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Du miel aux épices d'Istanbul...

dimanche 10 janvier 2010

Le samedi, c'est Bomonti !



Une étude menée dans quelques pays industrialisés révèle que les hommes et les femmes se tournent vers les produits bio pour deux raisons majeures : La venue d'un enfant ou le diagnostic d'une maladie grave (cancer le plus souvent).



Le samedi, quand nous avons le temps, c'est direction le marché de Bomonti / Feriköy, qui s'agrandit d'année en année et qui est spécialisé dans les produits bio. Légumes et fruits de saison y sont vendus mais vous y trouverez aussi des oeufs, de l'huile d'olive, du pain, des féculents, des gözleme, des gâteaux, des produits textiles en coton organique et plein d'autres choses encore.



Mais j'entends déjà des voix qui s'élèvent : "Le bio c'est cher", Je vous dirai que oui et non... Oui, quelques produits sont plus chers, par exemple en ce qui concerne les fruits et légumes, les agriculteurs ont moins de rendement, ils ont besoin de plus de main d'oeuvre et n'ont pas de subventions de l'état comme c'est le cas pour l'agriculture de masse. Cependant, consommer bio, c'est changer nos habitudes alimentaires.



Premièrement, il s'agit d'acheter les produits de saison, adieu les tomates et les fraises en plein hiver. Ensuite, il s'agit de diversifier les apports protéiques, et ainsi de déguster beaucoup plus de féculents et légumineuses que de viande ou de volaille. Enfin, il faut dire adieu à la plupart des produits industrialisés avec leurs emballages individuels qui polluent la planète et nos intestins. Il suffit de regarder tous les colorants, conservateurs, sucres et sel que l'on met dans les gâteaux industrialisés et plats tout prêts pour en être dégouté...



Le superbe (et terrifiant à la fois) documentaire "Nos enfants nous accuseront" commence avec cette constatation édifiante : "Cette nouvelle génération d'enfants est la première dans l'histoire moderne à être en moins bonne santé que ses parents". Tout comme certains ouvrages l'expliquent, la santé passe avant tout par l'assiette ! (cf ouvrages de France Guillan; David Servan-Schreiber, etc).



Bref, si vous aussi vous souhaitez vous mettre au bio et commencer l'année 2010 sainement, RV tous les samedis au marché bio de Feriköy - Bomonti (Şişli) !

lundi 2 novembre 2009

Denizden *



Une combinaison de plongée, un appareil photo et son boitier étanche ainsi qu'une grande dose de créativité : Alptekin Baloğlu, passionné de photographie sous-marine, a eu un jour la folle idée de saisir la beauté d'Istanbul sous un nouvel angle.



C'est en effet dans (ou sous) les flots du Bosphore qu'il a pris ces clichés surprenants et inventifs.



Le tout se regroupe dans un livre magnifique intitulé Bosphorus by the sea.



Une idée de cadeau original qu'on ne se lasse pas de regarder...



D'autres photos sont disponibles sur le site du photographe : www.alptekinbaloglu.com. Son livre est en vente dans toutes les bonnes librairies de Turquie !



* Denizden : De la mer

jeudi 17 septembre 2009

Doğançay Müzesi : Le premier musée d’art contemporain en Turquie

C’est dans un immeuble grec vieux de 150 ans, situé dans Beyoğlu, qu’a ouvert le musée de Doğançay en 2004. Entièrement autofinancé, ce musée a pour but de sensibiliser les générations futures et présente les oeuvres d'Adil et Burhan Doğançay.



Dans cette famille turque, la peinture est une passion qui se transmet de père en fils. Adil Doğançay, né en 1900, officier cartographe dans l’armée turque, était un peintre impressionniste remarquable, aimant les paysages de bord de mer et de campagne.



Son fils Burhan, initié très jeune à la peinture dans l’atelier de son père (situé dans le sous-sol de la maison familiale) a étudié l’art à Paris. Il a voyagé dans 113 pays et parle 6 langues étrangères. Profondément marqué par New York et par ses murs aux graffitis colorés, il s’est inspiré de cette forme d'art pour réaliser tous ses collages.



Les oeuvres de Burhan appartiennent aux collections permanentes de 55 musées étrangers. En 2001, une rétrospective lui a été entièrement consacrée au Centre Culturel de Dolmabahçe à Istanbul.



