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Du miel aux épices d'Istanbul...

jeudi 27 octobre 2005

Recommandations avant de prendre un taxi en Turquie



Contrairement à la plupart des pays d’Europe, les taxis turcs sont vraiment bon marché, aussi, c’est un des moyens de locomotion les plus utilisés.

C’est donc avec une connaissance éclairée sur le sujet que je me permets d’écrire quelques lignes sur ces voitures jaunes qui peuplent les rues et les boulevards d’Istanbul.

Avant d'héler un taxi à Istanbul, il vaut mieux s’assurer - pour des raisons que je citerai par la suite - de trois choses :

1 – Assurez-vous d’avoir une bonne assurance vie
2 – Assurez-vous d’avoir un bon avocat
3 – Assurez-vous d’avoir l’estomac solide

1 – Assurez-vous d’avoir une bonne assurance vie

Un feu rouge… Ça sert à quoi déjà ? S’arrêter ? Non, ce serait une perte de temps, après tout, les feux rouges sont des artifices décoratifs… N'est-ce pas ?
Doubler dans une côte avant un virage sans visibilité : les chauffeurs de taxi adorent, après tout, y’a une chance sur deux que ça passe…
Bref vous avez le goût du risque et vous êtes attirés par les sports ascensionnels, vous ne serez pas déçus… Montez dans la voiture jaune, attachez votre ceinture (si ma fois vous en trouvez une) et installez vous confortablement...

2 – Assurez-vous d’avoir un bon avocat

En cas d’accident, mieux vaut s’éclipser discrètement alors que le chauffeur s’époumonera sur un autre conducteur..
Et surtout, sachez une chose importante, en cas d’accident en Turquie tout conducteur se doit d’attendre la police, personne ne peut déplacer sa voiture, même si vous êtes en train de boucher une avenue en créant 3 km de bouchons..
De ce fait, en tant que passager, mieux vaut déguerpir au plus vite plutôt que de faire preuve de civilité en restant pour témoigner… à moins que vous n'ayez trois heures à perdre...

Finalement, avoir un bon avocat vous servira surtout dans le cas ou il n’y aura pas d’accident de la route.
Je m’explique en vous donnant un exemple :
Presque tous les soirs je prends un taksi pour aller à mon club de sport, qui est très proche de mon lieu de travail mais il y a une côte insurmontable.
En ce moment, l’Iftar correspond à peu prés au moment ou j’ai besoin d’un taxi.
Les chauffeurs qui n’ont pas avalé de nourriture de la journée sont donc :
- épuisés
- d’humeur exécrable (surtout s’ils doivent s’abstenir de fumer)
- pressés d’aller s’attabler,

Bref, quand par malheur, après 20 minutes d’attente dans la rue, vous arrivez finalement à trouver un taxi vide et qui veuille bien vous prendre sur les fauteuils arrières, vous savez déjà que vous devez vous armer de patience, même si, vous aussi, vous sortez d’une journée de travail harassante.

« Bonsoir Monsieur, Etiler s’il vous plait » dis-je avec ma petite voix frêle et aimable,
« Mmmrrrgggggg, j’en viens » me répondit le chauffeur de taxi,
« Mais comment pourrais-je savoir que tu viens d’Etiler ? C’est pas écrit sur ton front ! Et puis d’abord, un taxi ça ne sert pas à t’emmener n’importe où du moment qu’on le paie ??? BANANÉ !! »
(ndlr « banané » veut dire en turc « j’en ai rien à faire, ça ne me concerne pas » à ne pas confondre avec banane en français).
Oui ma réponse c’était dans mes rêves bien sûr, je n’ai pas fait de commentaires, j’ai juste serré les poings dans mes poches et j’ai continué à sourire... j’ai tout de même chuchoté deux ou trois gros mots en français afin de calmer mon agressivité et j’ai bien pris soin de ne lui donner aucun pourboire ce jour là, ni de lui jeter la monnaie en pleine poire, non je suis bien trop polie pour me réduire à ça.

Et puis, je n’ai pas encore trouvé un bon avocat…

3 – Assurez-vous d’avoir l’estomac solide

En cas de conduite trop sauvage, mieux vaut avoir l’estomac vide... Après un bon dîner en amoureux, ne jamais prendre un taxi car votre petit ami risquerait de ne pas apprécier que vous lui vomissiez sur ses chaussures neuves…

Et si vous avez le sang chaud, et que vous n’avez pas su tenir votre langue lorsque le chauffeur a sorti deux mots de travers, alors attendez vous à recevoir deux ou trois uppercuts sur vos petits abdos qui ont intérêt d’être aussi solides que ceux de Jean-Claude Van Damme…



Ainsi vous l’aurez compris, à Istanbul, il y a dû piment dans ma vie de tous les jours…
A chaque fois que je monte dans un taxi, je me demande toujours sur quel type de chauffeur je vais tomber.. Et je ne suis jamais déçue....

