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Du miel aux épices d'Istanbul...

mercredi 24 mai 2006

La nouvelle tendance



En France ou en Turquie c’est pareil, même combat, la gente féminine apparait à la télévision maquillée, courtement revêtue, avec un sourire blanc immaculé.Tout le monde le sait, les filles à moitié nues font monter l’audience. La femme-objet n’est plus un fantasme ni un mythe : c’est la réalité !
Jusque là, on pensait avoir tout vu : les top models qui chantent, qui présentent la météo ou encore qui font du cinéma... Mais connaissez-vous la nouvelle tendance en Turquie ? On les fait à présent boxer !


Fulya, mannequin turque, fait partie du lot

Attention, je ne parle pas d’un petit entrainement devant les caméras pour nous montrer que, si ces jeunes femmes sont minces, c’est grâce au sport. Non, je parle d’un vrai ring, d’un vrai match de boxe où ça castagne dur. De vraies tigresses !
Tout commença par un organisateur turc de combat de boxe... Ce monsieur en question qui s’improvise aussi prof de kickboxing a beaucoup d’ambition. Par chance, il a de bons boxeurs turcs et décide donc de vendre son show aux chaines de TV turques. Une s’y intéresse et commence à diffuser des combats en live.



Oui mais voilà, l’audience ne suit pas. Il a beau mettre des chanteurs pop en plein milieu ou des danseuses en string, l’audimat ne décolle toujours pas. Alors lui vint la superbe idée de prendre des mannequins connues, de les entrainer pendant deux mois et de les faire boxer entre elles. Ces combats féminins viennent se loger en plein milieu des autres matchs professionnels hommes. Là, je sais ce que vous allez penser, je devrais être contente que de la boxe féminine passe à la télé. Et bien j’avoue que cette pensée m’a traversé l’esprit... mais après avoir visionné les premiers matchs, je suis revenue sur mes positions !

Un combat de deux nanas à peine entrainées en mini-shorts en en micro-brassiéres avec les cheveux dans le vent et maquillées comme des voitures volées, ça ne donne rien de bon.



On dirait qu’elles sont là pour amuser la foule, comme des singes. Elles se ridiculisent en public...
On nous montre aussi des images de leurs entrainements où on prend carrément peur : sans maquillage, elles ne sont même plus belles, et en plus elles hurlent comme si elles étaient sur le point d’accoucher.
Avant le programme s’appelait A1 fights, maintenant c’est devenu A1 model boxing.

Alors je le crie tout haut : HONTE à ceux qui font de l’ombre aux vrais sportifs qui s’entrainent plus de 5 heures par jour.
Et pour les top models turques qui font ça pour de l’argent, je leur dis : Sois belle, tais-toi, mais par pitié... ne boxe pas !!!

mardi 18 avril 2006

La pub qui vous fait devenir végétarien...



Je n’ai jamais raffolé de la viande rouge, et depuis que j’habite seule, je n’en ai jamais cuisinée une seule fois à la maison. Mais en ce qui concerne les volailles par contre, je n’ai jamais cessé d’en manger, même pendant le rabattage médiatique du virus de la grippe aviaire.

Jusque là, à la télé, j’avais vu des pubs pour nous dissuader de fumer, de boire... mais des pubs pour nous rendre végétariens... jamais !
Le plus paradoxal dans l’histoire, c’est que la pub dont je vous parle est celle d’une marque de volailles vendues en grande surface.



Cette publicité est passée en boucle à la télé turque il y a quelques mois de cela (et passe encore sur les écrans d’ailleurs). Le but de ce film publicitaire est de vous vanter les produits de la société et l’hygiéne qui régne à l’intérieur de l’usine. Mais en regardant cette pub, c’est finalement l’effet contraire que se produit.
Je m’explique : on voit en premier des petits poussins jaunes qui sont disposés à la chaine sur des tapis roulants et triés par des employés de l’usine en tenue "de purgatoire", euh.., devrais-je dire "obligatoire" (gants, masques..) tout comme on trierait des clous dans une usine de métal.
Le pire c’est qu’après cela, on a comme fond un nouveau décor encore plus macabre : des cadavres de poulets déplumés pendus par les 2 pattes et qui passent sur des rails en hauteur.