Au musée de Doğançay, un étage est réservé aux peintures impressionnistes et aquarelles, les autres étages laissent place à des oeuvres plus modernes (peintures, collages et photographies). A noter que le thé y est servi gratuitement tous les jours de 15h à 17h.



Doğançay Müzesi
Balo sokak 42, Beyoğlu
Ouvert tous les jours de 10h à 18h.
www.dogancaymuseum.org

lundi 7 septembre 2009

Orient-Express : Attention au départ !



Pas une poussière n’osait effleurer sa belle carrosserie bleue marine, lustrée au centimètre près...



Tapis rouge, orchestre, banderole souhaitant en français un “bon voyage” : Aucun détail n'a été oublié pour le départ de l’Orient Express en gare de Sirkeci vendredi dernier.



Il faut dire que ce train mythique (datant de 1883), rendu célèbre par le roman d’Agatha Christie, ne vient en Gare d’Istanbul qu’une fois par an.



Sur le quai de la gare, quelques touristes curieux, venus admirer les beaux wagons de ce train en partance pour Venise. A 16h pile, la cloche a résonné et l'Orient-Express s'est éloigné des quais, avec élégance.



Un jour peut-être, je ferai partie du voyage (soupirs). En attendant, j'ai été bien heureuse d'admirer enfin ce convoi qui véhicule tant d'histoires mais qui se fait si rare de nos jours...

mardi 20 janvier 2009

Lumières d'Istanbul

A cette époque de l'année, la luminosité est particulièrement belle à Istanbul. Tous les ingrédients sont réunis pour réussir de magnifiques photos ou s'adonner aux joies de l'aquarelle.


Sainte Sophie et la mosquée Bleue*

Le matin, Topkapı Sarayı et les mosquées de la Corne d'Or se réveillent les pieds dans la brume, les minarets s'étirent peu à peu et, en fin de matinée, on les distingue plus nettement s'élevant vers le ciel.


Le Palais de Topkapı*

Chaque matin, la petite vue que nous avons sur le Bosphore à travers les antennes paraboliques diffère, on passe des camaïeux de gris bleu aux dégradés de tons chauds. Chaque jour, Istanbul se montre sous un nouveau jour.


Photo prise d'Üsküdar

Quand j'aperçois la brume hivernale istanbuliote, je ne peux pas m'empêcher de sourire intérieurement. Je me souviens de mes premiers pas en turc, quant au lieu d'annoncer à mes amis en pointant le ciel çok sis var (il y a beaucoup de brouillard), j'articulais çok şiş var (il y a beaucoup de brochettes). Moralité : On ne s'improvise pas météorologue, mais on peut tout de même apprécier certains phénomènes atmosphériques...

* Merci à Fred d'être monté sur le toit de notre immeuble un matin pour prendre ces quelques clichés.

vendredi 12 décembre 2008

Parc de Gülhane



Quelle que soit la saison, les citadins en manque d'air pur apprécient toujours les espaces verts situés dans les grandes villes. L'été, ils y passent des heures allongés sur la pelouse, plongés dans un bon roman, un journal ou installés autour d'un pique-nique.



L'hiver, ils s'y promènent en famille avant d'aller se réchauffer dans un café pour siroter une tasse de çay ou de Sahlep. A Istanbul, les parcs sont plutôt rares et quand on a l'occasion de se balader au milieu d'arbres centenaires, on respire à plein poumon et l'on apprécie les doux parfums de la nature qui viennent chatouiller nos narines.



La parc de Gülhane est un de mes préférés, parce qu'il est situé au pied du magnifique Palais de Topkapı et qu'il respire la sérénité. De nombreux couples se prélassent près de la colonne byzantine de Claude le Goth, sur les bancs publics.



Autrefois, les Sultans étaient les seuls à pouvoir jouir de ce jardin impérial fleuri d'innombrables roses. Depuis la fin de l'Empire Ottoman, ce parc est devenu public et constitue un des plus vieux parcs de la capitale culturelle de la Turquie.



Le district d'Eminönü veille à la propreté de cet endroit verdoyant, d'ailleurs lors de notre dernière promenade au milieu des calèches et des familles, nous avons pu constater que les jardiniers travaillaient même le dimanche et étaient en train de replanter des fleurs multicolores.



