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Du miel aux épices d'Istanbul...

mercredi 6 août 2008

Mon blog en vacances



Dans quelques heures, nous prendrons notre envol pour la côte égéenne afin d'assister à un mariage. Puis, semaine prochaine, direction le Nord-Est de la Turquie pour retrouver un peu de fraîcheur et le doux accent des habitants de la Mer Noire. Ma plume prend ainsi un peu de repos jusqu'au 18 août.

Vous êtes plus de 1.500 lecteurs à vous connecter quotidiennement, en attendant de vous retrouver, je vous remercie pour votre fidélité et je vous laisse en compagnie d'un patchwork de photos prises à Istanbul.

Afin d'éviter tout problème technique, je ferme l'accès aux commentaires pendant une dizaine de jours.
A très vite...

lundi 4 août 2008

Apprendre le turc : Petit cours pour s'y retrouver.

Si j'en avais eu l'occasion, est-ce que j'aurais choisi le turc en seconde langue au collège au lieu de l'italien ? Très honnêtement non. Je pensais d'ailleurs, à la fin de mes études, ne jamais plus avoir à apprendre une nouvelle langue étrangère...
Et puis un jour, le destin a bouleversé tous mes plans, et me voilà habitant dans un pays où la communication est difficile, même avec les gestes ! Comme des milliers d'expatriés dans le monde, il a fallu alors prendre mon courage à deux mains et me remettre à étudier, apprendre des mots par coeur, me sentir comme un enfant de deux ans dont le vocabulaire se réduit à quelques phrases de survie.
Pour apprendre une langue étrangère, il n'y a pas de secret : Il faut être motivé, curieux, persévérant et faire preuve de discipline.


Mais qu'y-a-t-il à 15 km ?!

Quelques étrangers vivent depuis des années en Turquie, mais ne savent pourtant pas aligner deux mots en turc, ils s'en sortent toujours pour communiquer en parlant en anglais, français ou allemand. Certains diront que c'est un manque de respect vis à vis du pays qui les accueille, d'autres vous affirmeront qu'il est difficile, après une journée de travail et son lot de responsabilités, d'enchaîner ensuite sur 2 heures de cours de langue. Après tout, chacun fait ce qu'il veut et surtout ce qu'il peut, mais je me demande comment s'intégrer dans un pays et comprendre sa culture sans pouvoir vraiment communiquer ? Mystère...


Enfants de Diyarbakır

Quoiqu'il en soit, en ce qui me concerne, j'ai eu un déclic radical pour être motivée comme personne pour apprendre le turc. Je me suis retrouvée à un enterrement dans le sud de la Turquie. Seule dans une pièce avec une veuve en pleurs, je n'ai pas pu lui communiquer mes condoléances ni même la consoler avec des mots. Ainsi, dès ma première année passée à Istanbul, j'ai pris des cours de turc afin de pouvoir me débrouiller vite dans la vie de tous les jours. J'ai eu de la chance, mon professeur (que j'ai trouvé en regardant les petite annonces affichées sous le porche du Consulat de France) avait le même âge que moi et préparait nos cours avec grand soin.

Il existe plusieurs méthodes pour apprendre le turc, cours collectifs, cours particuliers, livres : A chacun de composer selon ses envies, son temps libre et son budget. Vous trouverez ci-dessous quelques pistes pour apprendre le turc en étant basé en Turquie ou partout dans le monde.

Sur place : Les écoles de langue

De nombreuses écoles proposent des cours de turc dans les grandes villes de Turquie. Voici celles qui ont été testées par des amis à moi et qui ont fait leurs preuves : Méthodes Livres et CD

  • Assimil : Je ne connais pas les dernières versions. Celle que j'ai pu feuilleter en 2002 me semblait obsolète. Les dialogues et le vocabulaire s'y rapportant n'était pas très intéressant pour la vie professionnelle. De même, la méthode était truffée de fautes. Mais peut-être que cette méthode a évolué depuis ?


