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Du miel aux épices d'Istanbul...

jeudi 31 juillet 2008

Embarquement immédiat

Partir en croisière en fait rêver plus d’un, même après avoir visionné le film “Titanic”. Seulement voilà, parcourir les mers en ne voyant au loin qu’un horizon de bleu n’est pas un rêve accessible à tout le monde. Ces voyages sur les flots où luxe, confort et découvertes flirtent ensemble ont un prix plutôt élevé.



Heureusement, le Bosphore existe et ses flots sont accessibles à tous et à tout moment de la journée pour quelques YTL. D’ailleurs, traverser le Bosphore de long en large ou d’une rive à l’autre est fortement recommandé si l'on veut mesurer toute la magnificence d’Istanbul.



Il existe plusieurs façons de s’offrir une petite croisière à Istanbul. Certains bateaux partent pour la journée entière et vous emmèneront jusqu’à l’embouchure de la Mer Noire. D’autres vous conduiront au contraire vers les Iles aux Princes.



Et pour les plus pressés, il suffit de prendre des embarcations privées qui proposent quelques heures de croisière, ou plus simple encore, de copier ces nombreux turcs qui habitent sur la rive asiatique et travaillent sur la rive européenne (ou vice versa) et qui utilisent les ferryboats quotidiennement pour éviter d’être engorgés dans les embouteillages sur un des ponts du Bosphore.



Prêt pour l’embarquement ? Je vous emmène aujourd'hui sur le bateau qui fait la liaison entre Kabataş et Kadıköy. A son bord, les usagers côtoient les touristes. La traversée ne dure qu’une quinzaine de minutes mais il y a tout à bord pour votre confort. Des sièges rembourés à l’intérieur comme à l’extérieur, un bakkal (épicier) pour pallier aux petits creux, quelques verres de çay ou de jus d’oranges pressées. Le serveur arpente tout le navire, son plateau posé sur l’épaule, en sillonnant entre les passagers.



Gilets de sauvetage, bouées : Que les plus peureux se rassurent, les accidents sont rares, malgré le trafic maritime dense où pétroliers et chimiquiers font de l’ombre aux navires de plaisance et aux bateaux municipaux.



Je n’ai pas encore eu le temps de décrire tout ce qu’il y à bord du bateau que l’on aperçoit déjà l’Iskele, le quai de Kadıköy où la foule attend pour faire le chemin inverse. Tout est tellement bien organisé qu’il ne faut que quelques minutes aux passagers pour descendre et monter sans se croiser sur les passerelles.


Iskele de Kadıköy

La croisière s'achève ainsi, on regretterait presque de mettre déjà un pied à terre. Pour se consoler, il ne nous reste plus qu’à naviguer sur le site web d’IDO, afin de connaître les prochains départs des ferryboats. Ce ne sont pas les Iskele qui manquent !
Et si vous avez envie d'un peu d'intimité à bord, sachez que des petits bateaux-taxi sont à votre disposition depuis peu. Cela vous coûtera bien plus cher que d'emprunter un ferryboat, mais ce sera certes le moyen le plus rapide, et le plus romantique, pour atteindre l'autre rive...


Taxi des mers mis en place par IDO

vendredi 18 juillet 2008

Cihangir



Les grandes métropoles évoluent sans cesse, les boutiques s’ouvrent ou se ferment, les centres villes se vident, certains quartiers se figent alors que d’autres éclosent... Tel est la cas du quartier de Cihangir, situé entre le Bosphore et la place de Taksim. Autrefois mal fréquenté et peu recommandé pour s’y loger, il est à présent un des quartiers les plus en vue d’Istanbul.



Les expatriés, tous comme les étrangers de façon plus générale, tombent souvent sous le charme de ses rues étroites et colorées, des appartements avec vue sur le Bosphore, de ses commerces de proximité. Les cafés et les bars fleurissent avec des noms branchés, les chiens entraînent leurs maîtres jusqu’au parc : Cihangir a vraiment une âme digne de certains quartiers parisiens.



Pas étonnant qu’il attire dans sa toile urbaine artistes divers et jeunes turcs en recherche de bohème. Ici, les escaliers sont nombreux, Cihangir est un quartier escarpé qu'il est bon de parcourir à pied.