En voulant retrouver cette pub sur le site de cette marque de poulet, je suis carrément tombée sur un film un peu plus long mais 10 fois plus atroce.

Avouez tout de même que c’est un comble de devenir végétarienne au pays des kebaps !

vendredi 7 avril 2006

Monde de machos



La ville d’Istanbul est pleine de panneaux de signalisation, et chaque jour, je dois passer des millions de fois devant sans vraiment les regarder.

Et puis hier soir, en étant bloquée dans les embouteillages au fond d’un taxi, j’ai focalisé sur ce panneau là. Pas le temps de dégainer mon appareil photo numérique que nous étions déjà engagés dans une autre rue. Mais quand je suis descendue un peu plus loin et que j’ai relevé la tête, j’ai vu le même panneau bleu face à moi.
Mais bon sang, ce costume, ce chapeau...
N’y-a-t’il que les hommes qui empruntent les passages cloutés ?

Je n'ose imaginer le nombre de panneaux de ce genre qui polluent la ville.
Ça me laisse perplexe tout ça, pas vous ?

jeudi 30 mars 2006

J'aurai ta peau

Le premier complexe que j'ai ressenti ici fût à cause de ma couleur de peau.
Mes amis passaient leur temps à me dire que je semblais fatiguée et que j’avais mauvaise mine. Mais c’est sûr que comparée à leurs petites amies, je semblais bien pâlichonne.
Il est vrai que les turcs bronzent très vite en général.. Mais comme tout le monde ou presque, l’hiver, le bronzage s’écaille et la peau devient très légérement dorée voir carrément blanche.



Les stars turques sont les premières à montrer le mauvais exemple

Enfin, à en croire les gens de mon entourage, j’en suis venue à me demander comment se faisait-il que la plupart des filles soient bronzées toute l’année.
En plein de mois de janvier un jour, j’étais au milieu d’ados qui enfilaient leurs tenues de sport à Bujin et l’une d’elle a jugé drôle de montrer à ses copines ses coups de soleil et ses marques de bronzage.
Revenait-elle de Miami ?
Ou était-elle allée se faire crâmer en petite tenue en haut des glaciers alors que d’autres dévalaient les pistes de ski ?
Pas du tout ! L’explication était bien plus simple : elle venait de passer quelques minutes sous une rôtissoire appelée plus communément un solarium.



Alors qu’en France on n’arrête pas de nous bassiner sur les méfaits des lampes bleues, ici c’est tout le contraire, les gens usent et abusent des solariums, et ce, dès leur plus jeune âge.
Ça fait branché d’être un caramel sur pattes tout au long de l’année.
Il y a des solarium à tous les coins de rue. Et les hommes font aussi partis de la clientèle. Quel mal y'a-t-il à défier les saisons ?

Le pire c’est que personne ne semble avoir consience des ravages qu’ils font à leur peau.
Un de mes amis à la gym qui en l'espace d'un week-end s’est transformé en indien sioux m’a avoué qu’il n’avait passé que 15 minutes sous les lampes. Avec une huile indice 4 de protection, un turbo solarium qui fait bronzer 3 fois plus vite. Vacancier professionnel à la bonne mine pour seulement 15 euros, ça lui parait être une bonne affaire.
Enfin bonne, on en reparlera dans dix ans...

Heureusement les instituts proposant des sprays bronzants font leur apparition dans les quartiers branchés. Une petite douche de peinture de 45 secondes et hop vous voilà bronzé pour une semaine sans l’effet nocif des UVA-UVB.

Le mieux reste encore d’aller se faire bronzer (avec modération bien sûr) sur les belles plages turques mais ça, ce n'est pas offert à tout le monde...

mardi 24 janvier 2006

Cette maudite brioche


L'aventure matinale, c'est par là !

