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Du miel aux épices d'Istanbul...

mardi 9 octobre 2007

Nuit blanche riche en couleurs



C’est un peu comme les feux d’artifice du 14 juillet : Il faut attendre que la nuit tombe pour que les festivités commencent. La première édition de la nuit blanche d'Istanbul a donc eu lieu ce week-end. Programme à la main, samedi soir, Frédéric et moi avons préféré délaisser le match de rugby pour se cultiver un peu. Notre premier arrêt fût le musée de la Banque Ottomane, situé sur Vayvoda Caddesi, dans l’enceinte de Garanti Bank.



Au sous-sol, des archives à consulter concernant l’histoire de la Banque Centrale Ottomane, de nombreuses photos datant fin 19éme siècle, des vieilles coupures de billet, des correspondances, des titres de propriétés. Au total plus de 3.500 documents à consulter, la plupart écrits en français. Un musée qui vaut vraiment le détour.



A l’étage il était possible de visionner des films, mais nous ne nous sommes pas attardés. Nous avons pris la direction de Tophane. Un quartier rempli de cafés où les jeunes et les moins jeunes fument le narghilé assis en plein air sur des énormes poufs. Les parties de Tavla se disputent dans une ambiance feutrée sous les lumières des gros paquebots amarrés à quelques mètres. Paquebots qui semblent d'ailleurs se fondre dans le paysage tant ils ressemblent à de gros buildings.



Le musée Istanbul Modern est attenant au passage américain. Il y a foule dans l’Antrepo n : 3 où se joue un concert payant. Nous nous sommes introduits dans le musée d'art moderne afin admirer les artistes turcs. Changement de décor. Les photos sont interdites, aussi je me montre discrète mais je ne peux pas m’empêcher d’immortaliser quelques scènes...



A l’étage du dessous se tient une exposition photos sur Istanbul, des clichés colorés, poétiques, rigolos. Ça vaut le déplacement, mais il faut faire vite, le gardien commence à nous demander de sortir, le musée va fermer. Il est déjà minuit. Que faire ensuite ? Il y a bien une ou deux galeries d’art qui restent ouvertes cette nuit mais pas dans le quartier où nous sommes. Nous marchons un peu dehors, l’air est doux, mais le sommeil se fait entendre.



Pris par la fatigue, nous décidons que la nuit blanche ne le sera finalement pas. Visiter les musées la nuit fut une chose très agréable, il n’y avait pas foule et ce que nous avons vu était vraiment intéressant. Selon les organisateurs, il était question de modernité, pourtant nous avons eu l'impression de replonger dans le passé.
La nuit aurait-elle bouleversé nos repères temporels ?


Cette photo est particulièrement comique. Aucun des préposés ne regarde dans la même direction.

lundi 10 septembre 2007

Muhteşem*


Palais de Dolmabahçe

Je dis toujours qu’Istanbul a deux facettes, le jour, elle vous emporte dans un tourbillon de vitalité, elle vous assène de bruits, d’odeurs et de couleurs. La nuit, elle redevient Byzance, elle se pare de mille et une lumières : Elle vous charme, vous envoûte et vous prend en otage dans ses griffes dorées.



Samedi soir, Frédéric et moi avons été une fois de plus enivrés par les effluves d’Istanbul. J’ai d’ailleurs du mal à trouver des qualificatifs pour décrire la soirée à laquelle nous avons été invités. Il s’agissait de célèbrer les 100 ans du prestigieux Cabinet d’Avocats POSTACIOĞLU.


Smoking de rigueur

Pour l’occasion, Mr. Etem POSTACIOĞLU et sa famille ont réuni plus de 300 personnes dans les somptueux jardins du Palais de Dolmabahçe. Nous avons dénombré plus de 150 personnes pour nous encadrer et pour nous servir champagne, caviar et petits-fours au bord du Bosphore.


Arielle DOMBASLE interprétant quelques vieux succès musicaux

Tout en dégustant un menu composé par Carlo BERNARDINI (non Başak, tu ne rêves pas !) nous avons pu écouter Arielle DOMBASLE qui a interprété quelques chansons mexicaines et américaines. Elle a une voix magnifique, il faut l’avouer. Frédéric a pu échanger quelques mots avec Michel ROCARD, qui comptait parmi les convives, étant un fervent défenseur de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.


