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Du miel aux épices d'Istanbul...

mercredi 12 septembre 2007

Les cinq derniers jours du prophète

L’histoire se déroule dans la partie asiatique d’Istanbul, après la deuxième guerre mondiale, dans le quartier d’Üsküdar.

Amis d’enfance, Rahmi SÖNMEZ et Fehmi GÜLMEZ n’ont d’yeux que pour la poésie durant leur adolescence. Cet amour pour la prose sera renforcé grâce à leur rencontre avec la belle Féridé, passionnée de philosophie et par les auteurs marxistes.
Alors que l’un continue d’écrire des poésies, qu'il est publié dans des revues littéraires et qu'il prend le surnom de "Prophéte", l’autre se range et prend part au capitalisme. On partage ainsi la vie et les songes de Rahmi, qui risque chaque jour l'emprisonnement à cause de ses opinions politiques.

Les cinq derniers jours du prophète

Rahmi doit élever sa fille puis son petit-fils et devient peu à peu schizophrène. Admirateur de Nazim HIKMET, à 60 ans, ce poète se dit encore communiste et révolutionnaire. Le destin voudra que sa vie se termine entre larmes, révoltes et joies. Mais je ne vous en dis pas plus sur cette histoire...

Un roman que j’ai trouvé admirablement bien écrit, à l’instar d’Emile ZOLA, l’auteur nous décrit avec précisions les cinq derniers jours de ce poéte révolutionnaire et nous dévoile ses doutes et ses pensées, mais pas seulement. C’est le récit de destins ensoleillés puis brisés par l’envie d’un monde meilleur, un monde plus juste. Une belle et déchirante histoire.

Ce roman a obtenu le prix Orhan Kemal en 1993

mercredi 20 juin 2007

Drames, luxure et trahisons

Saviez-vous que Mourad III a eu 103 enfants ? Que Mehmet III a fait excécuter ses 16 frères ? Que plus de mille femmes vivaient au Harem après le régne de Soliman ? Que l’impératrice Théodora était une courtisane avant d’épouser Justinien ?



Trois énormes empires (Byzantin, Romain et Ottoman) et trois noms (Byzance, Constantinople, Istanbul) pour une seule ville. Ce roman nous fait traverser des siècles et nous entraine aux temps des combats des janissaires, des croisades, de la magnificence, des fraticides, des fêtes grandioses organisées par les Sultans.
Ce livre est vraiment captivant dès la première page, et ne donne pas du tout l’impression de lire une encyclopédie d’histoire... Pourtant, les événements et les dates importantes y sont inscrits, et une fois le livre refermé, on se souvient alors que la Turquie et l’Europe ont toujours été étroitement liées, aussi bien géographiquement que culturellement parlant. La turquie doit elle faire partie de l'Europe ? Vous trouverez tous les éléments de réponse dans ce roman !!

Le roman de Constantinople
Gilles MARTIN-CHAUFFIER
189 pages
Editions du Rocher
Prix Renaudot Essais 2005

PS : On parle de moi . Pour la traduction en Français de l'article en question, vous pouvez regarder dans les commentaires. Encore un grand merci à Métissée et à Özlem !

jeudi 7 juin 2007

Chroniques d'un expatrié

Si vous avez déjà passé quelques années en Turquie ou si vous souhaitez venir vous installer et travailler ici, ce livre est fait pour vous !



... A condition bien sûr de connaitre l’anglais car ce livre n’a pas encore été traduit dans d’autres langues. Son auteur est américain et il a passé un an en tant que professeur dans une école privée à Ankara. Il nous livre ses premières impressions, son installation, son carnet de voyages, ses difficultés avec la langue turque... Il dépeint son quotidien en Turquie, qui est bien différent - vous vous en doutez - de celui de son pays natal.

Certains passages sont émouvants, d’autres drôles, sans pour autant tomber dans les clichés. Entre ses soirées arrosées au Rakı, les réflexions de ses élèves sur sa vie privée et son regard sur les coutumes turques, l’auteur nous fait passer de bons moments. J’avoue que je porte le même regard que lui sur de nombreuses choses... C’est ce qu’on appelle en d’autres termes la découverte d'une autre culture et le dépaysement !