Tout a commencé par une idée folle, ou plutôt une idée qui vous vient comme un éclair, juste au moment où vous ouvrez les yeux le matin.

Je me suis levée de mon lit et je me suis dit :
"Tiens, si j’allais prendre des photos à Arnavutkoy, le petit village de pêcheurs à côté de chez moi, pour les mettre en ligne sur mon blog, j’pourrais en profiter pour acheter des Poğaca (brioches turques) et prendre mon p’tit déj’ au bureau".
Quelle idée géniale ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
Et me voilà donc dehors, chaudement couverte à 7h50 du matin...

La neige est toujours là, encore plus dense qu’hier. Je me lance dans la rue, pas un chat par ce froid.
Et puis je longe le bord de mer.
Là commence l’enfer.
La route est complétement glacée à cause du froid, de la neige et de l’embrun. Et j’ai le vent en pleine face. c'est sûr, ça a au moins l'avantage de me réveiller !
Impossible d’ouvrir les yeux en grand, le vent est trop fort, je regarde donc le sol.
J’avance les pieds dans la poudreuse. Et à quelques mètres plus loin, j’aperçois le village.


Arnavutkoy sous les flocons

Les maisons sont en bois, comme les anciens Yali (palais turcs), et le spectacle qui s’offre à moi est digne des contes de fées.
En arrivant au centre du village, le vent s’amoindrit.
Je marche moins péniblement et j’arrive devant la boulangerie. J’entre et j’achète une petite brioche au fromage. A présent, il ne me reste plus qu’à l'amener prendre l’air frais sur quelques mètres jusqu’à mon bureau.
Je prends rapidement quelques photos sur le chemin du retour :





Le vent redouble de violence. J’ai encore plus de mal à avancer. J’ai l’impression d’avoir été transportée dans les steppes russes.
Je lutte pour exécuter chacun de mes pas. Je ne peux toujours pas lever la tête. Mes pieds sont gelés.
Mes mains sont deux esquimaux à la vanille.


Qui se cache derrière cette mystérieuse femme voilée ?!?

Mais soudain, je vois la porte d’entrée de mon immeuble à quelques mètres devant moi. Allez, encore un dernier effort.. Ouf, je suis enfin arrivée à mon but !
Une fois au chaud dans le bureau, je ne me reconnais plus face au miroir : mes joues sont de couleur feu, ma tête est recouverte de neige.
Tout ça pour quelques photos et une maudite brioche...
J’enléve mes épaisseurs de vêtements et je me prépare un bon thé chaud. Le bureau est vide, mais vu le temps qu’il fait dehors, ça ne m’étonne pas.
Je mange ma brioche toute fraîche en silence afin de célébrer ce petit déjeuner de roi.


Ce p'tit déj' là, on ne me l'aura pas volé !

Demain, ils annoncent un temps encore pire qu’aujourd’hui.
Demain matin, pour mon petit déj’, je mangerai ce qui trainera dans mes placards.

On ne m’y reprendra pas deux fois !

vendredi 2 décembre 2005

Tüfé quoi ?



Et bien voilà, comme tout le monde le sait, les fêtes de noël approchent à grands pas.

Après avoir fait le sapin de noël, il faut penser aux choses moins drôles : les cadeaux de noël.

Ça se résume à ça pour moi :
- Trouver des idées pour faire plaisir à tout le monde,
- Acheter les cadeaux,
- Dépenser un peu plus d’argent que les autres mois de l’année,
- Et transporter le tout en France avec mes petits bras (qui s’allongent alors de 25 cm tant ma valise est lourde).

En cette période je suis normalement hyper contente, voir très excitée à l’idée de retrouver ma famille à la fin du mois pour passer les fêtes de fin d’année en France, et aussi de voir si mes cadeaux feront plaisir ou pas.