A l'intérieur du parc, il existe quelques cafés sans prétention où l'on peut siroter des verres de çay en se délectant, sans remord, de la vue magnifique sur le Bosphore. Pour peu, on oublierait parfois qu'on est dans une des villes les plus peuplées du monde...

mercredi 5 novembre 2008

Küçükpazar



Elles se cachaient dans la pénombre, les cheveux recouverts d’un voile fin aux motifs fleuris, je ne sais plus comment je les ai aperçues tant elles étaient discrètes, à moitié dissimulées derrière l'opacité des rideaux d’une maison en bois. Ces deux grands-mères observaient leurs petits-enfants débraillés descendre les rues abruptes à califourchon sur des bouteilles en plastique, complétement aplaties.



Leurs regards trahissaient une certaine tristesse. Ces deux vieilles dames ne devaient pas ignorer qu’un siècle auparavant, ceux qui habitaient là faisaient parti de l’élite istanbuliote. Mais à présent, ce quartier est habité par des ménages modestes ou pauvres.



Les familles du quartier de Küçükpazar vivent ici leurs dernières années, peu à peu les habitants devront partir sous la pression de la municipalité qui rachète les m2 en échange de liasses de YTL. Toutes ces vieilles maisons en bois qui dominent la corne d’or seront rénovées d'ici les prochaines années, le quartier, qu'on se le dise, devra retrouver ses armoiries.



Situé en contrebas de la Mosquée de Süleymaniye, Küçükpazar est un de ces vieux districts d’Istanbul où le linge sèche en oscillant sur un fil dans les rues délabrées, où une maison sur deux part en friches, où l’on peut encore admirer l’architecture des vieux yalı.



La municipalité souhaite qu’Istanbul devienne un musée à ciel ouvert et s’efforce de sauvegarder les dernières empreintes de son passé : 2010 est un tournant à ne pas rater.



Mais un problème de taille se pose : Une fois rénové, qui habitera dans ce vieux quartier lifté, difficile d'accès, et sis au milieu des commerces populaires d'Eminönü ? Les riches familles ? Non, elles préféreront habiter dans des quartiers résidentiels ultra modernes. Les familles modestes alors ? Je crains que les loyers ne soient beaucoup trop élevés pour elles.



Bref, le pari urbain n'est pas gagné d'avance. Les familles qui habitent encore là emporteront assurément dans leurs derniers cartons ces éléments impalpables qu'on ne peut reproduire avec une truelle et quelques planches en bois : Une âme, les couleurs d'une vie et les rires et cris des enfants...

lundi 3 novembre 2008

Masumiyet Müzesi

C’est ce qu’on appelle un bel effet d’annonce, ou bien encore une jolie fourberie. Orhan PAMUK, auteur de plus d'une dizaine de romans à succès, ne nous avait pas habitués à un tel génie marketing...



Dans son dernier roman publié en Turquie (et pas encore traduit en français) s’intitulant Masumiyet Müzesi, il nous raconte une histoire d’amour entre un homme et une femme issus de deux classes différentes dans les années 70. Il y décrit notamment un musée un peu particulier, le musée de l’innoncence, situé dans le quartier de Çukurcuma à Istanbul.



Fiction ou réalité ? Les bruits circulent en Turquie que ce musée existe bel et bien, d’ailleurs, dans les pages de son dernier roman, Orhan PAMUK nous donne le plan d’accès et nous offre une entrée gratuite.
Comme j’habite dans les environs de ce quartier, quelques uns de mes amis m’ont demandé si j’étais allée visiter ce musée. Mais, nous promenons souvent Yakamoz dans Çukurcuma et je n'avais jusqu'alors jamais remarqué un tel bâtiment. Aussi, j’ai voulu en avoir le coeur net et je me suis rendue sur Çukurcuma Caddesi au numéro 24 comme le stipule le roman du prix Nobel de littérature en 2006.



Sur place, je retrouve le vieil appartement de Brukner mais pas l’ombre d’un musée, les fenêtres sont murées, le bâtiment semble être en pleine rénovation. Je questionne alors un antikacı qui a pignon sur rue à quelques mètres de là, il me certifie qu’Orhan PAMUK est bien le propriétaire de cette maison et qu’il y ouvrira bientôt le musée de l’innocence.


Bâtiment qui accueillera prochainement le musée d'Orhan PAMUK

Aussi, je mets officiellement fin aux rumeurs immobilières et culturelles les plus folles, non Orhan PAMUK n’a pas encore ouvert son musée dans Beyoğlu. Quant à savoir la date d’ouverture, je n’ai malheureusement à ce jour aucune indication à sujet, mais soyez certains d’une chose, Yakamoz se chargera de flairer le moindre indice lors de nos promenades journalières...

jeudi 31 juillet 2008

Embarquement immédiat

Partir en croisière en fait rêver plus d’un, même après avoir visionné le film “Titanic”. Seulement voilà, parcourir les mers en ne voyant au loin qu’un horizon de bleu n’est pas un rêve accessible à tout le monde. Ces voyages sur les flots où luxe, confort et découvertes flirtent ensemble ont un prix plutôt élevé.



