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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 5 décembre 2008

Akçaabat



Si vous prononcez le nom de la petite ville d'Akçaabat devant un turc, il y a de forte chance pour que ce dernier pense à la spécialité locale : Les köfte, ces boulettes de viandes grillées sont en effet connues à travers toute la Turquie et ont ici une rotondité qui s'apprécie à chaque bouchée.



Par contre, peu de gens savent que se cache sur les hauteurs de cette ville un quartier typique où l'on retrouve de vieilles maisons traditionnelles. Ce district appelé Orta Mahalle abrite une vieille église qui date du 14e s. et qui a été transformé au début du 20e siècle en habitation, puis abandonnée et délaissée quelques années auparavant.



Elle est à présent emboitée entre deux murs de gecekondu et tombe peu à peu dans l'oubli. Se promener dans ce quartier nous rend mélancolique, l'architecture des maisons, tout comme les couleurs, sont particulières. Certaines demeures tombent malheureusement en ruines, d'autres viennent d'être restaurées.



Autrefois, les familles aisées de cette petite ville située à quelques kilomètres de Trabzon habitaient dans ce quartier où l'on aperçoit la Mer Noire. A présent, ce sont plutôt les familles pauvres qui ont résidence dans cette partie de la ville.



Nous avons pu apercevoir cet été, au milieu de ces habitations, quelques potirons pousser. Comparé à la côté bétonnée et sans intérêt de cette partie de la Mer Noire, ce quartier semble vraiment anachronique, un peu comme si on avait planté un décor de cinéma sur les hauteurs d'Akçaabat.



La Turquie renferme encore plein de lieux de ce genre qui ne sont pas forcément présents dans les guides touristiques. On tombe dessus par hasard, alors qu'on cherche à retrouver son chemin. Depuis quelques années cependant, on peut remarquer de nets progrès au niveau des panneaux signalétiques en Turquie, et un réel désir de préserver ce magnifique (et déroutant) patrimoine historique...

jeudi 20 novembre 2008

Une nuit dans un yayla, ou comment se délecter de plaisirs simples...

Tant que les gens voyageront encore dans de lointains villages retirés où ils trouveront une petite chambre pour passer la nuit, tant qu'ils auront plaisir à se contenter des transports en commun et des vendeurs des quatre saisons, ils trouveront du réconfort dans les petites choses"...
Alexandra David-Néel, Lampe de sagesse



Il est bon parfois de se détacher de notre culture occidentale et notre tendance à vouloir tout planifier et tout contrôler. Quand on visite la Turquie, il faut apprendre à se laisser porter par la vague, à faire confiance à la providence.


Village d'Aydınköy

Il est vrai que certains endroits du monde ne laissent pas vraiment la place à l'improvisation, mais ce n'est pas le cas, heureusement, de la région de la Mer Noire.


Semra assise sur mes genoux et Zalım

Je ne vous ai jamais raconté un de nos plus beaux souvenirs de cet été, à croire qu'il faut du temps pour digérer les moments forts de sa vie. Il s'agissait de notre dernière nuit en Mer Noire avant le retour vers Istanbul, et vers 16h de l'après-midi, alors que nous ne savions toujours pas où nous allions dormir le soir même, le destin nous a mené dans un petit village archaïque construit tout en bois : Le village d'Aydınköy.



Comme d'habitude, les touristes étrangers qui parlent le turc ne sont pas nombreux à venir s'enliser dans ces coins perdus et nous nous faisons vite repérer. Nous entamons aisément la discussion avec les habitants du village. Parmis eux, un jeune couple à qui nous demandons ce que nous pouvons visiter de typique dans les alentours.



Ils nous parlent d'un joli yayla (haut-plateau) situé à seulement quelques kilomètres, nous essayons de savoir s'il y a une pension là-haut pour passer la nuit mais rien de ce genre malheureusement. Ils nous proposent alors de nous héberger si nous pouvons les monter en voiture : Nous acceptons l'offre avec joie.


A Gauche, Nurhan et Fatih

La maman de Fatih vit trois mois là-haut, ils ont quelques affaires à lui monter. Quelques minutes plus tard, nous voilà six dans la voiture, la route est cailloutée et sur le chemin nous prenons encore deux personnes que nous croisons et qui sont en train de monter à pied. Notre bas de caisse tape sur des cailloux, l'ascension est héroïque...