Mais depuis hier, mes muscles zygomatiques ne travaillent plus comme ils devraient : j’ai perdu le sourire.

Tout ça parce que ma proprio m’a rappelé que ça faisait un an tout juste que j’habitais dans son charmant appartement et donc, comme le prévoit mon contrat de location, le temps de l’augmentation de mon loyer est enfin arrivé, en avance sur le père noël en plus.

Ô Joie… Ô désespoir…

Et oui, c’est la bonne surprise des contrats de location en Turquie, il y a une clause qui prévoit une augmentation du loyer tous les ans !

Cette augmentation se base sur une de ces deux valeurs : le Tüfe (à prononcer "Tufé") ou le Tefe (à pronocer "téfé")…
Ce sont des moyennes qui se rapportent à l’augmentation du coût de la vie ou du coût de certains produits (biens électroménagers..).

Ma proprio m’a donc annoncé la couleur, cette année je devrais payer 15 % de mon loyer en plus
Soit 61 € de plus par mois.
Ça fait pas grand-chose comme ça, mais multiplié par 12… C’est l’équivalent de 2 billets aller-retour Istanbul Lyon et il me reste même assez d’argent pour me payer un café avec des croissants à l’aéroport.

Ça a de quoi vous saper le moral. Et encore j’ai un loyer bon marché par rapport à certains.



Bref cette nouvelle a plombé mon moral hier soir. En plus en même temps, la grand-mère de Burak vient d’être hospitalisée..
Elle a 87 ans.. Et son grand-père perd aussi la tête.. Il a 105 ans..
Désolée pour cette petite parenthèse, l’écriture constitue une très bonne thérapie pour rester zen !

Enfin passons, me voilà ce matin à râler au bureau devant mes collègues (avec mes quatre gros mots turcs que je prononce en boucle) quand l’un d’eux s’exclame :
- «Mais non, c’est pas 15 % le Tüfe, c’est 10 %..»

On vérifie sur le site de la chambre de commerce d’Istanbul, mais oui, ma gentille proprio a bien essayé de me rouler dans la farine, et si j’avais pas vérifié l’info, en pauvre fille étrangère que je suis, et bien elle se serait mis sur l’année 73 € dans la poche ce qui équivaut à un joli budget pour les cadeaux de noël..

Bien sûr, moi la pauvre française naïve, j’exécute et je ne discute pas, et le virement du loyer a déjà été fait ce matin…
Mais ô chance, ma proprio doit justement venir me rendre visite ce samedi après un an de silence, elle doit en plus récupérer de l’argent concernant des travaux effectués dans mon immeuble…

Alors voilà, comme vous êtes nombreux à me dire que je ne mets pas assez souvent de photos de moi sur mon blog, j’ai trouvé pour vous, chers lecteurs, une photo qui résume très bien mon état d’esprit quand je pense à ma proprio…

Hé ! Tüfe quoi Marie demain quand ta proprio viendra ?

Je lui fais ça !!!!!!

jeudi 27 octobre 2005

Recommandations avant de prendre un taxi en Turquie



Contrairement à la plupart des pays d’Europe, les taxis turcs sont vraiment bon marché, aussi, c’est un des moyens de locomotion les plus utilisés.

C’est donc avec une connaissance éclairée sur le sujet que je me permets d’écrire quelques lignes sur ces voitures jaunes qui peuplent les rues et les boulevards d’Istanbul.

Avant d'héler un taxi à Istanbul, il vaut mieux s’assurer - pour des raisons que je citerai par la suite - de trois choses :

1 – Assurez-vous d’avoir une bonne assurance vie
2 – Assurez-vous d’avoir un bon avocat
3 – Assurez-vous d’avoir l’estomac solide

1 – Assurez-vous d’avoir une bonne assurance vie

Un feu rouge… Ça sert à quoi déjà ? S’arrêter ? Non, ce serait une perte de temps, après tout, les feux rouges sont des artifices décoratifs… N'est-ce pas ?
Doubler dans une côte avant un virage sans visibilité : les chauffeurs de taxi adorent, après tout, y’a une chance sur deux que ça passe…
Bref vous avez le goût du risque et vous êtes attirés par les sports ascensionnels, vous ne serez pas déçus… Montez dans la voiture jaune, attachez votre ceinture (si ma fois vous en trouvez une) et installez vous confortablement...

