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Du miel aux épices d'Istanbul...

vendredi 18 avril 2008

Serrurerie



Mais qui pourra dévérouiller le mystère du jour... Où a donc été prise cette photo ? La réponse sera diffusée dès lundi sur mon blog.
Bonne chance à vous tous et bon week-end !

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jeudi 17 avril 2008

Konak Cafe



Je ne pourrais vous dire le nombre de fois où j’ai franchi la porte de Konak café. Pour un çay au coin de la cheminée, pour un brunch en terrasse, pour un dîner avec les clients de Fred… Toutes les occasions sont bonnes pour se rendre à deux pas de la Tour de Galata.



Konak est a l’origine une pâtisserie minuscule, mais réputée, dans le quartier de Nişantaşı. Depuis plus d’un an et demi, les Istanbuliotes ont désormais une autre adresse gourmande. Installé dans un vieil immeuble, Konak Café sera bientôt transformé en café-restaurant-butik-hôtel. Pour le moment, seul le rez-de-chaussée (pâtisserie) et le dernier étage (agrémenté de sa terrasse) sont ouverts au public. Le décor est sobre mais chic et vous plongera dans l’ambiance de l’Orient-Express.



La cuisine est internationale, on trouve cependant à la carte quelques mets turcs. Les salades composées sont copieuses tout comme le reste. Les pâtisseries sont très appétissantes. Pas d’alcool dans cet établissement, mais de l’ayran ou un choix varié de thés et de cafés. De la terrasse, la vue y est panoramique, on peut ainsi admirer la corne d’or, la rive asiatique, la tour de Léandre et une grande partie du Bosphore. Les prix restent très corrects, autant de bonnes raisons pour ne pas se priver.



Konak Cafe
Bereket Zade Mah. Hacı Ali Sok. N : 2
Kuledibi - Beyoğlu
Tel : (0212) 252 53 46
www.konakpastanesi.com

mercredi 16 avril 2008

Embaumer



Quartier de Nişantaşı

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mardi 15 avril 2008

Akaretler

Quand on déambule dans les rues d’Akaretler, on comprend mieux pourquoi les guides touristiques sont remis à jour en moyenne tous les 18 mois. Il y a quelques années de cela encore, ce quartier était plutôt discret, enserré entre la popularité de Beşiktaş et l’élégance de Nişantaşı. Il aura fallu attendre que le Directeur de la chaîne d’Hôtels W tombe sous le charme d’Istanbul et décide d'y ouvrir un hôtel pour que ce quartier retrouve ses lettres de noblesse.


A gauche l'entrée de l'hôtel W

Ces maisons de style néoclassiques accolées les unes aux autres ont été édifiées dans la deuxième moitié du 19e siècle par le Sultan Abdulaziz, et hébergeaient les personnes venues pour travailler à l’époque sur un chantier architectural de taille : La construction du Palais de Dolmabahçe.
Après plusieurs années de rénovation, le quartier arbore à présent, et fièrement, son nouveau visage lifté. Dommage que les photos soient interdites dans l’enceinte de l’hôtel W, la pièce centrale du quartier. J’aurais aimé vous montrer cette décoration raffinée qui change toutes les saisons, j’aurais voulu qu’on s’attable dans le Spice Market de Jean-Georges, ou que l’on visite ensemble l'une des chambres aux allures contemporaines qui se louent à partir de 400 € la nuit.



Il faudra se contenter de Chloé, de Jimmy Choo et d’autres marques de luxe qui viennent de s’éclorent à deux pas de là. Akaretler n’a pas encore ouvert officiellement qu’il fait déjà de l’ombre à Istinye Park, et mésestime Nişantaşı. Les grands restaurants de la ville se disputent d'ailleurs les espaces libres qui n'ont pas été encore loués par de grands cabinets d'architectes ou d'avocats.

Il semblerait qu'Istanbul s'approprie peu à peu la devise Whatever Whenever* des hôtels W. Luxuriance, originalité, Arrogance : Istanbul est en pleine évolution urbaine et il faudra suivre cette rapide transformation de près. Les fantômes de l'ancienne capitale Ottomane rêvent sûrement, sournoisement, de renouer avec la magnificence d'antan...

