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Du miel aux épices d'Istanbul...

jeudi 27 août 2009

Tuz Gölü : le spa (gratuit) de Gökçeada...



A deux pas d'Aydıncık Plajı, les vacanciers sont nombreux à se rendre sur le lac salé (Tuz Gölü) pour se refaire une beauté 100 % naturelle et gratuite pour tous. Il suffit de s'enduire le corps d'une boue de couleur noire (que l'on trouve sur du sol du lac, sous l'eau) pour lutter contre les rhumatismes et le psoriasis.



C'est aussi ici que certaines espèces animales de l'île viennent se nourrir, le sol étant riche en sel et en minéraux. De même, on raconte que cette gadoue sombre est très bonne pour la peau, aussi Fred et moi avons essayé ce spa naturel. j'avoue que la boue a une odeur bizarre et que nous n'avons remarqué aucune amélioration de la texture de notre peau après avoir bénéficié de ce soin. Nous avons surtout fait peur à notre chien Yakamoz !



Quoiqu'il en soit, nous avons passé plusieurs jours à regarder, amusés, les femmes et les hommes passer sur la plage avec leurs costumes noirs. Ils venaient tous se rincer dans la mer Egée une fois la boue séchée. Un spectacle dont on ne se lassait pas...

mardi 25 août 2009

Dereköy, le village grec abandonné



Situé à 16km de la ville principale de Gökçeada, Dereköy était jusque dans les années 1950 le village le plus peuplé de l'île, il était habité essentiellement par des familles grecques.



On y comptait pas moins de 22 cafés, 2 cinémas. De même, des épiciers, des couturiers, et d'autres commerces de proximité ainsi que 3 producteurs d'huile d'olive y étaient installés. On peut toujours visiter l'ancien lavoir, qui était le plus grand de l'île.





Actuellement, pas plus d'une quarantaine de personnes y vivent, un seul café fonctionne et une maison sur deux tombe en ruines. Bref, on dirait presque un village fantôme (appelé autrefois Schinoudi).



Le village possède cependant des églises orthodoxes grecques magnifiquement entretenues (Aya Marina et Koismesis Tis Theotokos) où des messes y sont toujours données. Malgré tout, il est bien triste de visiter un village comme celui-là, qui semble avoir perdu son âme alors qu'il devait être un des endroits les plus animés de l'île de Gökçeada il y a plus d'un demi-siècle.



Après cette période, toutes les écoles de la communauté grecque ont été fermées sous ordre du gouvernement turc, on a pu observer une grande expropriation. Certains grecs ont subi de fortes pressions pour quitter l'île, d'autres sont partis de leur plein gré afin de chercher du travail.



On croise toutefois quelques enfants qui s'amusent dans les rues en criant, ils apportent un peu de gaieté intra-muros, même si la plupart d'entre-eux quitteront l'île fin septembre, une fois les grandes vacances terminées...

lundi 24 août 2009

Kaleköy, un petit coin de paradis

Autrefois capitale de l’île, Kaleköy constitue aujourd’hui un des rares ports que l’on peut trouver sur Gökçeada. En fait, cette localité s’étend du bord de mer (kaleköy limanı) jusque sur les hauteurs d’une colline (yukarı kaleköy). La marina moderne en béton a malheureusement remplacé le port antique mais il reste cependant quelques vestiges anciens.



On peut en effet visiter les ruines d’une forteresse vénéto-byzantine construite sur une ancienne acropole athénienne. A quelques pas de là, un café à narghilé s’est installé et sert quelques snacks et boissons rafraichissantes en offrant une belle vue panoramique.



Le soir, le petit port de Kaleköy (Castro) est peuplé de touristes qui viennent s’attabler aux quelques terrasses de restaurants de poissons. Un des plus célèbres d’entre eux (yakamoz) domine le port et fait aussi office de pension. Le coucher de soleil sur la Mer Egée est un moment à ne pas manquer...



Sur le port, on peut admirer l’église de St Nicolas (Aghios Nikolaos) qui a été dernièrement restaurée avec des fonds publics turcs. A Kaleköy, nous avons dégusté, dans un charmant café ombragé (Mustafa’nın Kayvesı), une des spécialités de l’île : le dibek kahvesi.



