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Du miel aux épices d'Istanbul...

mardi 29 juillet 2008

Un troyen à Paris

Qui aurait pu penser qu’un jeune instituteur Anatolien se retrouve un jour derrière un kiosque parisien ?
Hasan KUDAR a eu un parcours peu commun, puisqu’il est né dans les années 20 dans un village Alévi proche de Troie. A travers ses mémoires, il plante le décor de ces années de persécution où l’on chassait les communistes de Turquie. De sa jeunesse jusqu’à l’âge de sa retraite, il nous fait part des difficultés de la vie, mais aussi des moments heureux passés entre amis ou en famille.



Installé en France dans les années 60, commence alors pour lui une nouvelle vie tant sur le plan professionnel que personnel. De professeur à vendeur de journaux en passant par cuisinier, Hasan aura goûté à la vie parisenne parfumée de liberté.
La première partie du roman, qui retrace son enfance et son adolescence, est particulièrement intéressante puisqu’elle nous plonge dans les us et les coutumes d'un petit village de Turquie, situé sur les flancs du mont Ida.
La deuxième partie est plus décousue, à l’instar de la vie parisienne riche en rencontres et découvertes de l'auteur ? Lire ses anecdotes avec ses nombreuses maîtresses alors que son épouse l’attend en Turquie ne sera pas au goût de tout le monde… A noter que cette partie est agrémentée de quelques photos.

Bref, ce n’est pas de la grande littérature, c’est une biographie qui se lit en quelques heures et qui permet de revêtir la peau d’un immigré, de partager ses doutes, sa double culture ainsi que des bribes de sa vie. La connexité n’est pas toujours au rendez-vous, Hasan KUDAR a consigné une sorte de journal intime dont il aura finalement arraché quelques pages...

Un Troyen à Paris
Hasan KUDAR
Librairie Özgül Kitabevi
178 pages

mardi 13 mai 2008

Grimoire d'Istanbul

Gisèle, l’écrivain du roman “Fenêtres d’Istanbul” ne le sait pas encore, mais si sa première édition a été épuisée, c’est un peu à cause de moi... Je ne vous en ai jamais parlé dans cette rubrique, c’est pourtant un livre que j’ai dévoré avec délectation et que j’ai ensuite offert à tous mes amis ainsi qu'aux membres de ma famille qui sont venus me voir. J’ai d’ailleurs donné l’unique exemplaire de ma bibliothèque, chose rare, car pour moi donner un livre c’est un peu comme vendre son âme au diable...

Gisèle, professeur de Français installée en Turquie depuis 1983, décrit Istanbul avec perfection, elle a mis sur papier mes pensées bien avant que je ne commence à rédiger ce blog. Mais pour vous résumer cette histoire qui raconte les aventures d’un tambour du Ramadan, il me faudrait relire quelques passages, aussi, je vais plutôt vous parler de Grimoire d’Istanbul, la suite de ce roman.



Grimoire d’Istanbul met en scène plusieurs personages. Il y a tout d’abord Alice, fraîchement débarquée en Turquie, qui doit remplacer un archéologue et qui s’intéresse de près aux sites anciens turcs. Il y a aussi Yunus, l'ancien tambour du Ramadan, et son amoureuse Eda qui se cherchent. Violeta, et son mari Yahya, qui connaissent, comme beaucoup de couples, une période de crise. Et puis Antonio, un antiquaire veuf qui élève seul sa fille Eda. A la recherche d'un manuscrit ancien, les chemins de tous ces protagonistes finiront par se croiser, par se lier ou se délier.

L’histoire se lit comme une bobine qui se déroule, avec aisance et logique. On s’attache aux personnages, on découvre leurs faiblesses, leurs forces aussi. Gisèle a fait de nombreuses recherches avant de s’aventurer dans l’écriture de ce grimoire, aussi, l’histoire est bien fournie en renseignements historiques, culturels, et nous mène d’Istanbul à Ephèse.

Pas facile de trouver ces deux romans en France, je vous suggère donc, si vous êtes de passage à Istanbul, de fouiller dans les rayons des librairies d’Istiklal Caddesi puisqu'un bon nombre d’entre eux vendent des romans en Français. Pour les turcophones, des éditions traduites ont aussi été éditées.

Fenêtre d'Istanbul
Grimoire d'Istanbul
Gisèle Durero Koseoğlu
Editions Gita

mardi 12 février 2008

Saveurs turques à Paris

Dans le magazine Saveurs actuellement en kiosque, un article très intéressant vient de paraître sur l’épicerie fine Levant & co située à Paris dans le 5éme arrondissement et ouverte depuis 2006. L'article est agrémenté de quelques recettes sucrées et salées qui ont l'air délicieuses et faciles à réaliser.