*N'importe quoi, n'importe quand

lundi 14 avril 2008

Psychanalyse des chauffeurs de taxi

Ils sont environ 18.000 à rouler jours et nuits sur le bitume d’Istanbul. Dans leurs voitures jaunes, les taksici (chauffeurs de taxi turcs) passent de longues heures, s’arrêtent dès qu’un piéton les héle et s’engorgent dans les bouchons infernaux. Jeunes ou bien retraités, moustachus ou mal rasés, habillés en costard-cravate ou en tee-shirt, mais qui se cachent derrière ces conducteurs? Freud aurait pu leur dédier un bouquin, dommage, il faut croire qu'il avait mieux à faire...



Le charmeur

Il est jeune et plutôt mignon, yeux de braise, regard malicieux. Il vous accueille avec bienveillance et vous observe tout le temps de la course dans son rétroviseur. Vous échangez quelques sourires complices, vous vous laissez charmer et oubliez le monde autour de vous. Il met un peu de musique pop comme pour mieux vous bercer. Puis, au bout de 10 minutes, quand vous reprenez vos esprits et que vous jetez un coup d’oeil au compteur, puis au paysage vous vous rendez compte qu’il y a quelque chose qui cloche. Et dire que sentiez que le coup de foudre n’était pas loin... C’est finalement le tonnerre qui vous guette ! Le chauffeur a fait un gros détour et la course va coûter trois fois plus que d’habitude. Vous rouspétez mais il s’excuse gentillement et vous explique, en prenant un air désolé, qu’il débute dans le métier. Il est tellement charmant que vous le pardonnez… Tout en vous faisant plumer.

Le fan de Michael schumarer

On raconte qu’il y a quelques années, le permis de conduire pouvait s’acheter en Turquie. Ce chauffeur devait sûrement faire parti du groupe. Depuis que la F1 est arrivée à Tuzla, ce chauffeur s'imagine en Michael Schumarer. Il démarre en trombe, accélère, décélère, slalome entre les voitures. A quoi servent les panneaux de signalisation ? Il vous répondra qu’ils ont seulement un but décoratif. Un passant traverse la rue, il fonce droit sur lui. Le feu passe au rouge ? Aucune différence. Pas de bol, il n’y pas de ceinture à l’arrière. Vous êtes propulsés de gauche à droite, puis de droite à gauche. Vous êtes crispés, vous serrez la machoire et les fesses tout en récitant vos dernières prières en faisant appel à tous les dieux qui vous passent par la tête. Finalement, vous arrivez à votre rendez-vous beaucoup plus tôt que prévu. Mais de quoi vous plaignez-vous puisque vous êtes en avance et, plus important, toujours en vie...

Le professeur

Justement vous pensiez perdre votre temps quand vous êtes montés dans ce taxi. Et le temps de nos jours : C’est précieux. Le taksici le sait d’ailleurs très bien, c’est pourquoi il a décidé de vous donner une leçon de turc. Soyez attentifs et retenez bien l’instruction qui va suivre. L’homme n’arrête pas de déglutir des nouveaux mots. Tiens, c’est bizarre, ce mot là, vous ne l’avez jamais entendu dans vos leçons de turc. Et celui-ci non plus. Vous regardez le chauffeur dans le rétroviseur et face à la couleur rouge-bleutée de son visage et aux gestes qu’il fait, vous en déduisez qu’il est plutôt nerveux. Cinq minutes à écouter ses proliférations, sa haine envers son prochain et vous voilà parfaitement bilingues en argot turc. Mais que se passe-t-il soudain ? Il donne un grand coup de frein et sort de son véhicule en trombe pour cogner sur un autre conducteur. Il ne manquait plus que ça, un cours d’art martial ! Il vaut mieux quitter la salle de classe avant qu'il ne soit trop tard... La prochaine fois, envisagez plutôt de prendre le bus.

Le bon père de famille

Moustachu, un peu enveloppé, cet homme là est une crème. Il sourit, vous montre les photos de ses deux enfants qui sont accrochées à portée de main. Il vous dit que l’un est en FAC, l’autre encore au lycée. Il vous parle de son épouse, de la maison qu’il a achetée à la campagne pour ses vieux jours. Il a de l’or dans les yeux quand il parle de sa famille. Son taxi est un veritable cocon où l’on se sent comme dans une bulle ouatée. Quand il s’arrête enfin pour vous faire descendre, vous regrettez d’être déjà arrivés à destination, mais il vous tend alors sa carte de visite. Cet homme ne le sait pas encore mais il a trouvé du boulot pour les vingt années à venir...