Yayla d'Aydınköy

Arrivés en haut, le paysage est magnifique, pas de cable électrique, ni de réseau téléphonique, le village n'a ni l'eau courante ni l'électricté. Les maisons n'ont pas de salle de bain, seulement des toilettes à l'ancienne. Ici, on s'occupe principalement du bétail et les journées sont rythmées autour des bêtes : On se lève vers quatre heures du matin pour traire les vaches avant qu'elles ne soient conduites dans les pâturages environnants et l'on se couche vers 21 heures.



Les maisons sont construites en bois, en dessous dorment les animaux, à l'étage la famille. Ainsi la chaleur des bêtes monte et réchauffe la pièce principale où nous prenons le dîner du soir composé de soupe aux pâtes, melon d'eau, tomates, pain maison et fromage. Dès la tombée de la nuit, nous enfilons de gros pulls et nous glissons sous la couette, nous sommes six à dormir dans la même pièce et le bébé du jeune couple se balance au dessus de nous, dans un lit aménagé entre deux cordes tendues, avec des couvertures.



Entre le bébé qui pleure et le vent qui souffle fort nous ne fermons pratiquement pas l'oeil de la nuit. Quand on voit comment tient le toit (planche, plastique et gros cailloux), on se demande comment tout tient en place. Malgré le manque de sommeil, nous découvrons la lumière du jour avec bonne humeur. L'air est frais, non pollué, les kangal (gros chiens turcs) veillent sur le bétail, le thé chauffe sur le poêle. Quelques heures passées avec cette famille nous auront permis d'aborder des sujets aussi divers que variés : le mariage, le service militaire, l'éducation des enfants, la vie hivernale, etc.



Mais peu avant l'heure du déjeuner, nous devons reprendre la route, au revoir le yayla et ses habitants qui ont le sourire greffé au visage. Loin du luxe et de la technologie, ces turcs sont heureux, même s'ils vivent avec trois fois rien et ignorent de quoi sera fait demain. Une belle leçon d'humanité que nous tâcherons de ne pas oublier. Nous repartons la tête remplie de beaux souvenirs, le coeur débordant de bonheur simple, les yeux soulignés de cernes et les chaussures pleines de boue...

vendredi 7 novembre 2008

Yılmaz et son église

Quand le travail devient trop stressant, quand l'hiver s'installe à petits pas, quand le moral tombe dans les chaussettes, il suffit de faire un petit exercice de relaxation pour se sentir tout de suite mieux. On ferme les yeux, puis on se remémore un endroit qu'on aime, où le silence et la paix règnent...



Nos pérégrinations nous ont emmenés un jour d'août dans le village de Bulanık, construit tout en bois. Sur place, nous faisons connaissance avec quelques habitants. En deux minutes, nous recevons déjà trois invitations pour boire le çay avec de parfaits inconnus. Nous souhaitons cependant visiter auparavant l'église de Yeni Rabat, située à quelques kilomètres de là. Mais la route est bloquée, certains ouvriers y construisent un pont pour que l'accès y soit plus facile.



Le chef de chantier m’offre une tranche de pastèque, et n’oublie pas la part de Fred. En montant, un homme moustachu se joint à nous, il nous explique qu’il habite à Yeni Rabat, et qu’il n’y a là haut que deux maisons. Il est en quelque sorte le gardien de ce patrimoine culturel.



Quelques enjambées plus tard, nous faisons le tour de cette église qui a été utilisée par les chrétiens jusqu’au début du 19e s. Yılmaz nous colle aux baskets et nous sert de guide, il a peur que nous ne nous échappions avant d’avoir bu un verre chez lui.



Après notre tour culturel, nous approchons de la maison en bois de Yılmaz. Sa maman est en train de faire boullir de l’eau dans lequel cuit un fromage. Elle nous fait goûter cette pâte chaude et élastique faite à base de lait de vache qui est délicieuse.



Nous nous asseyons dehors et faisons connaissance avec la belle fille de Yılmaz, qui habite ce hameau un mois dans l’année avec ses deux enfants. Elle vit normalement sur Istanbul et nous propose deux verres d’ayran frais, un regal là encore. Alors que nous essayons de comprendre l’agencement de cette maison construite en bois, on nous invite à visiter les lieux.