Frédéric et Michel ROCARD

Une soirée à l'addition salée, vous vous en doutez, car louer quelques heures les Jardins du Palais de Dolmabahçe (où 6 sultans et ATATÜRK ont vécu) a un prix. Mais quand on sait que le Cabinet POSTACIOĞLU a résisté à deux guerres, à des crises économiques, à des changements de gouvernement et de régime, on se dit que la famille a eu raison de commémorer cette date en grande pompe... Et nous beaucoup de chance de compter parmis les invités !

* Muteşem : Somptueux, magnifique. Se prononce “Moutéchéme"


jeudi 26 juillet 2007

Çok romantik !*



Hier soir, Frédéric et moi étions invités au mariage de mon amie Aslı. Brillante et jeune avocate, je la connais depuis 5 ans car nous avons travaillé quelques mois dans le même bureau à Maslak lorsque je suis arrivée à Istanbul. Depuis, chacune de nous a fait sa route mais nous n’avons jamais perdu contact. Aslı c’est la beauté et la grâce incarnées. Son mari Selim est d’ailleurs à son image : Gentil, doux, intelligent. Bref, un couple adorable qui passait hier un cap important dans leur vie d’adulte.



Le mariage s’est déroulé à Sariyer, juste en dessus du deuxième pont qui surplombe le Bosphore côté européen. Nous avons dîné les pieds sur la pelouse en contemplant les lumières du Bosphore et les sourires des jeunes mariés. Un mariage en semaine, ce n’est pas rare ici, ça se termine un peu plus tôt et généralement on ne se rend pas à la Mairie. C’est un Adjoint au Maire (ou équivalent) qui se déplace sur le lieu de la fête. Aussi, pour cette fois, nous étions déjà installés à table devant une assiette composée de mezze quand Aslı et Selim se sont dits “oui”.



Tout s’est enchainé très vite, il faut dire que dans la plupart des mariages turcs, il n’y a pas de discours ou de surprises réalisés par la famille et les amis. On mange, on danse, on fait connaissance avec ses voisins de table. Bref, on passe une bonne soirée baignée par beaucoup de romantisme. Et quand le couple de jeunes mariés passe saluer leurs invités, il ne faut pas oublier de glisser une pièce d'or en guise de cadeau dans le sac à main de la mariée. Dans certains mariages populaires, des pièces en or et des billets sont directement épinglés sur les vêtements du couple. Certains offrent aussi des joncs, des montres ou des colliers.



Maintenant Asli et son mari vont enfin pouvoir vivre ensemble, sous le même toit. Une nouvelle étape commence, et je ne peux leur souhaiter que du bonheur, une vie remplie de miel et d'épices... Ainsi qu'une inoubliable lune de miel aux Maldives.

Ps : Zut je viens de me rendre compte que j’ai oublié d’aller écrire mon nom sous sur la semelle des chaussures d’Aslı avant le début de la cérémonie, si le nom s’efface cela signifie que je vais me marier dans l’année... Dommage ;-)

* Çok romantik : Très romantique

mardi 3 juillet 2007

Descente à la mer


Imaginez... 15.000 tonnes d’acier qui sont lancées en mer. Un navire de 140 métres de long qui jusqu’alors n’avait pas encore mouillé sa coque dans l’eau. En anglais, on appelle ça un launching et c’est toujours un moment fort dans le monde maritime.


Onur, Frédéric et moi posant devant le 15.000 Dwt

Le navire ne met que quelques secondes pour descendre dans la mer, mais avant cela, il y a les dernières vérifications, les ouvriers et ingénieurs qui s’agitent et se faufilent sous le navire afin d’ouvrir les cales remplies de sable, on entend les sirénes des grues, les ouvriers assistent au spectacle avec leur famille. C’est toujours un grand moment.


Notre chantier naval est le seul de toute la Turquie à ne posséder qu'un rail de lancement

L’industrie navale est de plus en plus importante en Turquie, le pays occupe d’ailleurs la première place en Europe en ce qui concerne la construction de tankers de moins de 20.000 dwt. Sur le plan mondial, elle se situe dans le groupe des 3 premiers constructeurs de méga-yachts.



