l’empire Moghol en Inde et l’empire Safavide en Iran à travers différentes oeuvres majeures (tapis, textiles, céramiques, marqueterie, armes).



L'exposition Istanbul, Isfahan, Delhi se tiendra jusqu’au 1er juin 2008 au musée de Sakıp SABANCI (SSM). A noter que le musée contient une collection permanente très intéressante de calligraphies.

vendredi 7 mars 2008

Istanbul map

L'industrie touristique et de loisirs est aujourd’hui, mondialement parlant, le premier secteur d'activités. Certes, cette industrie fait vivre des millions de familles, attire des investisseurs mais elle n’est pas pour autant sans effets pervers : Destruction du patrimoine, travail des enfants, pollution, prostitution...

Istanbul, désignée comme la capitale européenne de la culture en 2010, accueille chaque année plus de trois millions de visiteurs. Construction d’hôtels et de centres commerciaux, rénovation de certains quartiers : La municipalité d’Istanbul investit énormément afin de séduire encore plus de touristes dans les prochaines années à venir. Mais peut-on dire pour autant qu’elle pratique un tourisme responsable, c’est à dire un tourisme respectueux de son patrimoine et de ses habitants ?



Il semblerait que non si l’on en croit la carte dressée par Istanbul map. Anna SALA est à l'origine de ce projet qui regroupe artistes, écrivains, penseurs, architectes.
Distribuée gratuitement, cette carte, qui se veut alternative, dénonce les abus commis dans les différents quartiers de la ville à l’aide de textes et de petits logos. Evacuation forcée de certains habitants pauvres ou immigrés, spéculation, destruction du patrimoine culturel, perte d’espaces publics : La liste est malheureusement longue.

Ainsi, cette formation pluraliste s’efforce d’avertir les amoureux d’Istanbul et leur rappelle que si certains quartiers urbains sont rénovés, ce n'est pas sans abus. La mise en garde est traitée de manière artistique et innovante, il ne reste plus qu'à espérer que les principaux acteurs du développement urbain se sentiront concernés...

Je viens de diffuser une offre d'emploi à pourvoir sur Gebze (poste de secrétaire-comptable franco-turque) sur facebook (update). Si l'offre vous intéresse et si vous n'êtes pas inscrits sur le réseau "Du miel aux épices", merci de me faire parvenir votre cv par mail (mariefgilles@yahoo.fr) et je le ferai suivre. Bon week-end à tous.

mardi 19 février 2008

Sports d'hiver



Les vacances à la montagne se déroulent agréablement bien. Ça faisait longtemps que je n’avais pas enfilé une paire de collants sous mon pantalon ! La poudreuse est bonne, la station de ski est immense, elle est située en Turquie, entre 0 et 24m d’altitude et s’appelle... Istanbul. Pas facile de trouver des skis à louer, pourtant les pistes sont désertes. Il ne me reste plus qu’à faire un peu de luge, et qu’à déguster des sahlep* à longueur de journée.



* Le sahlep est une boisson chaude saupoudrée de cannelle à base de racines d'orchis et de lait.

jeudi 14 février 2008

Yakamoz

Cette année, point de je t'aime pour la Saint-Valentin, au risque de paraître caduc. J'ai le regret de vous annoncer que le verbe aimer n'est plus...


En photo : Le pont de Galata et la Yeni Camii

Détrôné car antédiluvien, il faudra à présent prononcer un mot à consonance japonaise pour déclarer votre flamme : Yakamoz. Ce terme a été élu, en effet, comme étant le plus beau mot du monde parmis 2.500 mots proposés par 60 pays. Ça tombe bien, il est turc et il signifie le reflet de la lune dans l'eau. Vous pourrez donc prononcer à votre sevgili (amoureux / amoureuse) les yeux dans les yeux : Sen yakamoz gibisin (tu es comme le reflet de la lune dans l'eau).

Et si vous êtes inscrit sur facebook, je vous invite à rejoindre la page "Du miel aux épices" en cliquant ici :)

mardi 8 janvier 2008

La Turquie suit l’Europe en matière de loi anti-tabac

Saviez-vous que la Turquie est le cinquième producteur mondial de tabac ? Entre producteurs (le leader turc étant le groupe TEKEL) et consommateurs, le lobby du tabac en Turquie est très puissant. D'ailleurs, parmis les adultes turcs 40 % fument, soit plus de 25 millions de personnes. Aussi, en apprenant qu’une loi anti-tabac venait d’être votée par le parlement turc récemment, j’ai été une des premières surprises.