2 – Assurez-vous d’avoir un bon avocat

En cas d’accident, mieux vaut s’éclipser discrètement alors que le chauffeur s’époumonera sur un autre conducteur..
Et surtout, sachez une chose importante, en cas d’accident en Turquie tout conducteur se doit d’attendre la police, personne ne peut déplacer sa voiture, même si vous êtes en train de boucher une avenue en créant 3 km de bouchons..
De ce fait, en tant que passager, mieux vaut déguerpir au plus vite plutôt que de faire preuve de civilité en restant pour témoigner… à moins que vous n'ayez trois heures à perdre...

Finalement, avoir un bon avocat vous servira surtout dans le cas ou il n’y aura pas d’accident de la route.
Je m’explique en vous donnant un exemple :
Presque tous les soirs je prends un taksi pour aller à mon club de sport, qui est très proche de mon lieu de travail mais il y a une côte insurmontable.
En ce moment, l’Iftar correspond à peu prés au moment ou j’ai besoin d’un taxi.
Les chauffeurs qui n’ont pas avalé de nourriture de la journée sont donc :
- épuisés
- d’humeur exécrable (surtout s’ils doivent s’abstenir de fumer)
- pressés d’aller s’attabler,

Bref, quand par malheur, après 20 minutes d’attente dans la rue, vous arrivez finalement à trouver un taxi vide et qui veuille bien vous prendre sur les fauteuils arrières, vous savez déjà que vous devez vous armer de patience, même si, vous aussi, vous sortez d’une journée de travail harassante.

« Bonsoir Monsieur, Etiler s’il vous plait » dis-je avec ma petite voix frêle et aimable,
« Mmmrrrgggggg, j’en viens » me répondit le chauffeur de taxi,
« Mais comment pourrais-je savoir que tu viens d’Etiler ? C’est pas écrit sur ton front ! Et puis d’abord, un taxi ça ne sert pas à t’emmener n’importe où du moment qu’on le paie ??? BANANÉ !! »
(ndlr « banané » veut dire en turc « j’en ai rien à faire, ça ne me concerne pas » à ne pas confondre avec banane en français).
Oui ma réponse c’était dans mes rêves bien sûr, je n’ai pas fait de commentaires, j’ai juste serré les poings dans mes poches et j’ai continué à sourire... j’ai tout de même chuchoté deux ou trois gros mots en français afin de calmer mon agressivité et j’ai bien pris soin de ne lui donner aucun pourboire ce jour là, ni de lui jeter la monnaie en pleine poire, non je suis bien trop polie pour me réduire à ça.

Et puis, je n’ai pas encore trouvé un bon avocat…

3 – Assurez-vous d’avoir l’estomac solide

En cas de conduite trop sauvage, mieux vaut avoir l’estomac vide... Après un bon dîner en amoureux, ne jamais prendre un taxi car votre petit ami risquerait de ne pas apprécier que vous lui vomissiez sur ses chaussures neuves…

Et si vous avez le sang chaud, et que vous n’avez pas su tenir votre langue lorsque le chauffeur a sorti deux mots de travers, alors attendez vous à recevoir deux ou trois uppercuts sur vos petits abdos qui ont intérêt d’être aussi solides que ceux de Jean-Claude Van Damme…



Ainsi vous l’aurez compris, à Istanbul, il y a dû piment dans ma vie de tous les jours…
A chaque fois que je monte dans un taxi, je me demande toujours sur quel type de chauffeur je vais tomber.. Et je ne suis jamais déçue....