Samedi dernier, nous avons donc inauguré notre chantier naval en la présence de Ministres turcs et de nombreux invités. Nous avons ensuite lancé le premier pétrolier-chimiquier construit dans le chantier depuis sa création. Un Prêtre et un Imam ont tour à tour donné leur bénédiction au navire, et après quelques moments d’inquiétude, le bâteau est descendu à la mer. En raison des fortes chaleurs, le navire était collé au rail principal et il a fallu patienter quelques minutes et ouvrir de nombreuses cales avant que ce dernier ne décide de glisser. Après la mise à l’eau du pétrolier, nous avons assisté au keel laying soit la pose des blocs du deuxième navire sur la cale semi-sèche.


A gauche, un ouvrier qui sort rapidement de dessous la coque, à droite le keel laying du deuxième navire en construction

Ensuite, il ne nous manquait plus qu’à nous remettre de nos émotions autour d’un verre et de quelques canapés. Vers 20 heures, nous avons retrouvé nos clients et tous les ingénieurs pour une soirée sur le Bosphore, avec dîner, musiques turques, danseuse du ventre... C'est ce qu'on appelle les bons côtés du métier !
A noter que le navire restera à quai pendant 3 mois afin de finir l'intérieur (cables, équipements), ensuite on pourra procéder aux essais en mer et à la livraison du navire aux clients.


Gros plan sur les cales remplies de sables situées sous la coque, on les ouvre (parties jaunes) avant le lancement en mer

mardi 29 mai 2007

Chill-out festival



Après avoir passé le week-end dans les cartons (déménagement des bureaux de Fred), l’invitation de nos amis Müge et Stefano tombait à pic... Un festival de musique qui dure ce soir jusqu’à minuit ? A kemerburgaz ? Ok, on arrive !!



Et nous voilà quelques heures plus tard les pieds sur l’herbe au milieu de la jeunesse aisée d’Istanbul, en train d’écouter Luke ou encore Jim Noir. Que du bonheur ! On se détend, un verre de vodka orange à la main (sponsor oblige), on se laisse entrainer par les mélodies placides qui émanent de la scène, installée pour l'occasion en plein air.



Le soleil se couche tout doucement, il fait doux, les gens se prélassent sur le sol, rigolent entre copains, l’ambiance est vraiment planante. On aurait bien dormi là-bas ! Malheureusement lundi 28 mai, ce n'était pas férié en Turquie, nous sommes donc sagement partis avant la fin du festival, en étant suffisamment relaxés pour réattaquer une semaine de travail. Vivement les prochains concerts de l'été !



mercredi 2 mai 2007

Congratulazioni !






Mariage de Müge et Stefano - Istanbul
28 avril 2007

mercredi 25 avril 2007

Karadeniz

Quand deux citadins ont un jour de congé, ils ne rêvent que d’une chose : Respirer l’air pur. La mer, la campagne ou les deux si on peut, tout est prétexte pour fuir le tohu-bohu d'Istanbul...
Lundi, c’était donc la fête des enfants en Turquie, cela signifie de nombreux spectacles d'écoliers, des défilés en costume, des fanfares d'enfants dans les rues. Et pour beaucoup de monde : Un jour de repos.



Très tôt lundi, Fred et moi avons loué une voiture pour se rendre du côté de la mer noire, près de la frontière Bulgare. Pas de route le long de la côte, aussi il faut traverser des collines verdoyantes, des villages colorés, pour arriver jusqu’à la mer noire. Notre destination : un petit port de pêche que peu de gens connaissent, Kıyıköy.




En se promenant dans les rues de kıyıköy, on y découvre de vieilles maisons en bois toujours habitées et qui semblent aussi friables que des châteaux de carte. Ce village exhale pourtant la quiétude. Les enfants jouent dans les rues, les hommes sont attablés aux terrasses des cafés, les femmes discutent devant le seuil de leur porte, la vie semble être si douce.