Fumeur de narghilé

Dans quelques mois, il sera en effet interdit de fumer dans les lieux publics en Turquie, c’est à dire dans les cafés, les restaurants, les taxis, les lieux de travail, les trains, les stades ainsi que dans les jardins des mosquées. Quand je dis fumer, il s’agit de cigarettes mais aussi de cigares, pipes et narghilé. Recep T. ERDOĞAN, le Premier Ministre, a fait sa BA de l’année en soutenant cette nouvelle loi et en prévoyant de belles amendes pour tous ceux qui ne la respecteront pas. Si vous allumez votre cigarette dans un lieu public, il vous faudra payer 50 YTL. Si un établissement privé enfreint cette loi, il devra débourser jusqu’à 5.000 YTL.


Quartier de Tophane

Cepandant, les accros à la cigarette peuvent encore jouir de leur liberté quelque temps car ce décret ne rentrera en vigueur que dans 18 mois, le Président Abdullah GÜL doit, en premier lieu, approuver les textes.

Je suis bien curieuse de savoir comment sera appliquée cette loi en Turquie. Pourrons-nous observer un réel changement dans les comportements ? Doit-on parler de révolution anti-tabac ? La loi sera-t-elle appliquée aussi strictement qu'en France ?
Bref, affaire à suivre...

vendredi 4 janvier 2008

İşte geldi !

Mes souhaits ont dû arriver jusqu'aux oreilles de Dame Nature. J'en rêvais depuis plus d'un an, j'étais à l'affût de chaque bulletin météo et puis hier, dans la journée, elle est enfin arrivée.


Embarcadère de Bebek, au loin on distingue difficilement la rive asiatique

La neige immaculée, les flocons blancs virevoltant sur le Bosphore, s'écrasant sur le pare-brise des véhicules. Ce matin, tous les toits étaient couverts de poudreuse, Istanbul s'est magiquement transformée en revêtant son plus beau costume.

Cueillons dès aujourd’hui de belles boules de neige, car demain les rues seront grises et sales, les chaussées glissantes, les voitures patineront dans les montées, je dégringolerai dix fois dans la journée. Carpe Diem. Istanbul sous la neige est un vrai cauchemar, mais on le vit pourtant chaque année comme un rêve éveillé.


Traces de pigeon ce matin à Bebek

mardi 11 décembre 2007

Festival de la mode à Galata



Galata est un quartier qui est en pleine évolution, il est d'ailleurs de plus en plus fréquenté. De nombreux artistes et étrangers s’y installent depuis quelques années et certains y rénovent d’anciens bâtiments. Au pied de la tour, il ne se passe pas un dimanche sans que ne soit organisé un événement culturel.



Du 7 au 9 décembre avait lieu pour la deuxième année consécutive le Festival de la Mode (Galata Moda) organisé par la Mairie de Beyoğlu et l’association des designers de mode (Moda Tasarımcıları Derneği).



Beaucoup de monde autour de quelques stands dans lesquels on pouvait admirer (et acheter) les dernières créations des stylistes turcs. Des pièces à la fois originales et féminines, réalisées par de jeunes talents*, qui nous démontrent encore une fois le dynamisme créatif de la Turquie.

* Bahar Korçan, Hakan Yıldırım, İdil Tarzi, Arzu Kaprol, Hatice Gökçe, Özlem Süer, Ümit Ünal, Gamze Saraçoğlu, Mehtap Elaidi, Bige Irmak, Niyazi Erdoğan-Ayça Hacı, Ezra-Tuba Çetin, Ebru Günay, Deniz Kaprol, Erol Albayrak, Alex Akimoğlu, Simay Bülbül et j'en passe...

jeudi 11 octobre 2007

Vacances, jeux... Et chocolat !




Finies les dures journées sans rien avaler, fini le tambour qui résonne dans la nuit : le ramazan se termine ce soir. Que la fête commence ! En Turquie, cette période s'appelle Şeker Bayram (fêtes du sucre), c’est aussi important qu’un noël en France. On visite la famille, on passe son temps à table, on offre de l’argent et des cadeaux aux enfants, des chocolats aux petits et grands. Les rues d’Istanbul sont désertées, la plupart des boutiques sont fermées. Dès cet après-midi, une grande majorité des turcs seront en vacances jusqu’à lundi.