Le bavard

A peine assis sur la banquette arrière qu’il vous inonde d’un flot de paroles. Pourtant, il a bien vu que vous ne comprenez pas du tout ce qu’il vous dit, que vous êtes étrangers. Il arrête son véhicule et vous demande de monter devant. Pour parler c’est plus pratique. Il continue et veut vous faire prendre part à la conversation en laissant quelques blancs de temps en temps afin que vous en placiez une ou deux. Votre vocabulaire se réduit à “Hum” “oh” “hum hum” “tamam” avec quelques signes des yeux et de la tête. Si ça se trouve, il vous dit que les français sont tous stupides et prétentieux. Vous acquiescez encore. Il vous aura tellement saoulé que vous écourtez la course. Entre un moulin à paroles et quinze minutes de marche supplémentaire, le choix est vite fait...

Le collectionneur

Son véhicule ressemble à un musée, il y a des objets partout. On n’échappe pas au chien kitch en plastique qui remue tout seul la tête, aux néons bleus, à la boite en peau de léopard qui renferme un paquet de Kleenex, au ballon de foot miniature accroché au rétroviseur. Vous avez en quelques minutes un échantillon de ce à quoi ressemble son intérieur. Il y a tant à regarder qu’on ne s’ennuie pas le temps de la course. Son véhicule est en lui même un objet de collection. Il ne reste plus qu'à espérer que vous n'allez pas payer l'entrée de son musée ambulant en supplément du reste...

vendredi 11 avril 2008

Sepetçi



Vannier
Quartier de Tahtakale - Eminönü


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jeudi 10 avril 2008

Milyarderlik



Selon le journal The Times, Istanbul est devenue la quatrième ville du monde où vivent le plus grand nombre de gens riches. Dans la capitale culturelle de la Turquie, on compte en effet 34 milliardaires. La ville attire de nombreux investisseurs étrangers, les prix de l'immobilier ont triplé en l'espace de cinq ans.

* En photo quelques yalı (vieilles maisons en bois ou résidences qui coûtent plusieurs millions d'euros) que l'on peut admirer le long du Bosphore.

mercredi 9 avril 2008

Evimize hoş geldiniz !

Aujourd'hui, je vous invite chez nous...
Nous avons déménagé il y a un mois et il nous reste encore quelques finitions à apporter mais dans l'ensemble nous sommes heureux d'en avoir fini avec les gros travaux et les cartons. Pour faire court, le cahier des charges et les délais ont été respectés et nous avons dépensé quatre fois moins que si nous habitions en France. Je me suis amusée à faire un petit montage photo en mettant en parallèle l'ancienne et la nouvelle décoration.



Notre belle porte ottomane qui donne acccès sur notre salon, réalisée par notre peintre Emin, un ouvrier en or.



Notre chambre avec un immense placard blanc fait sur mesure pour y ranger tous nos vêtements.



La cuisine rouge réalisée sur mesure d'après un modèle d'IKEA. Les marengoz (menuisiers) turcs font de vraies merveilles à des prix très raisonnables, ça vaut vraiment le coup de réaliser des meubles sur mesure ici.



Un échantillon de la cuisine, le meuble vient d'IKEA, les bouteilles ont été chinées dans notre rue et la plaque d'acier (30 kg) a été réalisée dans le chantier naval pour lequel je travaille (oui je sais il manque un "s" à "happiness", la touche turque !)



Le salon, une vraie pièce à vivre qui s'étend sur 53 m2. Nous avons changé le sol, la porte d'entrée, la couleur des murs. Les chaises vertes ont été chinées dans notre rue, la table provient de Mudo outlet et la bibliothèque d'IKEA.





Toujours notre salon : Le canapé a été conçu par une marque turque (MUUT), les coussins proviennent du quartier d'Osmanbey, la lampe de Galata. Les stickers de mur ont été ramenés de France, le meuble TV en bois chiné chez un antiquaire dans notre rue, la table basse rouge est en fait un plateau en bois sur pieds qu'utilisent les poissonniers turcs. Les gros coussins turcs et le miroir ont été achetés chez des antiquaires. Il ne nous reste plus qu'à agrémenter le coin séjour avec un beau tapis ou un kilim, quelques plantes vertes et des tableaux.



Notre petit chiot Yakamoz (2 mois) qui a été abandonné en pleine forêt avec ses 8 frères et soeurs. A droite, une vieille malle en cuir dénichée par Fred dans notre quartier.
J'espère que la visite vous a plu, si vous recherchez des ouvriers à Istanbul ou tout simplement des bons plans déco, n'hésitez pas à me joindre par mail !