A gauche la mosquée du village, à droite la poste de Kıyıköy

Au bout de cette bourgade, on peut admirer un adorable petit port de pêche. C’est d’ailleurs au milieu des filets que nous avons rencontré Mehmet ÇINAR, un pêcheur du village qui a vécu un an à Strasbourg et qui nous a généreusement invité pour une courte ballade en mer sur son bâteau.


Mehmet et Fred, parlant de l'Alsace et de kıyıköy

Ensemble, nous avons échangé quelques mots de turc et de français, et parlé de la vie dans ce petit village si paisible. Il nous a raconté qu’il pêche tous les matins très tôt avec son frère et que les poissons de la mer noire sont vendus dans toute la Turquie.


Hasan, le frère de Mehmet

En nous quittant, nous lui avons promis de revenir le voir avec une bonne bouteille de vin et de venir goûter des crabes (il paraît qu'on en attrape beaucoup dans ce village) cuisinés par son épouse. Pas besoin d'adresse ni de numéro de téléphone, au village tout le monde se connait.




Déjeuner au dessus du port et de la mer noire

Après un bon déjeuner de poissons en terrasse, nous avons doucement pris le chemin du retour, en s’arrêtant sur la route pour admirer les champs émeraudes et acheter de gros pains de campagne (30 cm de diamétre).

De retour sur Istanbul, au milieu du tumulte et des lumières, nous rêvions déjà de retourner dans ce petit village, afin de retrouver Mehmet, le pêcheur philanthrope, et le regard de son frère errant au milieu des flots...



Karadeniz = Mer noire

vendredi 30 mars 2007

Concert en petit comité

Ils appellent cela une “butik”, car seulement 1500 étudiants ont le privilège d’étudier dans la prestigieuse Université Francophone de Galatasaray.

Imaginez : Des salles de cours, une cafétéria, des jardins qui donnent sur le Bosphore. Pendant les heures de pause, chacun est libre de s’asseoir dehors afin d'admirer les navires qui passent, le pont du Bosphore tout en trempant les doigts dans l’eau ; l'université étant située rive européenne entre Ortaköy et Dolmabahçe.


Onur, le personnage mystère*, Me & Hande

Grâce à deux brillants étudiants turcs, Onur et Hande, qui sont en dernière année de l’Ecole d’Ingénieur de Galatasaray (et qui m'ont contactée via mon blog), j’ai eu la chance mercredi soir de pouvoir enfin pénétrer dans cette université. A l’occasion de la semaine de la Francophonie, Eric VINCENT a fait l’honneur de sa présence pour un concert d’une heure trente. Cet auteur-compositeur s’est déjà produit dans 140 pays et a cotoyé quelques légendes : Coluche, Jacques Brel, Gilbert Bécaud, et j’en passe.



Dans son répertoire des chansons colorées à l’image de ses voyages où l’on parle d’amour, de métissage et de générosité. Souvent gai, parfois émouvant et tendre, il sait se faire complice avec son public.
C’est en petit comité que nous avons assisté au concert et au cocktail qui a suivi, au milieu des profs et des jeunes étudiants.

Encore merci à Onur et à Hande pour l’invitation :)

* Par mesure d'anonymat, une photo de ce billet a été modifiée ;-)

lundi 19 mars 2007

Pas le temps de défaire les valises...

Bonjour à tous !
Me revoilà sur du miel aux épices après une semaine passée en France où j’ai pu faire le tour de ma famille :)


Delphine et moi, vive les retrouvailles !!

Revenus jeudi soir dans la nuit sur Istanbul, c’est à peine si nous avons eu le temps de défaire nos valises étant donné que vendredi, après le travail, Fred et moi avons rejoint deux amies venues faire les touristes à Istanbul. Il fallait donc, pour leur première soirée dans la capitale culturelle turque, leur en mettre plein les yeux et les papilles, et c’est sans hésiter que nous avons amené Delphine et Magalie dans un restaurant de mezze situé sur Eminönü.

Delphine est une amie que je connais depuis 10 ans, nous avons fait nos deux années de BTS ensemble à Montpellier. Quant à Magalie, j’ai fait sa connaissance il y a 3 jours.


Rien ne vaut un jus de grenade pour affronter la journée !

