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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 28 avril 2006

Nazar boncuk



Les turcs sont par nature assez superstitieux.
Ici, il n’est pas question de ne pas passer sous une échelle ou de ne pas porter du vert (d’ailleurs le vert c’est la couleur de l’Islam, ça porte plutôt bonheur), les superstitions turques concernent d'autres croyances et symboles qui sont encore bien ancrés dans la culture populaire.



En tête de liste de ces croyances se place le nazar boncuk. Si vous faites un séjour en Turquie, et ce, quelque soit votre destination sur le territoire, vous en verrez forcément des milliers tout autour de vous.
Sur le seuil des maisons, dans les boutiques, dans les bus, les voitures, sur des accessoires, dans des bâtiments administratifs, etc.



Ils sont bleus, ils sont en verre ou en plastique (pour les perles surtout) et ils sont censés nous protéger contre le mauvais sort. Le nazar boncuk ne protége pas seulement les personnes, il protége aussi les biens. C’est d’ailleurs un cadeau répandu quand vous vous installez dans une nouvelle maison ou un appartement.



Dans la croyance ancestrale anatolienne, on dit que le regard (nazar) associé à trop de compliments et de flatteries finit par prendre la forme de jalousie et a un effet négatif qui se répercute aussi bien sur la personne que sur ses biens. Le nazar boncuk représente l’oeil qui fait face et déjoue le regard du mauvais oeil.
Ainsi, cet oeil bleu est l’objet fétiche de toutes les couches de la société. Les mères turques épinglent par exemple un nazar boncuk sur leur nouveaux-nés afin de chasser le mauvais oeil.

A noter que vous ne ne pouvez pas acheter un oeil bleu pour vous-même sinon ça ne vous protégera pas, il faut se le faire offrir. Si la personne qui vous l'offre est pure (sans mauvaises intentions), meilleure sera votre protection !

mercredi 26 avril 2006

Quand les drapeaux flottent

Pour savoir quand sont les jours fériés en Turquie, il est inutile de mettre le nez dans son calendrier, il suffit de lever les yeux au ciel et de regarder les fenêtres des maisons et appartements.


Drapeau placé à l'entrée de l'immeuble de Burak

Atatürk a instauré de nombreux jours fériés en Turquie (fête des enfants, jeunesse et sport, etc..) et l’esprit national est vraiment très fort ici.
Lors de chaque Bayram (jour férié) les turcs ont coutume d’accrocher le drapeau du pays à leurs fenêtres. Ces petits morceaux de tissus qui ornent la ville de rouge et blanc sont de différentes tailles, et quand il s’agit de bâtiment appartenant à des banques ou à d’autres sociétés, les drapeaux sont carrément gigantesques et longs de plusieurs mètres. Les bus aussi se parent de petites bannières. Certains drapeaux représentent le portrait d’Atatürk, généralement sur fond blanc.



A chaque jour férié, c’est donc un spectacle plein de couleur qui s’offre à nous (comme ce dimanche 23 avril : Fête des enfants).
Parfois les drapeaux des voisins sont trop longs et viennent nous cacher la vue, mais qu’importe, on peut supporter cette petite contrariété puisqu'on sait que les jours fériés sont toujours de courte durée...

jeudi 13 avril 2006

Il n'y a pas qu'en Hollande...

...Qu'on trouve des tulipes !
Quand on prononce ce nom de fleur, on pense tout de suite aux hollandais, pourtant, il semblerait que la tulipe soit venue de Perse et de Turquie où elle poussait autrefois à l’état sauvage.



3 millions de tulipes viennent d'être plantées sur Istanbul

La tulipe (lali en turc) est venue embellir très tôt les magnifiques jardins de Constantinople, et au 18ème siècle, cette fleur a même atteind son apogée.
Chaque printemps au moment de la pleine lune, dans les jardins d'un des palais de Sultan Ahmet III était organisée une fête somptueuse en l’honneur de cette fleur.
Les invités devaient même porter des vêtements de couleur en accord avec les tulipes. Mais ces fêtes féeriques qui avaient lieu pendant le siècle des tulipes vidaient les caisses du trésor public et le Sultan Ahmet III a été assassiné à cause de ses dépenses excessives.

A l’époque le commerce et la culture de la Tulipe étaient rigoureusement protégés en Turquie, il etait même interdit de négocier cette fleur en dehors de la capitale culturelle.

De nos jours, la tulipe est toujours le symbole de la Turquie, et le Maire d’Istanbul a fait planter cette année des tulipes dans toute la ville depuis le retour des beaux jours :)



Malheureusement, j’en ai déjà surpris plus d'un dans mon quartier qui arrachaient les tulipes fraîchement plantées ! Est-ce pour les manger (et oui, la Tulipe est une fleur comestible) ou pour les offrir à leur belle ?
Sachant qu’un message d’amour accompagne chaque tulipe, la tulipe jaune symbolise un amour impossible, une variété rouge à cœur noir est le signe d’une folle passion.
Si le coloris choisi est rare, cela signifie que vous être prêt à vous ruiner pour la personne aimée...

jeudi 6 avril 2006

Encerclé



Tout rond et tout doré, telle l’auréole d’un ange déchu, ce cercle lumineux est à la foi gorgé de vie et de soleil.

De vie,
parce qu’il fait partie du petit-déjeuner de la plupart des turcs, ou d’un en-cas rapide et peu coûteux. Un petit pain appelé Simit qui accompagne avec popularité la lecture du journal.
Le simit s’incruste dans le paysage quotidien : dans les vitrines des boulangeries, dans les voiturettes vitrées, dans les mains des enfants.

De soleil,
parce que cette couronne dorée se promène dans les rues et les routes de toutes les villes de Turquie, bien souvent sur les épaules des marchands ambulants.



Toute la journée, sous les fenêtre de nos bureaux, déambulent les plateaux à trépied remplis de ces couronnes croustillantes.
Les marchands crient “Simiiiiiiiiiiiiitttt” à tout va, comme s’ils agissaient d'un appel au secours, et les auréoles s’envolent en un rien de temps, et se retrouvent souvent coltinées de fromage à tartiner. Parfois elles visitent les méandres de l’enfer, et sont dégustés brûlantes tout juste sorties du four.



Une couronne de sésame qui encercle le quotidien,
sans début ni fin,
L'infini dans une simple bouchée de pain...