Heureusement, le Bosphore existe et ses flots sont accessibles à tous et à tout moment de la journée pour quelques YTL. D’ailleurs, traverser le Bosphore de long en large ou d’une rive à l’autre est fortement recommandé si l'on veut mesurer toute la magnificence d’Istanbul.



Il existe plusieurs façons de s’offrir une petite croisière à Istanbul. Certains bateaux partent pour la journée entière et vous emmèneront jusqu’à l’embouchure de la Mer Noire. D’autres vous conduiront au contraire vers les Iles aux Princes.



Et pour les plus pressés, il suffit de prendre des embarcations privées qui proposent quelques heures de croisière, ou plus simple encore, de copier ces nombreux turcs qui habitent sur la rive asiatique et travaillent sur la rive européenne (ou vice versa) et qui utilisent les ferryboats quotidiennement pour éviter d’être engorgés dans les embouteillages sur un des ponts du Bosphore.



Prêt pour l’embarquement ? Je vous emmène aujourd'hui sur le bateau qui fait la liaison entre Kabataş et Kadıköy. A son bord, les usagers côtoient les touristes. La traversée ne dure qu’une quinzaine de minutes mais il y a tout à bord pour votre confort. Des sièges rembourés à l’intérieur comme à l’extérieur, un bakkal (épicier) pour pallier aux petits creux, quelques verres de çay ou de jus d’oranges pressées. Le serveur arpente tout le navire, son plateau posé sur l’épaule, en sillonnant entre les passagers.



Gilets de sauvetage, bouées : Que les plus peureux se rassurent, les accidents sont rares, malgré le trafic maritime dense où pétroliers et chimiquiers font de l’ombre aux navires de plaisance et aux bateaux municipaux.



Je n’ai pas encore eu le temps de décrire tout ce qu’il y à bord du bateau que l’on aperçoit déjà l’Iskele, le quai de Kadıköy où la foule attend pour faire le chemin inverse. Tout est tellement bien organisé qu’il ne faut que quelques minutes aux passagers pour descendre et monter sans se croiser sur les passerelles.


Iskele de Kadıköy

La croisière s'achève ainsi, on regretterait presque de mettre déjà un pied à terre. Pour se consoler, il ne nous reste plus qu’à naviguer sur le site web d’IDO, afin de connaître les prochains départs des ferryboats. Ce ne sont pas les Iskele qui manquent !
Et si vous avez envie d'un peu d'intimité à bord, sachez que des petits bateaux-taxi sont à votre disposition depuis peu. Cela vous coûtera bien plus cher que d'emprunter un ferryboat, mais ce sera certes le moyen le plus rapide, et le plus romantique, pour atteindre l'autre rive...


Taxi des mers mis en place par IDO

vendredi 18 juillet 2008

Cihangir



Les grandes métropoles évoluent sans cesse, les boutiques s’ouvrent ou se ferment, les centres villes se vident, certains quartiers se figent alors que d’autres éclosent... Tel est la cas du quartier de Cihangir, situé entre le Bosphore et la place de Taksim. Autrefois mal fréquenté et peu recommandé pour s’y loger, il est à présent un des quartiers les plus en vue d’Istanbul.



Les expatriés, tous comme les étrangers de façon plus générale, tombent souvent sous le charme de ses rues étroites et colorées, des appartements avec vue sur le Bosphore, de ses commerces de proximité. Les cafés et les bars fleurissent avec des noms branchés, les chiens entraînent leurs maîtres jusqu’au parc : Cihangir a vraiment une âme digne de certains quartiers parisiens.



Pas étonnant qu’il attire dans sa toile urbaine artistes divers et jeunes turcs en recherche de bohème. Ici, les escaliers sont nombreux, Cihangir est un quartier escarpé qu'il est bon de parcourir à pied.



Les soirs de semaine ou pendant le week-end, les terrasses des cafés situés au pied de la mosquée de Firuaz fourmillent de clients en manque d’air frais... et de bruits. Les emlakcı (agents immobiliers) se frottent les mains, les prix de l'immobilier ont doublé voir triplé ces six dernières années, certains appartements ont une vue panoramique incroyable sur la rive asiatique, le pont du Bosphore et Topkapı.