  • Worbook (Turkish for foreigners). Cette méthode est publiée par l'Université de Boğazici mais attention, elle est réservée aux anglophones. Plusieurs livres ont été édités (avec CD, exercices, grammaire). Personnellement, c'est la méthode sur laquelle j'ai appris le turc et je continue d'étudier sur les différents tomes. Je trouve la collection très claire, ordonnée, et le vocabulaire est adapté aussi bien à la vie professionnelle qu'à la vie pratique. En vente dans toutes les bonnes librairies turques.

Internet : Cours de turc en ligne
Dictionnaire franco-turc en ligne

Il en existe beaucoup, voici mes préférés :

Dois-je rajouter que, pour progresser rapidement en turc, tous les moyens sont bons... ou presque !? Regarder les chaînes turques, écouter de la musique, lire la presse locale, faire une année Erasmus à Istanbul ou à Ankara, discuter avec les commerçants, avoir un petit copain turc / une petite copine turque, etc ;)
Et vous, comment avez-vous fait pour apprendre le turc ?

vendredi 1 août 2008

Vie de chien

J’aurais pu finir comme Mr. Bones ou comme Croc Blanc mais le destin en a decidé autrement. Abandonné dans une forêt de Tarabya avec mes 8 frères et soeurs, j’ai été recueilli par un jeune homme avec toute ma smala dans un petit appartement où il y avait déjà un animal à quatre pattes.



On avait dit à mon nouveau maître français, venu me chercher quelques semaines plus tard, qu’avoir un chien était le meilleur moyen pour appâter les femmes, mais pur mensonge ! En Turquie, c’est le meilleur moyen de les éloigner. Ceux ou celles qui osent me caresser sont souvent des touristes, c’est malheureux à dire mais je fais peur à la plupart des habitants de la ville, pourtant je n’ai jamais mordu personne et j’adore les câlins. Quand les gens me voient, ils adoptent une gestuelle caricaturale.



Chacune de mes sorties fait rire mon maître, car c’est souvent les plus costauds qui changent de trottoir ou font des bonds de deux mètres quand je les frôle. Ces demoiselles sont encore plus comiques, elles poussent des cris perçants en me voyant comme si j'étais un monstre ou beuglent des “Of ya” à tout va. Du haut de mes 60 cm, tirant mon maître avec ma laisse, je suis devenu la terreur de Beyoğlu, moi Yakamoz, âgé de 6 mois.



Ce que j’aime par dessus tout lors de ma promenade matinale, c’est le vendeur de tickets de loterie et son acolyte le vendeur ambulant de sandwiches. Afin que je m’éloigne d’eux, ils me lancent chacun à leur tour, et ce chaque matin, une tranche de mortadelle et m’ordonnent ensuite de partir. Mon maître a beau leur dire de ne rien me donner, ils ne peuvent pas s’en empêcher, c’est devenu leurs frissons du matin.



Ce qui me désole le plus, c’est ce manque d’espace vert, je dois chaque jour marcher de longues minutes afin de trouver un parc dans lequel je puisse courir sans pour autant faire déguerpir les gens qui sont installés dans l'herbe. Les turcs ont souvent peur des chiens, même des tout petits tout mignons car on leur a parlé depuis leur tendre enfance de la rage des chiens errants. De même, à la campagne, les chiens qui gardent les maisons et les troupeaux sont vraiment impressionnants, on les appelle les Kangal. Mais heureusement, la Turquie compte de plus en plus d’animaux domestiques.



Moi, avec ma petite queue en tourbillon, je suis de la famille des Karabaş, et mon maître m’a donné le nom de Yakamoz (= reflet de la lune dans l'eau) car j’ai une grosse tache blanche sur la tête.
Quand je traverse Istiklal Caddesi, c’est pour moi un vrai calvaire. D’un côté, je vois tous ces gens qui ont peur de moi et qui maudissent mon maître alors que je n’ai même pas aboyé. D’un autre, mille et une odeurs me parviennent à la truffe : Sucuk ou agneau grillé excitent mes papilles.