Les soirs de semaine ou pendant le week-end, les terrasses des cafés situés au pied de la mosquée de Firuaz fourmillent de clients en manque d’air frais... et de bruits. Les emlakcı (agents immobiliers) se frottent les mains, les prix de l'immobilier ont doublé voir triplé ces six dernières années, certains appartements ont une vue panoramique incroyable sur la rive asiatique, le pont du Bosphore et Topkapı.



Comme partout ailleurs, les vendeurs ambulants aiguisent leurs voix du matin au soir afin de vendre leur pacotille. Quand la nuit tombe, les rues se désertent, mais les bars et les restaurants sont encore fréquentés par ceux qui ne veulent pas encore embrasser la nuit.



Cihangir est un quartier dans lequel on se sent bien, on y prend ses repères facilement. De même, le Bosphore, qui caresse les horizons, n’est jamais loin et surgit toujours de façon inopinée, au coin d’une rue, un peu comme un chien errant.

vendredi 30 mai 2008

Musée de Pera


A gauche, une célèbre peinture à l'huile "Kahve Keyfi" (18e. s)

Le bâtiment qui accueille le musée de Pera fut construit en 1893 par l’architecte Achille Manoussos afin d’y abriter le célèbre hôtel Bristol. Seule la façade d’origine a été conservée, tout l’intérieur a été détruit, remanié et mis aux normes anti-sismiques par l’architecte Sinan Genim, afin d’être réouvert en juin 2005 en tant que musée.



La fondation Suna* et Inan KIRAÇ a fait don de sa collection privée au musée de Pera. Ainsi, sur deux étages sont présentés des collections permanentes d’objects archéologiques (mesures et poids), des portraits officiels de Sultans ainsi que quelques oeuvres anciennes en céramique.



Les autres étages accueillent des collections temporaires d’Art. Le musée de Pera présente jusqu’au 31 août 2008 des oeuvres du peintre, sculpteur et céramiste espagnol Joan Miró ainsi qu’une retrospective de deux artistes connus (Dogançay et Villeglé Collage Décollage) jusqu'au 17 juillet 2008.



Si vous préférez les choses plus classiques, rien ne vous empêche de vous plonger dans les grandeurs de Constantinople et d’admirer la très belle collection (permanente) de peintures orientales (plus de 300 au total).

Musée de Pera
Meşrutiyet Cad. 65, Tepebaşı - Beyoğlu
Fermé le lundi.
Ouvert mardi au samedi de 10h à 19h et dim. de 12h à 18h,
Entrée payante (7 YTL - environ 4 €)
A noter que certains étages du musée sont actuellement fermés au public pour rénovation.

* Suna est la fille du fondateur du groupe KOÇ, une des plus grosses fortunes de Turquie.

jeudi 8 mai 2008

Fatih



Peuplé de femmes qui portent le tchador noir, cet endroit peut paraître un peu intimidant pour certains. Les cheveux qui flottent librement sur les épaules sont rares, pourtant le district historique avec ses touristes en shorts et en débardeurs n'est pas bien loin. Bienvenus à Fatih, connu comme étant l'un des quartiers les plus traditionalistes d'Istanbul.



Quand on fait un peu de lèche-vitrines sur Kardeşler Caddesi, on est surpris par les tenues colorées, pailletées et extravagantes destinées aux femmes voilées. L’industrie du textile nous prouve une fois encore qu'elle a toujours su s’adapter.



La mosquée de Fatih (1470), en plein travaux de rénovation, vaut le coup d’oeil avec son jardin cloturé et peuplé d’innombrables chats de toute race. En sortant de ce lieu de prière, qu’il est agréable d’arpenter Fatih Caddesi, une rue pavée et bordée de commerces alimentaires.



Que ramener dans son panier de courses ? Du pain de Trabzon ou une énorme motte de beurre ? Quelques fruits secs ? Pour nous ce sera du fromage ainsi qu’un gâteau de cire et de miel.



Les commerçants sont adorables, toujours prêts à nous faire goûter leur production locale. D'ailleurs, les prix sont nettement inférieurs comparés à ceux pratiqués dans le quartier de Beyoğlu.