Tout est parfaitement bien organisé, et le plus intéressant reste la cuisine qui sert d'entrepôt, avec une porte qu’il faut enjamber, ceci pour éviter que les souris ne rentrent. D’ailleurs, on se croirait dans une boutique avec d'énormes compartiments en bois où l’on a disposé farine et autres denrées alimentaires.



Dehors, un chien a les oreilles coupées, il paraît que c’est pour mieux entendre les bruits de la forêt. Yılmaz nous apprend qu’il y a parfois des ours ou des loups qui s’approchent de leur habitation. Avant que la nuit ne tombe, nous mettons les voiles en remerciant Yılmaz et sa famille. En bas du chemin, les ouvriers s’activent toujours sur leur mini-chantier.



Ils nous proposent encore de la pastèque et le thé chauffe au beau milieu du chemin sur une bombonne de gaz. Même perdus au milieu de nulle part, une chose est sûre en Turquie : Nous ne pouvons ni mourir de faim, ni de soif ! Et surtout, même en pleine forêt au milieu des bêtes sauvages, on ne se sent jamais totalement seul…

mercredi 10 septembre 2008

Safranbolu



Spécialité locale de cette ville située à 406 km d'Istanbul : Le safran. Cette épice rare et chère, puisqu'elle ne peut être récoltée qu’une fois tous les deux ans, est utilisée dans la préparation des desserts et des mets salés depuis l’époque ottomane. Le safran a permis à cette ville de la Mer Noire de rayonner malgré sa situation géographique.



Depuis 1994, la ville de Safranbolu est inscrite au patrimoine de l’Unesco, et ce ne sont pas les filaments oranges qui sont à l’origine de cette reconnaissance historique. Il vous suffit d’arpenter ses petites rues pavées et ornées de maisons en colombage pour comprendre que Safranbolu est une des rares localités de Turquie, avec Istanbul, à avoir su preserver toutes les traces de son passé.



Deuxième spécialité de la ville : La ferronnerie. On y trouve un bon nombre d’artisans qui travaillent ce métal et le transforment en serrures, en poignées de porte ou en objets de décoration.



De passage parmi nous, Jacques, l’ami de Fred, venu tout droit de la région de Toulouse avec son accent chantant, est tout comme nous trois (yakamoz compris) tombé sous le charme de cette ville hors norme qui fût un poste caravanier important lors des échanges commerciaux entre l'Orient et l'Occident.



Il est vrai que Safranbolu est assez touristique, et de nos jours, une maison sur trois est transformée en hôtel ou en pension. Il est donc préférable de se glisser dans sa ville annexe (Yörük) pour découvrir des maisons plus typiques et des ruelles deux fois moins fréquentées par les hordes de touristes.



Nous y avons d'ailleurs trouvé une pension fort sympathique pour y passer une nuit. Dans ce village, nous avons pu visiter une vieille maison transformée en musée où l’on a pu comprendre les us et les coutumes de l’époque : L’eau de la cuisine chauffée grâce au feu de cheminée, le pigeonnier pour les hommes et leur narghilé, etc.



Filiz, la maîtresse des lieux, nous a expliqué qu’il suffisait à son grand-père de se réfugier au dernier étage de la maison et de taper un grand coup sur le plancher pour qu’on lui monte son café.



Le plus impressionnant reste le travail realisé sur le bois, on se dit alors que les artisans turcs étaient (et sont toujours) vraiment doués, pour avoir realisé et su conserver de si belles demeures sans asticots. A l'époque, plus le plancher était épais, plus la famille était riche.



Après avoir lu que le safran possédait de nombreuses vertus (tel qu’augmenter la mémoire, améliorer l'épiderme ou encore l’appétit sexuel), nous avons dû nous résigner à goûter cette boisson chaude, couleur or, au safran et au miel. Un délice !



De même, impossible de repartir sans avoir pris dans nos bagages une spécialité culinaire de la ville : des boîtes de loukoums parfumés au safran; à déguster sans modération dans toutes les boutiques de la ville...

mercredi 3 septembre 2008

Eglise de Dolishane

Ce que j’aime par dessus tout quand on pénètre dans un petit village, c’est qu’on est pratiquement sûr de tomber sur une place agrémentée d’un banc rempli de monde.