The Yogurt Man Cometh
Kevin Revolinski
Éditions Çitlembik
223 pages
Disponible sur Amazon

mardi 22 mai 2007

Neige



Exhilé en Allemagne depuis de nombreuses années, le journaliste et poéte Ka se rend à Kars, dans l’Est de la Turquie, afin de suivre les prochaines élections municipales. Il souhaite aussi rédiger un article sur le suicide mystérieux de jeunes musulmanes dans cette région. Ka retrouve alors la belle Ipek, qu’il n’a jamais pu oublier. Il se lie d’amitié avec certains habitants de cette petite ville qui se rangent du côté des nationalites laiques ou des islamistes radicaux. Le protagoniste essaie tant bien que mal de trouver sa place dans ce bourg cloitrée par la neige. Au fur et à mesure qu'il retrouve l'inspiration pour l'écriture de quelques poèmes, Ka remet en question ses croyances et ses aspirations.

Un livre aux effluves politiques où s’entremêlent drames et déchirements... Des sujets sensibles, comme la religion et plus précisément le port du voile y sont abordés avec dextérité.

Prix nobel de littérature en 2006, Orhan Pamuk est un des rares auteurs qui vend 200.000 exemplaires en Turquie à chaque nouvelle parution d’un de ses livres. Il signe encore une fois un beau roman qui, tel un flocon de neige dans une tempête, nous transporte dès les premières pages entre l’orient et l’occident.

* Neige - Orhan PAMUK
Editions Gallimard
485 pages

jeudi 1 février 2007

La nuit des calligraphes

C'est en visitant une exposition de calligraphie organisée par le célèbre homme d’affaires turc Sakip Sabanci, que Yasmine Ghata découvre par hasard une oeuvre de sa grand-mère paternelle, qui fût la première femme calligraphe en Turquie.
Yasmine Ghata décide alors de s'improviser écrivain. Elle nous dépeint la vie de cette femme Rikkat Kunt à travers ce roman qui nous plonge, tel un calame dans un encrier, dans le monde des ouvriers de l’écriture, censés interpréter les paroles de dieu.



Rikkat ne connait que des malheurs dans sa vie, mariage forcé, séparation de plusieurs années avec son fils ainé, abandon de l’alphabet arabe (sous Atatürk) au profit de l’alphabet latin. Son seul échapatoire : l’écriture mystique dans laquelle elle excelle et qui lui permet de communiquer avec les calligraphes virtuoses appartenant au monde de l’au-delà. Elle se sent parfois comme dépossédée de ses mains, et réalise alors des oeuvres d’une grande beauté et modernité.

Un roman touchant, écrit avec sensibilité et sagacité. On se sent artiste malgré nous, en lisant les descriptions circonstanciées de l’art de la calligraphie. L’auteur a déjà reçu de nombreux prix littéraires pour ce roman, ce qui ne m’étonne nullement...

* La nuit des calligraphes
Yasmine GHATA
Editions Fayard (181 pages) ou éditions Poche (153 pages)

mardi 29 août 2006

Youssouf face à son destin

Youssouf, après l'assassinat de ses parents en 1903, est recueilli par une famille habitant un petit village d’Anatolie. Tout en grandissant, il tombe éperdument amoureux de Mouazzez, la fille de sa famille d’accueil. La belle sera pourtant promise à un autre homme.. Que faire ? Taire son amour ou assumer et défendre ses sentiments ?



Un roman* de 452 pages qui nous emmène dans la Turquie profonde. On voit grandir Youssouf au fur et à mesure que l’on avance dans sa lecture et on accompagne ce héros fortement individualisé, mûr et humaniste, dans ses aventures.
Grâce à la qualité de son écriture, Ali Sabahattin (1907-1948) transforme ce roman en un conte dont on savoure chaque page. L’auteur nous décrit admirablement une turquie ancrée dans les traditions, et de sa plume, il nous invite à bousculer les habitudes et à assumer ses choix de vie.

