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Du miel aux épices d'Istanbul...

mardi 22 mai 2007

Neige



Exhilé en Allemagne depuis de nombreuses années, le journaliste et poéte Ka se rend à Kars, dans l’Est de la Turquie, afin de suivre les prochaines élections municipales. Il souhaite aussi rédiger un article sur le suicide mystérieux de jeunes musulmanes dans cette région. Ka retrouve alors la belle Ipek, qu’il n’a jamais pu oublier. Il se lie d’amitié avec certains habitants de cette petite ville qui se rangent du côté des nationalites laiques ou des islamistes radicaux. Le protagoniste essaie tant bien que mal de trouver sa place dans ce bourg cloitrée par la neige. Au fur et à mesure qu'il retrouve l'inspiration pour l'écriture de quelques poèmes, Ka remet en question ses croyances et ses aspirations.

Un livre aux effluves politiques où s’entremêlent drames et déchirements... Des sujets sensibles, comme la religion et plus précisément le port du voile y sont abordés avec dextérité.

Prix nobel de littérature en 2006, Orhan Pamuk est un des rares auteurs qui vend 200.000 exemplaires en Turquie à chaque nouvelle parution d’un de ses livres. Il signe encore une fois un beau roman qui, tel un flocon de neige dans une tempête, nous transporte dès les premières pages entre l’orient et l’occident.

* Neige - Orhan PAMUK
Editions Gallimard
485 pages

jeudi 1 février 2007

La nuit des calligraphes

C'est en visitant une exposition de calligraphie organisée par le célèbre homme d’affaires turc Sakip Sabanci, que Yasmine Ghata découvre par hasard une oeuvre de sa grand-mère paternelle, qui fût la première femme calligraphe en Turquie.
Yasmine Ghata décide alors de s'improviser écrivain. Elle nous dépeint la vie de cette femme Rikkat Kunt à travers ce roman qui nous plonge, tel un calame dans un encrier, dans le monde des ouvriers de l’écriture, censés interpréter les paroles de dieu.



Rikkat ne connait que des malheurs dans sa vie, mariage forcé, séparation de plusieurs années avec son fils ainé, abandon de l’alphabet arabe (sous Atatürk) au profit de l’alphabet latin. Son seul échapatoire : l’écriture mystique dans laquelle elle excelle et qui lui permet de communiquer avec les calligraphes virtuoses appartenant au monde de l’au-delà. Elle se sent parfois comme dépossédée de ses mains, et réalise alors des oeuvres d’une grande beauté et modernité.

Un roman touchant, écrit avec sensibilité et sagacité. On se sent artiste malgré nous, en lisant les descriptions circonstanciées de l’art de la calligraphie. L’auteur a déjà reçu de nombreux prix littéraires pour ce roman, ce qui ne m’étonne nullement...

* La nuit des calligraphes
Yasmine GHATA
Editions Fayard (181 pages) ou éditions Poche (153 pages)

mardi 29 août 2006

Youssouf face à son destin

Youssouf, après l'assassinat de ses parents en 1903, est recueilli par une famille habitant un petit village d’Anatolie. Tout en grandissant, il tombe éperdument amoureux de Mouazzez, la fille de sa famille d’accueil. La belle sera pourtant promise à un autre homme.. Que faire ? Taire son amour ou assumer et défendre ses sentiments ?



Un roman* de 452 pages qui nous emmène dans la Turquie profonde. On voit grandir Youssouf au fur et à mesure que l’on avance dans sa lecture et on accompagne ce héros fortement individualisé, mûr et humaniste, dans ses aventures.
Grâce à la qualité de son écriture, Ali Sabahattin (1907-1948) transforme ce roman en un conte dont on savoure chaque page. L’auteur nous décrit admirablement une turquie ancrée dans les traditions, et de sa plume, il nous invite à bousculer les habitudes et à assumer ses choix de vie.