Samedi, nous avons toutes les trois arpenté le centre historique de la ville : le Quartier de Sultanahmet, la mosquée de Soliman le Magnifique, le Grand Bazar, le quartier de Tartahkale, le marché aux épices, Beyoğlu, le quartier de Galata. Une journée ensoleillée et, vous vous en doutez, bien remplie.


Bon goût ou non, on trouve de tout à Tartahkale

Beaucoup de kilomètres à pieds, mais quand on découvre ou redécouvre une ville aussi magique et dépaysante, on est prêt à marcher des journées entières. A l’heure où j’écris ce billet, Magalie et Delphine naviguent sur le Bosphore, quelles chanceuses avec le temps qu’il fait ! Ce soir je les retrouverai pour leur dernière soirée parmis nous, et pour cela je leur réserve une petite surprise. La suite demain ;-)


Magalie et Delphine au Grand Bazar... Une véritable caverne d'Ali Baba

vendredi 23 février 2007

C'est mon oncle Jacques qui va être content !



Yallallahidi, yallallahidou, la Suisse est à l’honneur en ce moment en Turquie avec le Festival de la Gastronomie et de la Culture Suisse qui se tient jusqu’au 28 février, comme chaque année, au restaurant le Chalet situé au Swissôtel d’Istanbul.


Cherchez l'intrus ;-)

Mercredi soir, un cocktail organisé par le Consulat Suisse d’Istanbul, Swiss Air, Lindt, et j’en passe... a réuni tous les amoureux de la Suisse, dont Fred et moi :) Seule directive de la soirée : porter un accessoire rouge. Mais en fait, il fallait plutôt avoir un appétit bien aiguisé car dès qu’on a pénétré dans la salle NEUCHATEL du Swissôtel, il y avait de bonnes odeurs de chocolat, de fromages et de plats chauds qui nous guidaient aveuglément jusqu’aux buffets.


J'aurais bien trempé mon doigt dans la fontaine de chocolat !

Rösti, charcuterie, appenzell, raclette, rien ne manquait pour me replonger dans mes souvenirs d’enfance : mes vacances passées avec mon oncle suisse et sa famille... Pendant que nous nous sommes gavés de mille et une bonnes choses, quelques musiciens s’exécutaient dans un coin de la salle. Le décor se prêtait naturellement au thème de la soirée : vaches, bottes de foin, sculptures de glace, tables en bois. Du bonheur pour les papilles et les pupilles !



Ps : Başak, si j'avais su qu'on ne me demanderait aucun carton d'invitation à l'entrée, je vous aurais invités...

mercredi 24 janvier 2007

Ali et sa Russie



En pénétrant hier soir dans le restaurant Rejans, je ne me doutais pas une seule seconde que j’allais être transportée, le temps d’une soirée, dans une autre époque. Zeynep avait réuni une trentaine d’amis afin de célébrer l’anniversaire de son mari Ali, célèbre producteur de spectacles de danse, dans le quartier de Beyoğlu.


Au milieu de toutes ces dames, un virtuose du piano : Burcin Büke

Rejans, restaurant russe créé dans les années folles, fut autrefois fréquenté par la haute bourgeoisie d’Istanbul, ainsi que par des personnages légendaires comme Atatürk, Agatha Christie.



Autour de moi, j’ai pu apprécier la présence de gens issus d’univers différents mais tous aussi talentueux les uns que les autres : Pianistes, peintres, médecins, avocats, journalistes...
Après un bon boeuf strogonoff et quelques verres de vodka jaune, le cadre s’y prêtant, c’est en chantant l’internationale en coeur que nous avons accueilli le gâteau d’Ali décoré aux couleurs de l’ex-URSS.


Ali avec Okay, célèbre journaliste et Muzaffer, peintre talentueux
A droite, Zeynep et moi


Une soirée comme on les aime, où différentes époques, nationalités et personnalités s’entremêlent, dans la joie et la bonne humeur, faisant barrage aux aléas de la vie.

mardi 16 janvier 2007

D'un continent à l'autre

Il y a un luxe qu’on ne peut s’offrir qu’à Istanbul : Prendre son plat principal en Europe et son dessert en Asie. Seule ville au monde à s’étendre sur deux continents, quelques minutes suffisent pour se rendre d'une rive à l'autre .