Hier, le vétérinaire m’a dit que je prendrai encore 10 kilos : Je sens que je vais provoquer des sueurs froides dans les rues de Beyoğlu, moi qui dors étalé par terre, tel un gros loukoum toute la sainte journée, comme la plupart des chiens errants turcs. Je me demande si à cause des réactions emphatiques des gens, je ne vais pas devoir un jour quitter Istanbul, alors que les chats sont adulés partout...
Quelle vie de chien.

lundi 21 juillet 2008

Graffiti






Art libre ou vulgaires dessins muraux ?
De nos jours, les graffiti exaspèrent certains citadins, ou sont au contraire admirés par des piétons en manque de couleurs. Quoiqu'il en soit, aucune ville n'y échappe aujourd'hui, Istanbul y compris.
Les artistes qui opèrent dans l'ombre tentent de nous faire faire passer des messages. Les murs, leurs supports affranchis, ont l'ouïe développée. Mais ils ont aussi la faculté de représenter (tout haut) ce que certains pensent (tout bas)...

lundi 9 juin 2008

Neme lâzım be Sultanım !

Autrefois, les Sultans se souciaient beaucoup de ce que pensait leur peuple. Plutôt que de recevoir certains de leurs sujets au palais, ils préféraient délaisser leurs habits élégants pour quelques heures afin de se mêler à la foule en tout anonymat. Ils pouvaient ainsi mesurer la satisfaction générale et comprendre ce qui minait le moral de leur empire.



Au moment où son empire avait atteint son apogée, le Sultan Süleyman s’inquiétait terriblement de le voir un jour s’effondrer. Il alla voir son frère de lait qui s’occupait du peuple, et lui demanda de rédiger une lettre au Saint Yayha connu pour sa sagesse. Sur cette missive, une seule question fut posée : Quel est le plus grand danger pour mon empire ?
La réponse ne se fit pas attendre longtemps, et se résuma à quelques mots calligraphiés noir sur blanc : Neme Lâzim be Sultanım ! qui pourrait se traduire par Qu’est ce que j’en ai à faire mon Sultan, ou encore Je m’en fiche mon Sultan. Süleyman ne comprenait pas, comment un Saint pouvait-il lui répondre une phrase qui puisse l'offusquer à ce point ?
Son sang ne fit qu’un tour. Non, il devait sûrement y avoir un sens caché derrière ces paroles familières.



Ainsi, il se rendit directement à la maison du Saint et lui demanda des explications : Yayha Efendi, comment pouvez-vous écrire de telles paroles, vous qui êtes rempli de sapience ? Cette phrase est trop simple et familière pour être écrite par vous. Je ne comprends pas, je ne peux pas croire que vous vous moquiez de moi.
Sur ce, le Saint lui répondit : Non, je ne me suis pas moqué de toi. Tu m’as demandé quel était le plus grand danger pour l’Empire Ottoman et je t’ai répondu... Si dans un état, il n’y a plus de justice, si les riches ne s’occupent plus des pauvres, si les besoins des gens ne sont pas pris au sérieux, si personne ne s’occupe de ceux qui n’ont plus de famille, si le peuple dit "Neme lâzım be Sultanım" alors on constatera le réel déclin de ton empire…



Quelle belle histoire... J’ai travaillé sur ce texte avec Aslı, mon professeur de turc (qui parle le perse et l’ottoman). C’est une histoire qui reflète bien la mentalité turque, et ces lignes historiques sont toujours d’actualité. Les turcs se soucient vraiment des autres, et bien souvent ils proposent leur aide sans rien attendre en retour. Voilà pourquoi quand un étranger s’installe ici, il s’y sent bien car il est accueilli comme dans son propre pays...

* Les photos qui illustrent ce post ont été prises dans les rues de Diyarbakır et Urfa

mercredi 4 juin 2008

Eaux troubles




Parmi ces quatres bouteilles d'eau s'est glissé un intrus, sauriez-vous reconnaître lequel ?!

* Benchmark réalisé sur des bouteilles d'eau dans le Sud-Est de la Turquie

Mise à jour du 5 juin 2008 : Merci pour votre participation ! Bravo à tous, vous avez fait preuve de discernement, et il pouvait y avoir en effet plusieurs intrus (taille de la bouteille d'eau, etc...). En buvant ces différentes bouteilles (qui ont le même goût), j'ai surtout été amusée avec le mot "Pınar" (source) souvent présent sur l'étiquette, et qui fait toujours rire les français. Mon intrus à moi était donc "Desni" ;)

lundi 12 mai 2008

Je crois que...