* Evimize hoş geldiniz : Bienvenu(e)s dans notre maison

mardi 8 avril 2008

Kazandibi

Je dois vous avouer un secret, mais ne le dites à personne car cela risquerait de nuire à ma réputation. Je n’aimerais pas qu’on puisse informer la nation de mes faiblesses, n'importe qui pourrait m’amadouer par la suite…

Tel un fumeur accro à la nicotine, je suis capable de marcher des kilomètres et des kilomètres pour déguster le meilleur kazandibi de la ville. Ce dessert ottoman gluant et substantiel me rassérène. D'ailleurs, quand je vivais à Çeşme j’en savourais plusieurs fois par semaine, tout comme les desserts au lait (sütlü tatlıları), même après avoir appris que certains étaient préparés avec du blanc de poulet (tavuk Göğsü).



Kazandibi signifie en français le fond (dibi) de la marmite (kazan). On sert ce dessert turc en raclant le fond du plat caramélisé avec une spatule, le kazandibi se compose ainsi de deux couleurs bien distinctes. La recette que je vous livre est facile à réaliser et vous trouverez commodément tous les ingrédients qui la composent dans vos supérettes préférées :

Kazandibi
Pudding au lait caramélisé

Ingrédients
  • 50 g de maïzena
  • ½ litre de lait
  • 50 g de farine de riz
  • 80 g de sucre en poudre
  • 1 paquet de sucre vanillé
  • 15 g de beurre
  • 4 cuillèrées à soupe de sucre glace
Préchauffer votre four à 170 degrés.
Mélanger la farine de riz et la maïzena dans un peu de lait, quand le tout est liquide (sans grumeau), ajouter alors le reste de lait. Faire cuire le tout à feu moyen dans une casserole en remuant pendant 10 minutes. Ajouter ensuite le sucre en poudre et laisser cuire quelques minutes de plus afin que le sucre soit bien dissous. (Attention aux grumeaux, il est important de mélanger le liquide constamment).
Retirer du feu et ajouter le sucre vanillé, réserver. Pendant ce temps, beurrer un moule rond ou rectangulaire et saupoudrer d'une couche épaisse de sucre glace. Verser la préparation dessus. Faire cuire le tout au four pendant 15 minutes. Dès la sortie du four plonger le moule dans un plat plus grand rempli d'eau froide, et laisser reposer une quinzaine de minutes, puis mettre au frais quelques heures.

Servir froid tel quel ou accompagné d’une boule de glace.

PS : Si vous savez où déguster les meilleurs kazandibi d'Istanbul, n'hésitez pas à nous faire part de vos bonnes adresses ;)

lundi 7 avril 2008

Kahve-ofis

Un après-midi de libre en semaine ? Un temps couvert dehors ? Envie d’aller voir quelques amis ? Sauf que zut, tout le monde est au boulot...
Que faire alors pour ne pas pléricliter sous le poids de la solitude ? Une seule solution : Rendre visite à ceux qui travaillent ! Dans les bureaux turcs, vous serez toujours bien reçus, le thé coulera à flot et les minutes que l’on pourra vous consacrer ne seront jamais comptées.


Café du quartier de Cihangir

En Turquie, quand un bureau est petit, on parle de butik-ofis, quand il est calme de meditasyon-ofis, aussi j’ai tout naturellement inventé le concept de kahve-ofis. Ne rigolez pas, vous n’imaginez même pas le nombre d’amis de mon patron ou de ses associés qui passent juste pour boire un verre. Sans rendez-vous et sans gêne, ils s’imposent. Parfois, ils passent même à l’heure de l’apéro ou du goûter les mains chargées de börek ou de baklava. Beaucoup de turcs finissent leurs journées de travail tard pour une seule et unique raison : les amis. Ces derniers sont comme des mantes religieuses, ils dévorent les minutes que vous pourrez passer à travailler, sans complexe. Et quand les discussions commencent, il n’y a plus de limites, les invités surprises peuvent rester des heures, parfois sans rien faire, justement parce qu’ils sont au chaud et qu’ils n’ont rien d’autre au programme. Les mettre dehors ? Non, impossible, honte à vous d’y avoir pensé ! L’invité tout comme le client est roi, même si ce dernier s'incruste…



Il n’y pas si longtemps de cela, un de ces faux clients-imposteurs m’a demandé un cappuccino, j’ai eu envie de lui rétorquer qu’ils en servaient de très bons au café d’en bas… et lui ai quand même servi un jus de chaussette (nescafé) dans nos plus belles tasses.