Fatih est finalement un quartier turc accueillant et calme pour les occidentaux qui le traversent. Même s'il est vrai qu'être étranger nous permet une plus grande marge de liberté, la Turquie possède ce joyau qu'on appelle la tolérance : En traversant les quartiers les plus islamistes, on ne se sent pas en insécurité. On côtoit sans arrêt cheveux décolorés et tchador, punks rasés et barbes longues, églises et mosquées. Une belle leçon d'humanité.

mercredi 30 avril 2008

Iskele



La brise est agréable,
Comme une légère caresse matinale,
Les premiers arrivés semblent absorbés,
Par de belles et profondes pensées.

Dans le ciel adouci, on distingue quelques mouettes,
Qui viennent attiser les derniers poètes,
Elles piaillent, virevoltent, battent des ailes,
Et effleurent ces quelques barques bleues et frêles.

Soudain, quand la sirène vibre et retentit,
Le temps se brusque à brûle-pourpoint, sur le quai
Les passagers descendent en toute hâte du ferry,
Alors qu’il vient tout juste d’amarrer.

Les pontons craquettent, les gens se bousculent ,
En quelques minutes, le bâteau se vide et se gonfle à nouveau.
Il est enfin prêt pour le départ, l’Iskele recule,
L’embarcation s’élance alors mollement sur les flots.

Le trajet sur le Bosphore n'est pas très long,
Et berce tendrement les âmes, sur son ruban oblong.
Les voyageurs voguent avec mélancolie,
En distinguant l’Iskele opposé, qui prend timidement vie.

Iskele : Se prononce "Iskélé" et signifie quai, embarcadère .

lundi 21 avril 2008

Bit Pazarı



S'engouffrer dans ce lieu Insolite, c’est un peu comme revêtir la peau de Dan Brown. Il y a tant d’objets anciens à découvrir et remplis de secrets qu’on en écrirait presque un roman palpitant. Pourtant, l’immeuble qui accueille ces quatre étages de boutiques d’antiquités, où se mélangent bric et broc et meubles anciens, ressemble à un vulgaire bâtiment sans âme.



A Üsküdar, Bit Pazarı n’est pas connu de tous, il est pourtant facile à trouver, situé à quelques pas de l’embarcadère derrière la mairie (Belediye). Les amoureux des antiquités se rendent plutôt sur Turnacıbaşı Sokak, il est donc rare de croiser des touristes par ici.



Il faut négocier chaque pièce ancienne avec tact, et s’aventurer dans les petites échoppes pour y déceler des trésors : Vieilles portes en bois sculptées, serrures datant du siècle dernier, machine à coudre obsolète, fontaines en marbre.



Bit Pazarı
Antikacılar Çarşısı
Büyük Hamam Sok. 19
Üsküdar

mardi 15 avril 2008

Akaretler

Quand on déambule dans les rues d’Akaretler, on comprend mieux pourquoi les guides touristiques sont remis à jour en moyenne tous les 18 mois. Il y a quelques années de cela encore, ce quartier était plutôt discret, enserré entre la popularité de Beşiktaş et l’élégance de Nişantaşı. Il aura fallu attendre que le Directeur de la chaîne d’Hôtels W tombe sous le charme d’Istanbul et décide d'y ouvrir un hôtel pour que ce quartier retrouve ses lettres de noblesse.


A gauche l'entrée de l'hôtel W

Ces maisons de style néoclassiques accolées les unes aux autres ont été édifiées dans la deuxième moitié du 19e siècle par le Sultan Abdulaziz, et hébergeaient les personnes venues pour travailler à l’époque sur un chantier architectural de taille : La construction du Palais de Dolmabahçe.
Après plusieurs années de rénovation, le quartier arbore à présent, et fièrement, son nouveau visage lifté. Dommage que les photos soient interdites dans l’enceinte de l’hôtel W, la pièce centrale du quartier. J’aurais aimé vous montrer cette décoration raffinée qui change toutes les saisons, j’aurais voulu qu’on s’attable dans le Spice Market de Jean-Georges, ou que l’on visite ensemble l'une des chambres aux allures contemporaines qui se louent à partir de 400 € la nuit.