J’entends des voix… Samedi toute la nuit, j’ai entendu des klaxons et des gens crier dans les rues, mais peut-être célébraient-ils tout simplement la victoire de Galatasay ?!

Je deviens paresseuse… En ce jour de pentecôte, je me verrais bien assise à une table au soleil, avec autour de moi, toute ma famille, mais en Turquie, on est au travail aujourd’hui.

Je deviens turque… Je rêve d’aller au hammam, puis de faire un tour sur le Bosphore avec mon amoureux, siroter çay sur çay et finir la soirée au restaurant. Se laisser vivre avec bonheur.

C'est sûr, je deviens vieille...

mardi 29 avril 2008

Que font les turcs (d'Istanbul) le dimanche ?



Alors que certains s’appliquent à étaler du beurre sur leurs tartines de pain grillé pour les tremper ensuite dans grand bol de café au lait, d’autres à 3000 kilométres s’efforcent de découper concombres et tomates de façon homogène. Et oui, nous avons beau habiter tous sur la même orange bleue, dès qu’il s’agit du jour de congé tant attendu, chacun conçoit son programme selon sa culture mais aussi selon ses goûts. Aussi, vous êtes vous déjà demandés ce que faisaient les turcs (Istanbuliotes) le dimanche ? A en croire leurs yeux cernés dès le lundi matin, on peut conjecturer que les turcs sont plutôt actifs et qu'ils ont de quoi occuper leurs heures creuses...

Le petit déjeuner c’est sacré : Tous les nutritionnistes sont d’accord sur ce point, et surtout les turcs. Ici, on prépare un vrai festin dès que la famille est levée. Thé, fromages, olives, concombres, tomates, quelques simit ou tranches de pain grillées, des börek. C’est le brunch attitude, d’ailleurs, on prend souvent son petit déjeuner tard, c’est pourquoi il est bon de sortir en ville dès le dimanche matin en Turquie : Personne sur les routes avant 13h, un vrai bonheur !

Le Bosphore, c’est un échantillon de vacances. Dès le début de l’après-midi, c’est la ruée vers l’or bleu. On prend d’assaut tous les cafés qui ont une vue sur le Bosphore ou une terrasse. On savoure son Kahvaltı (petit déjeuner, sur les menus turcs, cela signifie aussi assiette composée) souvent en famille et entre copains et on sirote çay sur çay. Pour que le tout soit réussi, ne pas oublier les acolytes : Les journaux !



La grande sortie préférée des familles turques, ce sont les centres commerciaux (oui c’est ouvert le dimanche de 10h à 22h). Shopping, déjeuner, courses, dedikodu, c’est la cavalcade. Les cartes de crédit chauffent, l’oxygène (tout comme la lumière naturelle) manque, mais peu importe : Plus c’est bruyant, mieux c’est...

Les turcs sont un peuple de nomades, ils aiment être en clan mais ils aiment avant tout avoir leurs postérieurs posés sur la terre de leurs ancêtres. Pique-nique en famille, mangal (barbecue) improvisé sous une forêt de pins artificiels ou tout près de la route. L’important, c’est d’être dans une pseudo nature. Oui la forêt est dénudée, oui ils sont à moitié dans le fossé, oui ils s’arrangent pour être à côté de leur véhicule et de leurs voisins. Pour vivre heureux, vivons groupés...

Le travail c'est la santé, et qui ne rêve pas de la préserver ? Inutile de répéter qu'un grand nombre de boutiques, bars, restaurants sont ouverts le dimanche à Istanbul. Aussi, il faut bien des courageux pour s'activer derrière les comptoirs. Les ouvriers pavent les rues, les menuisiers s'activent dans les maisons, les vendeurs recoivent les clients avec le sourire. Dimanche serait-il finalement un jour comme les autres ?