Dolishane n’a pas dérogé à cette règle, et en croisant les petits et grands assis côte à côte, nous avons toujours un mot clé pour délier les langues : un simple merhaba. S’en suit alors, de la part des habitants qui sirotent leur çay, quelques formules de politesse et des tas de questions aussi diverses que variées.



En répondant en turc, on crée toujours un étonnement et l’on entend déjà les commérages qui se murmurent parmis d’autres habitants “C’est qui ?” "des étrangers", "ils parlent turc ?!”. Il est vrai que de voir quelques touristes étrangers, débarquer dans leur village pour visiter une église qui tombe en ruines, doit en surprendre plus d'un...



Mais revenons plutôt à nos églises, car nous ne nous sommes pas rendus à Dolishane rien que pour discuter avec les habitants du coin, notre venue était aussi motivée par la découverte d’un monument mediéval : l’église du village. L’extérieur est encore en assez bon état par rapport à l’intérieur, encore une fois vandalisé par des chercheurs d’or. Le sol a été creusé, d’où l’emplacement de l’ancienne porte d’entrée par rapport au niveau du sol actuel (cf photo ci-dessus).



D’après une inscription gravée en géorgien sur ses murs, cette église semble dater des années 950. En sortant cet édifice, une jeune fille se rapproche pour nous offrir une poignée de noisettes, puis, en passant devant les observateurs de la place centrale, on nous montre un plat de concombre qui nous est destiné. L'hospitalité turque a encore frappé !



A croire que de mettre gratuitement, et ce à la disposition de tous les voyageurs, un tel patrimoine historique ne leur suffit pas...

mardi 2 septembre 2008

Monastère d’Işhan

Difficile d’imaginer combien d’années se sont écoulées depuis la construction de toutes ces églises géorgiennes inscrites dans le patrimoine architectural du Nord-Est de la région de la Mer noire. Il fallait vraiment avoir la foi pour s’user au travail dans des régions aussi belles qu’escarpées.



Heureusement, malgré les différentes civilisations qui se sont succédées et, en dépit des nombreux pillages, certains édifices religieux tiennent encore debout. Ils font parti de ces monuments anachroniques à notre époque où le béton monopolise le paysage urbain de Turquie.



A 32 km de Yusufeli, il faut encore grimper dans un véhicule à 2 ou 4 roues pour visiter le monastère d’Işhan. A sa porte, un gardien nous délivre des billets d’entrée, 1 Ytl par personne ce n’est vraiment pas cher payé comparé à ce qui se dresse devant nous !



Nous prenons le temps de discuter avec le gardien, qui arbore fièrement un tee-shirt et un badge à l’effigie de la région qui l’emploie à temps complet ou presque. Une fois de plus, le lieu est désert alors que nous sommes en plein mois d’août. Il nous raconte pourtant que des bus remplis d’Israëliens ou de géorgiens défilent toute la saison ici pour visiter ce lieu saint.



L’église a été construite par Nerses III (641-661) et le site fût sérieusement endommagé suite aux invasions arabes au 7e s. Cinq inscriptions gravées en géorgien sur la façade nous informent que l’église a été restaurée à plusieurs reprises entre 917 et 1032. Le monastère était autrefois un des cinq patriarcats de Tao-Klarjeti et il a été utilisé comme une cathédrale jusqu’au 17e s. En 1987, le Ministère turc de la Culture et du Tourisme a inscrit ce monastère parmis les monuments culturels nationaux. Le site est depuis cette date protégé et sera très prochainement restauré.



Autour du monastère se dresse un village doté de nombreux arbres fruitiers, c’est un véritable oasis de verdure et de paix pour les vaches et les habitants qui vivent là-bas.


