Certains attendaient cette date avec impatience, d’autres au contraire auraient aimé que la loi ne soit jamais votée, et encore moins appliquée. La Turquie suit la politique anti-tabac de l’Europe depuis le 19 juillet dernier, puisqu'il est désormais interdit de fumer dans les lieux publics turcs.
Dur de faire appliquer la loi anti-tabac dans un pays où 35 % des adultes fument. A présent, adieu la fumée dans les restaurants, les cafés, les
çayevi (maison de thé) et les endroits où l’on pouvait fumer le narghilé. De même, interdiction de fumer en terrasse si cette dernière est agrémentée de parasols.
Ce qui fait le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les allergiques à la fumée, les femmes enceintes ou encore tous ceux que la fumée de cigarettes ou cigares incommodait peuvent désormais dîner au restaurant sans être dérangés, fréquenter les bars et discothèques et en ressortir sans avoir les cheveux ou les vêtements qui sentent le tabac froid.
« Fumer comme un turc » devient donc une expression obsolète depuis juillet 2009, celui ou celle qui ne respectera pas la loi devra payer une amende de 69 TL. Pour les établissements violant cette décision gouvernementale, il leur faudra régler une somme pouvant aller jusqu’à 5600 TL.
De même, le prix des cigarettes en Turquie devrait augmenter d’ici la fin de l’année. A noter que depuis l’application de la nouvelle loi, il est désormais interdit de vendre des cigarettes dans les clubs de sport, de loisirs ou les établissements de santé.
Bien sûr, certains établissements échappent à la règle, fumer reste encore autorisé dans quelques lieux tels que les hôpitaux psychiatriques, les prisons, sur les ponts des navires qui sillonnent les mers, ainsi que dans les centres de réhabilitations pour les séniors.
90 % des turcs interrogés sur ce sujet soutiennent cette interdiction. «
Empêcher les fumeurs de s’adonner à un de leur plaisir, c’est perdre 50 % de sa clientèle » affirment cependant certains gérants de cafés et restaurants. Ainsi, loi ou pas loi, il semblerait que les fumeurs n’aient pas encore dit leurs derniers mots. D’ailleurs, il suffit de prendre un taxi pour se rendre compte que les fumeurs ont du mal à se débarrasser de leur accoutumance au tabac du jour au lendemain. En effet, alors que des autocollants d’interdiction de fumer prônent sur toutes les vitres du véhicule, le chauffeur vous demande votre destination la cigarette pendue aux lèvres. Et le pire dans tout cela, c’est qu’il a souvent la politesse de vous offrir gentiment cet objet de délit.
Les cafés où l’on pouvait fumer le narguilé ont-ils déjà tous mis la clé sous la porte ? Il semblerait que non. A Tophane, les cafés à Narguilés pensent se transformer en bars pendant l'hiver pour maintenir leur clientèle. Cependant, certaines sociétés ont déjà eu l’intelligence de commercialiser une pipe à eau qui s’utilise sans tabac : ce n’est plus un secret pour personne, les turcs trouvent toujours une alternative à tout problème !
A présent, les affiches d'interdiction de fumer sont visibles partout : Boutiques, restaurants, bars, antiquaires : impossible de l'ignorer.
Quelques mois après l'application de cette nouvelle loi, le bilan est donc positif. De nombreux individus ont même arrêté définitivement de s’intoxiquer l’organisme aprés avoir inhalé pendant des années un à deux paquets par jour. En définitive, ce n'est donc pas une sanction que l'état applique, mais plutôt une libération...