Il faudra se contenter de Chloé, de Jimmy Choo et d’autres marques de luxe qui viennent de s’éclorent à deux pas de là. Akaretler n’a pas encore ouvert officiellement qu’il fait déjà de l’ombre à Istinye Park, et mésestime Nişantaşı. Les grands restaurants de la ville se disputent d'ailleurs les espaces libres qui n'ont pas été encore loués par de grands cabinets d'architectes ou d'avocats.

Il semblerait qu'Istanbul s'approprie peu à peu la devise Whatever Whenever* des hôtels W. Luxuriance, originalité, Arrogance : Istanbul est en pleine évolution urbaine et il faudra suivre cette rapide transformation de près. Les fantômes de l'ancienne capitale Ottomane rêvent sûrement, sournoisement, de renouer avec la magnificence d'antan...

*N'importe quoi, n'importe quand

jeudi 27 mars 2008

Istiklal Caddesi



Pendant un centième de seconde, devant le Consulat Français, j’hésite à m’élancer dans cette artère mais celle-ci finit par m’aspirer. Je pénètre ainsi dans la foule dense et compacte comme on se ferait prendre au piège dans un tourbillon. L’horizon est rempli de têtes brunes qui se croisent et se décroisent, qui s’évitent, qui se bousculent, je suis enivrée par la cohue. Sur les pavés d’Istiklal Caddesi, la jeunesse d’Istanbul se meut comme un troupeau de brebis hypertrophié.

Qui peut prétendre connaître Istanbul s’il n’a pas piétiné au moins une fois dans sa vie sur les pavés de cette grande artère piétonnière ? Ne cherchez pas du côté de Sultanahmet ou de kadıköy, Istanbul n’a qu’un coeur qui bat.

Son ventricule gauche est composé de boutiques, de restaurants, de cafés, de passages et de vendeurs ambulants. Son ventricule droit rassemble des hommes et des femmes de tous styles, des enfants, des touristes insatiables, des gens enchevêtrés.



De cette avenue de Beyoğlu s’émane une mélodie particulière et enigmatique qui fusionne avec des atomes d’odeurs hétérogènes. La cloche du view tramway rouge et blanc flirte avec les rythmes des darbuka. Les odeurs de marrons grillés embrassent les cous parfumés des travestis. Cheveux en l’air, crêpés, cheveux recouverts d’un carré de soie, mini-jupes ou longs manteaux : Istiklal Caddesi est à elle seule un échantillon de la Turquie et de ses contradictions.

Indépendance (traduction d'Istiklal) est le nom qu’elle arbore fièrement les après-midis de manifestation, lorsque les policiers armés encadrent en surnombre les turcs qui défilent en criant.

Reliant Taksim à Tünel, cette avenue est comme un layon : chaque homme peut s’y sentir perdu et peut s’y ressourcer en même temps. L'insomnie l'a frappée depuis plus de cinquante ans, à chaque heure du jour ou de la nuit, elle bout, elle s'apaise, elle frétille, elle vit. Elle se déroule tout en longueur entrainant avec elle la movida turque et quelques désoeuvrés. Sous chacune de nos enjambées, le sol vibre, nos âmes se perdent, nos esprits s'évadent, notre corps se saoûle de toute cette masse humaine épaisse comme l'hémoglobine.

Marcher sur les pavés d'Istiklal Caddesi c'est finalement s'introduire dans l'artére la plus célèbre de la ville, s'immiscer corps et âme dans le myocarde d'Istanbul.

vendredi 14 mars 2008

Et si...

La terre a tremblé mercredi soir à Istanbul* vers 21h00.
Nous étions chez nous et nous n’avons rien senti, mais ce ne fût pas le cas de tous mes amis. Pas de dégâts constatés heureusement puisque la secousse a été considérée comme légère (4.8 de magnitude sur l’échelle de Richter), de quoi agiter quelques verres et étagères.



Un séisme va secouer l'ancienne capitale orientale de l'empire romain dans cinq, dix, quinze ans : Les avis divergent. L’épicentre ne sera pas à Izmit comme en 1999 mais à Istanbul même. Certains psychotent et parlent de tsunami, d’autres sont plus optimistes et prétendent que les failles bougent lentement donc que le tremblement de terre ne sera pas aussi violent qu’on le pense. On raconte aussi que les îles aux princes disparaîtront sous les flots. Depuis que j'habite ici, la seule sensibilisation que j’ai eue provient du Consulat français. En s’immatriculant, on reçoit une page de consignes tels que ne rien suspendre au dessus de son lit, avoir chez soi des réserves d’eau et des denrées non périssables, une lampe torche. A part cela, je n'ai jamais lu ni vu aucune consigne à suivre en cas de séisme.

