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Du miel aux épices d'Istanbul...

mercredi 6 août 2008

Mon blog en vacances



Dans quelques heures, nous prendrons notre envol pour la côte égéenne afin d'assister à un mariage. Puis, semaine prochaine, direction le Nord-Est de la Turquie pour retrouver un peu de fraîcheur et le doux accent des habitants de la Mer Noire. Ma plume prend ainsi un peu de repos jusqu'au 18 août.

Vous êtes plus de 1.500 lecteurs à vous connecter quotidiennement, en attendant de vous retrouver, je vous remercie pour votre fidélité et je vous laisse en compagnie d'un patchwork de photos prises à Istanbul.

Afin d'éviter tout problème technique, je ferme l'accès aux commentaires pendant une dizaine de jours.
A très vite...

lundi 4 août 2008

Apprendre le turc : Petit cours pour s'y retrouver.

Si j'en avais eu l'occasion, est-ce que j'aurais choisi le turc en seconde langue au collège au lieu de l'italien ? Très honnêtement non. Je pensais d'ailleurs, à la fin de mes études, ne jamais plus avoir à apprendre une nouvelle langue étrangère...
Et puis un jour, le destin a bouleversé tous mes plans, et me voilà habitant dans un pays où la communication est difficile, même avec les gestes ! Comme des milliers d'expatriés dans le monde, il a fallu alors prendre mon courage à deux mains et me remettre à étudier, apprendre des mots par coeur, me sentir comme un enfant de deux ans dont le vocabulaire se réduit à quelques phrases de survie.
Pour apprendre une langue étrangère, il n'y a pas de secret : Il faut être motivé, curieux, persévérant et faire preuve de discipline.


Mais qu'y-a-t-il à 15 km ?!

Quelques étrangers vivent depuis des années en Turquie, mais ne savent pourtant pas aligner deux mots en turc, ils s'en sortent toujours pour communiquer en parlant en anglais, français ou allemand. Certains diront que c'est un manque de respect vis à vis du pays qui les accueille, d'autres vous affirmeront qu'il est difficile, après une journée de travail et son lot de responsabilités, d'enchaîner ensuite sur 2 heures de cours de langue. Après tout, chacun fait ce qu'il veut et surtout ce qu'il peut, mais je me demande comment s'intégrer dans un pays et comprendre sa culture sans pouvoir vraiment communiquer ? Mystère...


Enfants de Diyarbakır

Quoiqu'il en soit, en ce qui me concerne, j'ai eu un déclic radical pour être motivée comme personne pour apprendre le turc. Je me suis retrouvée à un enterrement dans le sud de la Turquie. Seule dans une pièce avec une veuve en pleurs, je n'ai pas pu lui communiquer mes condoléances ni même la consoler avec des mots. Ainsi, dès ma première année passée à Istanbul, j'ai pris des cours de turc afin de pouvoir me débrouiller vite dans la vie de tous les jours. J'ai eu de la chance, mon professeur (que j'ai trouvé en regardant les petite annonces affichées sous le porche du Consulat de France) avait le même âge que moi et préparait nos cours avec grand soin.

Il existe plusieurs méthodes pour apprendre le turc, cours collectifs, cours particuliers, livres : A chacun de composer selon ses envies, son temps libre et son budget. Vous trouverez ci-dessous quelques pistes pour apprendre le turc en étant basé en Turquie ou partout dans le monde.

Sur place : Les écoles de langue

De nombreuses écoles proposent des cours de turc dans les grandes villes de Turquie. Voici celles qui ont été testées par des amis à moi et qui ont fait leurs preuves : Méthodes Livres et CD

  • Assimil : Je ne connais pas les dernières versions. Celle que j'ai pu feuilleter en 2002 me semblait obsolète. Les dialogues et le vocabulaire s'y rapportant n'était pas très intéressant pour la vie professionnelle. De même, la méthode était truffée de fautes. Mais peut-être que cette méthode a évolué depuis ?


  • Worbook (Turkish for foreigners). Cette méthode est publiée par l'Université de Boğazici mais attention, elle est réservée aux anglophones. Plusieurs livres ont été édités (avec CD, exercices, grammaire). Personnellement, c'est la méthode sur laquelle j'ai appris le turc et je continue d'étudier sur les différents tomes. Je trouve la collection très claire, ordonnée, et le vocabulaire est adapté aussi bien à la vie professionnelle qu'à la vie pratique. En vente dans toutes les bonnes librairies turques.