Quelques fruits séchés au soleil qui serviront de nourriture aux bêtes

Mais les plus chanceux d’entre tous sont sûrement les écoliers de ce village, puisqu’ils ont leur cour d’école et leur terrain de volley construits dans l’enclos du site. J’imagine déjà le sujet d’art plastique sur lequel les petits princes vont plancher à la rentrée. Pour eux, dessiner un monastère doit être plus facile que de dessiner... un mouton.

jeudi 28 août 2008

Dörtkilise



Lorsque nous sommes arrivés en fin d’après-midi à proximité du monastère de Dörtkilise, nous l’avons malencontreusement raté. Nous avons fait plusieurs kilomètres pour rien sur une route difficilement praticable pour finalement faire demi-tour. Ce n’est qu’en redescendant de ce chemin boueux que nous l’avons aperçu, perché sur une petite colline au milieu des arbres.



La nuit commençait à tomber, ce qui accentuait le côté patibulaire et mystérieux de ce lieu. Nous avons fait une visite rapide avant de regagner notre charmante pension située dans le village de Tekkale, un peu plus bas.



Le matin, après un bon petit déjeuner au bord de la rivière qui traversait le village, nous sommes retournés sur les lieux et ce monastère nous a paru encore plus impressionnant. La végétation etait dense autour de la façade (qui est en bon état), l’intérieur etait vide puisqu'il a été pillé par des chercheurs de trésors.



Il semblerait que cette église-monastère, qui s'élève à 1.220m d'altitude date du 10e s. D’autres églises et bâtiments, aujourd’hui en ruines, ont été construits près de cet édifice religieux d'où le nom de "dörtkilise" (= 4 églises).


Afin de mesurer l'ampleur de cet édifice, essayer de me retrouver sur la photo de gauche...

Nous avons croisé deux couples d’Italiens venus séparément dans cet endroit reculé de la Mer Noire. C’etait plutôt bizarre de croiser des étrangers comme nous dans un lieu aussi mal indiqué et difficile d’accès.



De retour dans le village, nous sommes repassés par la pension où nous avions séjourné et nous avons rencontré le gérant des lieux, qui venait d’arriver des hauts-plateaux. Cemil est guide depuis des années, joue de la musique, est moniteur de rafting et parle plusieurs langues. Il nous a proposé de partir en randonnée deux jours dans les yayla mais nous avions déjà d’autres plans. Dommage ! Ce sera pour une prochaine fois...



Si vous passez à quelques kilomètres de Yusufeli, je vous conseille cette pension sans prétention où l’accueil est plus que chaleureux et les repas dignes d’un hôtel trois étoiles.

Cemil Pansiyon - Village de Tekkale
0466 811 29 08
Cemil_pansion@hotmail.com
N’hésitez pas à réserver une ou deux journées de randonnées avec Cemil

mercredi 27 août 2008

Sur la route toute la sainte journée...



Après deux nuits passées dans le village d’Olucak, nous avons decidé de reprendre la route afin d’explorer des villages de la Mer Noire dotés d’églises Géorgiennes, en nous rapprochant de la frontière Nord-Est de la Turquie alors que les combats éclataient en Géorgie.



Plusieurs heures de route nous séparaient du village de Dörtkilise où nous voulions passer la prochaine nuit. Les paysages se succédaient sans jamais nous lasser. Au loin se dessinait les montagnes du Kaçkar, les routes étaient sinueuses et parfois complétement cabossées. Nous avons dû traverser de grandes plaines désertes ou au contraire franchir de petits villages en bois encore habités.


Village de Laleli

Sur la route quelques surprises nous attendaient : Laleli, Ortaköy ou Nişantaşı ne sont pas que des quartiers d'Istanbul, ce sont aussi des noms de villages de la Mer Noire.
Les ponts suspendus en bois étaient nombreux, il semblerait que pour certains villages il n'y ait pas d'autres moyens d'accès, même pour les véhicules à quatre roues.



Les camaïeux de vert (rizières, forêts) ainsi que les roches couleur ocre ou rouge brique nous plongeaient dans les paysages de Paul Cézanne au fur et à mesure que nous avancions vers Bayburt.



Dans cette ville connue pour sa forteresse que nous avions visitée l’année dernière, la plupart des femmes que nous avons croisées étaient vêtues de cette étoffe en soie ou laine couleur toile de lin (ihram), recouverte parfois de motifs discrets ou de lignes foncées qui leur couvrait la tête aussi bien que le corps.



Nous nous sommes arrêtés quelques instants à Bayburt pour prendre un thé et déguster une spécialité culinaire de cette ville, salée et plutôt nourrissante : Le Kete.