Constructions illégales et anciennes ne respectant pas les normes antisismiques, gecekondu, population mal préparée...
Qu'aurons-nous comme scénario catastrophe si la terre tremblait ?

* Çınarcık (Yalova) fût l'épicentre de ce seisme qui s'est produit le 12 mars 2008.

jeudi 6 mars 2008

Pazarlar



Bien avant de savoir cuisiner, j'ai toujours adoré me rendre sur les marchés. Quand j’étais enfant, nous habitions dans une petite ville de la drôme sur la place du marché. Aussi, le dimanche matin, c’était un peu un rituel familial d’aller acheter les légumes, les fromages et le pain en faisant le tour des commerçants ambulants avec mes parents.

Lors de ma première saison passée en Turquie, je m’arrangeais toujours pour être en congé le jour du marché d’Alaçatı. Les antiquités jouxtaient les étalages des fruits juteux et des vendeurs de gözleme aux orties : Un vrai bonheur pour les papilles et les pupilles !

Quelque soit le lieu ou l’époque, les marchés dégagent toujours une ambiance festive. Des sons multiples parviennent à nos oreilles, on se balade sous de grandes tentes colorées, on fouine, on trie, on négocie, on pèse, on discute, on rigole, on se bouscule. En Turquie, Pazar signifie marché, mais peut aussi se traduire par “dimanche”.



Ici, la traditon des pazar remonte à la période Ottomane. De nos jours, les produits frais viennent pour la plupart de Turquie : Antalya ou Izmir, parfois de plus loin. Les salades et les bouquets d’aneth sont arrosés avec soin, les légumes verts sont joliment présentés, les haricots sont alignés, les pommes sont disposées en pyramides. Les étalages sont tellement esthétiques qu’on n'ose à peine se servir pour remplir son panier. Certains vendent des cheveux postiches pour ces demoiselles, d’autres des vêtements pour enfants ou des sacs bon marché, le kilo de patates à 1 ytl, les deux tee-shirts pour 5 ytl, et goûtez donc ce fromage fumé...
A Istanbul, les marchés sont équipollents à des fourmilières. Tout s’agite, sons, odeurs, marchands et acheteurs se mêlent. Si vous prévoyez de venir prochainement à Istanbul, ne ratez sous aucun prétexte ce rendez-vous de négoce !



Voici la liste des célèbres pazar d’Istanbul dans lesquels vous trouverez produits frais, vêtements, chaussures, accessoires, porcelaine, fleurs, etc.

Tous les mardis
Marché de Kadiköy, plus de 2.000 marchands s’étalent sur 39.000 m².
Tous les mercredis
Marché de Fatih, il s’étend sur 7 avenues et 17 rues avec plus de 2.500 marchands.
Marché de Yeşilköy qui s’étend sur 12.000 m².
Tous les samedis
Marché de Beşiktaş et ses 400 marchands.
Tous les dimanches
Marché d’Ulus, avec ses 800 marchands

* Les photos qui illustrent ce billet ont été prises sur le marché de Şişli qui a lieu chaque dimanche.

mardi 4 mars 2008

Turnacıbaşı Sokak


L'antiquaire Eski Fener

Dès la première année de mon installation à Istanbul, j’ai découvert cette rue par le plus grand des hasards et depuis, je ne cesse d’aller m’y balader. C’est d’ailleurs en me rendant dans les nombreux antiquaires de Turnacıbaşi sokak que j’ai pris goût à chiner des vieux meubles et des objets de décoration.



Située entre les quartiers de Cihangir et de Galatasaray, à Beyoğlu, Turnacıbaşı Sokak est aujourd’hui bien plus qu’une des mes rues préférées d’Istanbul ; C’est devenu l’endroit où se situe notre nouvel appartement, notre premier achat immobilier en Turquie. Pas de grand dépaysement donc en changeant de quartier d'ici la fin de la semaine. Tous les commerçants de cette rue nous connaissent déjà, et il s’y dégage une atmosphère tellement particulière qu’il n’est pas rare de croiser des équipes de tournages de films et de publicités.