Pourquoi manifester la semaine alors qu’on travaille ? Les turcs sont tellement consciencieux dans leur boulot qu’ils manifestent le dimanche sur Istiklal Caddesi lorsqu'ils ne sont pas de corvée. Ainsi, les enfants font parti du cortège et on ne perdra pas une journée de salaire. Le dimanche on proteste, on est pour ou contre quelque chose, et le lundi on reprend le cours de la vie. Pendant que les salariés frottent leurs semelles sur les pavés, les patrons eux, se frottent les mains... Amis français, suivez l’exemple !

Et puis parfois, il est tout de même bon de rester à la maison. Mais dans ces cas là, même si le poste de TV est allumé, impossible de suivre un soupçon d’émission. Les amis ou la famille ne vont pas tarder à passer. Vite, le thé doit être prêt en grande quantité. Il faut aussi s’activer dans la cuisine afin qu’il y ait toujours quelque chose à offrir pour grignoter.

Travail, manifestation, cuisine, shopping... Mais qui a dit que les dimanches devaient être des jours chômés ?

mercredi 9 avril 2008

Evimize hoş geldiniz !

Aujourd'hui, je vous invite chez nous...
Nous avons déménagé il y a un mois et il nous reste encore quelques finitions à apporter mais dans l'ensemble nous sommes heureux d'en avoir fini avec les gros travaux et les cartons. Pour faire court, le cahier des charges et les délais ont été respectés et nous avons dépensé quatre fois moins que si nous habitions en France. Je me suis amusée à faire un petit montage photo en mettant en parallèle l'ancienne et la nouvelle décoration.



Notre belle porte ottomane qui donne acccès sur notre salon, réalisée par notre peintre Emin, un ouvrier en or.



Notre chambre avec un immense placard blanc fait sur mesure pour y ranger tous nos vêtements.



La cuisine rouge réalisée sur mesure d'après un modèle d'IKEA. Les marengoz (menuisiers) turcs font de vraies merveilles à des prix très raisonnables, ça vaut vraiment le coup de réaliser des meubles sur mesure ici.



Un échantillon de la cuisine, le meuble vient d'IKEA, les bouteilles ont été chinées dans notre rue et la plaque d'acier (30 kg) a été réalisée dans le chantier naval pour lequel je travaille (oui je sais il manque un "s" à "happiness", la touche turque !)



Le salon, une vraie pièce à vivre qui s'étend sur 53 m2. Nous avons changé le sol, la porte d'entrée, la couleur des murs. Les chaises vertes ont été chinées dans notre rue, la table provient de Mudo outlet et la bibliothèque d'IKEA.





Toujours notre salon : Le canapé a été conçu par une marque turque (MUUT), les coussins proviennent du quartier d'Osmanbey, la lampe de Galata. Les stickers de mur ont été ramenés de France, le meuble TV en bois chiné chez un antiquaire dans notre rue, la table basse rouge est en fait un plateau en bois sur pieds qu'utilisent les poissonniers turcs. Les gros coussins turcs et le miroir ont été achetés chez des antiquaires. Il ne nous reste plus qu'à agrémenter le coin séjour avec un beau tapis ou un kilim, quelques plantes vertes et des tableaux.



Notre petit chiot Yakamoz (2 mois) qui a été abandonné en pleine forêt avec ses 8 frères et soeurs. A droite, une vieille malle en cuir dénichée par Fred dans notre quartier.
J'espère que la visite vous a plu, si vous recherchez des ouvriers à Istanbul ou tout simplement des bons plans déco, n'hésitez pas à me joindre par mail !

* Evimize hoş geldiniz : Bienvenu(e)s dans notre maison

lundi 31 mars 2008

Nazar değmesin !

"Raconte-moi ! Je veux tout savoir de toi..."
Ainsi commença mon tête-à-tête avec Delphine GURTAY, rencontrée grâce aux prouesses d’internet. Confortablement installées dans les fauteuils de la pâtisserie Gezi à Taksim, nos moulins à paroles ont commencé. En face de moi, elle écoutait mon récit sur le pourquoi et le comment de mon arrivée en Turquie, en me faisant part de quelques bribes de sa vie aussi. J’entendais l’accent Marseillais danser dans chacun de ses mots en contemplant son regard vert pétillant.