Internet : Cours de turc en ligne
Dictionnaire franco-turc en ligne

Il en existe beaucoup, voici mes préférés :

Dois-je rajouter que, pour progresser rapidement en turc, tous les moyens sont bons... ou presque !? Regarder les chaînes turques, écouter de la musique, lire la presse locale, faire une année Erasmus à Istanbul ou à Ankara, discuter avec les commerçants, avoir un petit copain turc / une petite copine turque, etc ;)
Et vous, comment avez-vous fait pour apprendre le turc ?

vendredi 1 août 2008

Vie de chien

J’aurais pu finir comme Mr. Bones ou comme Croc Blanc mais le destin en a decidé autrement. Abandonné dans une forêt de Tarabya avec mes 8 frères et soeurs, j’ai été recueilli par un jeune homme avec toute ma smala dans un petit appartement où il y avait déjà un animal à quatre pattes.



On avait dit à mon nouveau maître français, venu me chercher quelques semaines plus tard, qu’avoir un chien était le meilleur moyen pour appâter les femmes, mais pur mensonge ! En Turquie, c’est le meilleur moyen de les éloigner. Ceux ou celles qui osent me caresser sont souvent des touristes, c’est malheureux à dire mais je fais peur à la plupart des habitants de la ville, pourtant je n’ai jamais mordu personne et j’adore les câlins. Quand les gens me voient, ils adoptent une gestuelle caricaturale.



Chacune de mes sorties fait rire mon maître, car c’est souvent les plus costauds qui changent de trottoir ou font des bonds de deux mètres quand je les frôle. Ces demoiselles sont encore plus comiques, elles poussent des cris perçants en me voyant comme si j'étais un monstre ou beuglent des “Of ya” à tout va. Du haut de mes 60 cm, tirant mon maître avec ma laisse, je suis devenu la terreur de Beyoğlu, moi Yakamoz, âgé de 6 mois.



Ce que j’aime par dessus tout lors de ma promenade matinale, c’est le vendeur de tickets de loterie et son acolyte le vendeur ambulant de sandwiches. Afin que je m’éloigne d’eux, ils me lancent chacun à leur tour, et ce chaque matin, une tranche de mortadelle et m’ordonnent ensuite de partir. Mon maître a beau leur dire de ne rien me donner, ils ne peuvent pas s’en empêcher, c’est devenu leurs frissons du matin.



Ce qui me désole le plus, c’est ce manque d’espace vert, je dois chaque jour marcher de longues minutes afin de trouver un parc dans lequel je puisse courir sans pour autant faire déguerpir les gens qui sont installés dans l'herbe. Les turcs ont souvent peur des chiens, même des tout petits tout mignons car on leur a parlé depuis leur tendre enfance de la rage des chiens errants. De même, à la campagne, les chiens qui gardent les maisons et les troupeaux sont vraiment impressionnants, on les appelle les Kangal. Mais heureusement, la Turquie compte de plus en plus d’animaux domestiques.



Moi, avec ma petite queue en tourbillon, je suis de la famille des Karabaş, et mon maître m’a donné le nom de Yakamoz (= reflet de la lune dans l'eau) car j’ai une grosse tache blanche sur la tête.
Quand je traverse Istiklal Caddesi, c’est pour moi un vrai calvaire. D’un côté, je vois tous ces gens qui ont peur de moi et qui maudissent mon maître alors que je n’ai même pas aboyé. D’un autre, mille et une odeurs me parviennent à la truffe : Sucuk ou agneau grillé excitent mes papilles.



Hier, le vétérinaire m’a dit que je prendrai encore 10 kilos : Je sens que je vais provoquer des sueurs froides dans les rues de Beyoğlu, moi qui dors étalé par terre, tel un gros loukoum toute la sainte journée, comme la plupart des chiens errants turcs. Je me demande si à cause des réactions emphatiques des gens, je ne vais pas devoir un jour quitter Istanbul, alors que les chats sont adulés partout...
Quelle vie de chien.