Inutile de se rendre à Istanbul si vous souhaitez découvrir la cuisine turque, vous pourrez désormais assister à Paris aux ateliers de cuisine proposés par Idil et Selim (tous deux originaires d’Izmir). Ainsi, vous repartirez avec le ventre plein, les poches remplies de recettes turques (şekerpare, pilav, köfte), et pourquoi pas quelques produits vendus sur place (huile d’olive de la région Egéenne, épices, bocaux gourmands..).



Pour tout renseignement, s’adresser ici :
Boutique LEVANT & CO
24, rue Pascal 75005 Paris
Métro : Gobelins ou Censier Daubenton (ligne 7)
Tél : 01 43 31 83 75 / Fax : 01 43 31 62 54
info@levant-co.com

Ouvert du mardi au samedi : 10h00-19h30
et le dimanche : 10h30-14h30
Fermeture le lundi

lundi 7 janvier 2008

Un long été à Istanbul



Voilà un livre particulier, je vais avoir du mal à vous donner mes impressions. Nedim GÜRSEL, qui est un littéraire érudit parfaitement francophone, possède une très belle plume. Il a écrit de nombreux romans, des nouvelles ainsi que des récits de voyage. Ces livres ont été traduits dans plus de 10 langues.

Dans ce roman, il s’efforce de dépeindre la vie brisée de quelques jeunes gens ayant vécu le coup d’Etat militaire turc du 12 mars 1971. La plupart des personnages sont anéantis psychologiquement voir névrosés après avoir subi des arrestations et des tortures pendant cette période de répression. La lecture est parfois dure, certains passages de ce roman sont poignants. Cependant, les épisodes sont décousus, on passe d’un événement ou d’un protagoniste à un autre sans réel fil conducteur. Un effet de style sûrement voulu par l’auteur pour décrire le mal être de sa génération.
J'ai donc eu un peu de mal à finir ce roman, mais l'écriture de Nedim GÜRSEL me donne tout de même envie de poursuivre l'aventure littéraire. Son dernier roman (De ville en ville : Ombres et traces) trouvera bientôt sa place dans ma bibliothèque...


Pour la biographie de l'auteur, c'est par

A noter qu’Un long été à Istanbul a obtenu en 1976 le prix de l’Académie de la langue turque.

jeudi 6 décembre 2007

La bible des expatriés en Turquie

Ô, comme je regrette que cet ouvrage n’ait été publié qu’en 2006. Il m’aurait vraiment servi auparavant. C’est une véritable bible (en anglais) pour tous ceux qui désirent s’installer et vivre en Turquie.



Plus de 600 pages dans lesquelles vous trouverez des informations générales sur la Turquie, des informations pratiques (comment installer le téléphone, le gaz, comment ouvrir un compte en banque, comment louer un appartement), des bonnes adresses (baby sitting, écoles, traiteurs), des mots clés turcs.
Si vous vous demandez où vous faire soigner, où trouver des adresses d’agents immobiliers, des centres commerciaux, des bouquins en Français... Les réponses sont forcément dans ce livre et organisées par chapitres et par thèmes. Disponible dans pas mal de librairies turques, mais aussi sur le net.

A HANDBOOK FOR LIVING IN TURKEY
Pat YALE
Çitlembik / Nettleberry Publications, 2006
581 pages

mardi 20 novembre 2007

Délivrance



Ce roman met en scène trois personnages : Meryem, une jeune fille aux grands yeux verts qui doit être punie par sa famille parce qu’elle a été victime d’un viol. Djemal, son cousin, un jeune militaire qui a combattu contre le PKK et qui se retrouve prisonnier des coutumes familiales. Irfan, un professeur qui décide du jour au lendemain de quitter sa vie Istanbuliote bien riche et remplie, mais pourtant si vide...

Trois personnages qui voient du jour au lendemain leurs vies basculer et qui vont connaître une sorte de délivrance à travers ce qu’ils vont vivre ensemble et séparés. Ce roman met en exergue ce qui caractèrise la Turquie d’aujourd’hui : Un pays pris au piège entre l’envie de modernité et les traditions ancestrales.
Dès les premières pages, on se laisse vite entrainer dans cette longue et belle histoire de destins croisés. L’auteur y aborde de nombreux thèmes divers et variés : Les crimes d’honneur, les doutes qu’on peut vivre tout au long de sa vie, les croyances populaires campagnardes, la vie des riches, le port du voile.
J’ai beaucoup aimé l’histoire ainsi que la plume de Zülfü LIVANELI. Je ne peux que vous recommander de vous procurer ce livre... Avant qu’il ne soit en rupture de stock !

