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Du miel aux épices d'Istanbul...

lundi 28 juillet 2008

Turistler

Vous ne trouverez pas plus motivés qu’eux pour battre le pavé malgré cette chaleur étouffante et humide qui s’est emparée d’Istanbul. Leur courage résulte de la mission qui les a fait se déplacer et qu’ils ne veulent avorter sous aucun pretexte : Ils doivent visiter la ville de fond en comble. Short, lunettes de soleil, appareil photo et guide touristique greffés à la main sont les signes distinctifs de ces explorateurs des temps modernes, appelés communément des touristes.



Depuis début juin, ils se sont infiltrés partout et ont imbibé les murs d'Istanbul avec leurs accents et la moiteur de leur peau. Être touriste de nos jours est un rôle qu’il faut prendre au sérieux, c’est presque devenu un vrai métier et la concurrence est rude : Il est question de ramener les plus belles photos, d'avoir goûté à tout et d'avoir découvert des coins qui ne figurent même pas dans les pages des guides.

Entre locaux et vacanciers, il est parfois difficile de repérer qui est qui. Certains vendeurs se laissent prendre au piège sur Istiklal Caddesi et murmurent quelques mots turcs à un de leur client qu’ils pensaient être du même clan. Mais non, raté, le touriste ne comprend pas un mot et offre au vendeur, en guise de réponse, des yeux de merlans frits.

Au milieu des anglaises en short sexy et des italiens piailleurs, se mêlent celles qui sont supposées rester dans l'ombre, alors qu'on ne remarque qu'elles. Pas un bout de chair ne dépasse de leur long tchador noir, ce sont les épouses des moyens orientaux, venues tout droit des pays chauds qui pullulent le pétrole.



En Turquie, les moyens orientaux ne sont pas trop dépaysés, 98 % des gens pratiquent la même religion qu’eux, 60 % des femmes sont voilées et puis les vols sont quotidiens et directs. Istanbul-Dubai en quelques heures et sans visa, palaces, shopping, bijoux : Pour ces touristes là, Istanbul c'est le paradis, ou presque.

Ces hommes et ses femmes se fondent dans la masse si bien que les vacanciers européens confondent les autochtones et moyens-orientaux. Les businessmen qui ne fréquentent que les hôtels quatre étoiles feront la même amalgame, et diront qu'Istanbul est une ville peuplée de femmes portant le tchador, ce qui est pourtant loin d'être vrai...



Et au milieu de toute cette masse humaine, il y a nous, qui appartenons à cette catégorie un peu à part. Ni touristes, ni locaux, nous avons franchi la frontière sans billet retour en poche et vivons ici depuis des années. Nous regardons les touristes avec amusement mais aussi avec nostalgie. Eux découvrent pour la première fois la Turquie, et s'émoustillent de tout. Que ne donnerait-on pas pour revivre encore une fois ces sensations de nouveau-né ? Car même si des découvertes en tout genre nous attendent chaque semaine, tout cela se conjugue finalement sur un air de déjà-vu...

Une pensée pour toutes les victimes du double attentat qui s'est malheureusement déroulé hier à Istanbul. Merci pour vos messages. C'est une semaine tendue au niveau politique. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'actualité turque, je vous invite à lire la presse et les blogs qui traitent de ce sujet.

mardi 15 juillet 2008

14 juillet : Le bonheur est dans le pré



Ô, qu’il est agréable une fois dans l’année de piétiner avec allégresse la pelouse du Palais de France d’Istanbul. Fête nationale oblige, Madame la Consule Générale recevait hier soir, dans les jardins de ce bâtiment datant de 1839, un très grand nombre de français et de sympathisants de la France.

Malheureusement, cette année, certains français ont dû regarder le spectacle derrière les grilles, puisqu'il fallait s’inscrire sur les listes avant la soirée. Auparavant, il suffisait de se présenter le 14 juillet à l’entrée du palais avec une pièce d’identé prouvant sa nationalité française. Mais étant donné que les français sont de plus en plus nombreux à vivre à Istanbul, il fallait prendre les mesures qu’y s’imposent. Le Consulat attendait tout de même plus de 2.ooo personnes.



Après une poignée de main échangée avec Mme la Consule et son époux, les invités étaient conviés à traverser une partie du Palais afin d’admirer quelques tapisseries murales d’époque, puis à rejoindre les jardins verdoyants. Parmis la foule, le jeu consistait ensuite à retrouver des tas d’amis dispersés et à ne pas perdre ceux qui nous accompagnaient...

En début de soirée, un mot de bienvenu de Mme la Consule en français et en turc, puis un long discours sur la conjucture mondiale et les événements marquants de ces derniers jours. Après les hymnes nationaux et un silence de plomb, la fête pouvait enfin commencer.


Alberto, Onur et Fred

Impossible d’atteindre les buffets, la queue etait longue, il fallait patienter encore un peu pour récolter quelques bouts de pain et de fromages. Mais pas de soucis, les quantités ne manquaient pas.
Bonjour, bonsoir, comment ça va depuis tout le temps, rigolades entre copains : Autour des quelques tables disposées dans les jardins, les discussions allaient bon train. Petit à petit, les invités ont délaissé le Palais, puis, comme par enchantement, un DJ a commencé à faire monter l’ambiance. Les plus jeunes se défoulaient sur la scène, les autres s’exécutaient dans l’herbe, certains dansaient le rock près du bassin. En fin de soirée, il ne restait plus qu’un petit groupe qui comptait bien profiter de cette belle soirée estivale.



Vers minuit, Fred et moi avons décidé de quitter nos amis afin de rejoindre notre appartement. En sortant, à l’accueil, nous avons reçu en cadeau une très belle brochure illustrée (Traces, reflects, échos de l’eau). Madame la Consule etait sur le palier afin de nous formuler un au revoir en guise de bonne nuit.

Cette soirée du 14 juillet à Istanbul fût une belle fête, je regrette cependant une chose, de ne pas avoir pu admirer de beaux feux d’artifices comme c’est la cas en France. Mais sachant qu’on en a toute l’année, au dessus du Bosphore, on ne va pas se plaindre non plus...


La soirée fût exquise avec Martina, Hélène et Pavel