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Du miel aux épices d'Istanbul...

mercredi 10 septembre 2008

Safranbolu



Spécialité locale de cette ville située à 406 km d'Istanbul : Le safran. Cette épice rare et chère, puisqu'elle ne peut être récoltée qu’une fois tous les deux ans, est utilisée dans la préparation des desserts et des mets salés depuis l’époque ottomane. Le safran a permis à cette ville de la Mer Noire de rayonner malgré sa situation géographique.



Depuis 1994, la ville de Safranbolu est inscrite au patrimoine de l’Unesco, et ce ne sont pas les filaments oranges qui sont à l’origine de cette reconnaissance historique. Il vous suffit d’arpenter ses petites rues pavées et ornées de maisons en colombage pour comprendre que Safranbolu est une des rares localités de Turquie, avec Istanbul, à avoir su preserver toutes les traces de son passé.



Deuxième spécialité de la ville : La ferronnerie. On y trouve un bon nombre d’artisans qui travaillent ce métal et le transforment en serrures, en poignées de porte ou en objets de décoration.



De passage parmi nous, Jacques, l’ami de Fred, venu tout droit de la région de Toulouse avec son accent chantant, est tout comme nous trois (yakamoz compris) tombé sous le charme de cette ville hors norme qui fût un poste caravanier important lors des échanges commerciaux entre l'Orient et l'Occident.



Il est vrai que Safranbolu est assez touristique, et de nos jours, une maison sur trois est transformée en hôtel ou en pension. Il est donc préférable de se glisser dans sa ville annexe (Yörük) pour découvrir des maisons plus typiques et des ruelles deux fois moins fréquentées par les hordes de touristes.



Nous y avons d'ailleurs trouvé une pension fort sympathique pour y passer une nuit. Dans ce village, nous avons pu visiter une vieille maison transformée en musée où l’on a pu comprendre les us et les coutumes de l’époque : L’eau de la cuisine chauffée grâce au feu de cheminée, le pigeonnier pour les hommes et leur narghilé, etc.



Filiz, la maîtresse des lieux, nous a expliqué qu’il suffisait à son grand-père de se réfugier au dernier étage de la maison et de taper un grand coup sur le plancher pour qu’on lui monte son café.



Le plus impressionnant reste le travail realisé sur le bois, on se dit alors que les artisans turcs étaient (et sont toujours) vraiment doués, pour avoir realisé et su conserver de si belles demeures sans asticots. A l'époque, plus le plancher était épais, plus la famille était riche.



Après avoir lu que le safran possédait de nombreuses vertus (tel qu’augmenter la mémoire, améliorer l'épiderme ou encore l’appétit sexuel), nous avons dû nous résigner à goûter cette boisson chaude, couleur or, au safran et au miel. Un délice !



De même, impossible de repartir sans avoir pris dans nos bagages une spécialité culinaire de la ville : des boîtes de loukoums parfumés au safran; à déguster sans modération dans toutes les boutiques de la ville...

mercredi 3 septembre 2008

Eglise de Dolishane

Ce que j’aime par dessus tout quand on pénètre dans un petit village, c’est qu’on est pratiquement sûr de tomber sur une place agrémentée d’un banc rempli de monde.



Dolishane n’a pas dérogé à cette règle, et en croisant les petits et grands assis côte à côte, nous avons toujours un mot clé pour délier les langues : un simple merhaba. S’en suit alors, de la part des habitants qui sirotent leur çay, quelques formules de politesse et des tas de questions aussi diverses que variées.



En répondant en turc, on crée toujours un étonnement et l’on entend déjà les commérages qui se murmurent parmis d’autres habitants “C’est qui ?” "des étrangers", "ils parlent turc ?!”. Il est vrai que de voir quelques touristes étrangers, débarquer dans leur village pour visiter une église qui tombe en ruines, doit en surprendre plus d'un...



Mais revenons plutôt à nos églises, car nous ne nous sommes pas rendus à Dolishane rien que pour discuter avec les habitants du coin, notre venue était aussi motivée par la découverte d’un monument mediéval : l’église du village. L’extérieur est encore en assez bon état par rapport à l’intérieur, encore une fois vandalisé par des chercheurs d’or. Le sol a été creusé, d’où l’emplacement de l’ancienne porte d’entrée par rapport au niveau du sol actuel (cf photo ci-dessus).



D’après une inscription gravée en géorgien sur ses murs, cette église semble dater des années 950. En sortant cet édifice, une jeune fille se rapproche pour nous offrir une poignée de noisettes, puis, en passant devant les observateurs de la place centrale, on nous montre un plat de concombre qui nous est destiné. L'hospitalité turque a encore frappé !



A croire que de mettre gratuitement, et ce à la disposition de tous les voyageurs, un tel patrimoine historique ne leur suffit pas...

mardi 2 septembre 2008

Monastère d’Işhan

Difficile d’imaginer combien d’années se sont écoulées depuis la construction de toutes ces églises géorgiennes inscrites dans le patrimoine architectural du Nord-Est de la région de la Mer noire. Il fallait vraiment avoir la foi pour s’user au travail dans des régions aussi belles qu’escarpées.



Heureusement, malgré les différentes civilisations qui se sont succédées et, en dépit des nombreux pillages, certains édifices religieux tiennent encore debout. Ils font parti de ces monuments anachroniques à notre époque où le béton monopolise le paysage urbain de Turquie.



A 32 km de Yusufeli, il faut encore grimper dans un véhicule à 2 ou 4 roues pour visiter le monastère d’Işhan. A sa porte, un gardien nous délivre des billets d’entrée, 1 Ytl par personne ce n’est vraiment pas cher payé comparé à ce qui se dresse devant nous !



Nous prenons le temps de discuter avec le gardien, qui arbore fièrement un tee-shirt et un badge à l’effigie de la région qui l’emploie à temps complet ou presque. Une fois de plus, le lieu est désert alors que nous sommes en plein mois d’août. Il nous raconte pourtant que des bus remplis d’Israëliens ou de géorgiens défilent toute la saison ici pour visiter ce lieu saint.



L’église a été construite par Nerses III (641-661) et le site fût sérieusement endommagé suite aux invasions arabes au 7e s. Cinq inscriptions gravées en géorgien sur la façade nous informent que l’église a été restaurée à plusieurs reprises entre 917 et 1032. Le monastère était autrefois un des cinq patriarcats de Tao-Klarjeti et il a été utilisé comme une cathédrale jusqu’au 17e s. En 1987, le Ministère turc de la Culture et du Tourisme a inscrit ce monastère parmis les monuments culturels nationaux. Le site est depuis cette date protégé et sera très prochainement restauré.



Autour du monastère se dresse un village doté de nombreux arbres fruitiers, c’est un véritable oasis de verdure et de paix pour les vaches et les habitants qui vivent là-bas.


Quelques fruits séchés au soleil qui serviront de nourriture aux bêtes

Mais les plus chanceux d’entre tous sont sûrement les écoliers de ce village, puisqu’ils ont leur cour d’école et leur terrain de volley construits dans l’enclos du site. J’imagine déjà le sujet d’art plastique sur lequel les petits princes vont plancher à la rentrée. Pour eux, dessiner un monastère doit être plus facile que de dessiner... un mouton.