Il s’agit d’un café turc, dont les grains ne sont pas broyés en machine mais à la main avec un mortier en bois. Nous avons pu aussi y acheter quelques confitures maisons (tomates, pastèque). C’était un petit coin de paradis, où nous avons croisé deux femmes agées qui triaient du thym séché (kekik) afin de le mettre en sachet. Tous les noms des rues étaient écrits à la main, sur des petits panneaux en bois.



A quelques pas de là, une vieille église orthodoxe bien conservée. Pour accéder à sa cour, il suffisait de traverser la terrasse du café. On se serait cru dans un village de provence, au milieu des maisons en pierres, des chants des cigales, sous le murmure des feuilles d’olivier bercées par le vent...

mardi 18 août 2009

Imbros, bercée par le vent, sous un ciel d'azur...



La première chose qui surprend quand on amarre sur les quais de Kuzulimanı, c'est le paysage qui s'offre à nous. Pas de port, pas d'habitation sur les côtes comme dans la plupart des îles de la Mer Egée. Sur Gökçeada, il faut parcourir plusieurs kilomètres avant de se retrouver au milieu d'un peu d'agitation. La ville principale porte le nom de l'île (qui signifie azur, ciel bleu), c'est ici que se situent supermarchés, office de tourisme, commerces, pâtisserie, caserne militaire et hôpital, loin de la mer.



A vrai dire, les villages de l'île n'échappent pas à cette règle, les hommes se sont installés à l'intérieur des terres, et non sur les côtes. Un des habitants de Gökçeada me donne une explication à cela : L'île s'appelait autrefois Imbros (ou Imvros), ce qui désigne un vent fort en grec. L'hiver, entre pluie et vents, les côtes sont inhabitables me dit-il...



Pas étonnant que les bulgares et les roumains viennent en nombre pratiquer le kitesurf. Le spot d'Aydıncık, où nous avons résidé quelques jours, est parfait pour la pratique de ce sport à voile : du vent, une longue plage, pas d'obstacle en vue (fils électriques, rochers) et des températures très agréables.



La végétation de l'île est particulière, tantôt on retrouve un sol semi-aride avec une végétation basse, tantôt on parcourt des hectares de pinacées ou d'oliviers.
Concernant les habitants, on parle le turc ou le grec, et on décore sa maison en fonction de ses origines. Les mosquées font face aux églises orthodoxes. On comprend aisément que l'île a vécu quelques déchirements et déplacements de populations.


Village de (eski) Bademli

Et puis partout, on peut apercevoir des chèvres qui sont en liberté sur l'île et qui broutent sans se soucier des quelques véhicules qu'elles croisent. Certains coins de Gökçeada sont parfois si calmes qu'on se croirait seul au monde, surtout lorsqu'on pénètre dans des villages fantomatiques...

lundi 17 août 2009

Gökçeada, l'île organique



Parmi toutes les îles de la Mer Egée, seulement deux sont annexées à la Turquie depuis le traité de Lausanne (1923) : Bozcaada (appelée autrefois Ténédos) et Gökçeada (Imbros). C'est sur cette dernière que nous avons passé une semaine de vacances, au milieu des chèvres, des oliviers et des plantations organiques.



La découverte de cette île de 290 m2 nous laisse un peu dubitatifs : malgré la beauté des 95 km de côtes, peu de villages ont gardé leurs âmes, leur caractère historique ; la plupart des édifices anciens sont en ruines, des villages entiers ont été désertés, le béton des nouvelles constructions turques côtoie les pierres taillées de vieilles maisons, formant un ensemble complétement hétéroclite.


Village de Tepeköy

Rien à voir donc avec l'île de Chios qui a su garder presque intact son patrimoine architectural et historique. Gökçeada a cependant un atout de taille : sa municipalité est très soucieuse de l'environnement de l'île. Ainsi, la plupart des paysans n'utilisent aucun engrais chimique pour cultiver leurs terres, la société Elta Ada, qui a été la première à commercialiser la vente de produits laitiers organiques en Turquie, est basée sur cette île.



Récit de nos vacances et de nos découvertes à suivre dans les prochains jours...