Si par hasard vous tenez à votre vie, merci de suivre mes recommandations à la lettre, de nos jours, on n'est jamais trop prudent !

jeudi 20 octobre 2005

Retour à la préhistoire



Ma génération a été baignée par la technologie, a grandi au milieu des minitels, des premiers ordinateurs et premiers téléphones portables et a mangé plus de plats réchauffés au micro-ondes que de gratins cuits au four...

Jusqu'alors, tout allait bien. Je veux dire par là, je vivais bien la situation : le monde évolue et nous avec.

A mesure que mon ordinateur gagnait en mégabits, je m'efforçais de mon côté de gagner en centimétres et en maturité...

Jusqu'alors tout allait bien.

Et puis un jour, la panne. Plus de courant, plus d'électricité, le noir total. Cette expérience fût vécue en Turquie, en plein hiver.. Juste au moment où je m'apprêtais à préparer un bon repas. Ok pas de probléme, je dois avoir des bougies sous la main.. mais où est-ce que je les ai mises déjà ?!?

Aprés 2 heures de recherches dans le noir total, me voila brandissant mon trophée dans la piéce sombre, j'avais enfin trouvé une source de lumiére.. Mais il me fallait aussi des allumettes ! Et en tant que non fumeuse, une chose était sûre : je n'en avais pas à la maison. Je commençais à avoir faim.. j'avais envie d'un truc chaud, mais comment faire chauffer une soupe en ayant à disposition deux plaques électriques, et un four micro-ondes ? ... Je me voyais mal allumer un feu (sans allumette en plus) sur la moquette du salon afin de faire griller quelques saucisses... Je me suis donc rabattue sur un vulgaire sandwich où deux tomates se battaient en duel.

Que faire ensuite ? Lire un bouquin ? Pas de lumiére...
Allumer la télé ? pas de courant...
Ecouter de la musique ? Brancher son ordinateur ? Et puis il commençait à faire froid.. Le chauffage était au gaz mais la chaudiére à gaz marchait à l'électricité...

Bref, tous les expatriés en Turquie ont vécu le même histoire au moins une fois dans leur vie : les pannes de courant.

Il y a deux ans, il y en avait trés souvent sur istanbul. A présent, c'est moins fréquent et moins long (un jour nous avons passé deux jours sans eau et sans électricité en plein hiver alors qu'il neigeait à gros flocons dehors..). Mais les pannes de courant, ça arrive quand même encore de nos jours. Hier soir par exemple, cependant ça n'a duré qu'une quinzaine de minutes. Ouf.

Au boulot, nous avons un petit générateur mais avec nos 4 ordi branchés, on tient une heure.. Aprés cela, plus de fax, plus d'internet, plus de support pour travailler mis à part le téléphone...



Si certains peuples venaient à me lire, je pense que j'en choquerais plus d'un (les pakistanais qui sont sous les décombres sans eau ni électricité depuis plusieurs jours, les péruviens... et même certains européens..). Mais que faire ? Notre génération est dépendante de la modernité.. Nous sommes tous des intoxiqués. Et la nouvelle génération est encore plus à plaindre !

Comment faisait-on autrefois sans téléphone mobile ? Sans ordinateur ? Sans l'ADSL ? Sans progrés ?

Et bien on vivait tout aussi bien que maintenant, on communiquait plus, les rapports étaient plus humains, même si on devait s'éclairer à la lumiére d'une bougie..

A présent j'ai toujours des allumettes à portée de main, des bougies dispersées aux quatres coins de la maison. Et si une panne arrive et bien je n'en fais pas un drame. Je peux enfin cuisiner au gaz dans ma cuisine, et sans éLectricité je peux lire à la lumiére d'une bougie au chaud sous la couette. De toute façon je ne regarde pas la télé.

Les pannes d'électricité constituent une vraie cure de désintoxication : on devrait tous vivre au moins un jour loin de toute technologie pour avoir conscience que la vie ne se résume pas à quelques volts, mégabits ou à quelques gadgets...