lundi 9 juin 2008
Neme lâzım be Sultanım !
Par Marie-France, lundi 9 juin 2008 à 10:48 :: General
Autrefois, les Sultans se souciaient beaucoup de ce que pensait leur peuple. Plutôt que de recevoir certains de leurs sujets au palais, ils préféraient délaisser leurs habits élégants pour quelques heures afin de se mêler à la foule en tout anonymat. Ils pouvaient ainsi mesurer la satisfaction générale et comprendre ce qui minait le moral de leur empire.
Au moment où son empire avait atteint son apogée, le Sultan Süleyman s’inquiétait terriblement de le voir un jour s’effondrer. Il alla voir son frère de lait qui s’occupait du peuple, et lui demanda de rédiger une lettre au Saint Yayha connu pour sa sagesse. Sur cette missive, une seule question fut posée : Quel est le plus grand danger pour mon empire ?
La réponse ne se fit pas attendre longtemps, et se résuma à quelques mots calligraphiés noir sur blanc : Neme Lâzim be Sultanım ! qui pourrait se traduire par Qu’est ce que j’en ai à faire mon Sultan, ou encore Je m’en fiche mon Sultan. Süleyman ne comprenait pas, comment un Saint pouvait-il lui répondre une phrase qui puisse l'offusquer à ce point ?
Son sang ne fit qu’un tour. Non, il devait sûrement y avoir un sens caché derrière ces paroles familières.

Ainsi, il se rendit directement à la maison du Saint et lui demanda des explications : Yayha Efendi, comment pouvez-vous écrire de telles paroles, vous qui êtes rempli de sapience ? Cette phrase est trop simple et familière pour être écrite par vous. Je ne comprends pas, je ne peux pas croire que vous vous moquiez de moi.
Sur ce, le Saint lui répondit : Non, je ne me suis pas moqué de toi. Tu m’as demandé quel était le plus grand danger pour l’Empire Ottoman et je t’ai répondu... Si dans un état, il n’y a plus de justice, si les riches ne s’occupent plus des pauvres, si les besoins des gens ne sont pas pris au sérieux, si personne ne s’occupe de ceux qui n’ont plus de famille, si le peuple dit "Neme lâzım be Sultanım" alors on constatera le réel déclin de ton empire…

Quelle belle histoire... J’ai travaillé sur ce texte avec Aslı, mon professeur de turc (qui parle le perse et l’ottoman). C’est une histoire qui reflète bien la mentalité turque, et ces lignes historiques sont toujours d’actualité. Les turcs se soucient vraiment des autres, et bien souvent ils proposent leur aide sans rien attendre en retour. Voilà pourquoi quand un étranger s’installe ici, il s’y sent bien car il est accueilli comme dans son propre pays...
* Les photos qui illustrent ce post ont été prises dans les rues de Diyarbakır et Urfa
Au moment où son empire avait atteint son apogée, le Sultan Süleyman s’inquiétait terriblement de le voir un jour s’effondrer. Il alla voir son frère de lait qui s’occupait du peuple, et lui demanda de rédiger une lettre au Saint Yayha connu pour sa sagesse. Sur cette missive, une seule question fut posée : Quel est le plus grand danger pour mon empire ?
La réponse ne se fit pas attendre longtemps, et se résuma à quelques mots calligraphiés noir sur blanc : Neme Lâzim be Sultanım ! qui pourrait se traduire par Qu’est ce que j’en ai à faire mon Sultan, ou encore Je m’en fiche mon Sultan. Süleyman ne comprenait pas, comment un Saint pouvait-il lui répondre une phrase qui puisse l'offusquer à ce point ?
Son sang ne fit qu’un tour. Non, il devait sûrement y avoir un sens caché derrière ces paroles familières.

Ainsi, il se rendit directement à la maison du Saint et lui demanda des explications : Yayha Efendi, comment pouvez-vous écrire de telles paroles, vous qui êtes rempli de sapience ? Cette phrase est trop simple et familière pour être écrite par vous. Je ne comprends pas, je ne peux pas croire que vous vous moquiez de moi.
Sur ce, le Saint lui répondit : Non, je ne me suis pas moqué de toi. Tu m’as demandé quel était le plus grand danger pour l’Empire Ottoman et je t’ai répondu... Si dans un état, il n’y a plus de justice, si les riches ne s’occupent plus des pauvres, si les besoins des gens ne sont pas pris au sérieux, si personne ne s’occupe de ceux qui n’ont plus de famille, si le peuple dit "Neme lâzım be Sultanım" alors on constatera le réel déclin de ton empire…

Quelle belle histoire... J’ai travaillé sur ce texte avec Aslı, mon professeur de turc (qui parle le perse et l’ottoman). C’est une histoire qui reflète bien la mentalité turque, et ces lignes historiques sont toujours d’actualité. Les turcs se soucient vraiment des autres, et bien souvent ils proposent leur aide sans rien attendre en retour. Voilà pourquoi quand un étranger s’installe ici, il s’y sent bien car il est accueilli comme dans son propre pays...
* Les photos qui illustrent ce post ont été prises dans les rues de Diyarbakır et Urfa