Vers 18h30, nous sommes arrivés à destination et, peu avant que la nuit tombe, nous sommes allés visiter le monastère de Dörtkilise, un édifice vraiment déconcertant qui s'élève au milieu de nulle part et qui a la taille... d'une cathédrale.

mardi 26 août 2008

Korom : La vallée de l'altruisme


Vallée de Korom

Armés de notre guide touristique, nous avions découvert l’année dernière la vallée de Korom et ses nombreuses églises abandonnées. Parmis celles que nous avions visitées, une d’entre elles transformée en étable nous avait particulièrement marqués. Cette année, nous avons souhaité retourner sur les lieux pour savoir si les animaux étaient toujours logés à la même enseigne…



Une fois sur place, nous constatons malheureusement que seule une vache malade habite désormais dans cette vieille église. Mais au moins, cette dernière ne tombe pas en ruine. Une silhouette se rapproche et nous reconnaissons la jeune Ebru avec qui nous avions discuté l’année dernière. Après avoir échangé quelques phrases avec elle, son père Yılmaz au regard pétillant se joint à nous, intrigué par notre visite dans ce lieu peu fréquenté par les touristes.



Lui et sa famille habitent dans une maison à quelques pas de l’édifice religieux, il nous invite à prendre un thé chez lui, nous acceptons l’invitation… Dans la cuisine de sa maison il y a foule, mais Yılmaz est le seul homme et nous explique qu'il est retraité. Les maris des dames qui nous entourent travaillent en effet dans des villes avoisinantes telle que Gümüşhane, les femmes et les enfants ne résident dans cette maison qu'en été. Le reste de l'année, ils doivent vivre près des écoles et loin des collines ensevelies par la neige.



Alors qu'on nous installe une petite table en bois pour y prendre le thé, le vent souffle fort dehors. Devant nous sont disposés des olives, du pain, de l'helva et du fromage. Seul Yılmaz, Fred et moi buvons le çay et alors que les femmes discutent avec nous, les enfants nous regardent avec curiosité sans rien manger ni boire.



Nos conversations oscillent entre la description de la vie à la campagne, la politique, la cuisine, la vie scolaire... Si bien que le temps passe à une allure folle. En repartant, nous offrons un pot de confiture que nous avions dans la voiture à Gülbahar, la grand-mère au si joli prénom (rose de printemps). Toute la famille est dehors pour nous dire au revoir et pour soigner ensuite cette pauvre vache alitée dans l'église.

Dans cette belle vallée verdoyante, il semblerait que Yılmaz et sa famille ne fassent aucune distinction entre les hommes et les animaux quand il s'agit d'être aux petits soins avec quelqu'un...

mercredi 20 août 2008

Camiboğazı



Sachant que les véhicules à quatre roues sont plutôt rares à Olucak, nous avons tout naturellement proposé d'emmener Meçit et son épouse où ils le souhaitaient le lendemain de notre arrivée dans le village. Voulaient-ils aller faire des courses ? Ou bien passer voir un médecin ? Non, nos deux hôtes avaient un programme bien plus intéressant à nous proposer : Se rendre sur les hauts plateaux.



Après le petit-déjeuner, nous voilà donc partis tous les 4 sur les routes cabossées de cette région de la Mer Noire, à quelques kilomètres de Gümüşhane. Frédéric conduisait prudemment et les pauses étaient nombreuses afin de prendre quelques photos, ou encore afin de se rafraîchir en buvant à une des nombreuses sources naturelles qui ornent cette route de montagne.



Après trente-cinq minutes de montée, nous arrivons enfin parmis les habitants de Camiboğazı. Ici, les habitations sont récentes et, comme dans tous les yayla de Turquie, elles ne sont occupées que 3 à 4 mois dans l'année.



Le reste du temps, les conditions climatiques sont trop mauvaises et forcent les ruraux à se déplacer pour vivre dans des villages situés plus bas, à quelques mètres d'altitude. En hiver, on ne laisse aucune affaire dans les maisons, la moindre assiette est emportée dans les bagages.