Ainsi, dimanche, après un brunch dans le quartier de Galata, Fred et moi avons pris l’autobus de mer de Kabataş pour se rendre jusqu'à Üsküdar. Connu autrefois sous le nom de Scutari, ce quartier a toujours été animé. Les navires de commerce y payaient autrefois un droit de péage pour pouvoir traverser le Bosphore, c’était aussi un point de départ des caravanes des Sultans.



Dimanche il faisait un temps magnifique, aussi nous nous sommes promenés le long bord du Bosphore jusqu’à la Tour de Léandre. Le soleil s’est couché alors que nous étions toujours dans ce quartier. Le ciel s’est teinté de pastel, c'était magnifique. Avant de repartir pour Beşiktaş, nous n’avons pas oublié de faire escale dans un restaurant aussi célèbre qu’ancien appelé Kanaat. Nous sommes repartis avec quelques figues et abricots au sirop fourrés aux noix et à la crème. Il nous fallait bien quelques forces pour retourner du côté européen et affronter une nouvelle semaine de travail ;-)


Derrière nous la Tour de Léandre et le quartier de Topkapı

mardi 7 novembre 2006

A grandes foulées


La veille du 28e Marathon d'Istanbul : Neige et temps glacial

C’est avec la peur au ventre que je me suis réveillée le dimanche matin. Pas vraiment à cause de la course, mais plutôt à cause du temps que j’allais découvrir en ouvrant mes rideaux. La veille, ce fût une véritable tempête de neige qui s’était abattue sur la ville. Je n’osais même pas m’imaginer courir une heure par un temps pareil. Mais là comme par miracle, un grand ciel bleu. Grâce à mon dossard, j’ai pris le bus et le ferry gratuitement pour arriver côté asiatique, à Acibadem.


Prêts pour le départ, avec nos dossards et nos sponsors !

Frédéric, français expatrié comme moi, allait devenir mon partenaire de course. Ça tombait bien, il était motivé pour deux, un vrai coach sportif ! Il nous voyait déjà partir tout schuss et être les premiers à atteindre le pont. Nous avons pris place pour le départ de la course au milieu de la foule et du folklore, nous étions en effet entourés de sportifs, d'hommes en habit du dimanche, de jeunes en kimonos, randonneurs, etc.. Nous allions tous courir 8 km pour un monde sans tabac. Les marathoniens et les coureurs du 15 km étaient déjà partis depuis une demi-heure, un peu plus haut sur le pont.


A droite : Fred, à gauche : moi !

Notre départ fût lancé à 9h40, et quelques minutes plus tard, nous étions enfin sur le pont du Bosphore. Pas les premiers, mais qu’à cela tienne, nous étions au dessus des pétroliers, en dessous des hélicoptères et des caméras, et devant nous, un autre continent : Rien de plus magique.
Après le pont, un long dénivelé nous attendait. On doublait au passage les vendeurs de thé et de simit, les marcheurs, les vendeurs d’eau. Ensuite, ce fût tellement rapide, Mecidiyeköy, la traversée d’Osmanbey, et l’arrivée sur Taksim. Pas vraiment de ligne d’arrivée d’ailleurs, juste un fatras de personnes réclamant leurs tee-shirts et leurs diplômes.


A la fin de la course, nous avions pris des couleurs ! A nous les médailles, mais pas en chocolat, dommage...

Fred et moi nous étions encore sur notre faim. Après 1h20 de course, c’était difficile de s’arrêter, pas de douleur ni d’essoufflement en vue, mon coach sportif m’a donc entrainée pour quelques kilométres de plus jusqu’au quartier de Beşiktaş. Les premiers marathoniens* étaient sur le point d’arriver. A côté de cela, nous sommes des petits amateurs. Qu’à cela tienne, nous avons profité du soleil pour se payer un bon déjeuner en terrasse. L’année prochaine, c’est sûr, on passe dans la catégorie pro, à nous les 15 km !