Delphine GURTAY, créatrice de la marque bondjuk

Pour Delphine, le marketing n’a plus de secret, elle est consultante et coache des jeunes entrepreneurs dans la région PACA. Son mari, avec lequel elle vit depuis 9 ans, est turc. Ainsi, lors de ses nombreux périples à Istanbul, elle découvre le nazar boncuk - ce petit oeil qui est censé protéger celui ou celle qui le porte des mauvais sorts - et décide de créer et de commercialiser des petits bijoux talismans. Elle crée une entreprise, réalise elle-même le packaging et assemble des heures entières les différentes pièces qui composent ses bracelets et ses colliers.


Les créations de Delphine portées avec addiction (collier + bracelets) !

Delphine se dit plus douée pour la commercialisation que pour la création, je crois qu’elle se trompe. Avec un petit oeil porte bonheur tout simple, elle a su composer avec goût des bijoux simples et colorés qui s'accordent avec tous les styles et toutes les tenues vestimentaires. Elle m’en a d’ailleurs gentiment offert quelques-uns qui me suivent déjà partout, en un mot je suis devenue accro de ses créations et je ne suis pas la seule : Mis en vente cet été dans plusieurs boutiques du sud de la France, les bracelets et les colliers de Delphine se sont vendus comme des petits pains. Mon petit doigt me dit que cette jeune femme dynamique et entrepreneuse n'est qu'au début d'une belle aventure. Sa collection va d'ailleurs s'enrichir d'une nouvelle gamme sous peu.

Si la chance signifie le mariage de la préparation et de l’opportunité, alors oui, Delphine a une bonne étoile qui veille sur elle... A moins que ce ne soit le fait de tous ses nazar boncuk ?

Pour plus d'info, visitez son site : www.bondjuk.com !

* "Nazar değmesin" est une expression turque que l'on entend souvent et qui signifie "que le mauvais oeil ne nous touche / ne nous affecte pas".

mardi 18 mars 2008

Porte-drapeau

Sans en connaître les conséquences ni les aboutissants, lorsque je me suis expatriée, une mission m’a été confiée, malgré moi : Etre française à l’étranger. En France, je suis une personne parmi tant d'autres. En Turquie, je ne suis pas qu'une entité, je suis avant tout une française, "la fille française".
Cette députation est un poids lourd à porter si l’on se penche sur son essence même, puisqu’il ne s’agit pas seulement de revendiquer ses racines, il est aussi question du rayonnement de l’hexagone à l’étranger. Quoique je puisse faire ici, mes gestes ne seront jamais innocents. Par exemple, si je quitte tous les jours le travail tôt, on dira alors que les français ne travaillent pas beaucoup. D'un simple détail, on en fera une généralité.



Autrefois, les aristocrates turcs parlaient le français, et les écoles et les lycées francophones d’Istanbul sont toujours aussi prestigieux. Il n’est pas rare sur Istiklal Caddesi de retrouver quelques inscriptions françaises “Cité de Péra”, “Je maintiendrai”.

J’entends souvent dire que les françaises sont élégantes et cela me fait bien rire quand cette phrase parvient à mes oreilles alors que je suis en basket et en jeans. Imaginez un turc qui n’aurait connu qu’un seul français dans sa vie, et imaginez si ce français en question c'était vous. En quoi les français sont-ils différents des turcs ou des autres étrangers ? Je ne saurais vous répondre précisemment mais j'imagine que les turcs ont leur avis là-dessus, puisque moi-même, j'ai tendance à dire que les turcs sont comme ceci ou comme cela alors que l'on ne peut naturellement pas mettre tous les gens dans le même sac...

Heureusement en Turquie, la France est plutôt bien vue. Il est courant d’entendre des paroles françaises en fond sonore dans les bars et les restaurants chics d’Istanbul (Charles Aznavour, Edith Piaf, Pink Martini). Et quand vous dites que vous êtes français, on vous parle alors de Paris, de Mr. Sarkozy ou encore d'un footeux français qui joue dans une équipe turque.
Dans la société qui m'emploie, il y a 650 travailleurs turcs et au milieu de tout ça, devinez qui est la seule yabancı (étrangère) ?! J'imagine qu'il doit s'en dire des choses derrière mon dos...