Un roman social indispensable si vous voulez découvrir un grand écrivain, Ali Sabahattin ayant composé une des oeuvres les plus marquantes de la littérature turque contemporaine. Il a écrit 5 recueils de nouvelles, 3 romans, et de nombreux textes et poèmes.
Il fût enseignant dans plusieurs établissements turcs mais fût emprisonné sur dénonciation pour “propagande subversive” à plusieurs reprises. Ces séjours en prison transformèrent considérablement l’écrivain. Il dénoncera par ses écrits la dureté des puissants, la misère du peuple des années 30. Il mourut assassiné alors qu’il était en train de fuir la Turquie.

* Youssouf le Taciturne - Ali Sabahattin
Format Poche : 452 pages
Editeur : Le Serpent A Plumes / Collection Motifs (2003)
9 €, en vente dans toutes les bonnes librairies

mardi 4 juillet 2006

De Galata aux champs de tabac



L’histoire commence et finit à Istanbul. Mais le récit nous emporte vers de nombreux horizons, et vers d’autres cultures par le biais du héros, le jeune Antilogus, qui fût abandonné dès sa naissance. On est plongé dans divers religions et croyances, on goûte à différents mets culinaires et on voyage à travers le temps. Au 17éme siècle, quand les juifs cotoyaient les musulmans. Quand l'Empire Ottoman était gouverné par un Sultan. Quand l’Amérique faisait encore rêver...

Ce roman* de 458 pages m’a été offert par ma meilleure amie Chantal pour mon anniversaire, et je l’ai tout simplement dévoré. Je ne parle dans ce blog que des livres qui ont un rapport avec la Turquie, aussi, je vous recommande vivement de vous procurer ce roman qui sort en poche dès le mois d’octobre. Vous pourrez avoir un récit plus détaillé ici, mais sachez que Caroline BONGRAND a réalisé de nombreuses recherches afin de rendre crédible cette histoire qui ne laissera personne indifférent.

Un hymne à l’amour, à la vie et à la soif de découvertes.

* L'enfant du Bosphore, Caroline BONGRAND,
Editions Robert LAFFONT, 2004

vendredi 27 janvier 2006

Couvertures, littérature et miniatures

Etant donné que je ne lis pas encore de romans en turc (mon vocabulaire n’est pas assez étoffé malheureusement et ma grammaire doit encore progresser), je dois à chaque fois ramener de France des dizaines de livres, et ça pèse lourd, croyez moi !
Car j’adore lire, et il est rare que je reste fidèle à un auteur (mis à part Paul AUSTER).

J’essaie de découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux auteurs et dans mes dernières pérégrinations à la FNAC, j’ai déniché un roman d'un auteur turc : Mon nom est rouge.



Je viens tout juste d’achever ce pavé de 736 pages (format poche) d’Orhan PAMUK, l’auteur turc couronné de nombreux prix littéraires internationaux.

Cet auteur a échappé de peu à la prison et a fait la couverture des journaux en ce début d'année.



Orhan PAMUK devait en effet être jugé en février 2006 pour "insulte ouverte à la nation turque", suite à un entretien qu’il avait eu avec un magazine Suisse en 2005, et dans lequel il s’est exprimé sur le massacre des arméniens et des kurdes.

Mais la nouvelle est tombée en même temps que les vœux de la nouvelle année, la Turquie a finalement refusé de s’engager dans ce procès controversé, et a renoncé à juger cet écrivain célèbre.

Mon nom est rouge était vraiment passionnant et extrêmement bien écrit.

L’histoire nous plonge dans la vie des miniaturistes turcs, au 16éme siècle, et nous permet de mieux comprendre les passions picturales qui animent les enlumineurs et les peintres d’orient et d’occident.
Ajouter à cela une histoire d’amour et un ou deux meurtres à élucider, et vous obtiendrez un magnifique roman qui décrit à merveille l’art Ottoman.



De même, le style de l’auteur est très intéressant, dans la mesure où chaque protagoniste devient le narrateur d’un ou plusieurs chapitres.

Bref, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman, vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies françaises... Car je ne voudrais surtout pas être votre seule référence en matière de littérature turque !!

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