Il est vrai que si votre bureau se situe dans un coin perdu, vous serez les plus chanceux. Si par contre votre office est dans un quartier agréable, assurez vous d’embaucher quelqu’un qui tiendra la buvette, sinon vous passerez plus de temps dans la cuisine que dans votre bureau !

vendredi 4 avril 2008

Indigo


Pont Fatih Sultan Mehmet (1988)
Pointe de Rumeli Hisarı

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jeudi 3 avril 2008

Tête de turc

Je me demande, aujourd’hui encore, comment se fait-il que mes parents ne m’aient pas ramenée de force en France après toutes les horreurs qu’ils ont pu entendre à propos de la Turquie. J’avoue, j’avais pourtant fait fort à un moment en vivant dans une ville où je ne connaissais pratiquement personne, où je parlais à peine la langue du pays et en ayant un petit ami turc musulman...



Quand ma maman disait que sa fille vivait en Turquie, certaines personnes s’ébahissaient et la questionnaient naïvement : “Mais elle n’a pas peur ?” “Elle vit avec un turc ? Moi j’ai une amie qui était mariée avec un turc et ce dernier la battait….” Quant à mon père, on lui parlait des trafiquants de drogue, du port du voile forcé, et je ne sais plus trop quoi encore.

Des préjugés, des images de Midnight Express encrées dans la tête de tous les étrangers, des femmes turques voilées au journal TV, des convictions non fondées, des imbroglios depuis le 11 septembre : Tout ceci véhicule malheureusement une mauvaise image de la Turquie. Pourtant, ceux qui se sont déjà rendus ici savent très bien que la Turquie ne se résume pas qu’à cela. C’est aussi un peuple hospitalier, des églises qui côtoient des mosquées, des jeunes filles courtement vêtues qui se balladent dans la rue librement, des paradoxes à chaque coin de rue, ATATÜRK, l’attachement d’un people pour son pays et ses valeurs, des gens qui travaillent humblement sans pour autant se plaindre, des familles (trop) protectrices, des amitiés soudées...



J’ai conscience qu’Istanbul est une grande ville qui ne reflète pas forcément les mentalités extramuros, et que tout n’est pas idyllique non plus, comme partout ailleurs. Je n’ai jamais fait de tour dans les prisons aussi je ne pourrais vous dire ce qu’il s’y passe, je ne connais pas le nombre de femmes battues ou violées car tout comme les chiffres du SIDA, ce sont des chiffres noirs, qu’on cache. Je connais aussi l’article 301 qui menace la liberté d’expression et qui m’oblige parfois à faire de l’auto-censure sur ce blog. Rien n’est parfait, il y a beaucoup de choses à améliorer, mais n’est-ce pas le cas de la France ? Des Etats-Unis ? De l’Europe toute entière ?

Je reçois certains jours des emails où l’on me demande s’il est prudent d’emmener ses enfants à Istanbul, si c’est une ville d’insécurité. Et vous savez-quoi ? J'ai plutôt envie d'en pleurer que d'en rire.

Quand j’ai mis pour la première fois mes pieds en Turquie, je ne connaissais rien du pays. Je n’avais personne dans mon entourage qui y était allé. Je suis donc arrivée en "terrain neutre", et ce que je pense aujourd'hui de la Turquie ne m’a pas été inculqué par quiconque mais au contraire enseigné par ma propre expérience. J'ai posé mes valises en Turquie, parce qu’ici, je me sens bien, les gens sont polis, les jeunes se lèvent pour céder leur place dans le bus, on ne laisse jamais un touriste perdu regarder sa carte bien longtemps, on vous ramène les téléphones portables quand on les oublie dans un bus ou dans un taxi, la police est respectée, on ne voit pas beaucoup de gens qui dorment sous les ponts, on vous proposera toujours l’hospitalité, en cas de soucis vous pourrez compter sur des gens que vous connaissez à peine.



Je m'arrête là, la liste risquerait d'être longue...
Ce qui m'attriste le plus, c'est de savoir que les destructeurs de la Turquie n'ont, pour la plupart, jamais mis les pieds ici. Ils pensent que leur science infuse les autorise à fustiger un peuple qui ne demande qu'à être compris, qu'à être accepté.
Apprendre à aimer l'autre avec ses qualités, ses défauts et ses démons, ne devrait-il pas, pourtant, être le but d'une vie ?

mercredi 2 avril 2008

Suspendu



Saviez-vous qu'un troisième pont sur le Bosphore sera construit au niveau de Sarıyer ? Voilà de quoi ravir les automobilistes qui se retrouvent bloqués, suspendus en l'air, dans les embouteillages quotidiens. De loin, de près, dessous, dessus : Pour moi les ponts suspendus (qui permettent de relier la rive asiatique à la rive européenne) m'émerveillent en continuité.