S'il y a bien un rôle qui nous incombe, c'est celui de promouvoir la culture française à l’étranger. D'ailleurs, je ne m'en suis pas rendue compte les premières années mais cela m'apparaît à présent comme une évidence. Aussi, en vivant en Turquie, je m'efforce de représenter un peu la France ici et de ne pas faire honte à mon pays. Je pense qu'en étant expatrié, il ne faut pas hésiter à célèbrer les traditions françaises avec des amis qui sont novices en la matière. Par exemple, inviter mes amis turcs à dîner pour une soirée chandeleur, apporter quelques croissants aux collègues du bureau, faire connaître des écrivains contemporains français, prononcer quelques mots dans ma langue maternelle (bonjour, bon week-end). Ce sont des petits gestes quotidiens mais des petits gestes qui comptent. La French Touch comme diraient certains.

Ce n’est pas parce qu’on vit loin de la France qu’il faut pour autant oublier ses racines. Cependant, quand on s’expatrie, ce n’est jamais un geste anodin, aussi, il ne s'agit pas d'être chauvin non plus en ne disant que du bien de son pays. En Turquie je tâche donc, chaque jour, d’être polie et honnête mais n'allez pas croire non plus que je suis un porte-drapeau exemplaire. J'essaie simplement d'être une française respectueuse.
Bref, juste quelqu'un de bien.

lundi 11 février 2008

Voile et vent



jeudi 31 janvier 2008

DICE KAYEK

Gianni et Donatella VERSACE, Domenico DOLCE et Stefano GABBANA, Dean et Dan CATTEN... La mode serait-elle une affaire de duo ? Les deux soeurs Turques, Ece et Ayse EGE, n’échappent pas à cette régle et ont eu raison de rassembler leur talents et leurs compétences en 1992 en créant la marque DICE KAYEK. Premier mini-défilé à Paris couronné par les professionnels de la mode, première boutique dans le quartier du Marais, il n’est pas surprenant de constater l’ascension de cette marque de haute couture et de prêt-à-porter sur l’hexagone et à l’international depuis plus d'une dizaine d'années.



Grâce à Gwyneth PALTROW, à Uma THURMAN ou encore grâce à Sofia COPPOLA, les créations d’Ece EGE sont portées devant les projecteurs. Chaque nouvelle collection est attendue avec impatience. Bercée entre l’ex-Empire Ottoman et les maisons de couture parisiennes, Ece est une styliste multiculturelle. Les silhouettes de ses vêtements sont féminines sans pour autant être vulgaires, les teintes sont neutres mais lumineuses, les matières ne sont jamais disparates. Lignes pures et graphiques : Le père Joaillier de ces deux femmes leur aura transmis l’art du beau et de la finesse.



Mais comme chacun le sait, nul n’est prophète en son pays... Et il aura fallu attendre l'année 2007 pour que les créations de DICE KAYEK soient en vente en Turquie, dans le magasin de luxe Harvey NICHOLS. Cependant, nul besoin d'aller user vos talons hauts sur le bitume si vous souhaitez acquérir quelques jupes ou robes de la créatrice, vous trouverez aussi quelques modèles en vente sur Internet.

jeudi 17 janvier 2008

Invitation au voyage et à la volupté...

J’avoue que j’étais plutôt impatiente de le connaître ce soir là. Comment vous dire... Un sentiment de curiosité mêlé à de l’effervescence. En premier lieu, j’ai été séduite par son costume : Sobre et distingué à la fois, un mélange d’azur et de chocolat. Une fois qu’il a laissé son écrin, j’ai découvert sa peau lisse, brillante et sa taille fine. Qu’il avait belle allure. Le son de sa voix était aquatique, son parfum était vraiment délicat. Après avoir passé quelques minutes avec lui, je ne pouvais déjà plus m’en défaire : J’étais tombée sous le charme. De par son aura et grâce à ses effluves de pomme et d’épices mélangées, il m’a totalement envoûtée. Le temps passé avec lui était une véritable invitation au voyage et à la volupté, une odyssée jusqu’au spleen de l’Orient.

