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Du miel aux épices d'Istanbul...

jeudi 26 juillet 2007

Çok romantik !*



Hier soir, Frédéric et moi étions invités au mariage de mon amie Aslı. Brillante et jeune avocate, je la connais depuis 5 ans car nous avons travaillé quelques mois dans le même bureau à Maslak lorsque je suis arrivée à Istanbul. Depuis, chacune de nous a fait sa route mais nous n’avons jamais perdu contact. Aslı c’est la beauté et la grâce incarnées. Son mari Selim est d’ailleurs à son image : Gentil, doux, intelligent. Bref, un couple adorable qui passait hier un cap important dans leur vie d’adulte.



Le mariage s’est déroulé à Sariyer, juste en dessus du deuxième pont qui surplombe le Bosphore côté européen. Nous avons dîné les pieds sur la pelouse en contemplant les lumières du Bosphore et les sourires des jeunes mariés. Un mariage en semaine, ce n’est pas rare ici, ça se termine un peu plus tôt et généralement on ne se rend pas à la Mairie. C’est un Adjoint au Maire (ou équivalent) qui se déplace sur le lieu de la fête. Aussi, pour cette fois, nous étions déjà installés à table devant une assiette composée de mezze quand Aslı et Selim se sont dits “oui”.



Tout s’est enchainé très vite, il faut dire que dans la plupart des mariages turcs, il n’y a pas de discours ou de surprises réalisés par la famille et les amis. On mange, on danse, on fait connaissance avec ses voisins de table. Bref, on passe une bonne soirée baignée par beaucoup de romantisme. Et quand le couple de jeunes mariés passe saluer leurs invités, il ne faut pas oublier de glisser une pièce d'or en guise de cadeau dans le sac à main de la mariée. Dans certains mariages populaires, des pièces en or et des billets sont directement épinglés sur les vêtements du couple. Certains offrent aussi des joncs, des montres ou des colliers.



Maintenant Asli et son mari vont enfin pouvoir vivre ensemble, sous le même toit. Une nouvelle étape commence, et je ne peux leur souhaiter que du bonheur, une vie remplie de miel et d'épices... Ainsi qu'une inoubliable lune de miel aux Maldives.

Ps : Zut je viens de me rendre compte que j’ai oublié d’aller écrire mon nom sous sur la semelle des chaussures d’Aslı avant le début de la cérémonie, si le nom s’efface cela signifie que je vais me marier dans l’année... Dommage ;-)

* Çok romantik : Très romantique

mardi 3 juillet 2007

Descente à la mer


Imaginez... 15.000 tonnes d’acier qui sont lancées en mer. Un navire de 140 métres de long qui jusqu’alors n’avait pas encore mouillé sa coque dans l’eau. En anglais, on appelle ça un launching et c’est toujours un moment fort dans le monde maritime.


Onur, Frédéric et moi posant devant le 15.000 Dwt

Le navire ne met que quelques secondes pour descendre dans la mer, mais avant cela, il y a les dernières vérifications, les ouvriers et ingénieurs qui s’agitent et se faufilent sous le navire afin d’ouvrir les cales remplies de sable, on entend les sirénes des grues, les ouvriers assistent au spectacle avec leur famille. C’est toujours un grand moment.


Notre chantier naval est le seul de toute la Turquie à ne posséder qu'un rail de lancement

L’industrie navale est de plus en plus importante en Turquie, le pays occupe d’ailleurs la première place en Europe en ce qui concerne la construction de tankers de moins de 20.000 dwt. Sur le plan mondial, elle se situe dans le groupe des 3 premiers constructeurs de méga-yachts.



Samedi dernier, nous avons donc inauguré notre chantier naval en la présence de Ministres turcs et de nombreux invités. Nous avons ensuite lancé le premier pétrolier-chimiquier construit dans le chantier depuis sa création. Un Prêtre et un Imam ont tour à tour donné leur bénédiction au navire, et après quelques moments d’inquiétude, le bâteau est descendu à la mer. En raison des fortes chaleurs, le navire était collé au rail principal et il a fallu patienter quelques minutes et ouvrir de nombreuses cales avant que ce dernier ne décide de glisser. Après la mise à l’eau du pétrolier, nous avons assisté au keel laying soit la pose des blocs du deuxième navire sur la cale semi-sèche.


A gauche, un ouvrier qui sort rapidement de dessous la coque, à droite le keel laying du deuxième navire en construction

Ensuite, il ne nous manquait plus qu’à nous remettre de nos émotions autour d’un verre et de quelques canapés. Vers 20 heures, nous avons retrouvé nos clients et tous les ingénieurs pour une soirée sur le Bosphore, avec dîner, musiques turques, danseuse du ventre... C'est ce qu'on appelle les bons côtés du métier !
A noter que le navire restera à quai pendant 3 mois afin de finir l'intérieur (cables, équipements), ensuite on pourra procéder aux essais en mer et à la livraison du navire aux clients.


Gros plan sur les cales remplies de sables situées sous la coque, on les ouvre (parties jaunes) avant le lancement en mer