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mardi 1 avril 2008

Körfez

Ce qui est merveilleux quand on habite dans une ville tentaculaire, c’est que même au bout de plusieurs années, il y a toujours des endroits à découvrir, des lieux qu’on ne soupçonnait même plus…



Samedi soir, après un lancement en mer d’un de nos pétroliers, nous sommes allés dîner avec nos clients dans un restaurant très chic qui se situe à Kanlıca, sur la rive asiatique. On peut accéder au restaurant par voie maritime (le propriétaire du lieu organise des navettes gratuites à partir de Rumeli Hisarı, rive européenne) ou par la route en traversant le deuxième pont suspendu au dessus du Bosphore. Ce soir là, certains habitués sont même arrivés à bord de leurs yachts privés.

Nous avons dégustés des mezze de poissons, du calamar grillé, une soupe aux allures de bouillabaisse. Le tout habilement présenté dans des assiettes rectangulaires et servi en petite quantité. Le clou du spectacle fût le bar cuit dans une croûte de sel et flambé au cognac. Il est présenté comme tel devant votre table puis le serveur le découpe adroitement tout en jouant des percussions sur le plat avec ses outils, un show culinaire subtil…



L’assiette composée d’un assortiment de desserts turcs (ayva tatlısı, kayısı tatlısı) fût vite engloutie et la soirée fût tout simplement exquise. A noter que le restaurant ne comporte pas beaucoup de tables, ce qui rend le cadre très intime et paisible. Un lieu assurément romantique où il est recommandé de réserver à l’avance. L’été, les tables sont dressées au bord du Bosphore, sur le ponton.
Compter environ 80 € par personne vins compris.

Körfez
Körfez Cad. No : 78
Kanlıca - Istanbul
Tel + 90 216 413 43 14
www.korfez.com

lundi 31 mars 2008

Nazar değmesin !

"Raconte-moi ! Je veux tout savoir de toi..."
Ainsi commença mon tête-à-tête avec Delphine GURTAY, rencontrée grâce aux prouesses d’internet. Confortablement installées dans les fauteuils de la pâtisserie Gezi à Taksim, nos moulins à paroles ont commencé. En face de moi, elle écoutait mon récit sur le pourquoi et le comment de mon arrivée en Turquie, en me faisant part de quelques bribes de sa vie aussi. J’entendais l’accent Marseillais danser dans chacun de ses mots en contemplant son regard vert pétillant.


Delphine GURTAY, créatrice de la marque bondjuk

Pour Delphine, le marketing n’a plus de secret, elle est consultante et coache des jeunes entrepreneurs dans la région PACA. Son mari, avec lequel elle vit depuis 9 ans, est turc. Ainsi, lors de ses nombreux périples à Istanbul, elle découvre le nazar boncuk - ce petit oeil qui est censé protéger celui ou celle qui le porte des mauvais sorts - et décide de créer et de commercialiser des petits bijoux talismans. Elle crée une entreprise, réalise elle-même le packaging et assemble des heures entières les différentes pièces qui composent ses bracelets et ses colliers.


Les créations de Delphine portées avec addiction (collier + bracelets) !

Delphine se dit plus douée pour la commercialisation que pour la création, je crois qu’elle se trompe. Avec un petit oeil porte bonheur tout simple, elle a su composer avec goût des bijoux simples et colorés qui s'accordent avec tous les styles et toutes les tenues vestimentaires. Elle m’en a d’ailleurs gentiment offert quelques-uns qui me suivent déjà partout, en un mot je suis devenue accro de ses créations et je ne suis pas la seule : Mis en vente cet été dans plusieurs boutiques du sud de la France, les bracelets et les colliers de Delphine se sont vendus comme des petits pains. Mon petit doigt me dit que cette jeune femme dynamique et entrepreneuse n'est qu'au début d'une belle aventure. Sa collection va d'ailleurs s'enrichir d'une nouvelle gamme sous peu.

Si la chance signifie le mariage de la préparation et de l’opportunité, alors oui, Delphine a une bonne étoile qui veille sur elle... A moins que ce ne soit le fait de tous ses nazar boncuk ?

Pour plus d'info, visitez son site : www.bondjuk.com !

* "Nazar değmesin" est une expression turque que l'on entend souvent et qui signifie "que le mauvais oeil ne nous touche / ne nous affecte pas".

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