Un roman social indispensable si vous voulez découvrir un grand écrivain, Ali Sabahattin ayant composé une des oeuvres les plus marquantes de la littérature turque contemporaine. Il a écrit 5 recueils de nouvelles, 3 romans, et de nombreux textes et poèmes.
Il fût enseignant dans plusieurs établissements turcs mais fût emprisonné sur dénonciation pour “propagande subversive” à plusieurs reprises. Ces séjours en prison transformèrent considérablement l’écrivain. Il dénoncera par ses écrits la dureté des puissants, la misère du peuple des années 30. Il mourut assassiné alors qu’il était en train de fuir la Turquie.

* Youssouf le Taciturne - Ali Sabahattin
Format Poche : 452 pages
Editeur : Le Serpent A Plumes / Collection Motifs (2003)
9 €, en vente dans toutes les bonnes librairies

mardi 4 juillet 2006

De Galata aux champs de tabac



L’histoire commence et finit à Istanbul. Mais le récit nous emporte vers de nombreux horizons, et vers d’autres cultures par le biais du héros, le jeune Antilogus, qui fût abandonné dès sa naissance. On est plongé dans divers religions et croyances, on goûte à différents mets culinaires et on voyage à travers le temps. Au 17éme siècle, quand les juifs cotoyaient les musulmans. Quand l'Empire Ottoman était gouverné par un Sultan. Quand l’Amérique faisait encore rêver...

Ce roman* de 458 pages m’a été offert par ma meilleure amie Chantal pour mon anniversaire, et je l’ai tout simplement dévoré. Je ne parle dans ce blog que des livres qui ont un rapport avec la Turquie, aussi, je vous recommande vivement de vous procurer ce roman qui sort en poche dès le mois d’octobre. Vous pourrez avoir un récit plus détaillé ici, mais sachez que Caroline BONGRAND a réalisé de nombreuses recherches afin de rendre crédible cette histoire qui ne laissera personne indifférent.

Un hymne à l’amour, à la vie et à la soif de découvertes.

* L'enfant du Bosphore, Caroline BONGRAND,
Editions Robert LAFFONT, 2004

vendredi 27 janvier 2006

Couvertures, littérature et miniatures

Etant donné que je ne lis pas encore de romans en turc (mon vocabulaire n’est pas assez étoffé malheureusement et ma grammaire doit encore progresser), je dois à chaque fois ramener de France des dizaines de livres, et ça pèse lourd, croyez moi !
Car j’adore lire, et il est rare que je reste fidèle à un auteur (mis à part Paul AUSTER).

J’essaie de découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux auteurs et dans mes dernières pérégrinations à la FNAC, j’ai déniché un roman d'un auteur turc : Mon nom est rouge.



Je viens tout juste d’achever ce pavé de 736 pages (format poche) d’Orhan PAMUK, l’auteur turc couronné de nombreux prix littéraires internationaux.

Cet auteur a échappé de peu à la prison et a fait la couverture des journaux en ce début d'année.



Orhan PAMUK devait en effet être jugé en février 2006 pour "insulte ouverte à la nation turque", suite à un entretien qu’il avait eu avec un magazine Suisse en 2005, et dans lequel il s’est exprimé sur le massacre des arméniens et des kurdes.

Mais la nouvelle est tombée en même temps que les vœux de la nouvelle année, la Turquie a finalement refusé de s’engager dans ce procès controversé, et a renoncé à juger cet écrivain célèbre.

Mon nom est rouge était vraiment passionnant et extrêmement bien écrit.

L’histoire nous plonge dans la vie des miniaturistes turcs, au 16éme siècle, et nous permet de mieux comprendre les passions picturales qui animent les enlumineurs et les peintres d’orient et d’occident.
Ajouter à cela une histoire d’amour et un ou deux meurtres à élucider, et vous obtiendrez un magnifique roman qui décrit à merveille l’art Ottoman.



De même, le style de l’auteur est très intéressant, dans la mesure où chaque protagoniste devient le narrateur d’un ou plusieurs chapitres.

Bref, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman, vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies françaises... Car je ne voudrais surtout pas être votre seule référence en matière de littérature turque !!

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