Meçit invite Frédéric à s'asseoir parmis les hommes pour siroter un çay de bienvenue. Moi, je rejoins Ayşe qui prépare avec son mari notre déjeuner. Le barbecue est installé en quelques secondes et permet de se réchauffer un peu car il fait plutôt frais par ici.



Bien que peu étendu et éloigné de tout, Camiboğazı est assez fréquenté, on vient ici pour prier dans la mosquée, faire quelques achats alimentaires mais aussi déguster de la viande d'agneau grillée.



Avant que notre agape ne soit prête, Fred et moi en profitons pour faire un tour des lieux et acheter quelques denrées pour les offrir à Meçit. Nous visitons le café qui sert aussi d'épicerie et lorgnons sur un tableau rempli de photos de différentes tailles.



Un ami du bakkal nous informe que ce sont les hommes qui vivent ou qui ont vécu dans ce yayla. Nous demandons pourquoi il n'y a pas de femmes représentées, notre question le surprend, il balbutie et nous invite à prendre un çay que nous acceptons avec joie.



Quelques bavardages plus tard, le déjeuner étant enfin prêt, nous retrouvons nos amis pour goûter cette viande succulente et constatons que nos hôtes ont meilleur appétit que nous. L'air de la montagne, ça creuse certes, mais Fred et moi sommes déjà rassasiés par cette vue magnifique où l'on aperçoit quelques kartal (aigles) prêts à se jeter sur leurs proies.



Vers 16h, nous reprenons la route dans le sens inverse après un dernier çay en altitude parmis les vaches, qui vivent ici en toute en liberté au milieu du yayla. Cet endroit, si paisible, est un remède parfait aux citadins comme nous qui respirons la pollution toute l'année.
Comme le soulignait Henri MONNIER, on devrait construire les villes à la campagne. L'air y est tellement plus pur...

mardi 19 août 2008

Et au milieu coule une rivière...

Les promesses sont faites pour être tenues, et en ce qui concerne la région de la Mer Noire, Fred et moi en avions fait une sacrée : Retourner dans le village d'Olucak rendre visite à quelques habitants qui nous avaient accueillis l'année dernière pour une nuit.



En arrivant dans le village, nous retrouvons Tenzile et sa famille et les embrassades sont plus que chaleureuses. Nous apprenons ensuite que Meçit est aux champs, aussi nous partons à pied à sa recherche, à 79 ans il tient vraiment une forme olympique.



Nous le retrouvons d'ailleurs monté sur un cheval ressemblant à Nasreddin Hoca. Son visage s'illumine à notre vue et il nous dit, en guise de retrouvaille, "Je vous ai vu dans un rêve cette nuit". De quoi se demander si notre visite n'était pas déjà programmée par quelqu'un d'autre...



Nous rejoignons le village et prenons le thé avec Yılmaz et l'épouse de Meçit. Certains habitants que nous croisons nous reconnaissent et nous demandent de nos nouvelles. Il faut dire que les yabancı (étrangers) sont plutôt rares dans ce coin perdu de la campagne.



Une sensation étrange nous parcourt, c'est comme si nous avions passé toutes nos vacances d'enfance ici, on se sent comme chez soi dans ce village où l'eau s'écoule à la frontière des habitations afin d'irriguer les différents jardins qui les agrémentent.



Le soir, nous retrouvons Tenzile qui nous a préparé des poğaca dans son poêle. La télé est allumée et tous les yeux sont rivés sur le journal télévisé qui met en scène la guerre en Géorgie, où musique dramatique flirte avec bains de sang. Nous commençons alors une discussion concernant le traitement de l'information en France et en Turquie : Les différences sont notoires.



Nous sommes logés cette fois chez Meçit et la nuit est très calme, seules les cigales viennent chanter sur nos songes. Au petit matin, Meçit et sa femme s'agitent déjà dans la cuisine et nous préparent un bon petit déjeuner avec une spécialité locale (muhlama).