Comme partout ailleurs, les vendeurs ambulants aiguisent leurs voix du matin au soir afin de vendre leur pacotille. Quand la nuit tombe, les rues se désertent, mais les bars et les restaurants sont encore fréquentés par ceux qui ne veulent pas encore embrasser la nuit.



Cihangir est un quartier dans lequel on se sent bien, on y prend ses repères facilement. De même, le Bosphore, qui caresse les horizons, n’est jamais loin et surgit toujours de façon inopinée, au coin d’une rue, un peu comme un chien errant.

vendredi 30 mai 2008

Musée de Pera


A gauche, une célèbre peinture à l'huile "Kahve Keyfi" (18e. s)

Le bâtiment qui accueille le musée de Pera fut construit en 1893 par l’architecte Achille Manoussos afin d’y abriter le célèbre hôtel Bristol. Seule la façade d’origine a été conservée, tout l’intérieur a été détruit, remanié et mis aux normes anti-sismiques par l’architecte Sinan Genim, afin d’être réouvert en juin 2005 en tant que musée.



La fondation Suna* et Inan KIRAÇ a fait don de sa collection privée au musée de Pera. Ainsi, sur deux étages sont présentés des collections permanentes d’objects archéologiques (mesures et poids), des portraits officiels de Sultans ainsi que quelques oeuvres anciennes en céramique.



Les autres étages accueillent des collections temporaires d’Art. Le musée de Pera présente jusqu’au 31 août 2008 des oeuvres du peintre, sculpteur et céramiste espagnol Joan Miró ainsi qu’une retrospective de deux artistes connus (Dogançay et Villeglé Collage Décollage) jusqu'au 17 juillet 2008.



Si vous préférez les choses plus classiques, rien ne vous empêche de vous plonger dans les grandeurs de Constantinople et d’admirer la très belle collection (permanente) de peintures orientales (plus de 300 au total).

Musée de Pera
Meşrutiyet Cad. 65, Tepebaşı - Beyoğlu
Fermé le lundi.
Ouvert mardi au samedi de 10h à 19h et dim. de 12h à 18h,
Entrée payante (7 YTL - environ 4 €)
A noter que certains étages du musée sont actuellement fermés au public pour rénovation.

* Suna est la fille du fondateur du groupe KOÇ, une des plus grosses fortunes de Turquie.

jeudi 8 mai 2008

Fatih



Peuplé de femmes qui portent le tchador noir, cet endroit peut paraître un peu intimidant pour certains. Les cheveux qui flottent librement sur les épaules sont rares, pourtant le district historique avec ses touristes en shorts et en débardeurs n'est pas bien loin. Bienvenus à Fatih, connu comme étant l'un des quartiers les plus traditionalistes d'Istanbul.



Quand on fait un peu de lèche-vitrines sur Kardeşler Caddesi, on est surpris par les tenues colorées, pailletées et extravagantes destinées aux femmes voilées. L’industrie du textile nous prouve une fois encore qu'elle a toujours su s’adapter.



La mosquée de Fatih (1470), en plein travaux de rénovation, vaut le coup d’oeil avec son jardin cloturé et peuplé d’innombrables chats de toute race. En sortant de ce lieu de prière, qu’il est agréable d’arpenter Fatih Caddesi, une rue pavée et bordée de commerces alimentaires.



Que ramener dans son panier de courses ? Du pain de Trabzon ou une énorme motte de beurre ? Quelques fruits secs ? Pour nous ce sera du fromage ainsi qu’un gâteau de cire et de miel.



Les commerçants sont adorables, toujours prêts à nous faire goûter leur production locale. D'ailleurs, les prix sont nettement inférieurs comparés à ceux pratiqués dans le quartier de Beyoğlu.



Fatih est finalement un quartier turc accueillant et calme pour les occidentaux qui le traversent. Même s'il est vrai qu'être étranger nous permet une plus grande marge de liberté, la Turquie possède ce joyau qu'on appelle la tolérance : En traversant les quartiers les plus islamistes, on ne se sent pas en insécurité. On côtoit sans arrêt cheveux décolorés et tchador, punks rasés et barbes longues, églises et mosquées. Une belle leçon d'humanité.

mercredi 30 avril 2008

Iskele



La brise est agréable,
Comme une légère caresse matinale,
Les premiers arrivés semblent absorbés,
Par de belles et profondes pensées.