Si par hasard vous tenez à votre vie, merci de suivre mes recommandations à la lettre, de nos jours, on n'est jamais trop prudent !

jeudi 20 octobre 2005

Retour à la préhistoire



Ma génération a été baignée par la technologie, a grandi au milieu des minitels, des premiers ordinateurs et premiers téléphones portables et a mangé plus de plats réchauffés au micro-ondes que de gratins cuits au four...

Jusqu'alors, tout allait bien. Je veux dire par là, je vivais bien la situation : le monde évolue et nous avec.

A mesure que mon ordinateur gagnait en mégabits, je m'efforçais de mon côté de gagner en centimétres et en maturité...

Jusqu'alors tout allait bien.

Et puis un jour, la panne. Plus de courant, plus d'électricité, le noir total. Cette expérience fût vécue en Turquie, en plein hiver.. Juste au moment où je m'apprêtais à préparer un bon repas. Ok pas de probléme, je dois avoir des bougies sous la main.. mais où est-ce que je les ai mises déjà ?!?

Aprés 2 heures de recherches dans le noir total, me voila brandissant mon trophée dans la piéce sombre, j'avais enfin trouvé une source de lumiére.. Mais il me fallait aussi des allumettes ! Et en tant que non fumeuse, une chose était sûre : je n'en avais pas à la maison. Je commençais à avoir faim.. j'avais envie d'un truc chaud, mais comment faire chauffer une soupe en ayant à disposition deux plaques électriques, et un four micro-ondes ? ... Je me voyais mal allumer un feu (sans allumette en plus) sur la moquette du salon afin de faire griller quelques saucisses... Je me suis donc rabattue sur un vulgaire sandwich où deux tomates se battaient en duel.

Que faire ensuite ? Lire un bouquin ? Pas de lumiére...
Allumer la télé ? pas de courant...
Ecouter de la musique ? Brancher son ordinateur ? Et puis il commençait à faire froid.. Le chauffage était au gaz mais la chaudiére à gaz marchait à l'électricité...

Bref, tous les expatriés en Turquie ont vécu le même histoire au moins une fois dans leur vie : les pannes de courant.

Il y a deux ans, il y en avait trés souvent sur istanbul. A présent, c'est moins fréquent et moins long (un jour nous avons passé deux jours sans eau et sans électricité en plein hiver alors qu'il neigeait à gros flocons dehors..). Mais les pannes de courant, ça arrive quand même encore de nos jours. Hier soir par exemple, cependant ça n'a duré qu'une quinzaine de minutes. Ouf.

Au boulot, nous avons un petit générateur mais avec nos 4 ordi branchés, on tient une heure.. Aprés cela, plus de fax, plus d'internet, plus de support pour travailler mis à part le téléphone...



Si certains peuples venaient à me lire, je pense que j'en choquerais plus d'un (les pakistanais qui sont sous les décombres sans eau ni électricité depuis plusieurs jours, les péruviens... et même certains européens..). Mais que faire ? Notre génération est dépendante de la modernité.. Nous sommes tous des intoxiqués. Et la nouvelle génération est encore plus à plaindre !

Comment faisait-on autrefois sans téléphone mobile ? Sans ordinateur ? Sans l'ADSL ? Sans progrés ?

Et bien on vivait tout aussi bien que maintenant, on communiquait plus, les rapports étaient plus humains, même si on devait s'éclairer à la lumiére d'une bougie..

A présent j'ai toujours des allumettes à portée de main, des bougies dispersées aux quatres coins de la maison. Et si une panne arrive et bien je n'en fais pas un drame. Je peux enfin cuisiner au gaz dans ma cuisine, et sans éLectricité je peux lire à la lumiére d'une bougie au chaud sous la couette. De toute façon je ne regarde pas la télé.

Les pannes d'électricité constituent une vraie cure de désintoxication : on devrait tous vivre au moins un jour loin de toute technologie pour avoir conscience que la vie ne se résume pas à quelques volts, mégabits ou à quelques gadgets...

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