Même si les vieux meubles sont exposés aux yeux de tous dans la rue, il ne faut pas hésiter à pousser la porte des boutiques d'antiquités. Objets datant de l'époque Ottomane, vieux téléphones, tableaux, caftans, bijoux : Vous y découvrirez un choix d'articles variés.



Les prix diffèrent bien sûr selon l'objet de convoitise, c'est d'ailleurs le moment de montrer vos talents de négociateur... Amis collectionneurs, vous ne serez pas déçus du voyage.



Mais rassurez vous, il n'y a pas que des antiquaires dans ma rue, il y a aussi de quoi manger, boire et faire ses courses. Un büfe qui propose des toasts et des jus d'oranges frais, un manav qui vend des légumes et des fruits gorgés du soleil d'Antalya.



Il y a aussi l'épicier (bakkal) qui écoule des oeufs blancs frais et la boulangerie d'où s'exhalent des effluves de mahlep et de sésames grillées.



Zümrüt Cam est spécialisé dans l'encadrement, il vend de très jolis miroirs. Quant à Arkadaş Art Galeri tenu par une francophone, à peine ouvert et c'est déjà l'affluence. Logique : On y trouve de jolis tableaux et des affiches d'Istanbul à des prix plus que raisonnables.



L'originalité est aussi au rendez-vous. Perpendiculaire puis paralléle à Istiklal Caddesi, Turnacıbaşı Sokak attire les candides et les avant-gardistes. Vêtements multicolores, tee-shirts sérigraphiés, de quoi vider votre porte-monnaie !



Bien que le passage Anabala ne renferme pas beaucoup de boutiques, j'y passe de temps en temps et y dégote toujours des fringues sympas que j'achète pour une bouchée de pain.



Pour les amateurs des vieux 33 ou 45 tours, rendez-vous à Deform Müzik installé depuis peu dans la rue. Fred est d'ailleurs reparti de ce disquaire avec un vieil album de The Smiths. Un peu plus loin, le pressing Güven qui a pignon-sur-rue depuis de nombreuses années.



Comme dans tous les quartiers d'Istanbul, n'y cherchez pas d'homogénéité architecturale, cependant les premiers immeubles de la rue (quand on vient d'Istiklal Caddesi) sont en pleine restauration et la municipalité vient de nettoyer et vider un squat ce week-end : C'est ce qui s'appelle prendre du galon.



La semaine, il n'est pas rare de croiser des lycéens qui se rendent au lycée Italien (à gauche sur la photo ci-dessus) ou au lycée Roumain situés à quelques métres l'un de l'autre.



Notre rue est connue des Istanbuliotes car elle abrite la Consulat Grec aux murs bleus, mais pas seulement. Vous y trouverez aussi les bains turcs de Galatasaray, ouvert aux hommes et aux femmes. Pour 63 YTL (36 €), vous aurez le droit, en plus de l'entrée, à un gommage du corps ainsi qu'à un massage. A noter que les hommes et les femmes ne sont pas mélangés à l'intérieur du bâtiment, comme dans la majorité des hammams turcs.



Mais la visite se termine bientôt et il me semble que je ne vous ai pas communiqué l'adresse du designer de bijoux (Mor) qui expose quelques merveilles, ou bien la boutique outlet de la marque Bambi où l'on peut acheter des chaussures soldées tout au long de l'année. Et n'oublions pas le coiffeur pour hommes qui est fort sympathique et qui réalise une coupe de cheveux pour ces messieurs pour la modique somme de 7 YTL (4 €).



Souvent absente des guides touristiques, Turnacıbaşı Sokak est comme un serpentin de vie et d'odeurs. Colorée, pratique, vivante, surprenante, notre rue est loin d'être décadente. Elle est dotée d'une âme et de commerçants avenants, comme il me tarde d'emménager dans notre nouvel appartement...

mardi 26 février 2008

Il était une fois...