Ceci nous calera pour plusieurs heures en attendant le repas de midi, que nous passerons avec ce couple de retraités dans un endroit charmant, plus haut perché sur la montagne...

lundi 18 août 2008

Karadeniz


La petite Semra, Yayla d'Aydınköy

Lorsque l'on traverse l'Est de la Turquie (région de la Mer Noire), il faut ouvrir grand ses yeux et avoir l'esprit aventureux. Le ravin vous aspire, les chemins caillouteux grimpent au dessus des nuages, d'énormes rochers sont prêts à se décrocher à tout moment pour venir s'écraser sur l'asphalte.
Les indications signalétiques sont rares, il ne faut pas avoir peur de se perdre alors que l'on recherche les ruines d'une église géorgienne. Le hasard vous mènera d'ailleurs souvent dans un beau coin de verdure où quelques habitants curieux vous inviteront à prendre le thé et à rompre le pain.
1.200 km parcourus en 6 jours et des rencontres que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Notre dernière nuit passé dans un Yayla (haut-plateau) nous laissera un souvenir impérissable...
Récits et photos de nos aventures à suivre dans les prochains jours ;)

mardi 11 mars 2008

Kahvaltı



Imprégner sa peau de soleil, se remplir les poumons d’embruns, humer l’herbe verte... Pour un petit-déjeuner parfait, ne pas oublier l’ingrédient principal : les amis !



Le dimanche, c’est en famille ou entre copains qu’on prend le kahvaltı en Turquie, qui a d’ailleurs les allures d’un brunch. Concombres, tomates, olives, fromages, miel, beurre, confiture d’églantine, oeufs au plat, pain de campagne, pekmez et son acolyte le tahin tiennent compagnie aux discussions animées, aux verres de çay ainsi qu’aux nombreux quotidiens turcs.



Dimanche, notre ami Onur nous a conduits à 20 km d’Istanbul, au bord de la Mer Noire, dans un petit coin retiré afin de s’attabler sur la terrasse d’un restaurant de poissons qui sert des petits-déjeuners pantagruéliques. Une crique prénommée Demirciköy qui est un havre de paix parfait pour décompresser quelques heures en admirant les camaïeux de vert et de bleu...

Uzunya Restaurant
Demirciköy - Sarıyer - Istanbul
Tel : (0212) 204 07 33 - 32

lundi 1 octobre 2007

Aya Sofya Müzesi



Située sur les hauteurs de Trabzon, à 4 km du centre ville, cette ancienne basilique s’élève sur l’emplacement d’un temple païen. Il aura fallu 25 ans pour construire l’église Sainte-Sophie (aya sofia) au XIIIe siècle. Même si cet édifice a connu plusieurs influences architecturales, Aya Sofia constitue un bel exemple d’architecture byzantine, avec un plan en forme de cruciforme et son dôme central très haut.



A l’origine, Aya Sofia était une basilique à 3 nefs qui fût transformée en église byzantine puis en mosquée aux temps des Ottomans. Le clocher quant à lui a été construit plus tard, en 1427. L’église a été restaurée à deux reprises, en 1864 puis en 1958. Convertie en musée en 1964, on peut y admirer de très belles fresques ainsi qu’un charmant jardin qui surplombe la mer noire. L'église de la sagesse divine de Trabzon est en définitive un vrai havre de paix.

vendredi 7 septembre 2007

Pavillon d'ATATÜRK



Construite entre 1890 et 1903 par une riche famille de banquiers, cette demeure blanche s’élève sur la colline de Trabzon, au milieu des pins. Dotée d’un grand jardin et d’une vue sur la Mer Noire, cette villa a hébergé un homme d’envergure : Mustafa KEMAL ATATÜRK.



En 1924, ATATÜRK se rend à Trabzon où il reçoit un accueil chaleureux, alors qu’il effectue son voyage automnal après la proclamation de la République Turque (29 octobre 1923). La mairie rachéte ce pavillon (ayant appartenu à la famille KABAYANIDIS) puis une délégation se déplace à Ankara en 1924 afin de remettre les clés et le titre de propriété au chef de la patrie.



En 1937, ATATÜRK déclare : "Etre propriétaire est devenu trop lourd pour moi, je veux donner tous mes biens à mon peuple." Peu avant sa mort, il léguera tout ce qu'il posséde à la trésorerie.



De nos jours, ce pavillon est transformée en musée (Atatürk Köşkü), et bien qu’ATATÜRK n’y ait effectué que 3 séjours au cours de sa vie, on y trouve de nombreuses photos, des objects personnels ainsi qu'un extrait du discours prononcé lors de son arrivée à Trabzon.

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