Ce roman a été adapté à l’écran (le film s’appelle Mutluluk, et a reçu de nombreux prix). Le livre s’est vendu à plus de 150.000 exemplaires en Turquie.

Encore merci à Jocelyne et Philippe pour le cadeau ;-)

jeudi 1 novembre 2007

Le château blanc



Il était une fois, au 17éme siècle, un italien âgé d’une vingtaine d’années, qui se fait capturer par des marins turcs. Grâce à ses connaissances en astrologie et en mathématiques, il se fait passer pour un médecin et devient l’esclave d’un savant. Etrangement, les deux hommes se ressemblent physiquement comme deux frères jumeaux. Ensemble, ils se mettent à étudier, à écrire et à travailler sur différents projets dont une énorme machine de guerre pour le Sultan Mehmet IV. Malheureusement, cette machine est liée à l’échec devant le château blanc et le Maître, ayant peur d’être tué par le Sultan, prend l’identité de son jeune esclave et s’enfuit en Italie.

C’est le troisième roman que je lis d’Orhan PAMUK, je dois avouer que les deux autres étaient beaucoup plus captivants. Est-ce le thème ou l’histoire ? Je ne sais, pas, je n’ai pas accroché. Mais ça reste un roman bien écrit, qui nous donne quelques précisions sur l’époque. Bref, pas conquise à 100 %, mais c'est sûrement une question de goût !
Si d’autres l’ont lu, je serais heureuse de partager leurs impressions...

mercredi 19 septembre 2007

Sur la route de la soie

Il est rare que des livres me passionnent au point d’oublier de descendre � mon arrêt de bus...
Il aura fallu que je me fasse violence pour ne pas passer des nuits blanches � m'imprégner de ce récit d’aventurier des temps modernes.
C’est simple : Chaque page de ce roman s’engloutit comme une poignée de loukoums.



L’auteur, Bernard OLLIVIER*, un ancien journaliste, a décidé � sa retraite d’arpenter la route de la soie. Seul avec une volonté d’acier, il nous décrit dans cette première tome sa traversée de la Turquie (effectuée en 2000) qui le ménera d’Istanbul aux portes de l’Iran. Chaque jour se ponctue de rencontres, de longues heures de marche, de difficultés en tout genre (kangal, carte désuéte, trouver un lieu pour dormir) mais aussi de découvertes culturelles et géographiques étonnantes.

Sur la route des caravansarails, nous partagerons ses moments de doutes et de fatigue, sa philosophie de globe-trotter, hors des sentiers battus. Une peinture colorée et réaliste du pays dans lequel je vis.
Amoureux de la Turquie : Ce livre est définitivement écrit pour vous !

* Bernard OLLIVIER a transcrit plusieurs carnets de voyage depuis celui-ci. Il a fondé l’association seuil qui a pour but de réintégrer des délinquants par la marche � pieds.

Longue marche, tome 1

Bernard Ollivier

mercredi 12 septembre 2007

Les cinq derniers jours du prophète

L’histoire se déroule dans la partie asiatique d’Istanbul, après la deuxième guerre mondiale, dans le quartier d’Üsküdar.

Amis d’enfance, Rahmi SÖNMEZ et Fehmi GÜLMEZ n’ont d’yeux que pour la poésie durant leur adolescence. Cet amour pour la prose sera renforcé grâce à leur rencontre avec la belle Féridé, passionnée de philosophie et par les auteurs marxistes.
Alors que l’un continue d’écrire des poésies, qu'il est publié dans des revues littéraires et qu'il prend le surnom de "Prophéte", l’autre se range et prend part au capitalisme. On partage ainsi la vie et les songes de Rahmi, qui risque chaque jour l'emprisonnement à cause de ses opinions politiques.

Les cinq derniers jours du prophète

Rahmi doit élever sa fille puis son petit-fils et devient peu à peu schizophrène. Admirateur de Nazim HIKMET, à 60 ans, ce poète se dit encore communiste et révolutionnaire. Le destin voudra que sa vie se termine entre larmes, révoltes et joies. Mais je ne vous en dis pas plus sur cette histoire...