Photo prise lors de la course, en haut du pont du Bosphore

*Les vainqueurs du 28éme Marathon d'Istanbul : Chez les hommes, le lithuanien Mindaugas Pukstas en 2h12′52″ et chez les femmes, la Russe Madina Biktagirova en 2h28′21″

lundi 30 octobre 2006

Trio de stars turques



Pendant mes vacances à Antalya, j’ai pu assister à trois concerts, compris dans le package hôtel-avion-etc. Au total, plus de deux mille personnes attablées chaque soir. Sur la table, chips, fromages, fruits et cacahuètes. Boissons alcoolisées et non alcoolisées à volonté. Voilà ce qu’on appelle les soirées de Gala. Sachant que toutes les grandes stars turques se produisent dans les hotels lors de chaque Bayram.



Le premier concert était celui de NILUFER, une chanteuse très connue qui vient de sortir un nouvel album. Le concert a commencé pile à l’heure (22.30) et a duré deux heures. Au programme reprise de chansons populaires ainsi que chansons de ses précédents albums. Comme la plupart des chanteuses turques qui se produisent en concert, Nilufer a changé 3 fois de tenue, et a mis l’ambiance dans la salle. Beaucoup de fraicheur se dégage de cette artiste qui n’est pourtant plus très jeune. J’ai été agréablement surprise.



Deuxième soir, ce fût au tour de Ferhat GÖÇER de se produire sur scène. Je ne le connaissais que de nom. C’est un grand tenor turc, il a une voix splendide et s’est fait accompagné sur plusieurs chansons par une soprano tout aussi talentueuse. J’ai appris que ce chanteur était aussi chirurgien dans l’armée, il excerce les deux métiers à la fois. 2h30 de concert. Tout simplement fabuleux. S’il se produit sur Istanbul, je cours assister à son récital !



Et pour cloturer les festivités, le dernier soir ce fût une chanteuse connue pour sa chevelure rousse qui a poussé la chansonnette : Candan ERÇETIN. Elle a interprété de nombreuses chansons des années 60-70. Et quelques-uns de ses grands succès. J’ai été surprise, elle a beaucoup plus de voix que je ne le pensais. Elle est professeur de musique au lycée francophone de Galatasaray. Malheureusement, elle n’a pas interprété une seule chanson française alors qu’elle le fait à chaque concert. Est-ce à cause des événements actuels ?
Peu importe, je lui pardonne, elle était la grâce incarnée. J’ai été subjuguée par son aura. Au total, 3 concerts, 3 interprètes différents, tous aussi doués les uns que les autres. Ils ont su donner, partager, nous émouvoir, nous envoûter chacun à leur tour.
Le seul reproche que je puisse leur faire, c’est de ne pas avoir présenté leurs musiciens à la fin du concert.

Pour la petite histoire, à mon retour d’Antalya, j’ai pris le même avion que le chanteur turc et homme d'affaires Ibrahim TATLISES. Ses gardes du corps étaient assis juste à côté de nous et se sont fait remonter les bretelles par une des hotesses car ils se sont levés juste au moment où l’avion venait d’atterrir. Sûrement pour aller encadrer leur patron assis, lui, en business class...

mardi 17 octobre 2006

En cuisine avec Carlo BERNARDINI

Voici les ingrédients indispensables pour réussir un super séminaire de cuisine :

Prenez une école professionnelle, très bien équipée et agencée, ajoutez-y quelques apprentis qui vous péleront les oignons, laveront les légumes et vous améneront les ingrédients au fur et à mesure de leur utilisation.



Réserver votre journée avec un Grand Chef Cuisinier Italien qui a tenu un restaurant dans les quartiers chics d’Istanbul : Mr Carlo BERNARDINI.



Apprenez à faire fumer des tomates au dessus de copeaux de bois afin d’en faire un coulis qui se mariera admirablement bien avec des noix de st jacques grillées au basilic. Cuire ensuite un risotto crémeux au safran et à la roquette.



Encerclez quelques pommes de terre avec de la créme et des champignons puis disposez le tout avec des tournedos de boeuf au vinaigre balsamique. Finissez votre menu par des feuilletés aux noix, pommes et cannelle arrosés de sauce à la vanille et à la grappa.



Et vous obtiendrez une journée passée à cuisiner, à boire et à savourer ainsi que deux jeunes diplômées !

* Les plats pris en photo ci-dessus ont été préparés par Başak et moi :)

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