Pas de billet demain, mais j’ai preparé un petit jeu pour vous faire patienter jusqu’à la semaine prochaine.
Ci-dessous, vous trouverez 10 histoires, 8 sont vraies, 2 sont fausses... A vous de deviner où est la fourberie !
Je vous laisse en souhaitant à mes amis et aux lecteurs turcs İyi Bayramlar. Passez des très belles fêtes et savourez tous ces moments de bonheur en famille !

Jeu du vrai / faux

1. Alors que je n’avais pas encore mon permis de travail, un week-end je me suis rendue un samedi à Alexandroupolis en Grèce, près de la frontière turque afin de renouveler mon visa touristique. J’avais un billet A-R et je devais revenir le lendemain. Une semaine chargée m'attendait. Sauf que sur place, on m’annonce que je n’ai pas de bus retour avant le mercredi. J’ai dû manquer 3 jours de travail. J’aurais mieux fait d’aller en France...

2. Il y a deux ans, un ami turc m’a offert une consultation avec un astrologue très connu qui compte parmi ses clients Madonna et Tom Cruise. Il s’est penché dans mes vies antérieures et m’a dit que je n’étais pas venue à Istanbul par hasard... Selon lui, cette ville m’a attirée pour son côté historique et mystique car dans une autre vie j’étais un célèbre Empereur.

3. Je déteste les baklavas. Rien que de les voir dans les vitrines des pâtisseries me donne la nausée.

4. Je faisais de la gym avec la copine de Mustafa Sandal (pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est un grand chanteur turc). Un soir il est venu au club et un ami en commun me l’a présenté. En entendant mon prénom, Mustafa m’a dit bonjour comment ça va en Français et il m’a serré la main.

5. Un jour, j’ai voulu photographier un panneau posé sur l’enceinte d'une caserne militaire car il y avait de belles fautes d’ortographe dans la traduction française. Les militaires m’ont repérée et m’ont interrogée pendant plus d’une heure. J’ai vraiment eu peur ce jour là. Depuis, je ne prends plus aucune photo de l'armée... Et ni de la police d'ailleurs !

6. J’ai rencontré Frédéric (mon chéri) grâce à mon blog. Tous deux français, établis à Istanbul. Il est tombé sur mon site par hasard et m’a contactée pour étoffer son réseau. Inutile de vous raconter la suite…

7. Il y a deux ans, j'ai passé un casting pour une marque (turque) de chaussures et vêtements. Un des directeurs artistiques a repéré ma photo sur le site web du club de sport où je donnais des cours de boxe le soir. J'aurais pu être placardée partout en Turquie et passer dans un spot TV... Mais j'ai été recalée !

8. En 2000, j’étais animatrice dans un hôtel dans le sud de la Turquie. Nous avons signé des tas de papiers en turc soit disant pour notre permis de travail. Un jour, le responsable de l’hôtel se pointe affolé et nous demande d’enlever nos uniformes. La police était dans l’hôtel et contrôlait les papiers des travailleurs. Pendant 5 mois, nous avons travaillé sans badge, sans uniforme et nous avons côtoyé souvent deux policiers turcs qui venaient nous observer pendant nos spectacles. Nous avons entendu parler des étrangers qu'on ramenait aux frontières, avec interdiction de remettre les pieds en Turquie. Pendant tout un été, nous avons vraiment flippé.

9. Je suis française mais pourtant je suis de nationalité espagnole (ou italienne ?) au bureau des taxes d’Istanbul… Je suis allée chercher mon numéro de taxe récemment et la dame de l’administration a noté sur ma carte “MARIA FRANCA SOPHIA” alors qu’elle avait mon passeport sous les yeux. (Pour l'info, Sophie c’est mon deuxième prénom).

10. Quand je rentre en France, je propose souvent mon aide aux douaniers à l'aéroport quand ils ont besoin d’une traductrice franco-turque, mais je finis toujours par le regretter. Je me retrouve en face d’inconnus qui débarquent en France et je dois leur demander en turc “vous avez de l’argent sur vous ?” “Combien?” “Montrez vos cartes de crédit” “Vous allez rester chez qui ?”
La gentillesse me perdra...

PS : Pour participer au jeux du vrai/faux, merci de ne me donner que les histoires que vous croyez fausses (les numéros) dans les commentaires. Bonne chance à vous tous, les réponses seront mises en ligne lundi !



Les photos de ce post proviennent de la boutique Koska, située sur Istiklal Caddesi à Beyoğlu.

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