Cette photo en noir et blanc m'a été envoyée par une amie. On aperçoit la Tour de Léandre et au loin le Palais de Topkapı : Istanbul plage comme on ne la verra plus.
Mais au fait, selon vous, en quelle année a été prise cette photo ? J'offrirai une petite surprise au premier qui me donnera la bonne réponse. Bonne chance à tous ;)

Note du 28/02 : Bravo à la Voyante qui a donné en premier la bonne réponse (mais c'est normal puisque c'est elle qui m'a envoyé la photo !). Ainsi, les deux grands gagnants sont Orianne et Engin, le cliché ci-dessus s'intitule bien "La Turquie Kémaliste" et date de 1937 (OrianEngin : J'attends votre adresse postale par e-mail ;)

vendredi 7 décembre 2007

Istinye Park



Souvenez-vous... Avec une superficie de 82.000 m2, ce centre commercial situé près de Maslak a fait couler beaucoup d'encre depuis son ouverture. Aussi, curiosité aidant, nous sommes allés visiter cet immense Shopping Mall un week-end.



Les plus : Des dolmuş directs de Beşiktaş qui vous déposent devant les portes, beaucoup d'espace et de lumière, un coin marché / produits frais très sympa, des salles de cinéma confortables, désertes et immenses. Jolies prouesses architecturales. Des étages bien agencés... Plus on monte, plus c'est cher !

Les moins : Les routes pour y arriver sont en plein travaux, aussi il vaut mieux s'y rendre le matin sinon attention aux bouchons ! Le Séphora est tout petit et les rayons sont vides. Un peu trop grand à mon goût. Le coin luxe accessible en voiture car situé à l'extérieur.

jeudi 18 octobre 2007

Le paradis de la fringue pas chère

Istiklal Caddesi, cette grande et célèbre avenue piétonne qui relie Beyoğlu à Taksim, est comparable à la caverne d’Ali Baba. On a beau y aller toutes les semaines, y passer des heures entières, fouiner dans les boutiques, se faufiler dans les passages, on y découvre toujours de nouveaux trésors. Un magasin récent, une échoppe remplie d’objets introuvables ailleurs, un café magnifiquement décoré, une terrasse avec une vue splendide sur le Bosphore...



Les après-midi de la semaine, les week-ends, en soirée, les jeunes y sont attirés comme des mouches sur de la confiture. Car si on sait que cette artère est le coeur battant de la ville, on oublie parfois que c’est le paradis du shopping pas cher et branché. Aujourd’hui c’est à Iş Merkezi que je vous emmène, situé à Beyoğlu en face d’Odakule. C'est un bâtiment à l’allure sobre qui comporte plusieurs étages accueillant boutiques de fringues et accessoires.



Bien sûr il y a des faux... Levis, Diesel, Lacoste. Mais il y a aussi des vrais : Gap, H&M, pimkie... Fabriqués ici et qui ont un petit défaut de fabrication, voir parfois rien du tout. Il faut consacrer une ou deux heures pour parcourir les étages, fouiller dans les tas de vêtements disposés dans les allées, négocier les prix à la baisse alors que ces derniers sont déjà bon marché. A la sortie, vous aurez de quoi vous habiller pour la saison entière sans avoir pour autant troué votre porte-monnaie.



Pantalons, jupes, vestes, tee-shirts et j’en passe : Les enfants comme les grands peuvent être habillés de la tête aux pieds. D’ailleurs, au moins ¼ de ma garde-robe provient de cet endroit et Frédéric s’habille là-bas aussi.



Comme je le dis à ma famille et à mes amis, venez à Istanbul avec des valises vides... Parce que vous le valez bien !

mardi 25 septembre 2007

Ferveur marchande



Devant les portes de la mosquée de Beyazıt, en face de l’Université de Droit d’Istanbul, se déroule une scène inopinée à la fin des prières : Vendeurs de tesbih*, montres, appareils numériques, rien ne manque pour attirer les hommes et leur porte-monnaie. Est-ce bien religieux tout ça ? En Turquie, le commerce n’a ni lieu ni loi.






* Tesbih : Nom du chapelet musulman comprenant 100 grains dont chacun correspond à l'un des noms de Dieu qui sont au nombre de 99, le Grand, le Vivant, le Puissant,... et d'un centième, le grand nom, qui est Allah. (E. Blochet). On peut trouver cependant des tesbih qui comportent 3 fois moins de perles.

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