Dans le ciel adouci, on distingue quelques mouettes,
Qui viennent attiser les derniers poètes,
Elles piaillent, virevoltent, battent des ailes,
Et effleurent ces quelques barques bleues et frêles.

Soudain, quand la sirène vibre et retentit,
Le temps se brusque à brûle-pourpoint, sur le quai
Les passagers descendent en toute hâte du ferry,
Alors qu’il vient tout juste d’amarrer.

Les pontons craquettent, les gens se bousculent ,
En quelques minutes, le bâteau se vide et se gonfle à nouveau.
Il est enfin prêt pour le départ, l’Iskele recule,
L’embarcation s’élance alors mollement sur les flots.

Le trajet sur le Bosphore n'est pas très long,
Et berce tendrement les âmes, sur son ruban oblong.
Les voyageurs voguent avec mélancolie,
En distinguant l’Iskele opposé, qui prend timidement vie.

Iskele : Se prononce "Iskélé" et signifie quai, embarcadère .

lundi 21 avril 2008

Bit Pazarı



S'engouffrer dans ce lieu Insolite, c’est un peu comme revêtir la peau de Dan Brown. Il y a tant d’objets anciens à découvrir et remplis de secrets qu’on en écrirait presque un roman palpitant. Pourtant, l’immeuble qui accueille ces quatre étages de boutiques d’antiquités, où se mélangent bric et broc et meubles anciens, ressemble à un vulgaire bâtiment sans âme.



A Üsküdar, Bit Pazarı n’est pas connu de tous, il est pourtant facile à trouver, situé à quelques pas de l’embarcadère derrière la mairie (Belediye). Les amoureux des antiquités se rendent plutôt sur Turnacıbaşı Sokak, il est donc rare de croiser des touristes par ici.



Il faut négocier chaque pièce ancienne avec tact, et s’aventurer dans les petites échoppes pour y déceler des trésors : Vieilles portes en bois sculptées, serrures datant du siècle dernier, machine à coudre obsolète, fontaines en marbre.



Bit Pazarı
Antikacılar Çarşısı
Büyük Hamam Sok. 19
Üsküdar

mardi 15 avril 2008

Akaretler

Quand on déambule dans les rues d’Akaretler, on comprend mieux pourquoi les guides touristiques sont remis à jour en moyenne tous les 18 mois. Il y a quelques années de cela encore, ce quartier était plutôt discret, enserré entre la popularité de Beşiktaş et l’élégance de Nişantaşı. Il aura fallu attendre que le Directeur de la chaîne d’Hôtels W tombe sous le charme d’Istanbul et décide d'y ouvrir un hôtel pour que ce quartier retrouve ses lettres de noblesse.


A gauche l'entrée de l'hôtel W

Ces maisons de style néoclassiques accolées les unes aux autres ont été édifiées dans la deuxième moitié du 19e siècle par le Sultan Abdulaziz, et hébergeaient les personnes venues pour travailler à l’époque sur un chantier architectural de taille : La construction du Palais de Dolmabahçe.
Après plusieurs années de rénovation, le quartier arbore à présent, et fièrement, son nouveau visage lifté. Dommage que les photos soient interdites dans l’enceinte de l’hôtel W, la pièce centrale du quartier. J’aurais aimé vous montrer cette décoration raffinée qui change toutes les saisons, j’aurais voulu qu’on s’attable dans le Spice Market de Jean-Georges, ou que l’on visite ensemble l'une des chambres aux allures contemporaines qui se louent à partir de 400 € la nuit.



Il faudra se contenter de Chloé, de Jimmy Choo et d’autres marques de luxe qui viennent de s’éclorent à deux pas de là. Akaretler n’a pas encore ouvert officiellement qu’il fait déjà de l’ombre à Istinye Park, et mésestime Nişantaşı. Les grands restaurants de la ville se disputent d'ailleurs les espaces libres qui n'ont pas été encore loués par de grands cabinets d'architectes ou d'avocats.

Il semblerait qu'Istanbul s'approprie peu à peu la devise Whatever Whenever* des hôtels W. Luxuriance, originalité, Arrogance : Istanbul est en pleine évolution urbaine et il faudra suivre cette rapide transformation de près. Les fantômes de l'ancienne capitale Ottomane rêvent sûrement, sournoisement, de renouer avec la magnificence d'antan...

*N'importe quoi, n'importe quand

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