Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 23 mars 2007

Nerede, nereye ?*

C’est une sensation étrange.
On a l’impression d’être chez soi, dans le pays où l’on est né. Les visages que l’on croise, les immeubles qui nous surplombent, les odeurs que l'on respire, tout nous semble familier. Entouré de murmures urbains, de voitures qui roulent à vive allure, on se dit finalement que toutes les grandes villes se ressemblent, à quelques détails près. Grâce à skype, Gmail, msn, les frontières n’existent quasiment plus. Paris, New-York, Singapour : Le monde n'est qu'un vaste melting-pot.

On s’aventure dans sa rue après le travail, ne rêvant que d'une chose comme la plupart des citadins : Un peu de tranquillité. Se laissant porter par le spleen, on marche doucement, c'est à peine si on remarque les gens qui sont autour de nous. Et puis là, le choc.



Où suis-je, où vais-je, à quel siècle est-ce que j’évolue ?
Tout s’embrouille à présent.
Adieu Paris, New-York, Singapour. Istanbul ne ressemble finalement à aucune autre ville. On pense la connaitre, on veut l'assimiler, et puis ne voilà pas qu’elle nous prend par surprise, qu’elle nous taquine, qu’elle nous dupe.
A chaque jour sa fumisterie...



* Nerede, nereye signifie en turc : Où, vers où ?

mercredi 21 mars 2007

Cim Bom Bom*

Le foot ici, c'est quelque chose... Si vous connaissez l’ampleur du phénomène au Brésil, ça vous donnera déjà une petite idée de ce qui l’en est en Turquie.

Trois grandes équipes d’Istanbul s’affrontent : Fenerbahçe (jaune et bleu), Galatasaray (rouge et or), Beşiktaş (noir et blanc). Et selon le quartier où l’on habite, mieux vaut se renseigner sur les jours et les lieux des prochains matchs. Un exemple, sur mon trajet pour aller travailler, je passe chaque jour devant le stade de Beşiktaş. Normalement, ça me prend une demi-heure en bus. En cas de match de foot, le retour dure... Plus d’une heure trente !


Enfants jouant aux abords de la Mosquée de Süleymaniye

Les supporters sont nombreux et dès le début de l’après-midi les jours de match, on assiste a un véritable défilé dans les rues d’Istanbul. Les supporters revêtent leurs plus belles parures : maillots, casquettes, écharpes. Même les plus jeunes enfants ont le droit à ce genre de panoplies ridicules.
Dans les taxis, pas moyen d’avoir de la musique, on est condamné à écouter les commentaires des matchs. Et pour savoir les résultats sans allumer sa télé ou la radio, c’est facile : Vous laissez vos fenêtres ouvertes... Vos voisins et leurs grosses voix vous le feront savoir ! Sans parler des klaxons des supporters sortant des cafés, des cris de joie dans la rue.

Vous l’aurez donc compris, le foot et moi c’est une grande histoire d’amour. Quand je pense que certains parents emmènent des enfants en bas âges dans les stades... Cependant, je dois l’avouer, je rêve d’aller assister à un match de finale, juste pour se mettre au moins une fois dans ma vie dans l’ambiance. Si quelqu'un a des places gratuites pour les loges présidentielles, je suis preneuse ;-)

* Cim bom bom : se prononce "djim bome bome", slogan des supporters de l'équipe de Galatasaray. Ne cherchez pas de traduction, ça ne veut absolument rien dire...

jeudi 1 mars 2007

Ekmek parası

Quel que soit le temps, quelle que soit la saison, ils passent leurs journées dehors. Sous le froid, la neige, la pluie, ils font ce qu’on appelle les petits métiers de rue.



Cireurs de chaussures, vendeurs de simit, aiguiseurs de couteaux, vendeurs d’eau, de mouchoirs en papier... Selon la dernière enquête réalisée sur Istanbul et publiée par l’AFP*, un habitant sur 12 vit actuellement de ces petits métiers. C'est une véritable économie informelle qui ne rapporte que quelques YTL par jour à ceux qui la pratiquent.

Ekmek parası (l'argent du pain) est une expression que l'on entend souvent ici. Tous ces vendeurs gagnent peu, mais peu c'est déjà beaucoup quand il s'agit de se nourrir pour survivre... Tout en gardant un peu de dignité.

* Agence France Presse