Cette photo provient de l'excellentissime film turc GORA

Il y a une expression qui dit “fort comme un turc”... On devrait plutôt dire “pressé comme un turc”.
En regardant tous ces gens attablés longuement en terrasse au bord du Bosphore, avec leur petit verre de thé à la main, ou encore en admirant ces anciens tableaux où l’on distigue un pacha confortablement installé sur de gros coussins, on pourrait penser que les turcs savent se détendre et se laisser vivre. Pourtant, il suffit de mettre les pieds dans un restaurant pour avoir la preuve du contraire...

A peine installé autour d’une table que le pain et l’eau sont disposés devant vous. Entre le moment où l’on s’assoit et celui où l’on nous confie le menu, on a déjà vu trois serveurs différents s’agiter autour de nous. Les couverts en trop sont enlevés comme par enchantement. On a l’impression d’être traités comme des VIP.
Dans les restaurants de mezze, les grands plateaux sur lesquels sont présentés les différentes sortes d’entrées froides arrivent au bout de quelques minutes. Après deux ou trois mots échangés avec les serveurs et quelques signes de la main, les plats sont déposés sur la table à une vitesse éclair, on commence donc à manger rapidement, si bien que quand les plats chauds arrivent, on n’a même pas eu le temps de faire une pause.



C’est d’ailleurs souvent là que ça se corse, il faut éviter de trop prendre part à la conversation avec les autres convives. Ce qu’il faut faire - croyez-en mon expérience - c’est de ne pas détacher les yeux de votre assiette jusqu’à ce que vous n’ayez plus faim. Sinon vous risquez, entre deux bouchées, de voir vos derniers köfte s’envoler dans les cuisines et votre coup de fourchette atterrir sur quelque chose de plus dur qu’un morceau de viande : la table !

Bref, vous l’aurez compris, les serveurs débarrassent souvent bien trop vite les assiettes, avant même que celles-ci ne soient vides. Même dans les cafés, votre tasse de thé disparait habituellement comme un vilain tour de magie... Alors que cette dernière est encore à moitié pleine.
Au déjeuner ou au diner, c’est la même constatation, dans la plupart des restaurants turcs, c’est ultra-rapide. Les serveurs et leurs supérieurs ont un souci d’un service tellement parfait qu’ils en oublient souvent l’essentiel : manger doit rester avant tout le plus grand des plaisirs, c’est le moment dans la journée où l’on a besoin de décompresser, et surtout, de prendre son temps...