En me séparant de lui, je n’avais qu’une idée en tête, le ramener à la maison. Mais comment allait réagir Frédéric ? Me laisserait-il passer du temps avec lui ? Voudrait-il faire ménage à trois ? Sa réaction fût imprévisible, il me sourit et me dit oui. J’allais enfin pouvoir ramener ce narghilé de luxe à la maison...


Le Naghilé "Pure" en étain poli ou en plaqué or 18 carats

Tout commence par un déplacement professionnel. Eric GORMAND se rend au Moyen-Orient et goûte pour la première fois au narghilé. Il est séduit et veut s’en offrir un de qualité, comme on ramènerait un trophée de voyage. Cependant, il s’aperçoit très vite qu’il n’existe sur le marché que des narghilé bon marché. Pourquoi ne pas en créer l'objet qu'il recherche en vain ? L’idée est lancée, Eric et son épouse Emmanuelle s’engagent alors dans cette aventure et créent la société AIRDIEM, et c'est Nedda EL-ASMAR qui aura l'honneur de reconsidérer le design de cet objet vieux de 500 ans.


Eric et Emmanuelle GORMAND, les fondateurs d'AIRDIEM

Saviez-vous que fumer une pipe à eau dans un des cafés d’Istanbul équivaut à avaler les toxines d’un paquet de cigarettes ? Le narghilé dont je vous parle a été conçu avec minutie afin que le plaisir ne soit pas synonyme de nocivité. La qualité est au rendez-vous : Les matérieux qui le composent sont résistants à la chaleur, le brûleur est en céramique high-tech. Le tabac (Tabamel) est constitué à 80 % de marmelade de fruits, de miel et de sucre : On en mangerait tellement ce mélange sent bon.

Dans l’eau, il est possible de rajouter des d’huiles essentielles, ainsi vous pourrez fumer un narghilé pomme-cannelle-clou de girofle. Ayant testé les narghilés bas de gamme et ce narghilé de luxe, je peux vous dire que la différence au goût est incontestable. Les narghilés d'AIRDIEM ne se fument pas : Ils se dégustent. De même, étant donné que vous recrachez de la vapeur d’eau, il n’y a pas de fumeurs passifs autour de vous. Fumer un narghilé est un plaisir hédoniste, occasionnel, on ne développe pas des pathologies propres au tabac.


Narghilé en verre soufflé et son sac de voyage (écrin)

AIRDIEM propose une gamme variée de narghilés (en étain poli, en plaqué or 18 carats, tuyau en vison) mais conçoit aussi des meubles et accessoires de fumoir et de voyage.

Le luxe et la qualité ont un prix certes. Le narghilé "Pure" est un noble objet de design qui est d’ailleurs exposé dans un musée. Elégant et délectable à la fois : Je m’imagine déjà dans mon bain chaud, dégustant mon narghilé de luxe comme certain savourerait... leur amant.

mercredi 2 janvier 2008

Hoş geldin 2008 !*



On se lève et l'on regarde par la fenêtre la tête encore enfouie dans les songes. Le soleil éclaire les toits et les antennes paraboliques : C'est une magnifique journée qui commence remplie de belles résolutions.

2008 plastonne dans les rues tortueuses, se pose sur les sourires des commerçants, inonde Istanbul.
Que nous réserve cette nouvelle année ? Des moments de légéreté et de bonheur ? Des actes manqués ? De nouvelles épreuves qu'il faudra affronter avec bravoure et empirisme ?

Le temps qui nous est donné est précieux. Que 2008 décuple votre force intérieure pour continuer à aller de l'avant. Que cette nouvelle année vous permette de découvrir de nouveaux horizons, de rencontrer de belles âmes, de vous réaliser et d'être heureux, tout simplement...

Meilleurs voeux à tous, iyi seneller, merci pour vos nombreux e-mails (j'y répondrai d'ici vendredi).

PS : La nouvelle Bannière du blog a été réalisée par mon petit frère Jean-Nicolas, avec l'aide de mon grand frère Florent.

* Sois la bienvenue 2008

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