Un roman que j’ai trouvé admirablement bien écrit, à l’instar d’Emile ZOLA, l’auteur nous décrit avec précisions les cinq derniers jours de ce poéte révolutionnaire et nous dévoile ses doutes et ses pensées, mais pas seulement. C’est le récit de destins ensoleillés puis brisés par l’envie d’un monde meilleur, un monde plus juste. Une belle et déchirante histoire.

Ce roman a obtenu le prix Orhan Kemal en 1993

mercredi 20 juin 2007

Drames, luxure et trahisons

Saviez-vous que Mourad III a eu 103 enfants ? Que Mehmet III a fait excécuter ses 16 frères ? Que plus de mille femmes vivaient au Harem après le régne de Soliman ? Que l’impératrice Théodora était une courtisane avant d’épouser Justinien ?



Trois énormes empires (Byzantin, Romain et Ottoman) et trois noms (Byzance, Constantinople, Istanbul) pour une seule ville. Ce roman nous fait traverser des siècles et nous entraine aux temps des combats des janissaires, des croisades, de la magnificence, des fraticides, des fêtes grandioses organisées par les Sultans.
Ce livre est vraiment captivant dès la première page, et ne donne pas du tout l’impression de lire une encyclopédie d’histoire... Pourtant, les événements et les dates importantes y sont inscrits, et une fois le livre refermé, on se souvient alors que la Turquie et l’Europe ont toujours été étroitement liées, aussi bien géographiquement que culturellement parlant. La turquie doit elle faire partie de l'Europe ? Vous trouverez tous les éléments de réponse dans ce roman !!

Le roman de Constantinople
Gilles MARTIN-CHAUFFIER
189 pages
Editions du Rocher
Prix Renaudot Essais 2005

PS : On parle de moi . Pour la traduction en Français de l'article en question, vous pouvez regarder dans les commentaires. Encore un grand merci à Métissée et à Özlem !

jeudi 7 juin 2007

Chroniques d'un expatrié

Si vous avez déjà passé quelques années en Turquie ou si vous souhaitez venir vous installer et travailler ici, ce livre est fait pour vous !



... A condition bien sûr de connaitre l’anglais car ce livre n’a pas encore été traduit dans d’autres langues. Son auteur est américain et il a passé un an en tant que professeur dans une école privée à Ankara. Il nous livre ses premières impressions, son installation, son carnet de voyages, ses difficultés avec la langue turque... Il dépeint son quotidien en Turquie, qui est bien différent - vous vous en doutez - de celui de son pays natal.

Certains passages sont émouvants, d’autres drôles, sans pour autant tomber dans les clichés. Entre ses soirées arrosées au Rakı, les réflexions de ses élèves sur sa vie privée et son regard sur les coutumes turques, l’auteur nous fait passer de bons moments. J’avoue que je porte le même regard que lui sur de nombreuses choses... C’est ce qu’on appelle en d’autres termes la découverte d'une autre culture et le dépaysement !

The Yogurt Man Cometh
Kevin Revolinski
Éditions Çitlembik
223 pages
Disponible sur Amazon

mardi 22 mai 2007

Neige



Exhilé en Allemagne depuis de nombreuses années, le journaliste et poéte Ka se rend à Kars, dans l’Est de la Turquie, afin de suivre les prochaines élections municipales. Il souhaite aussi rédiger un article sur le suicide mystérieux de jeunes musulmanes dans cette région. Ka retrouve alors la belle Ipek, qu’il n’a jamais pu oublier. Il se lie d’amitié avec certains habitants de cette petite ville qui se rangent du côté des nationalites laiques ou des islamistes radicaux. Le protagoniste essaie tant bien que mal de trouver sa place dans ce bourg cloitrée par la neige. Au fur et à mesure qu'il retrouve l'inspiration pour l'écriture de quelques poèmes, Ka remet en question ses croyances et ses aspirations.

Un livre aux effluves politiques où s’entremêlent drames et déchirements... Des sujets sensibles, comme la religion et plus précisément le port du voile y sont abordés avec dextérité.

Prix nobel de littérature en 2006, Orhan Pamuk est un des rares auteurs qui vend 200.000 exemplaires en Turquie à chaque nouvelle parution d’un de ses livres. Il signe encore une fois un beau roman qui, tel un flocon de neige dans une tempête, nous transporte dès les premières pages entre l’orient et l’occident.

