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Du miel aux épices d'Istanbul...

jeudi 30 octobre 2008

Les couleurs de la République

On a beau être étranger, vacancier, ou encore homme d'affaires de passage dans la ville, impossible de ne pas s'apercevoir que le 29 octobre est un jour férié en Turquie.



Non pas que tout soit fermé, ce sont en fait les petits drapeaux qui flottent à chaque coin de rue qui nous rappellent qu'ici, on célébrait toute la journée d'hier la République turque.



Un petit tour dans le quartier de Çukurcuma nous permet de comprendre une chose : Il y a toujours de la place pour accrocher son petit drapeau.



A sa fenêtre, à son balcon ou encore dans la vitrine de son commerce,



sur la façade d'un building, sur un fil tendu entre deux poteaux,



devant son restaurant, devant son agence immobilière,



sur un fil d'étendage, sur des grilles... Mais où avez vous bien pu accrocher le votre ?!



Au lieu de compter les moutons, ce soir dans mon lit je compterai les drapeaux...


La place de Taksim hier, baignée de soleil

Il y avait du monde dans les rues, et de nombreux istanbuliotes ont assisté aux parades et aux feux d'artifices de 19h30. Etant donné que j'ai dû travailler toute la journée, je n'ai pas vu grand chose de la fête.



Nous étions cependant dans le quartier de Galata pour suivre le spectacle nocturne, assis sur la terrasse d'un café-restaurant qui domine la corne d'or et le Bosphore.
C'était féérique, magique, sensationnel : Les adjectifs me manquent pour vous décrire ce que nous avons vu.



Les feux étaient tirés du pont du Bosphore mais aussi de plusieurs bâteaux alignés sur le détroit. Il y a eu mille et une couleurs pour embraser le ciel noirci par la tombée de la nuit, puis des crépitements, des pétarades et beaucoup de fumée venue flirter avec la brume automnale. Les feux multicolores sont venus chatouiller les sommets des nombreux minarets.



A la fin du show, nous avons eu l'impression de sortir du chaos, la ville n'a plus émis aucun son, le Bosphore s'est plongé dans le noir. Finalement, nous nous sommes rendus compte qu'une partie de la rive asiatique était sans électricité, et en revenant chez nous, nous avons eu le droit à une coupure d'eau, saperlipopette !
En ce jour de commémoration nationale, certains petits détails nous ont malheureusement rappelé que la réalité n'est pas toujours aussi festive qu'on le voudrait...

vendredi 24 octobre 2008

Rituel amoureux...

Chaque fois que je traverse le pont du Bosphore, je ne peux m’empêcher de penser à cette journée singulière du 5 novembre 2006. Il faisait tellement froid que je ne sentais plus la plante de mes pieds et j’avais hâte de prendre le départ. A coté de moi, il y avait cet homme que je connaissais à peine et qui était en train de dévorer quelques abricots secs. Il m’avait contactée un mois plus tôt par mail après être tombé par le plus grand des hasards sur mon blog, il m’avait ensuite donné RV dans son bureau pour étoffer son réseau : C’était la première personne que je rencontrais via mon univers virtuel...



Nos premiers échanges furent courtois, et au fil de la discussion, nous en sommes venus à parler de course à pied. Le Marathon d’Istanbul ainsi que les courses des 12 et 15 km approchaient à grands pas, et à nous deux nous formions déjà une petite équipe pour s’élancer d’un continent à l’autre. Mais avant de courir côte à côte, nous avons décidé qu’il serait judicieux de dîner ensemble pour se motiver un peu avant nos exploits sportifs. Cependant - et par ma faute je l’avoue - notre premier rendez-vous en tête à tête est tombé à l'eau car juste avant de passer à table, j'ai rencontré un groupe d’amis et nous avons terminé la soirée à 12. Oups ....



Notre premier RV amoureux se fit donc au milieu d’un millier de personne, un jour de Novembre 2006, au lendemain d’un jour de neige du côté d’Altunizade. Nous étions tout devant sur la ligne de départ pour la Fun Run, et Frédéric était le plus motivé des deux. Il voulait absolument être dans les premiers à atteindre le pont du Bosphore.
Seulement voilà, derrière nous la foule était dense et voulait en faire autant. Frédéric est parti en sprint, et voyant que j’étais à la traîne, il a pris ma main et m’a entrainée avec lui. La traversée du Bosphore fut un moment inoubliable, rempli d’émotions en tout genre. Après notre arrivée sur Taksim, nous avons marché le long du Bosphore plusieurs heures et nous ne nous sommes plus quittés de la journée...

La suite est simple, un mois après je lachais mon appartement pour m’installer avec lui et cette romance dure encore et toujours, ma vie a changé de fond en comble depuis que Frédéric est entré dans ma vie.
Au milieu de 15 millions de turcs, il a fallu que je rencontre un français, que nos destins se croisent à un moment propice pour tous les deux, et qu’on tombe amoureux l’un de l’autre. Je pense que les statistiques d’une telle rencontre étaient aussi infimes que de gagner au loto ! Quoiqu’il en soit, l’amour n’est jamais là où on le cherche. Notre rencontre était-elle programmée ? Je ne peux m’empêcher de me le demander...



A présent, nos disputes n’ont lieu que lorsque l’on évoque ce jour de course. En effet, lui prétend qu’avant de sortir ensemble, je lui ai couru après sur plus de 12 km, alors que tout le monde sait que c’est en fait l’inverse ;)

Pourquoi je vous raconte tout cela aujourd'hui ? Et bien chaque année, comme la plupart des couples, nous avons notre petit rituel. Afin de célébrer nos années passées ensemble, nous ne retournons pas dans le premier restaurant où nous avons diné, mais nous chaussons tous deux nos baskets et courons la Fun Run qui a lieu fin octobre ou début novembre en marge du marathon d'Istanbul.

Et ce dimanche 26 octobre 2008, pas question de manquer l’Eurasia, même Yakamoz sera de la partie :) Si vous habitez Istanbul, des dossards gratuits sont disponibles dans les stations de métro de Taksim et Levent 1 ainsi que dans la plupart des centres commerciaux. Le départ de la course (Halk koşusu) ouverte à tous (où vous pouvez marcher, courir, rouler, pique-niquer...) est prévu à 9h30 du coté Asiatique à Altunizade. Le pont du Bosphore sera fermé à la circulation jusqu’à 15h environ. C'est le seul moment dans l'année où le pont du Bosphore est accessible aux piétons !
Un conseil : Ne manquez cette course sous aucun prétexte, c’est folklorique et magique, et je suis bien placée pour vous dire qu’elle peut vous réserver bien des surprises...