* Neige - Orhan PAMUK
Editions Gallimard
485 pages

jeudi 1 février 2007

La nuit des calligraphes

C'est en visitant une exposition de calligraphie organisée par le célèbre homme d’affaires turc Sakip Sabanci, que Yasmine Ghata découvre par hasard une oeuvre de sa grand-mère paternelle, qui fût la première femme calligraphe en Turquie.
Yasmine Ghata décide alors de s'improviser écrivain. Elle nous dépeint la vie de cette femme Rikkat Kunt à travers ce roman qui nous plonge, tel un calame dans un encrier, dans le monde des ouvriers de l’écriture, censés interpréter les paroles de dieu.



Rikkat ne connait que des malheurs dans sa vie, mariage forcé, séparation de plusieurs années avec son fils ainé, abandon de l’alphabet arabe (sous Atatürk) au profit de l’alphabet latin. Son seul échapatoire : l’écriture mystique dans laquelle elle excelle et qui lui permet de communiquer avec les calligraphes virtuoses appartenant au monde de l’au-delà. Elle se sent parfois comme dépossédée de ses mains, et réalise alors des oeuvres d’une grande beauté et modernité.

Un roman touchant, écrit avec sensibilité et sagacité. On se sent artiste malgré nous, en lisant les descriptions circonstanciées de l’art de la calligraphie. L’auteur a déjà reçu de nombreux prix littéraires pour ce roman, ce qui ne m’étonne nullement...

* La nuit des calligraphes
Yasmine GHATA
Editions Fayard (181 pages) ou éditions Poche (153 pages)

mardi 29 août 2006

Youssouf face à son destin

Youssouf, après l'assassinat de ses parents en 1903, est recueilli par une famille habitant un petit village d’Anatolie. Tout en grandissant, il tombe éperdument amoureux de Mouazzez, la fille de sa famille d’accueil. La belle sera pourtant promise à un autre homme.. Que faire ? Taire son amour ou assumer et défendre ses sentiments ?



Un roman* de 452 pages qui nous emmène dans la Turquie profonde. On voit grandir Youssouf au fur et à mesure que l’on avance dans sa lecture et on accompagne ce héros fortement individualisé, mûr et humaniste, dans ses aventures.
Grâce à la qualité de son écriture, Ali Sabahattin (1907-1948) transforme ce roman en un conte dont on savoure chaque page. L’auteur nous décrit admirablement une turquie ancrée dans les traditions, et de sa plume, il nous invite à bousculer les habitudes et à assumer ses choix de vie.

Un roman social indispensable si vous voulez découvrir un grand écrivain, Ali Sabahattin ayant composé une des oeuvres les plus marquantes de la littérature turque contemporaine. Il a écrit 5 recueils de nouvelles, 3 romans, et de nombreux textes et poèmes.
Il fût enseignant dans plusieurs établissements turcs mais fût emprisonné sur dénonciation pour “propagande subversive” à plusieurs reprises. Ces séjours en prison transformèrent considérablement l’écrivain. Il dénoncera par ses écrits la dureté des puissants, la misère du peuple des années 30. Il mourut assassiné alors qu’il était en train de fuir la Turquie.

* Youssouf le Taciturne - Ali Sabahattin
Format Poche : 452 pages
Editeur : Le Serpent A Plumes / Collection Motifs (2003)
9 €, en vente dans toutes les bonnes librairies

mardi 4 juillet 2006

De Galata aux champs de tabac



L’histoire commence et finit à Istanbul. Mais le récit nous emporte vers de nombreux horizons, et vers d’autres cultures par le biais du héros, le jeune Antilogus, qui fût abandonné dès sa naissance. On est plongé dans divers religions et croyances, on goûte à différents mets culinaires et on voyage à travers le temps. Au 17éme siècle, quand les juifs cotoyaient les musulmans. Quand l'Empire Ottoman était gouverné par un Sultan. Quand l’Amérique faisait encore rêver...

Ce roman* de 458 pages m’a été offert par ma meilleure amie Chantal pour mon anniversaire, et je l’ai tout simplement dévoré. Je ne parle dans ce blog que des livres qui ont un rapport avec la Turquie, aussi, je vous recommande vivement de vous procurer ce roman qui sort en poche dès le mois d’octobre. Vous pourrez avoir un récit plus détaillé ici, mais sachez que Caroline BONGRAND a réalisé de nombreuses recherches afin de rendre crédible cette histoire qui ne laissera personne indifférent.

Un hymne à l’amour, à la vie et à la soif de découvertes.

* L'enfant du Bosphore, Caroline BONGRAND,
Editions Robert LAFFONT, 2004

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